mardi 25 août 2026

1770 | Le Pornographe ou Idées d'un honnête-homme sur un projet de règlement pour les prostituées, par Rétif de la Bretonne | Seconde édition | Exemplaire Gabriel Cognacq (ventes des 10 et 11 février 1953)


Nicolas-Edme RESTIF DE LA BRETONNE (RÉTIF DE LA BRETONE)

LE PORNOGRAPHE OU IDÉES D'UN HONNÊTE-HOMME SUR UN PROJET DE RÈGLEMENT POUR LES PROSTITUÉES, Propre à prévenir les Malheurs qu'occasionne le Publicisme des Femmes. Avec des Notes historiques et justificatives.

A Londres, chez Jean Nourse et à La Haye, chez Gosse junior et Pinet, 1770

2 parties reliées en 1 volume in-8 (20,8 x 13,3 cm) de 8 pages préliminaires et 215 pages. Sans le faux-titre "Idées singulières Première partie" qui manque presque toujours.

Reliure demi veau fauve granité, dos lisse orné de roulettes dorées marquant des caissons ornés en leur centre d'un petit soleil rayonnant, pièce de titre rouge (avec une erreur du doreur qui a doré PRONOGRA ou lieu de PORNOGRA (volontaire ou non ?), plats de papier à la colle bleu nuit moucheté de marron doré, tranches jaunes mouchetées de rouge, gardes et doublures de papier blanc (reliure fine et parfaitement conservée exécutée vers 1810-1820 au plus tard). Intérieur très frais. Seule la page de titre est légèrement défraichie sans gravité (voir photo). Belles marges.




CONTREFACON PROBABLE "en petits caractères" DE CE CÉLÈBRE TEXTE DE RÉTIF DE LA BRETONNE.

"Cette édition, moins bien imprimée que la première (avis très subjectif de Paul Lacroix - nous la trouvons bien imprimée), pourrait être une contrefaçon, car Restif ne la mentionne pas dans la Revue des ouvrages de l'Auteur (1784)." (Lacroix)

"Rétif nous disait que le Pornographe "a été contrefait trois fois" (le Pornographe, 2e éd., p. 388). Celle-ci peut bien être une des trois." (Rives-Childs, n°3, p. 212)

« La dépravation suit le progrès des lumières. Chose très naturelle que les hommes ne puissent s'éclairer sans se corrompre. » écrit Rétif dans son Pornographe, lui qui fréquentait assidûment les petites maisons de la capitale comme il le décrit lui-même dans divers ouvrages. Rétif se targuait de vouloir tout réformer : les mœurs, les arts (le théâtre), et bien d'autres choses encore. Les mots pornographie et pornographe ont déjà au XVIIIe siècle le sens d’aujourd’hui (peinture ou texte obscène, et celui qui produit ces œuvres), mais Rétif dans son titre l’emploie dans un sens plus technique, celui d’essai sur la prostitution et la manière de la réformer. « Je te vois sourire ; le nom demi barbare de PORNOGRAPHE erre sur tes lèvres. Va, mon cher, il ne m’effraie pas. Pourquoi serait-il honteux de parler des abus qu'on entreprend de réformer ? » (Le Pornographe).



L'ouvrage est divisé en deux parties. La première, sous forme de lettres adressées entre deux personnes de qualité. On trouve à la fin le Projet de Règlement pour les Filles publiques, sous la protection du gouvernement, établi en LXV articles. La seconde partie contient les notes historiques. C'est le même Rétif qui écrivait : « La pudeur des femmes n'est que leur politique ; tout ce qu'elles cachent ou déguisent n'est caché ou déguisé que pour en augmenter le prix quand elles le révèlent. » ou encore « La femme ne sent son pouvoir qu'autant qu'elle en abuse. » ; attaqué sournoisement par une première maladie vénérienne en 1757 (il a 23 ans), puis une seconde en 1770 même, puis encore en 1776 et 1785 ; Rétif avait de quoi en vouloir aux prostituées, sa passion dévorante pour le beau sexe et le libertinage lui aura prodigué mille délices et mille supplices. « Les belles du Palais Royal sont très jolies, surtout les jeunes ; quant aux vieilles, c’est comme partout ; une vieille bête n’est jamais belle. » in Le Palais Royal - Première partie: Les filles de l’Allée-des-soupirs, en 1790.

Provenance : de la bibliothèque Gabriel Cognacq (4ème vente des 10 et 11 février 1953 - note manuscrite). Gabriel Cognacq (1880-1951), neveu d’Ernest Cognacq, fondateur de La Samaritaine, prit la direction du grand magasin en 1927 et poursuivit l’œuvre commerciale et philanthropique de son oncle. Élevé par Ernest Cognacq et Louise Jay, il reçut une solide formation, notamment à HEC, avant d’entrer à La Samaritaine en 1902 après avoir débuté comme simple vendeur. Ancien combattant de 1914-1918, décoré de la Croix de guerre et de la Légion d’honneur, il occupa ensuite de nombreuses fonctions dans les milieux économiques et sociaux. Héritier d’une partie des collections Cognacq, il constitua surtout lui-même, avec passion et d’importants moyens, un remarquable ensemble de tableaux, dessins, estampes, livres rares et objets d’art. Sa collection, conservée dans son hôtel particulier du 44 avenue Bugeaud, accordait une place notable à l’art moderne et surtout aux œuvres graphiques. Grand mécène, il prêta largement ses œuvres aux expositions, contribua à la sauvegarde des trésors du Prado pendant la guerre civile espagnole et participa à la préservation de l’atelier Bourdelle. Élu membre libre de l’Académie des Beaux-Arts en 1938, il présida durant l’Occupation le Conseil des Musées nationaux et œuvra notamment à la protection des collections de Chantilly. Très engagé dans les œuvres sociales, il présida les Fondations Cognacq-Jay et soutint maternités, orphelinats, écoles, maisons de repos, musique sacrée et horticulture. Écarté des milieux officiels à la Libération en raison de malentendus sur son rôle pendant l’Occupation, il renonça à léguer ses collections à l’État et décida leur dispersion aux enchères. Après sa mort, quinze ventes organisées principalement en 1952-1953 dispersèrent ses collections pour 443 461 070 francs, sa marque de collection étant aujourd’hui identifiable mais parfois critiquée pour son estampillage trop appuyé (le présent volume ne porte pas son estampille).

Références : P. Lacroix, p. 100-101 ; Rives-Childs, n°3, p. 212

















Bel exemplaire finement relié au début du XIXe siècle provenant de la collection Gabriel Cognacq.

Prix : 950 euros

lundi 17 août 2026

1893 | Jean Grave | La Société Mourante et l'Anarchie | Edition originale | Exemplaire dérelié (à relier à la bradel). Bon exemplaire du "faux tirage à 10 exemplaires sur Hollande".


Jean Grave | Octave Mirbeau (préface)

La Société Mourante et l'Anarchie. Préface par Octave Mirbeau.

Paris, Tresse et Stock, 1893

1 volume in-18 (18,4 x 11,7 cm), volume dérelié (anciennement relié - à relier à la bradel) de X-298 pages. Couverture rouge imprimée en noir (très fraîches - les deux plats). Exemplaire en très état de conservation, comme toujours le papier est légèrement bruni sur le pourtour des feuillets (papier ordinaire). Exemplaire non rogné (il avait été relié sur brochure).

Édition originale

Curieux tirage marqué à la presse comme étant 1 des 10 exemplaires sur Hollande, alors qu'il n'en n'est rien. Il s'agit bel et bien d'un exemplaire sur papier ordinaire mais qui porte le n°10 à la presse (numéroté à l'époque). Or le mystère sur cette numérotation s'épaissit encore lorsque nous avons sous les yeux trois autres exemplaires de ce même ouvrage portant tous le même numéro 10 ... tous imprimés sur papier ordinaire. S'agit-il d'une erreur d'impression à l'époque ? S'agit-il d'une supercherie ? (voir photos). L'exemplaire de la Bibliothèque nationale de France (numérisé sur Gallica) ne comporte pas cette numérotation (sans "Exemplaire N°") ce qui indique donc qu'il existe de ce livre un tirage sans numéro. Ce volume a été imprimé à Lagny chez Émile Colin.



Jean Grave ( naît en Auvergne, dans une famille pauvre qui quitte cette région en 1860 pour s'installer à Paris, où il commence à étudier à l'école des frères. Il publie en 1892, La société mourante et l'anarchie, vulgarisation des thèses de Kropotkine qui lui vaut par la suite, après le vote des lois scélérates, 2 ans de prison et 1 000 francs d'amendes pour provocation au pillage, au meurtre, au vol, à l'incendie, etc. Jean Grave fut un des pionniers de l'anarchisme en France. Il fut toujours intimement lié à la pensée de Kropotkine. Fondateur de la revue anarchiste Les Temps Nouveaux (900 numéros à compter de 1895), il se lie alors avec les grands libertaires de l'époque : Élisée Reclus, Girard, Pierrot, Octave Mirbeau, Félix Fénéon, Camille Pissarro, Maximilien Luce, Charles Angrand. Farouche antimilitariste, il lutte pour imposer le pacifisme à la veille de la Grande Guerre. Partisan d'une éducation des peuples à la révolte pragmatique, en révolte permanente contre les abus d'autorité, il est ennemi du courant anarchiste individualiste, illégaliste. Il avoue ne pas avoir ni le courage ni l'envie de poser des bombes et tuer des innocents, fussent-ils vermines bourgeoises. "On grogne, mais on subit. Et nos maîtres le savent. Que l'on s'habitue à moins grogner, à résister davantage, on ne tardera pas à en éprouver les bons effets." écrit-il dans L'Anarchie, son but, et ses moyens (1899). Lire Jean Grave encore aujourd'hui c'est entendre un long cri en faveur de la liberté de peuples et dont l'écho se propage à l'infini. Pourquoi à la lecture de ce livre a-t-on l'impression de lire le monde tel qu'il devrait être et non tel qu'il est ? 










« Il n’y a pas grand-chose à dire sur cet homme. Comme les peuples heureux, Jean Grave n’a pas d’histoire — pas même de sales histoires qui puissent permettre à la malignité de s’exercer. [...] De plus Jean Grave est très fermé. C’est l’homme le moins loquace de la Création. Il ne dit rien. Il ne veut rien dire sur lui. Il se cantonne dans un mutisme sauvage. [...] Quoi qu’il en soit, il faut le prendre tel qu’il est ; malhabile à la parole, brusque et entêté — d’aucuns disent un peu étroit — mais simple, sans grands besoins, sans vanité et travailleur infatigable. » (Victor Méric).

Provenance : ex libris (tampon) PH. BULOZ (gratté mais encore lisible).

BON EXEMPLAIRE "dérelié" (à relier de nouveau à la bradel) DU "FAUX TIRAGE A 10 EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE".

Prix : 250 euros

samedi 15 août 2026

1776 | CODE DES NATIONS, ou examen philosophique et politique de l'homme considéré dans l'état de nature, d'avec l'homme en société. [par un membre de l'entourage de l'école physiocratique - Lemercier de la Rivière ?]


[ANONYME - Dans l'entourage de LEMERCIER DE LA RIVIERE et des physiocrates]

CODE DES NATIONS, ou examen philosophique et politique de l'homme considéré dans l'état de nature, d'avec l'homme en société.

Sans lieu ni date [A Londres, Aux dépens de la Société Typographique dans Pall-mall, 1776]

1 volume in-8 (21,7 x 13,8 cm) broché de VI pages (titre et Préliminaire) suivi des pages (7) à 157-(1). Complet. Couverture de l'époque en papier gris recouvert de papier marbré arraché (vestiges). Couverture usagée mais ayant bien protégé l'intérieur du volume qui est resté très frais. Non rogné.



Edition originale.

Curieux ouvrage et non moins curieux exemplaire. En effet, ce texte fait normalement partie d'un ouvrage composé de trois parties paginées séparément et titrées comme suit : Ouvrages politiques et philosophiques d'un anonyme. A Londres, Aux dépens de la Société Typographique dans Pall-mall. M DCCLXXVI. (1776) contenant à la suite du titre un faux-titre indiquant les trois ouvrages de ce recueil : I. L'Ordre essentiel et politique des puissances. II. Code des Nations, ou Examen philosophique et politique de l'homme considéré dans l'état de nature, d'avec l'homme en société. III. Essai politique sur le Commerce des différentes Nations avec la France, et sur celui de la France avec quelques Nations de l'Europe et des autres parties du Monde.

Nous sommes donc ici en présence de la seconde partie seule de ce recueil MAIS brochée seule à l'époque comme un tout complet. C'est le seul exemplaire de la sorte que nous avons pu examiner. Les deux autres parties étaient-elles également proposées à la vente séparément ? Nous ne savons pas.

Outre un court texte Préliminaire, très intéressant et rattachant cet écrit à l'école physiocratique (l'auteur était probablement un proche de Lemercier de La Rivière ou un membre de cette mouvance d'esprit), on trouve plusieurs chapitres tels que : la religion, le gouvernement, la population, le commerce, l'agriculture, la guerre, la marie et la navigation, l'impôt, les finances, les beaux-arts et les belles-lettres, les arts et métiers, la philosophie, la morale, la politique. L'auteur donne a son écrit une conclusion ou "Rapport de la sensibilité avec les qualités les plus essentielles à l'homme ; elle les renferme toutes."












Voici le court discours Préliminaire qui donne assez le ton de cet ouvrage :

"L’HOMME a en partage, l’existence & ses différentes perceptions, pour les employer à des connoissances dont les bornes lui sont prescrites : mais si, trop prompt à s’élever, il veut pénétrer les abîmes du vuide & voir au-delà de son entendement, ses facultés cèdent à son inexpérience, il devient inconséquent. En effet, quels grands intérêts peuvent résulter pour l’homme en voulant remonter à son origine, & découvrir les causes premières de son existence ? Qu’il soit venu d’un œuf, qu’il ait été confondu parmi les merveilles de la nature, en paroissant & disparoissant gradativement avec elles, qu’il ait été de toute éternité, ou qu’une puissance invisible l’ait créé, il n’a sur toutes ces variétés que des principes précaires d’existence, & ses convictions ne sont que des doutes. Si l’homme cherche à s’élever, c’est qu’il veut connoître ; il est donc ignorant. D’un autre côté, si on lui fait envisager l’existence comme un bienfait, son jugement se désarme, il insulte à la puissance qui le lie, il cherche à sapper son pouvoir, il devient fanatique d’une fatalité qu’il a autant de peine à concevoir. Aussi l’ignorance naquit-elle dans le berceau des recherches. Mais tant que l’homme étendra ses facultés jusqu’au possible, en devenant conséquent, la dialectique sera son partage ; il rejettera toutes superfluités ; son pouvoir, en prenant différentes formes, s’accroîtra avec la certitude. S’il veut se connoître lui-même, il peut, en remontant aux premiers hommes, établir une balance juste de son premier état avec son état actuel : dans le premier, il se verra errant, fugitif, suivant les loix de son propre instinct, y rapportant tous ses desirs, guidé par l’habitude, exempt de passions : dans le second, il se verra esclave de ses préjugés, soumis à des loix qu’il craint de suivre, guidé par diverses influences, en but aux passions les plus fortes, libre, & en société. D’après cette connoissance, il peut balancer les motifs, les circonstances, les différentes révolutions qu’il a éprouvés, & élever des systêmes qu’il peut contrebalancer par les objets : il peut voir qu’il est redevable envers les arts & les sciences de l’avoir rendu à la société ; mais aussi qu’ils ont pu lui avoir été nuisibles ; que, quoiqu’en société, il n’est pas moins isolé, & que, quoique libre en apparence, il porte toujours avec lui des chaînes invisibles, qui contrebalançant ses projets, lui préparent un avenir qu’il cherche à appercevoir, pour en diviser au moins les funestes effets. Après avoir ainsi parcouru le systême physique, il peut, en considérant le moral, le fonder sur diverses influences, & se soumettre à la nécessité, ou l’attribuer à des puissances invisibles & s’aveugler sur leurs loix. Mais l’homme peut-il être heureux, s’il ne s’élève ; & le simple desir, en lui prouvant son impuissance, lui ferme la carrière du bonheur. Il faut avouer que l’esprit humain est trop borné, & que la raison seule du peu de durée de son existence oppose les entraves les plus fortes à ses projets ; il a marché sur les épines, croyant y trouver des fleurs ; il reconnoît tôt ou tard la fausseté de la glace qui lui réfléchissoit les objets, & le moment où il croit son triomphe plus certain, est celui où il n’a que des doutes. L’homme paroît toujours s’opposer aux vues de la nature, en la cherchant où elle n’est pas : on doit croire que par de pareils procédés, & en voulant en quelque façon desavouer cette identité nécessaire à la progression des êtres, il tend à la destruction de l’ordre ; mais il ne le peut, & quand la chose seroit possible, son grand intérêt seroit de les cacher à ses semblables, puisqu’ils leur seroient, ou funestes, ou inutiles. Nous dépendons de la nature, & elle nous constitue causes secondaires des effets moraux ; elle nous soumet à ses influences ; & l’expérience le justifie en admettant cette succession première & continuelle de l’espèce humaine, de l’état de nature dans celui de la société. Ces développemens, cette maturité, ce déclin, cette destruction, sont autant de résultats produits par des principes & sujets aux modifications des circonstances ; le tems fixe les différens ressorts des objets, mais les révolutions les altèrent & souvent les détruisent. Tout ce qui a un principe tend à une fin ; mais ce qui a été de toute éternité, peut être sujet à des influences, mais ne peut être détruit. Ainsi, par la raison que la reproduction est une suite nécessaire du mouvement, notre globe a éprouvé de siècles en siècles différentes révolutions & différens changemens ; une partie même pourra servir de substance élémentaire aux astres qui brillent & qui consument, sans cesse. Ces dispositions actuelles & futures font raisonner les hommes, elles peuvent même les éclairer sur les effets, s’ils veulent remonter aux causes ; mais l’erreur fuit le raisonnement, & l’évidence fuit le préjugé : il est donc essentiel à l’homme de rapporter le moral au physique, & de le considérer comme le point de réunion du sçavoir & de la conséquence ; car être conséquent, c’est avancer des preuves, & la preuve identifie le raisonnement. C’est d’après ce principe que nous allons établir les nôtres ; heureux si nos efforts tendent à rapprocher l’homme de lui-même, & à lui faire voir la vérité dans tout son éclat !"

Personne ne semble s'être intéressé à l'auteur de ce texte. Certains évoquent Lemercier de la Rivière, sans fondement réel. Ce texte a par ailleurs été complètement négligé alors qu'il contient de très intéressantes vues progressistes.

Bon exemplaire broché non rogné en condition d'époque de cet écrit très intéressant.

Prix : 450 euros

jeudi 13 août 2026

BERALDI (Henri) | Propos de Bibliophile. Gravure et lithographie. Reliure. Vignettes de Darbour gravées sur bois par Paillard | Paris, 1901 [de l'imprimerie de L. Danel à Lille, achevé d'imprimer le 31 décembre 1900] | Tirage unique à 60 exemplaires seulement | Rare


BERALDI (Henri)

Propos de Bibliophile. Gravure et lithographie. Reliure. Vignettes de Darbour gravées sur bois par Paillard.

Paris, 1901 [de l'imprimerie de L. Danel à Lille, achevé d'imprimer le 31 décembre 1900]

1 volume in-8 (20 x 13,5 cm) broché de (4)-202-(1) pages. Vignettes en noir. Couverture imprimée avec petits manques de papier au bas du dos et sur le pourtour des plats, dos fendillé, brochage solide. Intérieur parfaitement frais imprimé sur beau papier vélin.

Tirage unique à 60 exemplaires seulement.

Celui-ci est numéroté XX au crayon de bois. Le nom du dédicataire est resté vierge (chaque exemplaire était destiné à être nominatif).

Edition originale rare.






Cet ouvrage contient plusieurs textes parus initialement dans des revues spécialisées : La Lithographie (Exposition générale de la Lithographie à l'Ecole des Beaux-Arts, 1891. Préface du Catalogue - Les Lithographes (Exposition générale de la Lithographie à l'Ecole des Beaux-Arts, 1891. Gazette des Beaux-Arts) - Raffet (Exposition des oeuvres militaires de Raffet à la salle Petit, 1892. Gazette des Beaux-Arts - Charlet (Exposition des oeuvres de Charlet chez Durand-Ruel, 1893. Gazette des Beaux-Arts - Pour connaitre la Lithographie (Expositions du Centenaire de la Lithographie au Cercle de la Librairie, 1895. Revue des Arts graphiques - Meissonier vignettiste et graveur (Exposition des oeuvres de Meissonier, salle Petit, 1893. Gazette des Beaux-Arts - L'Eau-forte en France au XIXe siècle (Exposition nationale de l'Eay-Forte à l'Ecole des Beaux-Arts, 1896. Préface du Catalogue - L'Estampe du XIXe siècle (Exposition Universelle de 1900. Revue de l'Art - Nos Relieurs (Exposition de reliure au Cercle de la Librairie, 1892. L'art - La Reliure au début du XXe siècle (Exposition Universelle de 1900. Revue de l'Art).




Henri Béraldi (1849-1931) fut l’un des plus grands bibliophiles français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Haut fonctionnaire au ministère de la Marine et des Colonies, il consacra l’essentiel de son activité intellectuelle aux livres, aux estampes, à la reliure et à l’histoire de l’art. Collectionneur exigeant, il réunit une bibliothèque remarquable par la qualité de ses exemplaires, de leurs provenances, de leurs illustrations et de leurs reliures. Il publia avec Roger Portalis Les Graveurs du XVIIIe siècle, puis les douze volumes des Graveurs du XIXe siècle, devenus une référence majeure. Son autre grande œuvre, La Reliure du XIXe siècle, demeure fondamentale pour l’histoire de la reliure française. Grand amateur des Pyrénées, il leur consacra également de nombreux ouvrages, notamment Cent ans aux Pyrénées. C’est dans ce contexte qu’il contribua à populariser le terme de « pyrénéisme ». Son œuvre reflète une conception très moderne de la bibliophilie, attentive au livre autant comme texte que comme objet d’art. Sa prestigieuse collection fut dispersée après sa mort lors de ventes publiques en 1934 et 1935. Béraldi demeure aujourd’hui une figure incontournable de l’histoire de la bibliophilie française.

Livre rare et très intéressant par un maître de la Bibliopolis fin de siècle.

Prix : 500 euros