samedi 27 juin 2026

1784 | Rétif de la Bretonne (Nicolas-Edme) [RESTIF DE LA BRETONE] | La prévention nationale, Action adaptée à la scène ; avec deux Variantes, et les Faits qui lui servent de base : Première partie : contenant La Prévention nationale action en cinq actes, son analyse, et la seconde variante. [...] Seconde partie : contenant la première variante, I. les lettres authentiques, II. les traits historiques, III. le fait original, IV, le prisonnier de guerre, par N. E. Rétif-de-la-Bretone [...].


Rétif de la Bretonne (Nicolas-Edme) [RESTIF DE LA BRETONE]

La prévention nationale, Action adaptée à la scène ; avec deux Variantes, et les Faits qui lui servent de base : Première partie : contenant La Prévention nationale action en cinq actes, son analyse, et la seconde variante. [...] Seconde partie : contenant la première variante, I. les lettres authentiques, II. les traits historiques, III. le fait original, IV, le prisonnier de guerre, par N. E. Rétif-de-la-Bretone [...].

A La Haie, et se trouve à Paris chés Regnault, 1784

2 parties reliées en 1 volume in-12 (17 x 11 cm) de 302 pages, 216 pages ; et 217 à 455-(1)-(8) pages. Les 8 pages de l'Analyse de la Dernière aventure d'un homme de quarante-cinq ans et réclame sur les ouvrages de Rétif sont bien présentes et reliées à la fin du volume. Avec 10 estampes hors-texte.

Reliure strictement de l'époque demi basane blonde à coins, dos lisse orné de filets dorés avec faux nerfs, pièce de titre, tranches rouges, papier de doublure peint (dominoté). Usures aux coins, légers frottements, intérieur frais avec quelques rares mouillures claires sans gravité à quelques pages seulement. Très beau tirage des gravures, toutes au format du volume. Complet des 10 estampes. La figure pour Jeanne d'Arc a été reliée en frontispice (mal placée) comme souvent. La reliure marquée "I. II. THEIL" au dos indique, ainsi que sa façon, une fabrication probablement suisse ou allemande.

Edition originale.






Ce "triple" drame en cinq actes que Rétif " devait être joué aux Italiens par le célèbre acteur dramatique Granger" (Rives Childs). Il est adapté du roman épistolaire "La Malédiction paternelle" publié en 1779. L’édition propose trois versions du drame avec une "Analise (sic) de la Pièce par l’Éditeur" et, sous un titre propre, d’une "seconde composition, ou Seconde Variante, Rendue à la manière de Shakespear, c’est-à-dire, sans unité-de-temps ni de lieu, afin-de pouvoir tout mettre en-tableaus vivans, sous les ïeus des Spectateurs". Le second volume débute par la "seconde partie" contenant la première variante de La Prévention Nationale qui est suivie des pièces justificatives et des "Fais qui servent de base" au drame, c’est-à-dire des Lettres authentiques, des Traits historiques (Jeanne d’Arc, Le Chevalier D’Assas, Charles Dulis et Les Deux anglais), du Fait original (Le fils obéissant) et du Prisonnier de guerre. L’édition se termine par divers textes sur l’œuvre, dont une lettre de Voltaire.

L’édition est illustrée de 10 figures hors texte non signées, dessinées et gravées par Louis Binet (attribuées à). Dans la cinquième figure du tome I, le père de famille est représenté sous les traits de Restif lui-même.

"Les productions de M. Rétif de la Bretonne portent toutes un caractère d'originalité la plus singulière, jusques dans leurs titres ; ce qui en a fait le succès. Cet auteur fécond se livre à tout ce qu'une imagination bouillante fait naître sous la plume. Les sujets qu'il traite dans ces trois parties sont pris au hasard, de l'histoire, des romans, des drames, etc." (Journal Encyclopédique, juin 1784)












Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique.

Références : Rives Child, p. 284-285. Lacroix, XXVII, p. 215-224.

Très bon exemplaire en condition d'époque.

Prix : 2 500 euros

vendredi 26 juin 2026

1791 | Le Palais Royal. Par M. Rétif de la Bretonne, auteur des Nuits de Paris | Rarissime contrefaçon de l'édition originale parue un an auparavant en 1790 | Superbe exemplaire relié en maroquin pour le bibliophile et homme politique Elzéar Pin (1813-1883).



Nicolas Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

Le Palais Royal. Par M. Rétif de la Bretonne, auteur des Nuits de Paris.

Première partie. Les Filles de l'Allée-des-Soupirs. Seconde partie. Les Sunamites. Troisième partie. Les Converseuses.

A Paris, au Palais Royal d'abord ; puis, partout. Même chez Guillot, libraire rue des Bernardins. 1791.

3 parties en 1 volume petit in-8 (169 x 104 mm | hauteur des marges : 164 mm) de 183, 165 et 196 pages. Collationnée complet.

Reliure plein maroquin lavallière, dos à nerfs orné de fers dorés, pièce de titre de maroquin orange, pièce de millésime de maroquin noir, triple filet doré en encadrement des plats, double filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure, dentelle dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne. Exemplaire lavé et encollé au moment de la reliure qui date des années 1860-1870. La reliure n'est pas signée mais sort d'un grand atelier (probablement CUZIN, voir ci-dessous la provenance). Excellent état de l'ensemble. Minimes ombres et marques à la reliure qui est à l'état proche du neuf. Intérieur frais malgré un papier uniformément légèrement teinté (dû au lavage et encollage et à la qualité du papier). Il a été relié en tête une estampe (voir photo) de l'époque de l'ouvrage mais qui ne fait pas partie de l'édition qui n'est pas illustrée.



Rarissime contrefaçon de l'édition originale parue un an auparavant en 1790.

Paul Lacroix n'a pas pu trouver et examiner cette édition tant elle est rare. Il n'a donc pu donner sa pagination dans sa bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne publiée en 1875. Rive-Childs quant à lui donne la pagination (exacte) mais sans visiblement avoir pu l'examiner pour en disserter. Cette édition se trouve dans le fonds de la bibliothèque municipale d'Auxerre. Monselet n'avait pas pu l'examiner non plus.

Paul Lacroix écrivait ainsi : "Nous empruntons cette description au Catalogue d'une collection de livres curieux en divers genres (Paris, Alvarès, 1864, in-8°, n° 437), où le rédacteur du Catalogue (M. Alvarès lui-même) ajoute la note suivante : « Cette édition est absolument une contrefaçon de l'ouvrage de Restif ; elle ne diffère, du reste, de l'édition originale que par la justification et le nombre de pages ; elle est très-rare. » Nous avons cherché inutilement un exemplaire de cette contrefaçon, que M. Monselet n'a pas citée et qui paraît être sans figures."










Du Palais-Royal, Restif disait : "Ce genre d'héroïnes n'était que légèrement historié passim dans les cinq suites [des Contemporaines] précédentes. Par celle-ci, en tois volumes, j'approfondis la matière, en dévoilant une multitude de choses que je tenais de mon ami le docteur Guillebert, et que je n'aurais jamais connues sans lui : les différentes manières de se divertir à Paris, avec les femmes, ou de les faire servir au plaisir des hommes [...] "Les différents détails de cette production singulière la rendent, pour les Français, ce que fut la Satire de Pétrone pour les Romains : les Sunamites, les Berceuses, les Ressemblantes, etc., sont autant de phénomènes moraux, réservés sans doute à notre siècle. Cette VIe Suite des Contemporaines ne pouvait entrer dans les premières, à cause des censeurs ; mais elle était nécessaire à leur intégrité." (Mes Ouvrages, p. 162)

Restif ajoutait, dans une notice qu'on trouve à la fin du tome VIII de l'Année des dames nationales : "Cet ouvrage [le Palais-Royal] présente le Tableau philosophique de l'ancienne corruption. Ce ne sont pas les histoires des filles en elles-mêmes, qui sont intéressantes. C'est la peinture des moeurs qu'elles amènent, et le mérite de cette peinture ne consiste que dans la vérité. Mais ce n'est pas tout : on trouve, dans ce nouveau Pétrone, des genres de prostitution raffinés ; différentes espèces, non de débauche, mais d'usage des femmes, inventées par des Matrulles sagaces, qui tirent un parti inconnu des charmes qu'un sexe offre à l'autre. C'est donc un livre très instructif et même philosophique, que le Palais-Royal, en trois volumes, que vend le citoyen Louis, libraire, rue Saint-Séverin." « L'Avis qui précède le Palais-Royal commence ainsi : « Tandis que des journalistes mensongers répandent le venin et la terreur, tandis​ que des âmes atroces cherchent à détruire la confiance, et, par un air de tristesse, aggravent nos malheurs , ne serait-il pas à propos de montrer que la Nation a conservé le goût du plaisir, qu'elle n'est point accablée et qu'elle veut rire encore ? Nous donc, célibataires jadis célèbres, un peu singuliers, peut-être bizarres, avons entrepris de ramener la Nation à des idées plus douces, et, tout en attaquant des abus, de présenter quelquefois l'attrait du plaisir. Nous allons former une galerie de tableaux, gaiement tristes... » (Lacroix) Rétif écrit en finissant son ouvrage : « La Révolution est opérée, citoyens ! Tous les abus vont disparaître, et l'égalité va ramener les bonnes-moeurs. Hé ! ne dites pas que le riche fait vivre le pauvre ! Il le corrompt plus sûrement qu'il ne le fait vivre ! Cependant nous observerons les moeurs, nous les guetterons, pour ainsi dire, et nous crierons sus au Vice, comme vos sentinelles-nationales crient sus aux ennemis du Peuple ! » « Ce curieux et bizarre ouvrage a été composé sur le vif, comme on disait autrefois ; on peut dire que l'auteur a travaillé in anima vili, comme l'anatomiste sur le cadavre. » (Lacroix) « On sait que le nouveau Palais-Royal, écrivait-il en 1796 (Monsieur Nicolas, p. 1789), est devenu le rendez-vous universel des motions, des affaires, des plaisirs, de la volupté, de la débauche, du jeu, de l'agiotage, de la vente d'argent, d'assignats, de mandats, et par conséquent le temple ou le prostituteur de l'observation. Ce célèbre bazar m'attirait donc par lui-même et par les agréments que je rencontrais sur la route. » L'auteur du Pornographe n'eut qu'à se souvenir, pour faire, ex professo, un traité sur les Filles du Palais-Royal. (Lacroix)



Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique.

Références : Monselet, n°36, pp. 163-165 ; Rives Childs, n°XXXVIII-1, pp. 313-314 ; Lacroix, XL-1, pp. 338-341




Provenance : de la bibliothèque d'Elzéar Pin (1813-1883) avec son ex libris gravé par Stern. Homme politique, il fut élu député du Vaucluse puis sénateur. La vente de sa bibliothèque eut lieu le 14 janvier 1884. Elle contenait bon nombre de livres rares dont plusieurs reliés par des maîtres tels que Cuzin (qui pourrait bien être le relieur de cet exemplaire du Palais Royal de Rétif) ; de la bibliothèque Lucien Allienne (1950) avec ex libris ;  de la bibliothèque Philippe Paulati Mage (ex libris moderne) ; de la bibliothèque Bertrand Hugonnard-Roche (ex libris moderne).



Superbe exemplaire de cette rarissime édition du Palais Royal de Rétif de la Bretonne.

Prix : 5 000 euros

jeudi 25 juin 2026

1857 | GERMAINE. Deuxième série des MARIAGES DE PARIS. Par Edmond About. | Superbe exemplaire en maroquin doublé de Marius Michel



Edmond ABOUT | MARIUS MICHEL (relieur)

GERMAINE. Deuxième série des MARIAGES DE PARIS. Par Edmond About.

Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1857 [Typographie de Ch. Lahure]

1 volume in-18 (17,8 x 12 cm) de (8)-318-(1)-(4) pages.

Reliure plein maroquin anthracite, dos à quatre nerfs sautés, double filet doré sur les coupes, tranches dorées sur témoins (non rognées, ébarbées), doublure de maroquin bleu profond sertie d'un filet large de maroquin anthracite, le tout encadré de filets dorés simples et doubles, gardes volantes de soie moirées tissée de motifs fleuris dans les tons de bleu-violet, deuxièmes gardes de papier peigne (reliure signée MARIUS MICHEL, vers 1890-1900). Excellent état. Dos de la reliure légèrement uniformément éclairci. Intérieur d'une parfaite fraîcheur (papier vélin lavé et encollé). Les plats de couverture du brochage ont été reliés à la fin du volume (parfait état).



Edition originale.

Il n'existe pas de grands papiers.

Volume de la Bibliothèque des Chemins de fer fondée par Louis Hachette en 1853. Volumes à prix modérés (2 francs) proposés pour un lectorat populaire en expansion, le tirage était assez élevé mais les volumes le plus souvent mal conservés puisque destinés à être lus dans les gares et autres lieux de passage des nouveaux voyageurs lecteurs.

Dans l’histoire de la Bibliothèque des chemins de fer de Louis Hachette, Germaine de Edmond About occupe une place particulièrement intéressante : c’est l’un des exemples les plus réussis de la transformation de cette collection, d’abord pratique et documentaire, en une véritable bibliothèque littéraire moderne. L’édition originale Hachette de 1857 paraît dans la Bibliothèque des chemins de fer, 3e série : Littérature française. Cette troisième série était destinée à concurrencer les collections littéraires de Michel Lévy frères, alors très dominante dans le roman contemporain. Sur la quatrième de couverture on trouve la locomotive symbole des débuts de cette collection.












Dans Germaine, Edmond About raconte l’histoire de Germaine de Villacourt, une jeune héritière intelligente et sensible que la maladie a privée de beauté et qui souffre de voir les hommes attirés davantage par sa fortune que par elle-même. Méfiante envers les sentiments qu’elle inspire, elle observe avec lucidité une société où le mariage est souvent une affaire d’argent et de position. Sa rencontre avec un homme capable de dépasser les apparences lui permet peu à peu de retrouver confiance et d’espérer un amour véritable. À travers cette intrigue sentimentale, About oppose les valeurs du cœur, sincérité, bonté, intelligence, aux préjugés mondains et aux séductions superficielles, composant une comédie morale où la véritable beauté réside dans l’âme plus que dans l’apparence.

Le 1er janvier 1853, à Paris, les domestiques de l’hôtel de Sanglié découvrent avec étonnement que la jeune duchesse Germaine, malade et dont la famille est ruinée, est contrainte d’aller engager sa bague au mont-de-piété. Profitant de sa situation, Mme de Chermidy arrange son mariage avec Don Diego, principalement pour des raisons financières. Le couple part ensuite en Italie, où Germaine retrouve peu à peu la santé. Ils recueillent et adoptent Gomez, le fils de Mme de Chermidy. Mais celle-ci, animée par l’ambition et désirant épouser Don Diego, tente de faire disparaître Germaine en l’empoisonnant. Germaine survit finalement à cette tentative de meurtre, tandis que Mme de Chermidy est tuée par un domestique fidèle de la duchesse. Après ces événements tragiques, Germaine et Don Diego reviennent en France.

Edmond About (1828-1885) est un écrivain, journaliste et académicien français. Ancien élève de l’École normale supérieure et membre de l’École française d’Athènes, il se fait connaître sous le Second Empire par son esprit satirique, son style vif et son regard ironique sur la société de son temps. Auteur très populaire, il publie des romans mêlant fantaisie, critique sociale et humour, notamment Le Roi des montagnes, L’Homme à l’oreille cassée et Germaine (1857). Journaliste engagé, proche des idées libérales et anticléricales, il collabore à de nombreux journaux avant de fonder Le XIXe Siècle. Élu à l’Académie française en 1884, il meurt avant d’y être officiellement reçu. Son œuvre illustre la transition entre le roman romantique et une littérature plus moderne, spirituelle et accessible au grand public.





Superbe exemplaire en maroquin doublé de Marius Michel.

Prix : 1 500 euros

mercredi 24 juin 2026

1897 | La future débacle par Gustave Nercy, ex-capitaine-commandant de la cavalerie | Un des 5 exemplaires tirés à part sur papier de Hollande | Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à l'éditeur de l'ouvrage P.-V. Stock avec plusieurs lettres autographes ajoutées | « dans leur langage imagé, les Arabes affirment qu’il vaut mieux un régiment de chèvres conduit par un lion qu’un régiment de lions conduit par une chèvre »


Gustave NERCY (ex-capitaine-commandant de la cavalerie) | P.-V. STOCK éditeur (provenance)

La future débacle par Gustave Nercy, ex-capitaine-commandant de la cavalerie.

Paris, P.-V. Stock , 1897 [de l'imprimerie Pichat et Pepin à Châtillon-sur-Seine]

1 volume in-18 (19,4 x 12,8 cm) de X-(2)- 364 pages. Avec 2 cartes dont une dépliante.

Reliure bradel demi toile bronze à larges coins, pièce de titre en cuir rouge au dos, fleuron doré au centre du dos, tête dorée, non rogné. Couvertures conservées (le premier plat de couverture est cassé dans la marge intérieure et détaché). Quelques minimes marques à la reliure qui reste solide. Intérieur très frais. Le faux titre qui porte l'envoi autographe est légèrement teinté et le verso du dernier feuillet est uniformément bruni par l'acidification du deuxième plat de couverture en regard. Sinon les pages sont d'une rare fraîcheur et imprimées ici sur un très beau papier de Hollande (voir ci-dessous le détail du tirage). Avec lettres autographes ajoutées par P.-V. Stock lui-même (voir détail ci-dessous).



Edition originale.

Un des 5 exemplaires tirés à part sur papier de Hollande (n°I).

Exemplaire de la bibliothèque de l'éditeur de l'ouvrage Paul-Victor Stock, avec dédicace autographe de l'auteur.

P.-V. Stock, comme à son habitude pour les exemplaires de sa bibliothèque personnelle, a ajouté au moment de la reliure un certain nombre de documents autographes dont voici la liste :

- billet autographe de l'anarchiste et journaliste Charles Malato (qui explique que malgré sa bonne volonté il ne pourra émettre une critique totalement favorable à cet ouvrage trop "militariste" pour lui.
- dessin de l'auteur (carte du dispositif au début de 1870)
- 5 lettres autographes de l'auteur adressées à P.-V. Stock sur la mise en train de l'édition de l'ouvrage

Volant dans le volume on trouve également :

- 4 billets autographes de l'auteur adressées à l'éditeur Albert Savine (premier éditeur pressenti pour publier cet ouvrage)
- 1 longue lettre autographe de l'auteur adressée à l'éditeur Albert Savine qui défend l'ouvrage à publier (manifeste).

Les lettres sont repliées avec quelques petites déchirures et plis, sans gravité.













Gustave Nercy, ancien commandant de cavalerie, n’hésite pas à avancer que « dans leur langage imagé, les Arabes affirment qu’il vaut mieux un régiment de chèvres conduit par un lion qu’un régiment de lions conduit par une chèvre » , manière politiquement incorrecte de dire que, selon le vieil adage militaire, c’est la qualité du chef qui fait la qualité de la troupe. (cité dans Obtenir l’obéissance d’une armée de masse, par François Cochet)

"Au moment où tous les yeux sont tournés vers notre armée, où tous les gens, trompés par les apparences, escomptent à l’avance les succès de la future guerre, un soldat, M. Gustave Nercy, ex-capitaine-commandant de l’artillerie, a eu le courage, dans la Future Débâcle (un volume qui paraît à la librairie Stock), de montrer la mauvaise organisation — quant au commandement — de cette belle armée qui serait parfaite s’il ne lui manquait la chose indispensable pour vaincre : UN STRATÉGISTE RÉELLEMENT DIGNE DE CE NOM. C’est le cri du cœur du soldat vaincu, d’un homme qui a assisté à la plupart des batailles de l’année terrible, depuis la Meuse jusqu’à la Loire. Nulle recherche des fleurs de rhétorique ; style nerveux, saccadé et qui fait voir de suite que l’écrivain subit encore l’impression des hontes subies, des angoisses éprouvées. L’auteur a eu le soin d’appuyer ses raisonnements sur des documents irréfutables, puisés dans les faits des grands hommes de guerre ou les théories des écrivains militaires les plus compétents et les plus autorisés. La lecture de ce livre impressionnera vivement tous ceux qu’inquiète l’avenir de la Patrie française." (Note dans La Revue Politique et parlementaire, 1897)

Le 28 juin 1914, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, déclenche un enchaînement de déclarations de guerre. Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France.

La chair à canon peut gémir ! Il est trop tard ... Gustave Nercy, mort le 21 août 1907 à l'âge de 56 ans n'aura pas vu l'hécatombe qu'il avait pourtant prévu depuis 1896.

Il avait été fait Chevalier de la Légion d'Honneur en juillet 1888. "Réquisitoire d’un engagé volontaire, fait officier sur le champ de bataille en 1871, remis sous-officier pendant huit ans par la Commission des grades, lieutenant et capitaine à l’ancienneté, ne pouvant obtenir le quatrième galon parce qu’il est sorti du rang, qu’il manque d’allant, qu’il est noté par le général inspecteur « officier sans fortune, sans avenir ». Il a beau étudier « toutes les campagnes depuis Gustave-Adolphe », son général lui fait observer que « ces choses-là sont trop fortes pour lui ». Obligé de quitter l’armée pour avoir refusé de marcher contre les grévistes (Fourmies), l’ex-capitaine Nercy a employé ses loisirs à prédire dans un gros livre la future défaite de l’armée parce qu’elle est commandée par des Saint-Cyriens, des membres du Jockey-Club et aussi parce que notre Gouvernement est « opportuno-judéo-maçonnique ». On peut laisser de côté les idées et les argumentations de M. Nercy. Il faut lui accorder que la situation des officiers de fortune sur lesquels il appelle l’attention est vraiment émouvante. Mais quel remède, si les maux sont dans l’institution ?" (Revue Blanche)

En 1898 il donnera un autre livre intitulé "Vive l'Armée !" (paru chez Tolra). Il y développe la même idée fixe : c’est qu’en cas de guerre nous serions battus, archi-battus, comme il dit, et cela parce que nos grands chefs, « qui ne connaissent pas un mot de leur métier », n’ont jamais pensé qu’à la défensive. Ne lui parlez pas des forts, camps retranchés, blindages, bétonnements, ne lui parlez pas des manœuvres, bonnes à renifler « le bagout et l’épate », ne lui parlez pas de la mobilisation ni des détails du service : œillets à pot, fourniment, astiquage ; il estime qu’en 1870 nous avions trop de boutons de guêtres — ce qui n’empêchait pas Lebœuf, général d’école, d’être un âne. Sous des saillies souvent plaisantes, le capitaine Nercy, écarté de l’armée, nous apprend-il, parce qu’il n’acceptait pas « d’éventrer des ouvriers » émet une vérité sérieuse : à savoir que notre système de forteresses, ces fameux boulevards de la patrie, que nous multiplions jusqu’à faire de notre frontière une vraie muraille de la Chine, pourrait bien être un système de reculade et défaites, et que la meilleure manière défensive est encore l’attaque. (Victor Barricand).

Il faut avouer que P.-V. Stock avait le chic pour choisir ses auteurs parmi la racaille subversives du moment : les anarchistes ! les dreyfusards ! les dégradés de l'armée ! et bien d'autres libre penseurs dont nous a gratifié la fin du XIXe siècle. Merci à Paul-Victor Stock, l'éditeur sans peur et sans reproche ! PS : initialement ce volume devait paraître chez Albert Savine comme en témoigne plusieurs courriers autographes que P.-V. Stock a pris soin de rassembler dans ce volume pour sa bibliothèque personnel d'éditeur engagé.

Bon exemplaire de cet exemplaire unique du très rare tirage sur Hollande (5 ex.) provenant de la bibliothèque de l'éditeur P.-V. Stock.

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