lundi 22 juin 2026

La Leçon d'amour dans un parc (1923) suivie des Nouvelles Leçons d'amour dans un parc (1930) de René Boylesve, illustrées par René Lelong | Superbe exemplaire avec suites et relié à l'époque par Jean Lambert | "Une des meilleures illustrations de l'artiste, qui a rendu agréablement le texte de l'auteur ; l'ouvrage est très coté" (Carteret)


René BOYLESVE | René LELONG, illustrateur

LA LEÇON D'AMOUR DANS UN PARC. Compositions et ornements de René Lelong.

Librairie de la Collection des Dix, Veuve Romagnol, A. Ciavarri, directeur, 1923

1 volume in-4 (27 x 21 cm) de 158-(1) pages. Avec 20 illustrations hors-texte en couleurs, 20 têtes de chapitres en noir à l'eau-forte, 20 ornements et 20 lettrines en noir et or, couverture illustrée polychrome.

Tirage à 300 exemplaires seulement.

CELUI-CI UN DES 150 EXEMPLAIRES SUR VELIN DE CUVE. (n°150).

Les exemplaires sur vélin de cuve sont annoncés avec un seul état des hors-texte et des vignettes. Notre exemplaire contient, relié à la fin du volume, 2 états des hors texte (l'un en noir et l'autre en sanguine, et 1 état des vignettes en sanguine). En réalité cela correspond aux 25 exemplaires tirés sur vélin contenant les mêmes états des gravures que les exemplaires sur Japon (100 ex.).

ON JOINT :

LES NOUVELLES LEÇONS D'AMOUR DANS UN PARC. Compositions et ornements de René Lelong.

Librairie de la Collection des Dix, Veuve Romagnol, A. Ciavarri, directeur, 1930

1 volume in-4 (27 x 21 cm) de 135-(1) pages. Avec 18 illustrations hors-texte en couleurs, 7 têtes de chapitres en noir à l'eau-forte, ornements et lettrines en noir et or, couverture illustrée polychrome.

Tirage à 301 exemplaires seulement.

CELUI-CI UN DES 150 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN DE CUVE. (n°192).

Les exemplaires sur vélin de cuve sont annoncés avec un seul état des hors-texte et des vignettes. Notre exemplaire contient, relié à la fin du volume, 2 états des hors texte (l'un en noir et l'autre en sanguine, et 1 état des vignettes en sanguine). En réalité cela correspond aux 25 exemplaires tirés sur vélin contenant les mêmes états des gravures que les exemplaires sur Japon (100 ex.).

Ensemble de 2 volumes reliés à l'identique par Jean Lambert vers 1930. Reliure plein maroquin vert sombre, dos à quatre nerfs sautés, auteur et titre dorés dans les caissons, tête dorée, non rogné, couvertures conservées (parfait état), Encadrement intérieur de maroquin fileté d'or, doublures et gardes de papier décoré caillouté. Etui double bordé de maroquin vert sombre également. Très bel état. Fines reliures de l'époque signées Jean Lambert.


"Une des meilleures illustrations de l'artiste, qui a rendu agréablement le texte de l'auteur ; l'ouvrage est très coté" (Carteret, IV, 80).

La Leçon d'amour dans un parc et Les Nouvelles Leçons d'amour dans un parc forment un diptyque très particulier dans l'œuvre de René Boylesve : un hommage moderne à l'esprit libertin du XVIIIᵉ siècle, mais filtré par une sensibilité fin de siècle faite d'ironie, de psychologie et de nostalgie. Le premier paraît en 1902, le second en 1924 et reprend le personnage de Jacquette devenue adulte. L'action se déroule dans le parc d'un château tourangeau, celui des Chamarande, monde aristocratique raffiné, presque hors du temps, qui évoque les décors de Jean-Honoré Fragonard ou de Antoine Watteau. Au centre du récit apparaît une statue de Cupidon, représenté avec une sensualité provocante. Son installation dans le parc trouble les habitants du château : chacun projette sur cette figure ses désirs, ses souvenirs ou ses frustrations. Le second livre reprend Jacquette quelques années plus tard. Elle n'est plus l'enfant spectatrice : elle devient elle-même actrice de la comédie amoureuse. Le roman est construit comme une série d'épisodes autour de son apprentissage sentimental. Avec ces deux Leçons d'amour, Boylesve compose peut-être son œuvre la plus XVIIIᵉ siècle : une pastorale libertine tardive, écrite après Première Guerre mondiale comme le souvenir d'un monde disparu. Derrière les scènes légères se cache une méditation profonde : l'amour est la seule force qui éduque vraiment les êtres, précisément parce qu'il échappe toujours aux leçons qu'on prétend lui donner. C'est ce mélange de grâce, de sensualité discrète et de philosophie souriante qui explique pourquoi ces deux textes furent parmi les plus recherchés par les illustrateurs bibliophiliques du XXᵉ siècle (notamment Sylvain Sauvage, Pierre Brissaud, Carlègle ou Paul-Émile Bécat).


René Lelong (1871-1933) qui s'exécure ici, à la manière d'un Watteau ou d'un Fragonard, a réalisé des affiches publicitaires et illustré de nombreux livres et textes, notamment dans la collection Nelson ou les revues Je sais tout, l’Illustration et Fémina. Il fait partie en 1925 du jury pour le Concours du grand prix Gustave Doré, aux côtés de Georges Auriol, Carlègle, Maxime Dethomas, Raymond Escholier, Abel Faivre, Renefer, Roubille, Clément Serveau et René Vincent. Ses illustrations sont très sensuelles, totalement imprégnées de l'idéal sentimentaliste du XVIIIe siècle tel qu'on l'image dans les milieux aristocratiques français.

















Les reliures de Jean Lambert sont assez rares. Il était installé au 50 de la rue Sainte-Anne puis au 38 de la rue l'Arcade à Paris. Il a exercé de 1935 à 1955. Ancien élève de l'Ecole Estienne il eut notamment Robert Bonfils comme professeur. Fléty indique que ses débuts dans la profession furent assez prometteur mais que sa personnalité ne parvint pas cependant à s'imposer nettement et qu'il abandonna le métier (Fléty, 103). Ses reliures sont pourtant exécutées avec une grande finesse et dignes des meilleurs relieurs de son époque.

SUPERBE EXEMPLAIRE.

Prix : 1 350 euros

mercredi 17 juin 2026

Superbe exemplaire | Les amusements de Paris. Almanach chantant pour les jolies femmes qui ont de la raison. Avec Tablettes économiques. Perte et gain. Petit secrétaire fidèle et discret.


[Anonyme] [Emile LIEZ | Emile DEVAMBEZ]

Les amusements de Paris. Almanach chantant pour les jolies femmes qui ont de la raison. Avec Tablettes économiques. Perte et gain. Petit secrétaire fidèle et discret.

A Paris, chez le Sr. E. Liez à l'Hôtel de Coligny, Rue Neuve des Petits Champs. [s.d.]

On peut lire imprimé au verso du titre : Les amusements de Paris. Almanach réimprimé par les soins de Mr. EMILE LIEZ d'après l'exemplaire ancien provenant de sa collection. Tiré à 500 exemplaires numérotés [numéroté 413 à la plume]. Imprimé en dessous : DEVAMBEZ Graveur-Editeur d'Art, Passage des Panoramas, 63, Paris [imprimé en 1909].

Reliure plein maroquin brun décoré à la plaque sur les plats et dos orné aux petits fers dorés (pastiche reliure d'almanach période 1780-1790). Excellent état.

1 volume in-32 (101 x 64 mm) de 1 frontispice en noir "L'Apothéose", suivi de la page de titre avec justification au verso. 24 et 24 pages, suivi de 40 pages. Dont 12 gravures rehaussées à la main à l'aquarelle (une pour chaque mois de l'année). La deuxième partie de l'ouvrage est un petit carnet pour les gains et les pertes au jeu ainsi qu'un petite carnet pour prendre des notes (vierge). Entre les estampes on trouve des chansons et des poésies légères dont voici la liste :

Le rideau entr'ouvert (air : souvent plus d'une enchanteresse) - vers - Autres temps, autres moeurs (air : Iris apprenez à connaître) - Le cheval fondu (air : J'ai vu Daphnée, Dieux ! Qu'elle est belle - La substitution (air : du vaudeville des 2 jumeaux) - L'amour dragon (air : un sage a prétendu qu'au bien) - Le Nouveau Colin-Maillard (air : Je ne me souviens qu'à peine) - Le besoin des deux sexes (air : tout est bien, tout est mal) - Romance (air : daigne écouter etc.) - Le mari surveillant (air : Je touche à l'heure fortunée) - L'échelle rompue (air : Ce mouchoir belle Raimonde) - La vengeance pardonnable (air : une jeune bergère) - Le cent de fagots (air : l'amour inconstant et léger) - Le triomphe du sentiment (air : en s'éloignant de sa muse) - suite - L'heureux retour (air : J'au vu Daphné) - La jouissance des vieillards (air : Vous qui loin d'une amante) - La véritable philosophie (air : Gusman disait à sa bergère) - L'homme sensible (air : avec les jeux etc) - Le prix de la bienfaisance (air : toucher un coeur c'est un grand bien) - L'homme content de tout (air : que le sultan Saladin) - L'heureuse réconciliation (air : ce bouquet vous offre à la fois) - Le conseil difficile à suivre (air : qu'il est doux) - Romance (air : vous loin d'une amante) - Le tableau touchant (air ; au mois de mai).




Voici les légendes des 12 estampes pour les mois : Janviers : les étrennes réciproques - Février : le retour du bal - Mars : les amusemens de la Rapée - Avril : la bouquetière du Palais Royal - Mai : les plaisirs du pré Saint Gervais - Juin : les soupçons éclairés - Juillet : les eaux de passy - Août : les agrémens de la moisson - Septembre : l'aventure du bois de Boulogne - Octobre : les vendanges de Salenci - Novembre : le chasseur adroit - Décembre : la promenade d'hyver.














Emile Liez, fabriquant de chapeaux pour les dames, grand collectionneur d'almanach anciens rare, en collaboration avec l'éditeur Emile Devambez, aux environs de 1909, a donné deux almanach pastiches dont celui-ci. L'autre étant Les Lacets de Vénus. Il existe bien un almanach publié par Jubert en 1786 et portant le titre "Les amusemens de Paris" mais la comparaison s'arrête là. D'après le descriptif qu'en fait John Grand-Carteret dans sa bibliographie des Almanachs, il n'y a rien de commun entre cet almanach de la fin du XVIIIe siècle et ce pastiche produit par Emile Liez et Emile Devambez. Les pièces en vers sont différentes, les gravures sont différentes. Il s'agit donc d'une supercherie de toute pièce montée par cet amateur éclairé avec l'aide de l'éditeur d'art Devambez. Le tout servi par une qualité digne des originaux. Le coloris des estampes est parfait. Le papier utilisé est un beau papier vergé fort de qualité. La reliure quant à elle n'a rien à envier aux plus belles reliures à plaques dorées des anciens almanachs des années 1780-1800. Le relieur a même été jusqu'à utilisé un papier à étoiles dorées pour la doublure des plats et les gardes volantes.



Ce petit volume, bien curieux quant à sa conception et très intéressant quant à sa très belle réalisation, mérite toute l'attention des bibliophiles modernes. Bien qu'imprimé à 500 exemplaires les beaux exemplaires parfaitement conservés comme ici sont devenus rares.

Très bel exemplaire.

Prix : 450 euros

jeudi 11 juin 2026

Choderlos de Laclos | Les Liaisons dangereuses | 4 parties en 2 volumes in-12 brochés non rognés. Edition peu commune portant le millésime 1788.


Choderlos de Laclos

Les Liaisons dangereuses, ou lettres recueillies dans une Société, et publiées pour l’instruction de quelques autres. Par M. C….. de L… Première (Deuxième, Troisième et Quatrième) partie.

A Amsterdam, et se trouve à Paris, chez Durand, Neveu, libraire, à la Sagesse, rue Galande. M. DCC. LXXXVIII. (1788).

4 parties brochées en 2 volumes in-12 (180 x 106 mm – Hauteur des marges : 180 mm) de 160, 155, 148 et 159 pages. Non rogné. Couverture en papier à la colle bleu de l'époque. Manques importants de papier sur les dos des couvertures, plats de couverture en bon état. Intérieur collationné complet. Quelques légères salissures et rousseurs sans gravité. Mouillure saine à quelques feuillets de la quatrième partie. Petite fissure de papier à deux feuillets, sans manque.

Nouvelle édition.











Tirage paru 6 ans après l'édition originale de 1782 et les autres tirages portant cette date.

La bibliographie de référence concernant les éditions des Liaisons dangereuses portant le millésime 1782 a été écrite en 1963 par Max Brun et tirée à part de la revue "Le Livre et l'Estampe" (n°33 - Premier numéro de 1963). Cette petite plaquette au format in-8 (22 x 14 cm env.) se compose de 64 pages dont 1 tableau dépliant et quelques reproduction de pages de titres en fac-similés. Comme sont titre l'indique, cette étude s'attache à répertorier en détail les différents tirages et éditions portant la date de 1782. Néanmoins, à la fin, l'auteur cite et donne quelques intéressantes informations sur d'autres éditions postérieures portant les dates de 1787, 1792 et 1796. Rien n'est dit cependant concernant cette édition portant le millésime de 1788. Nous avons donné le descriptif complet et précis de cette édition dans un article publié en 2018 sur le Bibliomane moderne.

L'édition portant le millésime de 1788 est de format in-12 (environ 180 mm) et est très éloignée de toutes les éditions de 1782 décrites par Max Brun. Cette édition a-t-elle été donnée par Durand Neveu ou s'agit-il d'une contrefaçon ? Nous ne savons pas. Une comparaison minutieuse des ornements permettrait sans doute de se faire une idée. Les exemplaires datés 1788 selon notre description semblent peu communs. Le Catalogue Collectif des Bibliothèques de France en conserve peut-être un exemplaire (mais sans pagination détaillée ce qui ne nous permet pas d'être affirmatifs sur le fait qu'il s'agit de la même édition). Il faut donc se résoudre à penser qu'il existe des dizaines de tirages des Liaisons dangereuses parus entre 1782 et 1788, sur un même modèle (4 partie in-12 ou petit in-12 avec disposition identique ou quasi identique des pages de titre). Max Brun ne s'est attaché qu'au millésime 1782 et aux millésimes particuliers (complètement différents) de 1787, 1792 et 1796. Une nouvelle édition regroupant l'ensemble des tirages parus jusqu’à la fin du XVIIIe siècle serait à entreprendre (Choderlos de Laclos. Description matérielle de l'édition des Liaisons Dangereuses portant le millésime 1788 "A Amsterdam et se trouve à Paris, chez Durand neveu". Par Bertrand Hugonnard-Roche, 2018, in Le Bibliomane Moderne)

"Bible du libertinage pour certains, le livre s'impose surtout comme chef-d’œuvre du roman d'analyse, comme un des romans les plus abstraits et les plus intelligents. Aussi l'audace des Liaisons Dangereuses ne consiste-t-elle ni dans la débauche facile au langage cru, ni dans la perversité au premier degré ou la jouissance de faire le mal propre à Sade, mais dans l'art de dire ou plutôt de l'écrire pour un connaisseur admiratif et un peu vexé, placé en position de voyeur comme le lecteur" (Laurent Versini, BnF, En français dans le texte , n° 174).






Ce roman épistolaire retrace les aventures amoureuses de la marquise de Merteuil et de son ancien amant, le vicomte de Valmont. La marquise, voulant se venger d’un amant infidèle alors promis à la fille d’une cousine, Cécile de Volanges, fait en sorte que le Vicomte déshonore cette dernière avant le mariage. Ce que le Vicomte accomplit, alors même qu’il tente de séduire une femme reconnue pour sa vertu : la présidente de Tourvel. Celle-ci tente de rester fidèle à son époux mais le Vicomte parvient à la piéger pour la faire mourir d’amour. Cécile de Volanges, quant à elle, est amoureuse du chevalier Danceny, son maître de solfège. Mais, la marquise de Merteuil le prend pour amant, par toutes sortes d'intrigues. Elle provoque ainsi un duel entre le Vicomte de Valmont, qui cherche à retrouver ses faveurs - déstabilisé par ses mésaventures dues à Cécile de Volanges et Tourvel -, et le jeune chevalier Danceny, qui parviendra à tuer le Vicomte, tourmenté de regrets d’avoir condamné la présidente de Tourvel. Il remet alors au chevalier toute la correspondance qu’il a tenue avec la marquise de Merteuil afin que celle-ci soit révélée non comme une femme des plus vertueuses de tout Paris, ainsi qu'elle le laissait croire, mais comme une dangereuse intrigante.



Bon exemplaire de ce chef d'œuvre de la littérature romanesque du XVIIIe siècle dans ce tirage peu commun de 1788.

Exemplaire à toutes marges, non rogné, qui mérite les honneurs d'une reliure de qualité.

Prix : 500 euros