mardi 5 mai 2026

1720-1727 | Précieux exemplaire de la bibliothèque de Michel-Ferdinand d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes (Seigneur de Luynes) | Roger de Rabutin dit Bussy-Rabutin | Lettres et Nouvelles Lettres | Très bonne édition parisienne parue chez Florentin Delaulne (4 volumes) et sa Veuve (3 volumes). Ensemble complet en 7 volumes reliés à l'époque. Une des plus intéressantes correspondances privées couvrant la première partie du règne de Louis XIV (de 1666 à 1692).


BUSSY-RABUTIN, [Roger de Rabutin, comte de Bussy, dit]

LES LETTRES DE MESSIRE ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUSSY, Lieutenant Général des Armées du Roi, et Mestre de Camp Général de la Cavalerie française et étrangère. Nouvelle édition. [Première-Quatrième partie].

A Paris, chez Florentin Delaulne, 1720

4 volumes

Suivi de :

NOUVELLES LETTRES DE MESSIRE ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUSSY, Lieutenant Général des Armées du Roi, et Mestre de Camp Général de la Cavalerie française et étrangère. Avec les réponses.

A Paris, chez la Veuve Delaulne, 1727

3 volumes

Ensemble de 7 volumes in-12 (16,2 x 9,5 cm) de (4)-374-(2), (4)-295, (6)-550, (8)-491-(4), (10)-448, (8)-386 et (8)-384 pages. Collationné complet.

Reliure plein veau brun de l'époque marbré à l'acide, dos à nerfs richement ornés, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge, tranches rouges. Coins émoussés. Extrémité des coiffes arrachées (voir photos). Papier plus ou moins teinté. Exemplaire frais.



Très bonne édition de 1720-1727 parue à Paris chez Delaulne.

Détail des volumes : Tome I : Outre un Avertissement, ce volume contient les lettres I à CXLIV. Soit 144 lettres. Tome II : Ce volume contient les lettres I à CXI. Soit 111 lettres. Tome III : Ce volume contient les lettres I à CCCXXXIII. Soit 333 lettres. Tome IV : Ce volume contient les lettres I à CCCLXXI. Soit 371 lettres. Tome V : Outre un Avertissement, ce volume contient les lettres I à CCCXXV. Soit 325 lettres. Tome VI : Ce volume contient les lettres I à CCLXX. Soit 270 lettres. Tome VII : Ce volume contient les lettres I à CCXIX. Soit 219 lettres. Sur l'ensemble des 7 volumes ce sont donc 1773 lettres écrites par le comte de Bussy-Rabutin ou adressées à lui qui sont rassemblées dans cette édition, la plus complète et la mieux ordonnée à cette date. Cette édition a été rapidement contrefaite (sans doute à Lyon ou Rouen) montrant ainsi le succès de cette correspondance.









On trouve un très grand nombre de lettres dans cette riche correspondance de Bussy-Rabutin. Exilé sur ses terres de Bourgogne à Bussy pendant près de dix-sept années à cause de son libertinage et surtout à cause de son Histoire amoureuse des Gaules (1665) qui circula en manuscrit et imprimée pendant toute la seconde moitié du XVIIe siècle, pour la plus grande fureur de Louis XIV qui ne lui pardonna jamais d’avoir chansonné les amours du Roi, Bussy-Rabutin se livre ici dans son intimité. Mais ce qu’il y a de plus remarquable sans aucun doute dans cette correspondance, c’est qu’on y trouve aussi les réponses des nombreux correspondants du comte, fait rare dans l’édition des correspondances anciennes qui sont parvenues jusqu'à nous. On y retrouve notamment la plus célèbre de ses correspondantes, la marquise de Sévigné, Marie de Rabutin Chantal. On sait que c’est le fils de Roger de Rabutin qui édita en partie avec le Père Bouhours la correspondance de Bussy (1697-1709 pour la première édition complète). C’est également le fils de Roger de Rabutin qui communiqua les manuscrits des premières lettres publiées de la marquise de Sévigné, quelques années plus tard.








Provenance : Ex libris gravé armorié du cabinet de M. le Duc de Chaulnes. Etiquette gravée et manuscrite : Luynes. Au verso du premier feuillet de garde du premier volume on peut lire d'une écriture ancienne à la plume : "d'Albert Seigneur d'Ailly, de Chaulnes, de Picquigny de gueules à deux rameaux ou branches d'alizier d'argent, passées en sautoir chargé du haut d'un écusson d'or au lion de gueules couronné de même, au chef échiqueté d'argent et d'azur de trois traits.". Il s'agit ici de Michel-Ferdinand d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes, pair de France, vidame d’Amiens, chevalier des Ordres du Roi, lieutenant général de ses armées, gouverneur et lieutenant général pour Sa Majesté en la province de Picardie, et pays reconquis d’Artois, gouverneur particulier des villes et citadelles d’Amiens et de Corbie, et capitaine-lieutenant des chevau-légers (1714-1769). La vente de la bibliothèque parisienne du duc de Chaulnes, qui eut lieu en 35 vacations, du lundi 19 mars au mardi 15 mai 1770, produisit 41.123 livres : Catalogue des livres manuscrits et imprimés, et des estampes, de la bibliothéque [sic] de M. le duc de Chaulnes (Paris, Le Clerc, 1770, in-8, n°2349 de cette vente, adjugé 9 livres). Très intéressante provenance quand on sait les lettres échangées entre Bussy-Rabutin, la marquise de Sévigné et d'autres correspondants, les duc de Chaulnes étant plusieurs fois cités. A propos du duc de Chaulnes bibliophile, consulter : « Le Duc de Chaulnes, entre la guerre et les sciences », sur Histoire de la bibliophilie, 21 octobre 2014. 

Très bon exemplaire en condition d'époque et de provenance très intéressante.

Prix : 1.500 euros

mercredi 29 avril 2026

1958-1959 | Virgile | Les Géorgiques et les Bucoliques | Avec des compositions à la pointe sèche par Gaston Barret | Un des exemplaires sur Japon (1/15 et 1/21) avec trois suites et un croquis original | Très bel ensemble


VIRGILE [Publius Vergilius Maro] GASTON BARRET (illustrateur)

Les Géorgiques,  traduction en vers français par l'abbé Delille de l'Académie Française, suivie du texte latin. Eaux-fortes originales de Gaston Barret.

Editions Eryx, Paris, 1958

1 volume grand in-4 (28,5 x 23 cm), en feuilles, de 255-(6) pages. Avec 22 pointes sèches hors-texte tirées en noir par Gaston Barret. Ici avec 3 états supplémentaires avec remarques (en vert, en bistre et en noir) sur divers papiers. Avec un croquis original.

avec :

Les Bucoliques, traduction en vers français par P.-F. Tissot, successeur de Delille au Collège de France, suivie du texte latin. Eaux-fortes originales de Gaston Barret.

Editions Eryx, Paris, 1959

1 volume grand in-4 (28,5 x 23 cm), en feuilles, de 164-(6) pages. Avec 15 pointes sèches hors-texte tirées en noir par Gaston Barret. Ici avec 3 états supplémentaires avec remarques (en vert, en bistre et en noir) sur divers papiers. Avec un croquis original.





Ensemble sous étui et emboîtage de simili-cuir rouge titre doré au dos. Couvertures de chaque volume en papier fait main avec inclusions de fleurs séchées. Excellent état de l'ensemble. Quelques minimes frottements aux emboîtages. Volumes en parfait état. Bien complet de toutes les planches requises.

Les Géorgiques ont été tirés à 333 exemplaires plus quelques exemplaires d'artiste.

Celui-ci, un des 21 exemplaires sur Japon à la main d'origine, comprenant un croquis original, trois suites des illustrations avec remarques en trois tons.

Les Bucoliques ont été tirés à 333 exemplaires.

Celui-ci, un des 15 exemplaires sur Japon à la main d'origine, comprenant un croquis original, trois suites des illustrations avec remarques en trois tons.

Les deux volumes portent le n°31 au composteur.










Composées entre 37 et 30 av. J.-C., les Géorgiques — littéralement « les travaux de la terre » — constituent la seconde grande œuvre de Virgile. Ce vaste poème didactique d’environ 2 000 hexamètres, inspiré des Travaux et les Jours d’Hésiode, fut entrepris à la demande de Mécène et dédié à Auguste. L’ouvrage se déploie en quatre livres : les deux premiers traitent des cultures (céréales, vigne), les deux suivants de l’élevage (bétail, apiculture). Bien qu’ancré dans la tradition des traités agricoles — à l’instar du De re rustica de Varron — le poème s’en écarte par son ampleur spéculative, abordant des thèmes essentiels tels que la guerre, la paix, la mort et le renouveau. Écrites dans le contexte troublé des guerres civiles, les Géorgiques dépassent ainsi leur sujet apparent pour offrir une méditation sur la fragilité du monde et la condition humaine. Là où les Bucoliques exaltaient une Arcadie idéalisée, Virgile s’attache ici à la terre réelle, meurtrie et négligée, qu’il invite à restaurer par le travail et la connaissance. Il y célèbre la solidarité profonde entre l’homme, les végétaux et les animaux, esquissant l’espoir d’un retour à la prospérité sous l’ordre nouveau instauré par Auguste et la Pax Romana. D’un point de vue formel, l’œuvre illustre la pleine maîtrise de l’hexamètre dactylique, que Virgile contribue à porter à son plus haut degré de perfection. Relevant du style dit « moyen » (moderatus), propre au genre didactique, elle évite toute sécheresse grâce à la richesse de ses registres, mêlant accents lyriques et élans épiques qui annoncent déjà l’Énéide. Selon la tradition antique, le poème fut lu par Virgile lui-même devant Auguste en 29 av. J.-C. Véritable chant de la terre et réflexion morale et politique, les Géorgiques comptent parmi les sommets de la poésie occidentale, où l’auteur atteint une perfection formelle unanimement admirée, au point que Paul Claudel voyait en lui « le plus grand génie que la terre ait porté ».

Parues vers 37 av. J.-C., les Bucoliques — ou Églogues — de Virgile constituent un recueil de dix poèmes pastoraux totalisant environ 830 vers en hexamètres dactyliques. Inspirées de la tradition grecque illustrée par Théocrite, elles mettent en scène des dialogues de bergers dans un cadre idéalisé, tout en laissant affleurer, en filigrane, les troubles politiques de la fin de la République romaine, notamment les conséquences des guerres civiles. Certaines pièces, telle la quatrième églogue, annoncent un renouveau et un Âge d’or placé sous le signe d’Auguste. D’une composition savamment équilibrée, alternant chants dialogués, plaintes amoureuses et accents prophétiques, ce premier chef-d’œuvre virgilien marque l’introduction du genre bucolique dans la poésie latine et annonce, par la richesse de ses thèmes et la maîtrise de sa forme, les grandes œuvres à venir.

L’œuvre de Virgile occupe une place centrale dans la tradition littéraire occidentale, en réalisant une synthèse magistrale entre l’héritage grec — d’Homère notamment — et l’identité culturelle romaine. Des Bucoliques aux Géorgiques, puis à l’Énéide, elle allie une perfection formelle exemplaire à une réflexion profonde sur l’histoire, la nature et la destinée humaine, tout en accompagnant l’affirmation politique du règne d’Auguste. Devenue très tôt un modèle canonique, l’œuvre virgilienne a exercé une influence continue, de l’Antiquité au classicisme : elle est au cœur de la culture médiévale, où elle inspire notamment Dante Alighieri, puis demeure une référence majeure pour les poètes et théoriciens modernes tels que Nicolas Boileau. Par l’équilibre qu’elle propose entre idéal politique, sensibilité poétique et méditation morale, elle s’impose durablement comme l’un des sommets de la littérature européenne.

L'illustration de Gaston Barret, montre une nature tantôt sauvage, tantôt habitée par l'homme qui la façonne. Les compositions sont en parfaite harmonie avec le texte qu'elles illustrent avec douceur et intelligence.


Bel exemplaire du tirage de tête sur Japon avec trois suite et croquis original, témoignage des fastes de la bibliophilie d'après-guerre.

Prix : 800 euros (pas d'expédition hors France métropolitaine) - Frais de port en sus pour une expédition hors France métropolitaine

mardi 28 avril 2026

1930-1932 | L'Œuvre de Restif de la Bretonne | Editions du Trianon | Un des 25 exemplaires sur Annam | Rare



RESTIF DE LA BRETONNE (Nicolas Edme) [Rétif de la Bretonne]

L'Œuvre de Restif de la Bretonne.

Paris, Editions du Trianon, 1930-1932

9 volumes in-8 (20,5 x 16 cm) brochés. 300 à 400 pages par volume. Nombreuses illustrations par divers artistes (voir détail ci-dessous). Très bon état de l'ensemble. 

Edition imprimée à 1 665 exemplaires.

Celui-ci, un des rares 25 exemplaires de tête imprimés sur Annam (ressemble au Japon). Tous les volumes portent le même numéro et sont numérotés 25 au composteur.








Voici le détail des volumes et des titres de Rétif de la Bretonne qu'ils contiennent avec le détail des estampes pour chacun :

Tome 1 : 1930. Les Nuits de Paris. Cuivre originaux de Gérard Cochet. Portrait de Rétif gravé sur bois (en un seul état). 6 cuivres tirés en noir (pas de suite supplémentaire).

Tome 2 : 1930. Les Contemporaines. Suivies de Les Françaises, Les Parisiennes, L'Année des Dames Nationales. Cuivres de Gaston Goor. 5 cuivres tirés en noir (pas de suite supplémentaire).

Tome 3 : 1931. Le Pornographe suivi de La Mimographe, Les Gynographes, Le Thesmographe, Le Nouvel Abeilard, Le Nouvel Emile, Philosophie de Monsieur Nicolas, Les Posthumes. Cuivres originaux de Georges Ripart. 6 cuivres tirés en noir avec une suite coloriée à l'aquarelle (soit 12 gravures au total).

Tome 4 : 1931. La Vie de mon Père. Suivie de Lucile, Le Pied de Fanchette, La Fille Naturelle, Adèle de C***. Cuivres originaux de Gaston Nick. 7 cuivres tirés en noir avec une suite coloriée à l'aquarelle (sauf une estampe qui n'est qu'en un seul état en noir - soit 13 gravures au total).

Tome 5 : 1931. Le Ménage Parisien. Suivi de La Femme infidèle, Ingénue Saxancour. Cuivres originaux de Carlo Farneti. 7 cuivres tirés en noire avec une suite coloriée à l'aquarelle soit 14 gravures en tout).

Tome 6 : 1931. La Paysan et la Paysanne pervertis. Cuivres originaux de Pierre Gandon. 6 cuivres tirés en noire avec une suite coloriée à l'aquarelle soit 12 gravures en tout).

Tome 7 : 1932. Monsieur Nicolas ou le Cœur humain dévoilé. Tome premier. Cuivres originaux de P. Dubreuil et P. Noël. 6 cuivres tirés en noire avec une suite coloriée à l'aquarelle soit 12 gravures en tout).

Tome 8 : 1932. Monsieur Nicolas ou le Cœur humain dévoilé. Tome premier. Cuivres originaux de P. Dubreuil et P. Noël. 6 cuivres tirés en noire avec une suite coloriée à l'aquarelle soit 12 gravures en tout).

Tome 9. 1932. Mon Calendrier. Suivi de Morale, Religion, Politique, Mes Ouvrages. Frontispice de Pierre Gandon à l'eau-forte (en 2 états, noir et bistre).










Cette édition a été établie par Henri Bachelin. Elle s'ouvre sur une notice bio-bibbliographique sur Rétif de la Bretonne (IX-XLIII pp. du premier volume). Chaque volume se termine par d'intéressantes Notes explicatives.

Bien qu'elle ne donne que des extraits de l'œuvre complète de Rétif de la Bretonne (les meilleurs morceaux selon Henri Bachelin), cette édition fortement incomplète donne malgré tout un ensemble de textes suffisamment représentatifs de son auteur. Elle est par ailleurs joliment illustré par les meilleurs artistes du début des années 1930.

Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique.

Très bon exemplaire du très rare tirage de tête à 25 exemplaires sur Annam.

Prix : 950 euros [pas d'envoi hors France métropolitaine - sinon frais d'envoi en sus]

lundi 27 avril 2026

1562-1566 | Réunion bâloise de deux ouvrages rares | De translatione Imperii Romani ad Germanos. Decretorum doctoris clarissimi, de lumibus regni & imperij Romani, tractatus variarum rerum cognitione refertus [De la translation de l’Empire romain aux Germains] [Traité abondant en connaissances diverses concernant les lumières du royaume et de l’Empire romain. Écrit il y a près de deux cents ans, et maintenant remis en lumière]. Reliure en vélin d'époque.


Flacius Illyricus, Matthias, 1520-1575. | Lupold de Bebenburg (Lupold, von Bebenburg, Bishop of Bamberg), ca 1297-1363 [Réfome]

De translatione Imperii Romani ad Germanos. Item De electione episcoporum, quòd aequè ad plebem pertineat. Accessit eiusdem argumenti Liber Lupoldi Babembergensis, de Iuribus Imperij & Regni Rom.

Basileae, 1566 [Bâle]

suivi de : 

D · LVPOLDI DE BABENBERG, Decretorum doctoris clarissimi, de lumibus regni & imperij Romani, tractatus variarum rerum cognitione refertus. Scriptus ab hinc fere annis ducentis, & nunc in lucem reuocatus. Cum alijs nonnullis eiusdem argumenti libellis, hac nostra aetate vtilibus admodum ac necessariis.

Basileae, 1562 [Bâle] (sans page de titre - sans la table - volontaire par l'éditeur de 1566)

2 ouvrages réunis en 1 volume in-8 (157 x 102 mm pour les marges - 167 x 110 mm pour le volume), de (64)-271 pages (pour le premier ouvrage) suivi de 398 pages (les pages de titre et les pages de table n'ont pas été reliées dans ce volume - voir plus bas l'explication).

Reliure strictement d'époque plein vélin à lacets et coutures apparentes. Titre à l'encre au dos. Lacets rompus et/ou manquants, attaches du premier plats rompues (corps d'ouvrage solide). Vélin sali. Intérieur très frais.


Première édition pour le premier ouvrage De translatione Imperii Romani ad Germanos.

Deuxième édition pour le second ouvrage de Babenberg publié pour la première fois en 1508.

Exemplaire particulièrement intéressant par sa constitution matérielle ancienne : le traité de Matthias Flacius Illyricus, consacré à l’élection des évêques et à la participation de la communauté des fidèles, a été relié en tête, orientant d’emblée la lecture dans une perspective ecclésiologique réformée. Il est suivi du célèbre traité de Lupold de Bebenburg, De translatione imperii, texte majeur du XIVe siècle défendant l’autonomie du pouvoir impérial face aux prétentions de la papauté et affirmant la légitimité du transfert de l’Empire aux Germains. 













Cette réunion n'est pas fortuite mais a été au contraire construite par l'éditeur de Bâle qui a choisi d'ajouter à l'ouvrage de Flacius Illyricus celui de Lupold de Bebenburg publié quatre ans plus tôt en 1562 et en lui retranchant la page de titre et la table propre à cette édition. Cet ensemble s’inscrit donc pleinement dans le contexte bâlois des années 1560 : l’imprimeur Petrus Perna, proche des milieux réformés, publie ici un ensemble cohérent destiné à nourrir les débats sur la nature et les limites des pouvoirs spirituel et temporel. L’ouvrage compose ainsi un véritable diptyque doctrinal, articulant critique de la hiérarchie ecclésiastique et théorie politique de l’Empire, en conjuguant une autorité médiévale réactivée (Lupold) et une polémique confessionnelle contemporaine (Flacius). La sobre reliure en plein vélin, typique des pays germaniques au XVIe siècle, confirme l’usage d’étude et de controverse de ce type de textes, destinés à un lectorat de juristes et de théologiens.

Un exemplaire composé de la même manière est présent au catalogue de la Berkeley Law Library (USA).

Flacius Illyricus, Matthias, 1520-1575. Né à Albona (aujourd'hui Labin) en Istrie, il avait étudié sous Martin Luther et Philippe Melanchthon. Il enseigna la langue hébraïque à Wittemberg (1544), puis la théologie à Iéna (1557). En 1558, il publia un recueil complet des écrits latins de Jan Hus. Il eut en 1560 de longues discussions avec Viktorin Strigel sur le péché originel, et fut pour cette raison forcé de quitter l'Université d'Iéna (1562). Il professa depuis dans différentes villes d'Allemagne et de Hollande.

Lupold de Bebenburg (en allemand Lupold von Bebenburg, en latin Lupoldus Bebenbergius ou Babenbergius), né vers 1297 et mort le 28 octobre 1363, est un ecclésiastique et juriste allemand du XIVe, évêque de Bamberg de 1353 à sa mort. Fils d'une famille ministériales, fonctionnaires au service du prince ou d'un évêque, assimilés à la petite noblesse, il fait ses études de droit à Bologne sous la direction de Jean d'André (de). Il est professeur in utroque jure en Allemagne. Il est également chanoine de Mayence, Wurtzbourg puis de Bamberg. Il est évêque de Bamberg vers 1353. Il meurt en 1363 lors d'une épidémie de typhus.

Très bon exemplaire. Ces deux ouvrages sont devenus fort rares.

Prix : 650 euros