Armand BEAURE
[ANARCHIE] Arguments Anarchistes. Par Armand Beaure.
Publication de L'Ordre. Imprimerie Ouvrière, Limoges, s.d. (1906)
Brochure in-12 (14,6 x 9,8 cm) de 39-(1) pages. Couverture de papier rose. Premier plat illustré par A. Denis (ouvrier portant un flambeau perché sur un tas de corps de l'ancien monde capitaliste et autoritaire - église - capital - état). Bon papier. Bel état de conservation. Au verso de la couverture et au verso du dernier feuillet on trouve une liste de "brochures à lire" (toutes sur le thème de l'anarchie).
Edition originale rare.
Petit document éphémère diffusé localement (Limoges et environs) dont très peu d'exemplaires ont du être conservés du fait de son format et de sa fragilité.
Armand Beaure ou Beauré est né le 29 octobre 1866 à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) et est mort le 20 octobre 1919 à l'âge de 53 ans. Ouvrier cordonnier à Limoges (Haute-Vienne), le 1er janvier 1894, comme une vingtaine d’autres militants de Limoges dont Alexandre Tennevin, Armand Beaure (parfois orthographié Baure) avait été l’objet d’une perquisition dans laquelle la police avait saisi des notes de discours de Régis Meunier ainsi qu’une liste de compagnons de Casteljaloux (Lot-et-Garonne). En 1895 Armand Beaure diffusait le journal d’Émile Pouget, La Sociale (Paris, 76 numéros du 12 mai 1895 au 18 octobre 1896) à la criée dans les rues de Limoges. Il était alors membre du groupe d’éducation Les libertaires. En 1896, il engagea sa montre au mont-de-piété à Limoges pour payer les frais de séjour de Broussouloux venu faire une conférence au cours d’une tournée de propagande. En 1897, il demeurait 72 chemin des Ruchoux et était le responsable de la bibliothèque du groupe « La Jeunesse libertaire ». À la même époque il collaborait au Cri de révolte (Paris, aout 1898 à mars 1899). Au printemps 1898, il fut condamné à 16 francs d’amende pour avoir rossé le mouchard Auguste Sarre, ancien secrétaire de la Fédération des syndicats ouvriers de Limoges. Le 5 novembre 1900, alors qu’il circulait à bicyclette aux environs de Limoges et que des paysans criaient “Au voleur”, Beaure fut arrêté. Trouvé porteur d’un revolver, il fut emprisonné quelques jours. En fait il aurait été emprisonné trois mois avant d’être acquitté début 1901 par la Cour d’Assises de Limoges avec un autre compagnon Viarfeix (cf. Le Libertaire, 2 mars 1901). En 1902, il était l’animateur du groupe libertaire de Limoges dont faisaient entre autres partie H. Desset, M. Pericaud, H. Douat, A. Debraud, L. Tuillière, Debragéas, L. Sègue, Aubrt, B. Gardel, L. Desset, H. Desbordes, Coulaud, L. Darthout et Pouyaud. Beaure fut un des principaux fondateurs, fin 1905, du journal anarchiste L’Ordre (Limoges, 40 numéros du 29 octobre 1905 au 28 avril 1907) dont le titre avait été proposé par Henri Beylie (cf. Le Semeur, 2 juin 1926) et dont les gérants furent tour à tour Léon Darthou, André Boulesteix et Jean Peyroux. L’Ordre fut remplacé par Le Combat social (Limoges, 35 numéros du 1er décembre 1907 au 21 mars 1909 dont le gérant était Jean Peyroux. Puis parut à Limoges L’Insurgé (Limoges, au moins 63 numéros du 20 mars 1910 au 29 mai 1911) dont le gérant était Petitcoulaud et auquel Beaure collabora ainsi qu’à d’autres titres dont Le Combat (Tourcoing & Lille, 1905-1914), Germinal (Amiens, 391 numéros du 19 novembre 1904 au 27 juillet 1914), L’Homme libre (Paris, 20 numéros du 14 novembre 1903 au 26 mars 1904) dont le principal rédacteur était E. Girault et aux Temps nouveaux de Jean Grave. Durant la Première Guerre mondiale, Beaure « demeura ferme dans ses convictions ». En 1919, il collaborait au Libertaire. Armand Beaure est mort à Limoges le 20 octobre 1919. « Bien que nous différions avec lui sur des questions de doctrine, écrivit le journal socialiste Le Populaire du Centre (21 octobre 1919) nous considérons Beaure comme un des militants de la grande famille ouvrière. (Jean Maitron, in Histoire du Mouvement anarchiste en France, 1880-1914. SUEL, Paris, 1955).
"L’anarchie est le plus beau rêve de l’humanité, a dit Victor Hugo ; cela est reconnu vrai par tous ceux qui ont étudié ou discuté la philosophie anarchiste, mais il y a toujours des objections formulées, entre autres celle-ci : « Il y aura toujours des paresseux ; or, s’il n’existe plus aucune contrainte, ils deviendront de plus en plus nombreux, et que fera-t-on de ces gens-là ? » Puéril argument. Réponse simple. Dans le sens exact du mot, le paresseux n’existe pas. Dans la société actuelle — et il en sera ainsi dans toute société autoritaire — il ne peut y avoir que des individus accomplissant, les uns des travaux utiles pour la collectivité, d’autres un travail inutile, nuisible dans bien des cas. L’inertie serait la mort. De par le fait qu’on vit l’on travaille. Pierre Leroux, dans sa théorie du Circulus, a démontré scientifiquement la véracité de cette thèse. Il est aisé de se convaincre que nul ne peut rester oisif. Quel est le psychologue qui osera prétendre qu’en naissant l’enfant obéit aux lois humaines ? Pourtant, à moins d’être paralytique, tous ses organes fonctionnent. Qui a dicté à ses organes de fonctionner ? Qui lui a inculqué le besoin de manger ? Personne, répondent les anarchistes, arguments scientifiques à l’appui. De par le seul fait de leur vitalité, tous ses organes fonctionnent. [...]" (extrait)
Cette brochure sera rééditée par Bidault dans la collection La Brochure Mensuelle en janvier 1929. On y trouve les chapitres suivants : L'autorité, Les paresseux, Le travail libre en commun, Les savants, La consommation libre, L'amour libre, La famille, Pourquoi nous sommes révolutionnaires.
Prix : 200 euros


