jeudi 26 juin 2025

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone] | Le Palais Royal. Première partie : Les Filles de l'allée des soupirs. Deuxième partie : Les Sunamites. Troisième partie : Les Converseuses. A Paris, au Palais-Royal d'abord et puis partout, même chez Guillot, libraire, rue des Bernardins, 1790 [A. Christiaens, libraire, Bruxelles, Galerie Bortier, 4 et 6 - de l'imprimerie de A. Van Buggenhoudt, Place du Marché du Parc, 14 - sans date (1876)]. 3 volumes justifiés in-12 réimposés grands in-8 reliés en demi-maroquin à coins par Petrus Ruban. Tirage de grand luxe au format réimposé in-8 sur papier vélin (3 ex.). Très rare et bel exemplaire.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

Le Palais Royal. Première partie : Les Filles de l'allée des soupirs. Deuxième partie : Les Sunamites. Troisième partie : Les Converseuses.

A Paris, au Palais-Royal d'abord et puis partout, même chez Guillot, libraire, rue des Bernardins, 1790 [A. Christiaens, libraire, Bruxelles, Galerie Bortier, 4 et 6 - de l'imprimerie de A. Van Buggenhoudt, Place du Marché du Parc, 14 - sans date (1876)].

 3 volumes justifiés in-12 réimposés grands in-8 (24,5 x 17 cm) de 229, 230 et 229 pages. Avec 3 planches doubles en frontispices (ici en 3 états, coloriées au pinceau, sanguine et noir), soit 9 planches.

Reliure demi maroquin rouge à larges coins, dos lisses ornés, tête dorée, filets dorés sur les plats et coins (reliures signées PETRUS RUBAN 1905). Très bel exemplaire. Deux petits arrachages de surface du papier sur le second plat du premier volume (peu visible). Légères marques peu visibles. Intérieur frais.

Nouvelle édition.

Tirage de grand luxe au format réimposé in-8 sur papier vélin (3 exemplaires seulement d'après Jules Gay et Rives-Childs).

Seuls les très rares exemplaires réimposés in-8 sur Hollande (3 ex.) et sur papier vélin (3 ex.) possèdent l'état colorié au pinceau.

Les planches sont imprimées sur papier de Hollande.

Jules Gay dans sa Bibliographies des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, etc. (tome 3, pp. 609-610), indique les différents tirage de cette édition donnée par le libraire bruxellois Alexis Christiaens et imprimée dans la même ville par A. Van Buggenhoudt : 3 vol. in-12 sur papier vélin avec un seul état des planches (40 francs) ; in-12 sur Hollande (60 francs) ; 3 exemplaires in-8 sur hollande avec 3 états des gravures (200 francs) ; in-8 sur papier vélin avec 3 états des gravures (150 francs) qui est notre exemplaire ; papier vergé avec double suite des gravures (60 francs) ; papier vélin avec double suite des gravures (40 francs).

Les trois frontispices dépliants portent les titres suivants : Les trente-deux filles dans l'allée des Soupirs - La Colonnade - Le Cirque. Ces figures sont très jolies.





L'ouvrage fut composé et imprimé par Restif en 1789 (Monsieur Nicolas, Tome XI, p. 114 et 169). Il s'est mis lui-même en scène, sous le nom de M. Aquilin-des-Escopettes. Le libraire Guillot fut décapité le 27 août 1792 comme faux-assignataire (il fabriquait de faux assignats à Passy). (Rives Childs)

Du Palais-Royal, Restif disait : "Ce genre d'héroïnes n'était que légèrement historié passim dans les cinq suites [des Contemporaines] précédentes. Par celle-ci, en tois volumes, j'approfondis la matière, en dévoilant une multitude de choses que je tenais de mon ami le docteur Guillebert, et que je n'aurais jamais connues sans lui : les différentes manières de se divertir à Paris, avec les femmes, ou de les faire servir au plaisir des hommes [...] "Les différents détails de cette production singulière la rendent, pour les Français, ce que fut la Satire de Pétrone pour les Romains : les Sunamites, les Berceuses, les Ressemblantes, etc., sont autant de phénomènes moraux, réservés sans doute à notre siècle. Cette VIe Suite des Contemporaines ne pouvait entrer dans les premières, à cause des censeurs ; mais elle était nécessaire à leur intégrité." (Mes Ouvrages, p. 162)


Restif ajoutait, dans une notice qu'on trouve à la fin du tome VIII de l'Année des dames nationales : "Cet ouvrage [le Palais-Royal] présente le Tableau philosophique de l'ancienne corruption. Ce ne sont pas les histoires des filles en elles-mêmes, qui sont intéressantes. C'est la peinture des moeurs qu'elles amènent, et le mérite de cette peinture ne consiste que dans la vérité. Mais ce n'est pas tout : on trouve, dans ce nouveau Pétrone, des genres de prostitution raffinés ; différentes espèces, non de débauche, mais d'usage des femmes, inventées par des Matrulles sagaces, qui tirent un parti inconnu des charmes qu'un sexe offre à l'autre. C'est donc un livre très instructif et même philosophique, que le Palais-Royal, en trois volumes, que vend le citoyen Louis, libraire, rue Saint-Séverin."

« L'Avis qui précède le Palais-Royal commence ainsi : « Tandis que des journalistes mensongers répandent le venin et la terreur, tandis​ que des âmes atroces cherchent à détruire la confiance, et, par un air de tristesse, aggravent nos malheurs , ne serait-il pas à propos de montrer que la Nation a conservé le goût du plaisir, qu'elle n'est point accablée et qu'elle veut rire encore ? Nous donc, célibataires jadis célèbres, un peu singuliers, peut-être bizarres, avons entrepris de ramener la Nation à des idées plus douces, et, tout en attaquant des abus, de présenter quelquefois l'attrait du plaisir. Nous allons former une galerie de tableaux, gaiement tristes... » (Lacroix)

Rétif écrit en finissant son ouvrage : « La Révolution est opérée, citoyens ! Tous les abus vont disparaître, et l'égalité va ramener les bonnes-moeurs. Hé ! ne dites pas que le riche fait vivre le pauvre ! Il le corrompt plus sûrement qu'il ne le fait vivre ! Cependant nous observerons les moeurs, nous les guetterons, pour ainsi dire, et nous crierons sus au Vice, comme vos sentinelles-nationales crient sus aux ennemis du Peuple ! »

« Ce curieux et bizarre ouvrage a été composé sur le vif, comme on disait autrefois ; on peut dire que l'auteur a travaillé in anima vili, comme l'anatomiste sur le cadavre. » (Lacroix)






« On sait que le nouveau Palais-Royal, écrivait-il en 1796 (Monsieur Nicolas, p. 1789), est devenu le rendez-vous universel des motions, des affaires, des plaisirs, de la volupté, de la débauche, du jeu, de l'agiotage, de la vente d'argent, d'assignats, de mandats, et par conséquent le temple ou le prostituteur de l'observation. Ce célèbre bazar m'attirait donc par lui-même et par les agréments que je rencontrais sur la route. » L'auteur du Pornographe n'eut qu'à se souvenir, pour faire, ex professo, un traité sur les Filles du Palais-Royal. (Lacroix)

Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique.





Références : Rives-Childs, XXXVIII, n°5, pp. 313-315 (au n°4 donne la date de 1876 que nous n'avons réussi à trouver positivement indiquée nulle par dans les documentations consultées) ; Lacroix, pp. 338 et suiv. pour l'édition originale de 1790.


Bel exemplaire finement relié sur brochure par Petrus Ruban du très rare tirage sur papier vélin avec 3 états des estampes (3 exemplaires seulement sur ce papier).

Prix : 1 250 euros

mercredi 25 juin 2025

DE LA POIX DE FRÉMINVILLE (Edme) | Dictionnaire ou Traité de la Police Générale des Villes, Bourgs, Paroisses, et Seigneuries de la campagne (1775). Bel exemplaire de la bibliothèque de Pierre Mac-Orlan.



DE LA POIX DE FRÉMINVILLE (Edme)

Dictionnaire ou Traité de la Police Générale des Villes, Bourgs, Paroisses, et Seigneuries de la campagne. Dans lequel on trouvera tout ce qui est nécessaire de savoir et de pratiquer en cette partie, par un Procureur fiscal, dans toute l'étendue de sa justice ; où l'on a rapporté toutes les ordonnances, arrêts et règlements à ce sujet, pour s'y conformer sur chaque objet. Ouvrage nécessaire à tous les Officiers de Police et de Justice, où l'on trouvera sur chaque terme leurs obligations et fonctions, etc. Nouvelle édition, revue et corrigée.

A Paris, chez les associés, 1775

1 fort volume in-8 (20,2 x 13 cm) de XIV-(2)-780 pages.

Reliure strictement de l'époque pleine basane fauve marbrée, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges. Excellent état. Une piqure de vers dans la marge inférieure des feuillets (sans gravité aucune).

Nouvelle édition.

L'édition originale a paru au format in-4 en 1758.












Mine d'informations sur les réglementations et l'administration des diverses parties de la société d'ancien régime, on y trouve aussi bien des arrêts et décisions concernant les boulangers, les boutiques, les pâtissiers, les péages, le port d'armes, les querelles de voisinage, les prisonniers, les médecins, les nourrices, les maîtres d'école, les libraires et les imprimeurs, les jardiniers, les colporteurs, etc.

Né à Verdonnet, dans le nord de la Bourgogne en 1683, Edme de La Poix de Fréminville était issu d'une famille de marchands et de petits officiers seigneuriaux et royaux bourguignons. Devenu notaire en 1713, il s'établit à Marcigny. Très rapidement il se tailla une belle réputation dans les opérations de rénovation des terriers (cadastres seigneuriaux) et dans la défense des causes féodales. En 1725, il devint lieutenant-bailli du marquisat de La Palisse, puis, en 1733, bailli (juge seigneurial), fonction qu'il occupa jusqu'en 1765. Quittant alors La Palisse, Edme de La Poix de Fréminville alla résider à Lyon où il mourut en 1773. Auteur de beaux traités de droit féodal et seigneurial publiés durant les années 1740-1760, La Poix de Fréminville demeura jusqu'à la Révolution l'un des juristes les plus lus de son époque.

"Intéressant pour la reproduction de nombreux arrêts" (Le Clère, n° 564)



Provenance : de la bibliothèque de Pierre Mac-Orlan avec son cachet à l'encre au verso de la première garde. Pierre Mac-Orlan alias Pierre Dumarchey (1882-1970), auteur populaire prolifique se serait abondamment servi de cet ouvrage (et donc de cet exemplaire) pour étayer ses romans ; autre ex libris du XVIIIe siècle LEFEBVRE, Past. Lillerii. (voir photo ci-dessous).




Bel exemplaire très bien conservé et de provenance intéressante.

VENDU

mardi 24 juin 2025

DAMPMARTIN (Anne Henri CABOT, vicomte de) | La France sous ses rois ; Essai historique sur les causes qui ont préparé et consommé la chute des trois premières dynasties (1810). 5 volumes in-8. Superbe exemplaire de l'édition originale de cet ouvrage de défense de la monarchie française publié sous le Premier Empire.



DAMPMARTIN (Anne Henri CABOT, vicomte de)

La France sous ses rois ; Essai historique sur les causes qui ont préparé et consommé la chute des trois premières dynasties ; par A. H. Dampmartin.

A Lyon, chez Madame J. Buynand née Bruyset, libraire ; à Paris, chez Le Normant, imprimeur-libraire, 1810

5 volumes in-8 (20,8 x 13 cm) de XXXII-504, (4)-560, (4)-504, (4)-443 et (4)-427 pages. Avec un portrait de l'auteur en frontispice.

Reliure strictement de l'époque plein veau caramel marbré à l'acide, dos lisses richement ornés à la grotesque, pièces de titre et tomaisons de maroquin à grain long noir, roulette dorée en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, doublures et gardes de papier marbré, tranches mouchetées de rouge. Reliure non signée mais de très belle facture. Exemplaire parfaitement conservé, très frais. Ex libris ancien masqué dans tous les volumes (contreplat).



Edition originale.

Né à Uzès en 1755, Anne Henri Cabot, vicomte de Dampmartin, eut une vie aussi mouvementée qu’érudite, marquée par les armes, les lettres et l’exil. Destiné à l’Église, il s’en détourne pour la carrière militaire, gravissant les échelons jusqu’au grade de capitaine dans la cavalerie royale, tout en s’illustrant par des essais littéraires qui lui valent une place à l’Académie de Nîmes. Témoin et acteur de la tourmente révolutionnaire, il s’exile après avoir tenté en vain de faire protester ses troupes contre les violences du 20 juin 1792, et rejoint l’armée des émigrés. Réfugié en Hollande puis à Berlin, il enseigne le français, publie un Précis de littérature à l’usage des dames (1795), rédige la Gazette française et devient précepteur des fils illégitimes de Frédéric-Guillaume II, jusqu’à sa disgrâce à la mort de ce dernier. De retour en France sous le Consulat, il compose son grand œuvre historique La France sous ses rois (1810), qui attire l’attention de Napoléon : celui-ci le nomme censeur impérial, puis conseiller au Conseil des prises. Député du Gard en 1813, Dampmartin s’illustre par des prises de parole en faveur de réformes sociales et militaires. Fidèle à la monarchie restaurée, il devient bibliothécaire au dépôt de la guerre sous Louis XVIII. Officier de la Légion d’honneur et chevalier de Saint-Louis, il meurt à Paris en 1825. Son œuvre, composée notamment de Mémoires sur divers événements de la révolution et de l’émigration (1825), offre un témoignage précieux sur les bouleversements de son temps, mêlant regard historique, engagement politique et goût des lettres.










Cette histoire commence en 280 sous les régimes Francs pour s'achever en 1809. "La voix de Napoléon donne la paix, le repos et le bonheur à cent millions d'hommes" écrit-il en conclusion de cet ouvrage. "La gloire de la patrie et le bonheur de l'humanité, seront les récompenses dignes de tant de hauts faits, et de tant de mesures hors des atteintes du blâme." poursuit-il sans savoir encore les suites funestes réservées par le destin à l'Empereur et à la monarchie Française.








Superbe exemplaire de ce livre que l'on peut classer parmi les livres de propagande en faveur de la monarchie de droit divin sous le Premier Empire.

VENDU

lundi 23 juin 2025

1896 | Pour les Bibliophiles Contemporains | Féminies, huit chapitres inédits dévoués à la femme, à l'amour et à la beauté par Gyp, Abel Hermant, Henri Lavedan, Marcel Schwob et Octave Uzanne. 8 superbes frontispices en couleurs d'après les dessins de Félicien Rops. Livre rare et très recherché. Avec une superbe couverture symboliste par George de Feure et des décors floraux art nouveau par Léon Rudnicki. Exemplaire imprimé pour le Baron Fernand du Charmel.



Octave UZANNE, GYP, Abel HERMANT, Henri LAVEDAN, Marcel SCHWOB - Félicien ROPS, Georges de FEURE, Léon RUDNICKI, illustrateurs

FÉMINIES, huit chapitres inédits dévoués à la femme, à l'amour, à la beauté par Gyp, Abel Hermant, Henri Lavedan, Marcel Schwob et Octave Uzanne. Frontispices en couleurs d'après Félicien Rops, encadrements et vignettes de Léon Rudnicki.

Paris, imprimé pour les Bibliophiles contemporains en 1896 (achevé d'imprimer le 15 février 1896).

1 volume in-8 (26,3 x 16,7 cm) de IV-205-(3) pages. Toutes les pages sont illustrées d'encadrements imprimés dans divers tons d'après les dessins de Léon Rudnicki, couverture illustrée en couleurs par Georges de Feure, 1 titre en couleurs, 8 eaux-fortes hors-texte d'après les dessins de Félicien Rops en deux états (noir et couleurs).

Exemplaire en feuilles (débroché, prêt à être relié). La couverture et le dos sont conservés (légères usures et salissures). Feuilles du corpus de l'ouvrage en excellent état. Planches très fraîches. Quelques petites usures dans certains fonds de cahiers et traces de colle sans gravité.

Premier tirage des 8 superbes frontispices d'après les dessins inédits de Félicien Rops.

Tirage unique à 183 exemplaires, tous sur papier du Japon.

Exemplaire nominatif imprimé au nom du Baron du Charmel (voir provenance).

On joint un état supplémentaire du premier plat de couverture par Georges de Feure (bon état).

C'est un des plus beaux livres jamais édités par les soins et sous la direction d'Octave Uzanne. Il avait été commencé dès mai 1895 et sort des presses de l'Ancienne maison Quantin. Ce livre a été composé pour MM. les Sociétaires de l'Académie des Beaux Livres, Bibliophiles contemporains (alors que cette société n'existe plus en réalité depuis plusieurs mois lorsque ce livre est fini d'imprimer). Le tirage en couleur à "la poupée" des planches gravées d'après Félicien Rops, par Hellé, Fornet et Massé, a été exécuté par F. Maire. Les encadrements de pages ont été gravés d'après les dessins de L. Rudnicki. La couverture de Georges de Feure a été coloriée au patron par Charpentier.

Cet ouvrage inédit et qui - dans son ensemble - ne saurait être désormais réimprimé, a été publié pour les Bibliophiles contemporains. Par les soins et sous la direction de son fondateur Octave Uzanne. Le tirage a été fait au nombre des Sociétaires de l'Académie des Beaux Livres, plus quelques exemplaires de don, prévus par les statuts, les exemplaires de réserve et enfin les exemplaires de réserve et enfin les exemplaires destinés aux divers auteurs des chapitres de ce livre, au total 183 exemplaires. Celui-ci porte le n° 29 et port le nom du Baron F. du Charmel.









Voici le détail des chapitres traités avec leurs auteurs : Les droits de l'épouse par Henri Lavedan - Les marionnettes de l'amour par Marcel Schwob - Les artifices de la beauté par Octave Uzanne - L'amour comme un sport par Abel Hermant - La femme comme Parangon d'art par Marcel Schwob - Les cabotinages de l'amour par Abel Hermant - L'archéologie de l'amour par Gyp - Au pays de Féminies par Octave Uzanne. Le tirage du texte est sur papier du Japon tandis que les fronstispices sont imprimés sur papier vélin de cuve. Les eaux-fortes d'après les dessins de Félicien Rops sont en double état (un état définitif en couleurs et un état en noir avec remarques). On trouve en tête du volume un autre frontispice général en couleurs d'après le dessin de Kratké, gravé par E. Gaujean. Chaque page de texte est décorée par des encadrement fleuris typiquement Art Nouveau d'après les dessins de Léon Rudnicki et imprimés en différentes couleurs. A la fin du volume se trouve reproduit pleine page un dessin de Gaston Noury.





























Octave Uzanne donne Les raisons de ce livre exposées en nécessaire préface : "Il n'est guère d'ouvrage réunissant sous une même couverture divers auteurs indépendants, qui n'ait, pour expliquer son groupement, - sauf la contingence de quelque haute idée générale, - certaine cause charitable, littéraire ou artistique. Celle qui enfanta ce livre se trouve, si l'on peut ainsi s'exprimer, être absolument Ropsique. C'est en effet, au désir de publier, aussi parfaitement reproduits que possible, huit frontispices aquarellés par le maître Félicien Rops, - et qu'un bonne fortune avait mis en leurs mains, - que cédèrent les Bibliophiles Contemporains, fervents admirateurs de l'auteur des Sataniques, lorsque après leur dissolution sociale, ils constatèrent les jolis deniers inemployés qui restaient aux mains du Trésorier. Ces huit frontispices exécutées, de 1872 à 1876 environ, pour un Recueil fameux d'aquarelles de Rops, formé par M. Noilly, et connu sous le nom de : Cent croquis pour réjouir les honnêtes gens, préfaçaient chaque série de dizains de cet Album fantaisiste, dans lequel apparaissait une sorte de "comédie humaine" vue par le côté exclusif des tentations amoureuses et des éternelles convoitises de la chair. L'album des Cent croquis, vendu près de vingt mille francs, au lendemain du décès de M. Noilly, fut divisé, et les curieuses compositions de Rops enrichissent aujourd'hui de nombreuses collections françaises et étrangères. Les huit frontispices, demeurés longtemps en notre possession et cédés par la suite, sous réserve des droits de reproduction, appartiennent aujourd'hui à MM. Le Breton (3), de Rouen ; Vautier, de Maubeuge ; Tricaud, Delafosse et Pellet, de Paris. Ils ont été gravés à l'hélio, puis repris à la pointe sèche, mordus à l'eau-forte, tirés en noir et enfin repiqués, retouchés de nouveau selon les exigences du tirage en taille-douce polychrome, dit à la poupée. Il s'agissait dès lors, à l'encontre de toute logique, de songer au livre qu'illustreraient ces diverses synthèses Ropsiques de la Femme et de l'Amour. Cela équivalait au paradoxe d'élever une maison pour y loger certaines fresques acquises ; mais les paradoxes sont les clowns de l'Hippodrome indécis de la Vérité, on les croit déséquilibrés, alors qu'ils retombent toujours sur leurs pieds, à la confusion des théories normales. D'ailleurs n'était-il pas indiqué le livre à faire ! - Le vignettiste des Cythères parisiennes restait, au milieu de ses diverses compositions, sur le terrain d'une sorte de mythologie féminine, dans ce royaume des prêtresses d'amour que nos bons vieux auteurs désignaient sous le nom de Féminie ou Femmenie ; il nous montrait symbolisés en de cythéréiques figures les sports, la législation spéciale, l'archéologie érotique, la toilette, l'art et le théâtre de la femme, tout ce en quoi ou par quoi s'affiche l'exquise provocatrice et augmentatrice du péché. Le titre était trouvé : Féminie, qu'il était bon de plurialiser en le modernisant car le monde des femmes forme aujourd'hui diverses Républiques gynécocratiques dont les moeurs différent essentiellement ; quant aux gynécographes physiologistes, psycgologistes, abstracteurs de quintessence et d'esprit contemporains, n'avions-nous pas pour attiser le pur esprit français Gyp, cette Gyp qui aurait droit au surnom d'Aristophanette, et dont la verve malicieuse se nourrit d'une observation fine, enveloppante et aigüe, mais jamais injuste ou cruelle ; Henri Lavedan, dont les brefs dialogues sont les plus vivantes comédies de ce temps et dont les comédies montrent les plus délicieux, les plus nets, les plus plaisants dialogues qui aient jamais, depuis vingt ans, été écrits pour le théâtre ; Abel Hermant, subtil et élégant analyste de ce que l'on pourrait nommer "les rosseries de conscience" de l'âme actuelle ; et Marcel Schwob enfin, l'auteur de Coeur double et du Roi au masque d'or, écrivain au style d'un prisme surprenant, esprit universellement renseigné et qui sait faire sans pédanterie communier son modernisme à la sainte table des plus mystiques et des plus rares éruditions. Tous ont bien voulu, à notre appel, nous seconder et s'honorer du cadre précieux dans lequel nous nous somme efforcé d'enfermer leurs proses d'élite. Les Bibliophiles contemporains accueilleront donc ce livre de Féminies avec gratitude, il nous plaît de le croire, ainsi qu'une oeuvre intéressante et rare, véritable édition originale et qui, dans son ensemble, ne sera plus désormais réimprimée. L'éditeur ou plutôt, - pour nous servir d'un terme anglais moins grave, - le manager de ce livre, ex-président fondateur des Contemporains et qui fut le Brutus de sa création, ne saurait insister sur les difficultés matérielles successives qu'il a dû vaincre pour obtenir dans son expression plus ou moins parfaite, la mise au jour de ce recueil féministe. Aussi, sans vouloir davantage parader en avant-propos de son Edition, se livre-t-il sans le plus frêle souci à l'opinion de ceux - combien peu nombreux, hélas ! - qui par expériences connaissent les vicissitudes d'une manutention de cette nature. Quant aux critiques toujours fécondes et humouristiques des ignorants empressés de se juger dilettantes en la matière, il s'y complaît par avance et les excuse d'autant plus aisément qu'il sera peut-être le dernier à les ignorer. O.U."



Provenance : de la bibliothèque de Fernand du Charmel (imprimé à son nom, avec son ex libris joint sur feuillet de garde blanche conservée). Il apparaît ainsi dans la liste des membres fondateurs des Bibliophiles Contemporains fondés par Octave Uzanne : Charmel (baron Fernand de), château de Vaussieux, par Saint-Léger-Carcagny (Calvados). Fernand de Bonnefoy, baron du Charmel était né en 1845 à Paris. Il fut sous-lieutenant de la Garde Nationale Mobile de Seine-et-Marne puis Ministre de Monaco à Paris (1889-1900). Il fut également Commissaire Général de la Principauté de Monaco à l'Exposition Universelle de Paris en 1900. Il avait conservé cet exemplaire broché dans sa riche bibliothèque.

Livre très recherché pour les dessins de Félicien Rops gravés par les meilleurs artistes de l'époque.

Exemplaire à relier.

NDLR : Le prix tient compte du fait que ce volume n'est pas relié. En reliure d'époque de qualité se livre se trouve entre 5 000 et plus de 8000 euros. S'il ne trouve acquéreur non relié nous le ferons relier pour lui donner l'habit de lumière qu'il mérite. Nous avons préféré, dans un premier temps, laisser le choix de sa livrée à l'acquéreur avisé.

Prix : 3 000 euros