Librairie L'amour qui bouquine - Beaux livres anciens et modernes - Bibliophilie
Beaux livres anciens et modernes - Bibliophilie - Reliures - Editions originales - Livres illustrés - Estampes - Dessins - Photographies - Bertrand Hugonnard-Roche, Bibliophile - libraire.
jeudi 14 mai 2026
1879-1882 | Victor Hugo | Les Misérables | Nouvelle édition illustrée de 500 bois gravés par les meilleurs artistes de l'époque | Bel exemplaire bien relié à l'époque
mardi 5 mai 2026
1720-1727 | Précieux exemplaire de la bibliothèque de Michel-Ferdinand d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes (Seigneur de Luynes) | Roger de Rabutin dit Bussy-Rabutin | Lettres et Nouvelles Lettres | Très bonne édition parisienne parue chez Florentin Delaulne (4 volumes) et sa Veuve (3 volumes). Ensemble complet en 7 volumes reliés à l'époque. Une des plus intéressantes correspondances privées couvrant la première partie du règne de Louis XIV (de 1666 à 1692).
BUSSY-RABUTIN, [Roger de Rabutin, comte de Bussy, dit]
LES LETTRES DE MESSIRE ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUSSY, Lieutenant Général des Armées du Roi, et Mestre de Camp Général de la Cavalerie française et étrangère. Nouvelle édition. [Première-Quatrième partie].Suivi de :
NOUVELLES LETTRES DE MESSIRE ROGER DE RABUTIN, COMTE DE BUSSY, Lieutenant Général des Armées du Roi, et Mestre de Camp Général de la Cavalerie française et étrangère. Avec les réponses.
Reliure plein veau brun de l'époque marbré à l'acide, dos à nerfs richement ornés, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge, tranches rouges. Coins émoussés. Extrémité des coiffes arrachées (voir photos). Papier plus ou moins teinté. Exemplaire frais.
Très bonne édition de 1720-1727 parue à Paris chez Delaulne.
On trouve un très grand nombre de lettres dans cette riche correspondance de Bussy-Rabutin. Exilé sur ses terres de Bourgogne à Bussy pendant près de dix-sept années à cause de son libertinage et surtout à cause de son Histoire amoureuse des Gaules (1665) qui circula en manuscrit et imprimée pendant toute la seconde moitié du XVIIe siècle, pour la plus grande fureur de Louis XIV qui ne lui pardonna jamais d’avoir chansonné les amours du Roi, Bussy-Rabutin se livre ici dans son intimité. Mais ce qu’il y a de plus remarquable sans aucun doute dans cette correspondance, c’est qu’on y trouve aussi les réponses des nombreux correspondants du comte, fait rare dans l’édition des correspondances anciennes qui sont parvenues jusqu'à nous. On y retrouve notamment la plus célèbre de ses correspondantes, la marquise de Sévigné, Marie de Rabutin Chantal. On sait que c’est le fils de Roger de Rabutin qui édita en partie avec le Père Bouhours la correspondance de Bussy (1697-1709 pour la première édition complète). C’est également le fils de Roger de Rabutin qui communiqua les manuscrits des premières lettres publiées de la marquise de Sévigné, quelques années plus tard.
Provenance : Ex libris gravé armorié du cabinet de M. le Duc de Chaulnes. Etiquette gravée et manuscrite : Luynes. Au verso du premier feuillet de garde du premier volume on peut lire d'une écriture ancienne à la plume : "d'Albert Seigneur d'Ailly, de Chaulnes, de Picquigny de gueules à deux rameaux ou branches d'alizier d'argent, passées en sautoir chargé du haut d'un écusson d'or au lion de gueules couronné de même, au chef échiqueté d'argent et d'azur de trois traits.". Il s'agit ici de Michel-Ferdinand d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes, pair de France, vidame d’Amiens, chevalier des Ordres du Roi, lieutenant général de ses armées, gouverneur et lieutenant général pour Sa Majesté en la province de Picardie, et pays reconquis d’Artois, gouverneur particulier des villes et citadelles d’Amiens et de Corbie, et capitaine-lieutenant des chevau-légers (1714-1769). La vente de la bibliothèque parisienne du duc de Chaulnes, qui eut lieu en 35 vacations, du lundi 19 mars au mardi 15 mai 1770, produisit 41.123 livres : Catalogue des livres manuscrits et imprimés, et des estampes, de la bibliothéque [sic] de M. le duc de Chaulnes (Paris, Le Clerc, 1770, in-8, n°2349 de cette vente, adjugé 9 livres). Très intéressante provenance quand on sait les lettres échangées entre Bussy-Rabutin, la marquise de Sévigné et d'autres correspondants, les duc de Chaulnes étant plusieurs fois cités. A propos du duc de Chaulnes bibliophile, consulter : « Le Duc de Chaulnes, entre la guerre et les sciences », sur Histoire de la bibliophilie, 21 octobre 2014.
Prix : 1.500 euros
mercredi 29 avril 2026
1958-1959 | Virgile | Les Géorgiques et les Bucoliques | Avec des compositions à la pointe sèche par Gaston Barret | Un des exemplaires sur Japon (1/15 et 1/21) avec trois suites et un croquis original | Très bel ensemble
VIRGILE [Publius Vergilius Maro] GASTON BARRET (illustrateur)
Les Géorgiques, traduction en vers français par l'abbé Delille de l'Académie Française, suivie du texte latin. Eaux-fortes originales de Gaston Barret.
Editions Eryx, Paris, 1958
1 volume grand in-4 (28,5 x 23 cm), en feuilles, de 255-(6) pages. Avec 22 pointes sèches hors-texte tirées en noir par Gaston Barret. Ici avec 3 états supplémentaires avec remarques (en vert, en bistre et en noir) sur divers papiers. Avec un croquis original.
avec :
Les Bucoliques, traduction en vers français par P.-F. Tissot, successeur de Delille au Collège de France, suivie du texte latin. Eaux-fortes originales de Gaston Barret.
Editions Eryx, Paris, 1959
1 volume grand in-4 (28,5 x 23 cm), en feuilles, de 164-(6) pages. Avec 15 pointes sèches hors-texte tirées en noir par Gaston Barret. Ici avec 3 états supplémentaires avec remarques (en vert, en bistre et en noir) sur divers papiers. Avec un croquis original.
Ensemble sous étui et emboîtage de simili-cuir rouge titre doré au dos. Couvertures de chaque volume en papier fait main avec inclusions de fleurs séchées. Excellent état de l'ensemble. Quelques minimes frottements aux emboîtages. Volumes en parfait état. Bien complet de toutes les planches requises.
Les Géorgiques ont été tirés à 333 exemplaires plus quelques exemplaires d'artiste.
Celui-ci, un des 21 exemplaires sur Japon à la main d'origine, comprenant un croquis original, trois suites des illustrations avec remarques en trois tons.
Les Bucoliques ont été tirés à 333 exemplaires.
Celui-ci, un des 15 exemplaires sur Japon à la main d'origine, comprenant un croquis original, trois suites des illustrations avec remarques en trois tons.
Les deux volumes portent le n°31 au composteur.
Composées entre 37 et 30 av. J.-C., les Géorgiques — littéralement « les travaux de la terre » — constituent la seconde grande œuvre de Virgile. Ce vaste poème didactique d’environ 2 000 hexamètres, inspiré des Travaux et les Jours d’Hésiode, fut entrepris à la demande de Mécène et dédié à Auguste. L’ouvrage se déploie en quatre livres : les deux premiers traitent des cultures (céréales, vigne), les deux suivants de l’élevage (bétail, apiculture). Bien qu’ancré dans la tradition des traités agricoles — à l’instar du De re rustica de Varron — le poème s’en écarte par son ampleur spéculative, abordant des thèmes essentiels tels que la guerre, la paix, la mort et le renouveau. Écrites dans le contexte troublé des guerres civiles, les Géorgiques dépassent ainsi leur sujet apparent pour offrir une méditation sur la fragilité du monde et la condition humaine. Là où les Bucoliques exaltaient une Arcadie idéalisée, Virgile s’attache ici à la terre réelle, meurtrie et négligée, qu’il invite à restaurer par le travail et la connaissance. Il y célèbre la solidarité profonde entre l’homme, les végétaux et les animaux, esquissant l’espoir d’un retour à la prospérité sous l’ordre nouveau instauré par Auguste et la Pax Romana. D’un point de vue formel, l’œuvre illustre la pleine maîtrise de l’hexamètre dactylique, que Virgile contribue à porter à son plus haut degré de perfection. Relevant du style dit « moyen » (moderatus), propre au genre didactique, elle évite toute sécheresse grâce à la richesse de ses registres, mêlant accents lyriques et élans épiques qui annoncent déjà l’Énéide. Selon la tradition antique, le poème fut lu par Virgile lui-même devant Auguste en 29 av. J.-C. Véritable chant de la terre et réflexion morale et politique, les Géorgiques comptent parmi les sommets de la poésie occidentale, où l’auteur atteint une perfection formelle unanimement admirée, au point que Paul Claudel voyait en lui « le plus grand génie que la terre ait porté ».
Parues vers 37 av. J.-C., les Bucoliques — ou Églogues — de Virgile constituent un recueil de dix poèmes pastoraux totalisant environ 830 vers en hexamètres dactyliques. Inspirées de la tradition grecque illustrée par Théocrite, elles mettent en scène des dialogues de bergers dans un cadre idéalisé, tout en laissant affleurer, en filigrane, les troubles politiques de la fin de la République romaine, notamment les conséquences des guerres civiles. Certaines pièces, telle la quatrième églogue, annoncent un renouveau et un Âge d’or placé sous le signe d’Auguste. D’une composition savamment équilibrée, alternant chants dialogués, plaintes amoureuses et accents prophétiques, ce premier chef-d’œuvre virgilien marque l’introduction du genre bucolique dans la poésie latine et annonce, par la richesse de ses thèmes et la maîtrise de sa forme, les grandes œuvres à venir.
L’œuvre de Virgile occupe une place centrale dans la tradition littéraire occidentale, en réalisant une synthèse magistrale entre l’héritage grec — d’Homère notamment — et l’identité culturelle romaine. Des Bucoliques aux Géorgiques, puis à l’Énéide, elle allie une perfection formelle exemplaire à une réflexion profonde sur l’histoire, la nature et la destinée humaine, tout en accompagnant l’affirmation politique du règne d’Auguste. Devenue très tôt un modèle canonique, l’œuvre virgilienne a exercé une influence continue, de l’Antiquité au classicisme : elle est au cœur de la culture médiévale, où elle inspire notamment Dante Alighieri, puis demeure une référence majeure pour les poètes et théoriciens modernes tels que Nicolas Boileau. Par l’équilibre qu’elle propose entre idéal politique, sensibilité poétique et méditation morale, elle s’impose durablement comme l’un des sommets de la littérature européenne.
L'illustration de Gaston Barret, montre une nature tantôt sauvage, tantôt habitée par l'homme qui la façonne. Les compositions sont en parfaite harmonie avec le texte qu'elles illustrent avec douceur et intelligence.
Bel exemplaire du tirage de tête sur Japon avec trois suite et croquis original, témoignage des fastes de la bibliophilie d'après-guerre.
Prix : 800 euros (pas d'expédition hors France métropolitaine) - Frais de port en sus pour une expédition hors France métropolitaine
















































