Choderlos de Laclos
Bon exemplaire de ce chef d'œuvre de la littérature romanesque du XVIIIe siècle dans ce tirage peu commun de 1788.
Beaux livres anciens et modernes - Bibliophilie - Reliures - Editions originales - Livres illustrés - Estampes - Dessins - Photographies - Bertrand Hugonnard-Roche, Bibliophile - libraire.
Choderlos de Laclos
Armand BEAURE
[ANARCHIE] Arguments Anarchistes. Par Armand Beaure.
Publication de L'Ordre. Imprimerie Ouvrière, Limoges, s.d. (1906)
Brochure in-12 (14,6 x 9,8 cm) de 39-(1) pages. Couverture de papier rose. Premier plat illustré par A. Denis (ouvrier portant un flambeau perché sur un tas de corps de l'ancien monde capitaliste et autoritaire - église - capital - état). Bon papier. Bel état de conservation. Au verso de la couverture et au verso du dernier feuillet on trouve une liste de "brochures à lire" (toutes sur le thème de l'anarchie).
Edition originale rare.
Petit document éphémère diffusé localement (Limoges et environs) dont très peu d'exemplaires ont du être conservés du fait de son format et de sa fragilité.
Armand Beaure ou Beauré est né le 29 octobre 1866 à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) et est mort le 20 octobre 1919 à l'âge de 53 ans. Ouvrier cordonnier à Limoges (Haute-Vienne), le 1er janvier 1894, comme une vingtaine d’autres militants de Limoges dont Alexandre Tennevin, Armand Beaure (parfois orthographié Baure) avait été l’objet d’une perquisition dans laquelle la police avait saisi des notes de discours de Régis Meunier ainsi qu’une liste de compagnons de Casteljaloux (Lot-et-Garonne). En 1895 Armand Beaure diffusait le journal d’Émile Pouget, La Sociale (Paris, 76 numéros du 12 mai 1895 au 18 octobre 1896) à la criée dans les rues de Limoges. Il était alors membre du groupe d’éducation Les libertaires. En 1896, il engagea sa montre au mont-de-piété à Limoges pour payer les frais de séjour de Broussouloux venu faire une conférence au cours d’une tournée de propagande. En 1897, il demeurait 72 chemin des Ruchoux et était le responsable de la bibliothèque du groupe « La Jeunesse libertaire ». À la même époque il collaborait au Cri de révolte (Paris, aout 1898 à mars 1899). Au printemps 1898, il fut condamné à 16 francs d’amende pour avoir rossé le mouchard Auguste Sarre, ancien secrétaire de la Fédération des syndicats ouvriers de Limoges. Le 5 novembre 1900, alors qu’il circulait à bicyclette aux environs de Limoges et que des paysans criaient “Au voleur”, Beaure fut arrêté. Trouvé porteur d’un revolver, il fut emprisonné quelques jours. En fait il aurait été emprisonné trois mois avant d’être acquitté début 1901 par la Cour d’Assises de Limoges avec un autre compagnon Viarfeix (cf. Le Libertaire, 2 mars 1901). En 1902, il était l’animateur du groupe libertaire de Limoges dont faisaient entre autres partie H. Desset, M. Pericaud, H. Douat, A. Debraud, L. Tuillière, Debragéas, L. Sègue, Aubrt, B. Gardel, L. Desset, H. Desbordes, Coulaud, L. Darthout et Pouyaud. Beaure fut un des principaux fondateurs, fin 1905, du journal anarchiste L’Ordre (Limoges, 40 numéros du 29 octobre 1905 au 28 avril 1907) dont le titre avait été proposé par Henri Beylie (cf. Le Semeur, 2 juin 1926) et dont les gérants furent tour à tour Léon Darthou, André Boulesteix et Jean Peyroux. L’Ordre fut remplacé par Le Combat social (Limoges, 35 numéros du 1er décembre 1907 au 21 mars 1909 dont le gérant était Jean Peyroux. Puis parut à Limoges L’Insurgé (Limoges, au moins 63 numéros du 20 mars 1910 au 29 mai 1911) dont le gérant était Petitcoulaud et auquel Beaure collabora ainsi qu’à d’autres titres dont Le Combat (Tourcoing & Lille, 1905-1914), Germinal (Amiens, 391 numéros du 19 novembre 1904 au 27 juillet 1914), L’Homme libre (Paris, 20 numéros du 14 novembre 1903 au 26 mars 1904) dont le principal rédacteur était E. Girault et aux Temps nouveaux de Jean Grave. Durant la Première Guerre mondiale, Beaure « demeura ferme dans ses convictions ». En 1919, il collaborait au Libertaire. Armand Beaure est mort à Limoges le 20 octobre 1919. « Bien que nous différions avec lui sur des questions de doctrine, écrivit le journal socialiste Le Populaire du Centre (21 octobre 1919) nous considérons Beaure comme un des militants de la grande famille ouvrière. (Jean Maitron, in Histoire du Mouvement anarchiste en France, 1880-1914. SUEL, Paris, 1955).
Cette brochure sera rééditée par Bidault dans la collection La Brochure Mensuelle en janvier 1929. On y trouve les chapitres suivants : L'autorité, Les paresseux, Le travail libre en commun, Les savants, La consommation libre, L'amour libre, La famille, Pourquoi nous sommes révolutionnaires.
Prix : 200 euros
DE BONALD (Louis)
Réflexions sur l'intérêt général de l'Europe, suivies de quelques considérations sur la noblesse. Par M. de Bonald.
Paris, Le Normant, imprimeur-libraire, 1815 (imprimerie de Le Normant, rue de Seine)
Brochure in-8 (20,8 x 12,4 cm) de 79 pages. Dérelié (anciennement relié dans un volume). Rogné avec cahiers solidement tenus ensemble (il faut simplement envisager un cartonnage à la bradel). Quelques rousseurs mais bon papier de qualité. Complet.
Edition originale.
Brochure parue en janvier 1815.
Cette brochure n'était qu'une application particulière des doctrines générales de l'auteur. Considérant l'ensemble des États de l'Europe comme une république chrétienne, il voulait qu'au congrès de Vienne ils recommençassent l'œuvre des congrès de Munster et d'Osnabrück. Le but, à Vienne comme à Munster, disait-il en substance, est d'organiser le corps germanique : on voulait, en 1648, opposer la ligue protestante à la maison d'Autriche ; on veut à Vienne opposer, en Allemagne, des puissances plus fortes et plus indépendantes à l'ambition présumée de la France. En un mot, de Bonald voit ici plus de variété dans la forme que de changement dans le fond ; mais il espère que les résultats du congrès de Vienne auront plus de durée et de solidité que ceux du congrès de Munster. Ce n'est pas seulement, continue-t-il, la paix qu'on attend aujourd'hui, c'est l'ordre, c'est une constitution définitive de l'Europe. Les deux bases sur lesquelles cet ordre peut reposer sont la religion et la monarchie. L'esprit populaire régnait au temps du traité de Westphalie, l'esprit monarchique domine aujourd'hui. De Bonald remarque toutefois que ce n'est pas sans quelques modifications. Les religions nouvelles, qui d'abord n'ont demandé que la tolérance, obtiendront à présent l'égalité. Cette égalité peut conduire à la réunion, à l'unité, à cette concorde parfaite que Bossuet et Leibnitz jugeaient possible. Ce qu'on appelait l'équilibre de l'Europe fut le principal fruit du traité de Westphalie ; l'ordre est tout autre chose. L'équilibre ne fut imaginé que lorsqu'il y eut partage et scission dans les doctrines politiques et religieuses ; dans le système de l'équilibre, toutes les puissances restent armées. Ce système est donc essentiellement illusoire ; il aurait aujourd'hui plus d'inconvénients que jamais. C'est sur un appui moins chancelant qu'un grand roi et un grand philosophe avaient projeté d'établir l'ordre et le repos de l'Europe. Henri IV et Leibnitz pensèrent que la prééminence politique du chef de l'Église pouvait seule assurer ces biens.... Que d'illusions dans cette utopie ! D'abord n'est-il pas permis au philosophe de regarder ce qu'on appelait autrefois la république chrétienne, comme un fantôme respectable, comme une illusion poétique plus capable d'inspirer de nobles sentiments aux belles âmes, que de fournir des idées précises et des notions bien réelles et bien positives aux esprits justes ? En second lieu, la suprématie pontificale est-elle possible, surtout aujourd'hui ? L'auteur lui-même semble ne pas le croire, quoique la chrétienté lui paraisse une famille et un État qui doivent, comme tous les autres, se gouverner par des autorités, et non par des équilibres. Que faire donc ? Que mettre à la place de l'équilibre, dont le vice est si évident, et de la prééminence pontificale, qui ne serait absolument possible que dans le cas qui, suivant notre philosophe, n'est pas impossible, du retour à l'unité religieuse ? Il y substitue la prépondérance de la France, qu'il appelle une nécessité politique. Mais comment obtenir l'usage actif de cette prépondérance, que réclament pour elle le repos et l'ordre de l'Europe ? En obtenant tout son développement territorial, en devenant une nation complète, une société forte, une société finie ; en un mot, il veut que la France s'étende jusqu'au Rhin. Mais en même temps, selon lui, la haute politique demande plus impérieusement que jamais l'affermissement de la puissance du saint-siège.
« C'est de là, dit-il, qu'est venue la lumière, c'est de là encore que viendront l'ordre et la paix des esprits et des cœurs. »
Cette conclusion énoncée comme un fait prouvé que la politique de l'auteur s'appuie sur les grands souvenirs du passé, plutôt que sur l'observation des convenances et des besoins actuels ; elle fait retentir les noms de Charlemagne, de Henri IV, de Leibnitz, de Bossuet, et semble vouloir assurer aux plans conçus par ces grands hommes une immortalité qui n'appartient qu'à leurs noms. De Bonald pense avec ces héros de la politique, de la philosophie et de la religion, mais il ne paraît pas songer assez que l'avenir n'était pas à leur disposition, et que cet avenir est le présent d'aujourd'hui ; il se replace dans leur siècle, à leur époque, à côté d'eux, mais il oublie trop ses contemporains, il confond trop ce qui n'est plus avec ce qui est. Ces mots de retour à l'unité religieuse, de prééminence pontificale, sont-ils faits pour notre temps, et cette tendance à l'égalité qu'il remarque dans les diverses religions, au lieu de nous promettre l'unité, ne serait-elle pas une tendance vers la nullité, triste fruit de l'indifférence ?
Les Considérations sur la noblesse, qui viennent ensuite, sembleraient au premier aperçu faire un ouvrage séparé ; mais si l'on parvient à entrer dans les pensées de l'auteur, on aperçoit les rapports qui réunissent les deux branches de son sujet. Ce n'est pas en effet seulement une noblesse particulière, la noblesse française par exemple, qu'il envisage dans cette brochure, c'est sur toute la noblesse européenne que s'étendent et que reposent les observations de sa philosophie politique ; et de même qu'à ses yeux il n'est en Europe qu'un seul État, il n'est aussi qu'une seule noblesse.
Qu'est-ce que la noblesse suivant lui ? C'est une institution naturelle et nécessaire de la société. La nécessité du pouvoir entraîne celle de la noblesse. Ici l'auteur se jette dans une suite d'abstractions, on peut dire insaisissables ; puis voici sa conclusion, d'ailleurs entourée de nuages comme le reste de ses déductions.
Louis-Gabriel-Ambroise de Bonald, vicomte de Bonald (1754-1840), fut l’un des principaux théoriciens de la pensée contre-révolutionnaire française et du traditionalisme catholique. Issu d’une ancienne famille noble du Rouergue, il accueille d’abord avec prudence les débuts de la Révolution française avant de s’y opposer radicalement après la remise en cause de l’ordre monarchique et religieux. Émigré en 1791, il compose en exil sa grande œuvre, Théorie du pouvoir politique et religieux (1796), où il affirme que la société ne résulte pas d’un contrat entre individus mais d’un ordre naturel voulu par Dieu, reposant sur la religion, la famille et l’autorité politique. Adversaire des idées de Jean-Jacques Rousseau et de la philosophie des Lumières, il défend une vision organique de la société dans laquelle les institutions précèdent et façonnent l’individu. Sous la Restauration française, il devient l’un des penseurs majeurs du courant ultra-royaliste, est élu député puis pair de France, et participe notamment au combat qui conduit à l’abolition du divorce en 1816. Écrivain prolifique, auteur de Législation primitive et de Du divorce considéré au XIXᵉ siècle, il développe également une réflexion originale sur le langage, qu’il considère comme une transmission divine et sociale plutôt qu’une création humaine. Retiré de la vie politique après la révolution de 1830, il meurt à Millau en 1840. Longtemps réduit à l’image d’un penseur réactionnaire, Bonald apparaît aujourd’hui comme une figure essentielle de la philosophie politique du XIXᵉ siècle, dont l’œuvre interroge les rapports entre individu, société, tradition et pouvoir.
Bon exemplaire à relier à la bradel d'un des premiers ouvrages à traiter de la construction européenne moderne.
Prix : 200 euros
DUBOUT (Albert). COLLECTIF (textes).
LA MUSE LIBERTINE. Florilège des poètes satyriques avec 40 aquarelles originales de Dubout.