Librairie L'amour qui bouquine - Beaux livres anciens et modernes - Bibliophilie
Beaux livres anciens et modernes - Bibliophilie - Reliures - Editions originales - Livres illustrés - Estampes - Dessins - Photographies - Bertrand Hugonnard-Roche, Bibliophile - libraire.
mardi 28 avril 2026
1930-1932 | L'Œuvre de Restif de la Bretonne | Editions du Trianon | Un des 25 exemplaires sur Annam | Rare
lundi 27 avril 2026
1562-1566 | Réunion bâloise de deux ouvrages rares | De translatione Imperii Romani ad Germanos. Decretorum doctoris clarissimi, de lumibus regni & imperij Romani, tractatus variarum rerum cognitione refertus [De la translation de l’Empire romain aux Germains] [Traité abondant en connaissances diverses concernant les lumières du royaume et de l’Empire romain. Écrit il y a près de deux cents ans, et maintenant remis en lumière]. Reliure en vélin d'époque.
Flacius Illyricus, Matthias, 1520-1575. | Lupold de Bebenburg (Lupold, von Bebenburg, Bishop of Bamberg), ca 1297-1363 [Réfome]
De translatione Imperii Romani ad Germanos. Item De electione episcoporum, quòd aequè ad plebem pertineat. Accessit eiusdem argumenti Liber Lupoldi Babembergensis, de Iuribus Imperij & Regni Rom.
Basileae, 1566 [Bâle]
suivi de :
Basileae, 1562 [Bâle] (sans page de titre - sans la table - volontaire par l'éditeur de 1566)
2 ouvrages réunis en 1 volume in-8 (157 x 102 mm pour les marges - 167 x 110 mm pour le volume), de (64)-271 pages (pour le premier ouvrage) suivi de 398 pages (les pages de titre et les pages de table n'ont pas été reliées dans ce volume - voir plus bas l'explication).
Reliure strictement d'époque plein vélin à lacets et coutures apparentes. Titre à l'encre au dos. Lacets rompus et/ou manquants, attaches du premier plats rompues (corps d'ouvrage solide). Vélin sali. Intérieur très frais.
Première édition pour le premier ouvrage De translatione Imperii Romani ad Germanos.
Deuxième édition pour le second ouvrage de Babenberg publié pour la première fois en 1508.
Exemplaire particulièrement intéressant par sa constitution matérielle ancienne : le traité de Matthias Flacius Illyricus, consacré à l’élection des évêques et à la participation de la communauté des fidèles, a été relié en tête, orientant d’emblée la lecture dans une perspective ecclésiologique réformée. Il est suivi du célèbre traité de Lupold de Bebenburg, De translatione imperii, texte majeur du XIVe siècle défendant l’autonomie du pouvoir impérial face aux prétentions de la papauté et affirmant la légitimité du transfert de l’Empire aux Germains.
Cette réunion n'est pas fortuite mais a été au contraire construite par l'éditeur de Bâle qui a choisi d'ajouter à l'ouvrage de Flacius Illyricus celui de Lupold de Bebenburg publié quatre ans plus tôt en 1562 et en lui retranchant la page de titre et la table propre à cette édition. Cet ensemble s’inscrit donc pleinement dans le contexte bâlois des années 1560 : l’imprimeur Petrus Perna, proche des milieux réformés, publie ici un ensemble cohérent destiné à nourrir les débats sur la nature et les limites des pouvoirs spirituel et temporel. L’ouvrage compose ainsi un véritable diptyque doctrinal, articulant critique de la hiérarchie ecclésiastique et théorie politique de l’Empire, en conjuguant une autorité médiévale réactivée (Lupold) et une polémique confessionnelle contemporaine (Flacius). La sobre reliure en plein vélin, typique des pays germaniques au XVIe siècle, confirme l’usage d’étude et de controverse de ce type de textes, destinés à un lectorat de juristes et de théologiens.
Un exemplaire composé de la même manière est présent au catalogue de la Berkeley Law Library (USA).
Flacius Illyricus, Matthias, 1520-1575. Né à Albona (aujourd'hui Labin) en Istrie, il avait étudié sous Martin Luther et Philippe Melanchthon. Il enseigna la langue hébraïque à Wittemberg (1544), puis la théologie à Iéna (1557). En 1558, il publia un recueil complet des écrits latins de Jan Hus. Il eut en 1560 de longues discussions avec Viktorin Strigel sur le péché originel, et fut pour cette raison forcé de quitter l'Université d'Iéna (1562). Il professa depuis dans différentes villes d'Allemagne et de Hollande.
Lupold de Bebenburg (en allemand Lupold von Bebenburg, en latin Lupoldus Bebenbergius ou Babenbergius), né vers 1297 et mort le 28 octobre 1363, est un ecclésiastique et juriste allemand du XIVe, évêque de Bamberg de 1353 à sa mort. Fils d'une famille ministériales, fonctionnaires au service du prince ou d'un évêque, assimilés à la petite noblesse, il fait ses études de droit à Bologne sous la direction de Jean d'André (de). Il est professeur in utroque jure en Allemagne. Il est également chanoine de Mayence, Wurtzbourg puis de Bamberg. Il est évêque de Bamberg vers 1353. Il meurt en 1363 lors d'une épidémie de typhus.
Très bon exemplaire. Ces deux ouvrages sont devenus fort rares.
Prix : 650 euros
1736 | 92 eaux fortes | JAN LUIKENS KUNSTTAFEREELEN DER EERSTE CHRISTENEN, in Dichtmaat verklaard door PIETER LANGENDYK Verrykt met Byschriften onder de Prentverbeeldingen door CLAAS BRUIN. | [TABLEAUX ARTISTIQUES DES PREMIERS CHRÉTIENS, expliqués en vers par PIETER LANGENDYK. Enrichis de légendes sous les illustrations par CLAAS BRUIN.] | Très bon exemplaire de cet ouvrage richement illustré par l'un des grands noms de la gravure à l'eau forte de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, conservé dans sa première reliure hollandaise en vélin
"Que les bons exemples puissent éveiller l’esprit à la vertu, ce ne sont pas seulement les histoires sacrées et profanes qui nous l’enseignent, mais aussi l’expérience quotidienne. Et s’il est quelque chose qui donne ici un motif supplémentaire, c’est la considération des peintures et des représentations gravées ; de ces dernières, comme servant à notre propos, nous dirons brièvement quelque chose. On ne peut d’abord nier que les images des grands hommes, dont la vertu et la sagesse ont brillé comme de claires étoiles pour le bien de l’État et de l’Église, excitent dans les âmes nobles un certain désir de haute estime, voire d’imitation : leur apparence inspire une inclination qui pousse à contempler le visage de ces héros, à parcourir tout le cours de leur vie dans les récits qui en sont faits, et à s’approprier en quelque manière leurs qualités. On peut dire à juste titre la même chose des représentations d’histoires édifiantes, qui ne manquent pas de faire impression sur le cœur, surtout lorsqu’elles sont exécutées par la main d’un artiste éminent. D’un autre côté, on ne peut ignorer combien de lumière elles ont apportée aux amateurs de l’Antiquité, lorsqu’elles ont été conçues par l’esprit des savants, ou expliquées en prose ou en vers par une plume exercée. Au contraire, les images indécentes ne peuvent que conduire à la corruption de toutes les bonnes mœurs ; mais ne remuons pas ce bourbier : passons plutôt à un jardin odorant plein de fleurs parfumées. Qui ignore quelle impression les représentations édifiantes du célèbre maître en art de la gravure, Jan Luiken, ont produite sur tant de personnes ? Quel connaisseur ne s’arrête pas, émerveillé, devant ses œuvres, qu’il contemple avec attention et jugement, où, par de petites figures, dessinées d’une main libre et sûre, mille merveilles se présentent aux yeux ? Tout y abonde en ce qui est requis pour l’art : invention ingénieuse, composition spirituelle, harmonie des figures, mouvements naturels, passions vigoureuses, costumes propres, mœurs des peuples, édifices remarquables, animaux, paysages agréables, avec en outre une belle ordonnance de la lumière et de l’ombre, sans affectation recherchée. Que nul ne pense que nous lui accordions cet éloge de nous-mêmes : nullement ; nous parlons ici par la bouche des artistes et des amateurs, qui depuis longtemps lui ont donné plus de gloire que notre faible plume ne saurait lui en ajouter ; et les nombreux ouvrages de cet homme toujours laborieux, conservés comme des joyaux dans les bibliothèques et cabinets des connaisseurs, suffisent à perpétuer sa mémoire. Ces Tableaux des premiers chrétiens, que nous présentons au lecteur, doivent, au jugement des connaisseurs, être rangés parmi ses œuvres les plus remarquables, et, par conséquent, l’impression en est estimée doublement digne : d’autant plus que les planches ont peu ou point souffert, comme il apparaît, de sorte que l’ouvrage se présente généralement avec plus de pureté et d’éclat que celui que les amateurs peuvent voir dans l’édition d’Arnolds, intitulée Représentation des premiers chrétiens. La fécondité d’esprit de ces tableaux a inspiré au poète plein de sens Claas Bruin le désir d’orner cet ouvrage, sous chaque estampe, d’une inscription de six vers ; tandis que le poète Pieter Langendyk, ayant déjà entrepris de les traiter de manière plus étendue en vers, fut encouragé à achever plus promptement son dessein, comme cela est arrivé, toutes les pièces qui accompagnent les gravures étant sorties de sa plume. Dans l’espérance que cet ouvrage d’art plaira, nous souhaitons au lecteur toute prospérité et tout bonheur. E. et J. Visscher."



















































