mardi 28 avril 2026

1930-1932 | L'Œuvre de Restif de la Bretonne | Editions du Trianon | Un des 25 exemplaires sur Annam | Rare



RESTIF DE LA BRETONNE (Nicolas Edme) [Rétif de la Bretonne]

L'Œuvre de Restif de la Bretonne.

Paris, Editions du Trianon, 1930-1932

9 volumes in-8 (20,5 x 16 cm) brochés. 300 à 400 pages par volume. Nombreuses illustrations par divers artistes (voir détail ci-dessous). Très bon état de l'ensemble. 

Edition imprimée à 1 665 exemplaires.

Celui-ci, un des rares 25 exemplaires de tête imprimés sur Annam (ressemble au Japon). Tous les volumes portent le même numéro et sont numérotés 25 au composteur.








Voici le détail des volumes et des titres de Rétif de la Bretonne qu'ils contiennent avec le détail des estampes pour chacun :

Tome 1 : 1930. Les Nuits de Paris. Cuivre originaux de Gérard Cochet. Portrait de Rétif gravé sur bois (en un seul état). 6 cuivres tirés en noir (pas de suite supplémentaire).

Tome 2 : 1930. Les Contemporaines. Suivies de Les Françaises, Les Parisiennes, L'Année des Dames Nationales. Cuivres de Gaston Goor. 5 cuivres tirés en noir (pas de suite supplémentaire).

Tome 3 : 1931. Le Pornographe suivi de La Mimographe, Les Gynographes, Le Thesmographe, Le Nouvel Abeilard, Le Nouvel Emile, Philosophie de Monsieur Nicolas, Les Posthumes. Cuivres originaux de Georges Ripart. 6 cuivres tirés en noir avec une suite coloriée à l'aquarelle (soit 12 gravures au total).

Tome 4 : 1931. La Vie de mon Père. Suivie de Lucile, Le Pied de Fanchette, La Fille Naturelle, Adèle de C***. Cuivres originaux de Gaston Nick. 7 cuivres tirés en noir avec une suite coloriée à l'aquarelle (sauf une estampe qui n'est qu'en un seul état en noir - soit 13 gravures au total).

Tome 5 : 1931. Le Ménage Parisien. Suivi de La Femme infidèle, Ingénue Saxancour. Cuivres originaux de Carlo Farneti. 7 cuivres tirés en noire avec une suite coloriée à l'aquarelle soit 14 gravures en tout).

Tome 6 : 1931. La Paysan et la Paysanne pervertis. Cuivres originaux de Pierre Gandon. 6 cuivres tirés en noire avec une suite coloriée à l'aquarelle soit 12 gravures en tout).

Tome 7 : 1932. Monsieur Nicolas ou le Cœur humain dévoilé. Tome premier. Cuivres originaux de P. Dubreuil et P. Noël. 6 cuivres tirés en noire avec une suite coloriée à l'aquarelle soit 12 gravures en tout).

Tome 8 : 1932. Monsieur Nicolas ou le Cœur humain dévoilé. Tome premier. Cuivres originaux de P. Dubreuil et P. Noël. 6 cuivres tirés en noire avec une suite coloriée à l'aquarelle soit 12 gravures en tout).

Tome 9. 1932. Mon Calendrier. Suivi de Morale, Religion, Politique, Mes Ouvrages. Frontispice de Pierre Gandon à l'eau-forte (en 2 états, noir et bistre).










Cette édition a été établie par Henri Bachelin. Elle s'ouvre sur une notice bio-bibbliographique sur Rétif de la Bretonne (IX-XLIII pp. du premier volume). Chaque volume se termine par d'intéressantes Notes explicatives.

Bien qu'elle ne donne que des extraits de l'œuvre complète de Rétif de la Bretonne (les meilleurs morceaux selon Henri Bachelin), cette édition fortement incomplète donne malgré tout un ensemble de textes suffisamment représentatifs de son auteur. Elle est par ailleurs joliment illustré par les meilleurs artistes du début des années 1930.

Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique.

Très bon exemplaire du très rare tirage de tête à 25 exemplaires sur Annam.

Prix : 950 euros [pas d'envoi hors France métropolitaine - sinon frais d'envoi en sus]

lundi 27 avril 2026

1562-1566 | Réunion bâloise de deux ouvrages rares | De translatione Imperii Romani ad Germanos. Decretorum doctoris clarissimi, de lumibus regni & imperij Romani, tractatus variarum rerum cognitione refertus [De la translation de l’Empire romain aux Germains] [Traité abondant en connaissances diverses concernant les lumières du royaume et de l’Empire romain. Écrit il y a près de deux cents ans, et maintenant remis en lumière]. Reliure en vélin d'époque.


Flacius Illyricus, Matthias, 1520-1575. | Lupold de Bebenburg (Lupold, von Bebenburg, Bishop of Bamberg), ca 1297-1363 [Réfome]

De translatione Imperii Romani ad Germanos. Item De electione episcoporum, quòd aequè ad plebem pertineat. Accessit eiusdem argumenti Liber Lupoldi Babembergensis, de Iuribus Imperij & Regni Rom.

Basileae, 1566 [Bâle]

suivi de : 

D · LVPOLDI DE BABENBERG, Decretorum doctoris clarissimi, de lumibus regni & imperij Romani, tractatus variarum rerum cognitione refertus. Scriptus ab hinc fere annis ducentis, & nunc in lucem reuocatus. Cum alijs nonnullis eiusdem argumenti libellis, hac nostra aetate vtilibus admodum ac necessariis.

Basileae, 1562 [Bâle] (sans page de titre - sans la table - volontaire par l'éditeur de 1566)

2 ouvrages réunis en 1 volume in-8 (157 x 102 mm pour les marges - 167 x 110 mm pour le volume), de (64)-271 pages (pour le premier ouvrage) suivi de 398 pages (les pages de titre et les pages de table n'ont pas été reliées dans ce volume - voir plus bas l'explication).

Reliure strictement d'époque plein vélin à lacets et coutures apparentes. Titre à l'encre au dos. Lacets rompus et/ou manquants, attaches du premier plats rompues (corps d'ouvrage solide). Vélin sali. Intérieur très frais.


Première édition pour le premier ouvrage De translatione Imperii Romani ad Germanos.

Deuxième édition pour le second ouvrage de Babenberg publié pour la première fois en 1508.

Exemplaire particulièrement intéressant par sa constitution matérielle ancienne : le traité de Matthias Flacius Illyricus, consacré à l’élection des évêques et à la participation de la communauté des fidèles, a été relié en tête, orientant d’emblée la lecture dans une perspective ecclésiologique réformée. Il est suivi du célèbre traité de Lupold de Bebenburg, De translatione imperii, texte majeur du XIVe siècle défendant l’autonomie du pouvoir impérial face aux prétentions de la papauté et affirmant la légitimité du transfert de l’Empire aux Germains. 













Cette réunion n'est pas fortuite mais a été au contraire construite par l'éditeur de Bâle qui a choisi d'ajouter à l'ouvrage de Flacius Illyricus celui de Lupold de Bebenburg publié quatre ans plus tôt en 1562 et en lui retranchant la page de titre et la table propre à cette édition. Cet ensemble s’inscrit donc pleinement dans le contexte bâlois des années 1560 : l’imprimeur Petrus Perna, proche des milieux réformés, publie ici un ensemble cohérent destiné à nourrir les débats sur la nature et les limites des pouvoirs spirituel et temporel. L’ouvrage compose ainsi un véritable diptyque doctrinal, articulant critique de la hiérarchie ecclésiastique et théorie politique de l’Empire, en conjuguant une autorité médiévale réactivée (Lupold) et une polémique confessionnelle contemporaine (Flacius). La sobre reliure en plein vélin, typique des pays germaniques au XVIe siècle, confirme l’usage d’étude et de controverse de ce type de textes, destinés à un lectorat de juristes et de théologiens.

Un exemplaire composé de la même manière est présent au catalogue de la Berkeley Law Library (USA).

Flacius Illyricus, Matthias, 1520-1575. Né à Albona (aujourd'hui Labin) en Istrie, il avait étudié sous Martin Luther et Philippe Melanchthon. Il enseigna la langue hébraïque à Wittemberg (1544), puis la théologie à Iéna (1557). En 1558, il publia un recueil complet des écrits latins de Jan Hus. Il eut en 1560 de longues discussions avec Viktorin Strigel sur le péché originel, et fut pour cette raison forcé de quitter l'Université d'Iéna (1562). Il professa depuis dans différentes villes d'Allemagne et de Hollande.

Lupold de Bebenburg (en allemand Lupold von Bebenburg, en latin Lupoldus Bebenbergius ou Babenbergius), né vers 1297 et mort le 28 octobre 1363, est un ecclésiastique et juriste allemand du XIVe, évêque de Bamberg de 1353 à sa mort. Fils d'une famille ministériales, fonctionnaires au service du prince ou d'un évêque, assimilés à la petite noblesse, il fait ses études de droit à Bologne sous la direction de Jean d'André (de). Il est professeur in utroque jure en Allemagne. Il est également chanoine de Mayence, Wurtzbourg puis de Bamberg. Il est évêque de Bamberg vers 1353. Il meurt en 1363 lors d'une épidémie de typhus.

Très bon exemplaire. Ces deux ouvrages sont devenus fort rares.

Prix : 650 euros

1736 | 92 eaux fortes | JAN LUIKENS KUNSTTAFEREELEN DER EERSTE CHRISTENEN, in Dichtmaat verklaard door PIETER LANGENDYK Verrykt met Byschriften onder de Prentverbeeldingen door CLAAS BRUIN. | [TABLEAUX ARTISTIQUES DES PREMIERS CHRÉTIENS, expliqués en vers par PIETER LANGENDYK. Enrichis de légendes sous les illustrations par CLAAS BRUIN.] | Très bon exemplaire de cet ouvrage richement illustré par l'un des grands noms de la gravure à l'eau forte de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, conservé dans sa première reliure hollandaise en vélin



LUYKEN [LUIKEN] - LANGENDIJK, P. & C. BRUIN. E. en J. VISSCHER (préface)

JAN LUIKENS KUNSTTAFEREELEN DER EERSTE CHRISTENEN, in Dichtmaat verklaard door PIETER LANGENDYK Verrykt met Byschriften onder de Prentverbeeldingen door CLAAS BRUIN.

[TABLEAUX ARTISTIQUES DES PREMIERS CHRÉTIENS, expliqués en vers par PIETER LANGENDYK. Enrichis de légendes sous les illustrations par CLAAS BRUIN.]

Te Amsterdam, By Jacobus Verheyde, op de hoek van de Molsteeg. En by Nicolaas Verheyde, in de Rozemrynsteeg, by de Blommarkt. 1736. [à Amsterdam, chez Jacobus Verheyde, au coin du Mosselsteeg, et chez Nicolas Verheyde, dans le Rozemarijnsteeg, près du marché aux fleurs. 1736.]

1 volume in-4 (24,7 x 19.3 cm) de 1 feuillet de titre imprimé en rouge et noir, 1 feuillet de dédicace par Evert en Jan Visscher, 3 pages de préface par E. en J. Visscher, et 92 feuillets non chiffrés comprenant chacun une eau-forte 15,3 x 12,2 cm (2/3 de page recto) avec des vers en néérlandais dessous et au verso du feuillet (sauf pour le dernier feuillet qui est vierge). Collationné complet.

Reliure strictement d'époque plein vélin ivoire hollandais à coutures apparentes. Titre et date à l'encre au dos (époque). Reliure empoussiérée mais solide et décorative. Intérieur frais malgré quelques infimes marques et de petites déchirures marginales sans gravité. Cahiers déréglés. Bon tirage des estampes.






Très bel ouvrage illustré de 92 eaux-fortes par Jan Luyken (ou Luiken).

Très bon tirage des estampes.

Ces très belles eaux fortes montrent pour bon nombre d'entre elles des supplices subits par les premiers chrétiens (crucifixion, cirque, tortures diverses et variées). 

Cette suite a paru sous le même titre à la date de 1722. Il sera encore réédité en 1740 en petit format avec les estampes tirées à part. Le premier tirage de ces estampes date de 1700 mais il n'était alors pas encore accompagné de ce texte.
















Voici la préface traduite en français :

"Que les bons exemples puissent éveiller l’esprit à la vertu, ce ne sont pas seulement les histoires sacrées et profanes qui nous l’enseignent, mais aussi l’expérience quotidienne. Et s’il est quelque chose qui donne ici un motif supplémentaire, c’est la considération des peintures et des représentations gravées ; de ces dernières, comme servant à notre propos, nous dirons brièvement quelque chose. On ne peut d’abord nier que les images des grands hommes, dont la vertu et la sagesse ont brillé comme de claires étoiles pour le bien de l’État et de l’Église, excitent dans les âmes nobles un certain désir de haute estime, voire d’imitation : leur apparence inspire une inclination qui pousse à contempler le visage de ces héros, à parcourir tout le cours de leur vie dans les récits qui en sont faits, et à s’approprier en quelque manière leurs qualités. On peut dire à juste titre la même chose des représentations d’histoires édifiantes, qui ne manquent pas de faire impression sur le cœur, surtout lorsqu’elles sont exécutées par la main d’un artiste éminent. D’un autre côté, on ne peut ignorer combien de lumière elles ont apportée aux amateurs de l’Antiquité, lorsqu’elles ont été conçues par l’esprit des savants, ou expliquées en prose ou en vers par une plume exercée. Au contraire, les images indécentes ne peuvent que conduire à la corruption de toutes les bonnes mœurs ; mais ne remuons pas ce bourbier : passons plutôt à un jardin odorant plein de fleurs parfumées. Qui ignore quelle impression les représentations édifiantes du célèbre maître en art de la gravure, Jan Luiken, ont produite sur tant de personnes ? Quel connaisseur ne s’arrête pas, émerveillé, devant ses œuvres, qu’il contemple avec attention et jugement, où, par de petites figures, dessinées d’une main libre et sûre, mille merveilles se présentent aux yeux ? Tout y abonde en ce qui est requis pour l’art : invention ingénieuse, composition spirituelle, harmonie des figures, mouvements naturels, passions vigoureuses, costumes propres, mœurs des peuples, édifices remarquables, animaux, paysages agréables, avec en outre une belle ordonnance de la lumière et de l’ombre, sans affectation recherchée. Que nul ne pense que nous lui accordions cet éloge de nous-mêmes : nullement ; nous parlons ici par la bouche des artistes et des amateurs, qui depuis longtemps lui ont donné plus de gloire que notre faible plume ne saurait lui en ajouter ; et les nombreux ouvrages de cet homme toujours laborieux, conservés comme des joyaux dans les bibliothèques et cabinets des connaisseurs, suffisent à perpétuer sa mémoire. Ces Tableaux des premiers chrétiens, que nous présentons au lecteur, doivent, au jugement des connaisseurs, être rangés parmi ses œuvres les plus remarquables, et, par conséquent, l’impression en est estimée doublement digne : d’autant plus que les planches ont peu ou point souffert, comme il apparaît, de sorte que l’ouvrage se présente généralement avec plus de pureté et d’éclat que celui que les amateurs peuvent voir dans l’édition d’Arnolds, intitulée Représentation des premiers chrétiens. La fécondité d’esprit de ces tableaux a inspiré au poète plein de sens Claas Bruin le désir d’orner cet ouvrage, sous chaque estampe, d’une inscription de six vers ; tandis que le poète Pieter Langendyk, ayant déjà entrepris de les traiter de manière plus étendue en vers, fut encouragé à achever plus promptement son dessein, comme cela est arrivé, toutes les pièces qui accompagnent les gravures étant sorties de sa plume. Dans l’espérance que cet ouvrage d’art plaira, nous souhaitons au lecteur toute prospérité et tout bonheur. E. et J. Visscher."


Jan Luyken (ou Johannes Luiken), né le 16 avril 1649 à Amsterdam où il meurt le 5 avril 1712, est une figure majeure de la culture visuelle et spirituelle des Provinces-Unies, à la fois poète, graveur, illustrateur et peintre d’histoire, dont l’activité se déploie principalement dans le champ de l’illustration imprimée ; formé notamment par Martin Saeghmolen, fils d’un maître d’école mennonite d’origine allemande, il mène d’abord une jeunesse mondaine avant de connaître, vers l’âge de vingt-six ans, une conversion religieuse déterminante qui oriente durablement son œuvre vers la morale chrétienne et la mystique. Installé à Amsterdam, avec un séjour à Haarlem entre 1699 et 1705, il collabore avec de nombreux éditeurs et produit une œuvre gravé considérable — plus de 3 000 planches lui sont aujourd’hui attribuées — illustrant des sujets religieux, historiques et allégoriques, marqués par une grande force expressive et une invention graphique remarquable. Il demeure surtout célèbre pour les 104 eaux-fortes exécutées pour l’édition de 1685 du Miroir des martyrs, sommet de l’iconographie dévotionnelle protestante, ainsi que pour le Het Menselyk Bedryf (1694), vaste galerie des métiers du XVIIe siècle réalisée avec son fils Caspar Luyken (1672-1708), qu’il forma à la gravure et avec lequel il collabora à plusieurs reprises. Parallèlement, Luyken mène une intense activité littéraire : après un premier recueil, Duitse Lier (1671), encore empreint de poésie amoureuse, il se tourne vers des écrits mystiques influencés par le piétisme et certaines tendances panthéistes, intégrant notamment la communauté dissidente des Gichtéliens à Amsterdam ; ses poèmes, souvent accompagnés de ses propres illustrations, seront en partie repris dans les recueils de cantiques mennonites. Son œuvre, à la croisée de l’art et de la spiritualité, a exercé une influence durable et constitue aujourd’hui un témoignage capital de la culture religieuse, graphique et éditoriale de l’âge d’or néerlandais.

Dans À rebours, le personnage de Des Esseintes, anti-héros emblématique de Joris-Karl Huysmans, se révèle profondément fasciné par l’œuvre gravée de Jan Luyken, dont il conserve dans son salon plusieurs épreuves des Persécutions religieuses. Il les évoque comme des « gravures effroyables contenant toutes les tortures que la folie de la religion pouvait concevoir ». Au-delà de leur violence expressive, ce qui le retient est la puissance évocatrice de Luyken, capable de restituer avec une rare intensité les atmosphères, les époques et les lieux qu’il met en scène.


Provenance : exemplaire de la bibliothèque de A. Kühnholtz-Lordat avec son bel ex libris armorié et gravé à l'eau forte par Dupont. Achille KÜHNHOLTZ-LORDAT (4-3-1820 | 22-4-1893)​ fut journaliste et critique. Il est élu à l’Académie des sciences et lettres de Montpellier en 1891. Il meurt le 22 avril 1893e et est inhumé au cimetière Saint-Lazare de Montpellier. 



Très bon exemplaire de cet ouvrage richement illustré par l'un des grands noms de la gravure à l'eau forte de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle.

Peu commun en reliure hollandaise de l'époque.

Prix : 950 euros