ROSTAND, Edmond | MUCHA, Alfons | Emile CARAYON, relieur | Madame Raoul BOMPARD (Provenance)
LA SAMARITAINE. Evangile en trois tableaux, en vers. Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de la Renaissance, le mercredi saint (14 avril 1897).
Paris, Librairie Charpentier et Fasquelle, 1897
1 volume in-4 (27,2 x 19 cm) de (6)-120 pages. Couverture illustrée d'une lithographie par Mucha (réduction de l'affiche originale de la pièce) tirée par l'imprimerie F. Champenois.
Reliure strictement de l'époque plein maroquin noir décoré de fers dorés spéciaux (couronne d'épines au centre des plats avec un encadrement de filets dorés et fers "Chrisme" stylisés Art Nouveau dans les angles, dos à nerfs soulignes de filets dorés, caissons encadrés de filets dorés, doublure encadrée de maroquin noir avec filets dorés et fers dorés dans les angles, gardes et doublures de papier peigne, tranches dorées. Les deux plats de couverture conservés à l'état de neuf. Quelques rousseurs ponctuelles sans gravité (reliure signée E. CARAYON dans la doublure). Parfait état.
Edition originale sur papier courant.
Il n'a été tiré que 25 exemplaires sur Japon (non annoncés).
Exemplaire avec dédicace de l'auteur : "à Madame Raoul Bompard qui fait merveilleusement relier les poètes. Hommage. Edmond Rostand"
Le premier plat de couverture illustré d'une lithographie originale de Mucha est parfaitement conservé.
C’est après le succès des Romanesques à la Comédie-Française que Sarah Bernhardt demande à Edmond Rostand de lui écrire une pièce. Cette pièce religieuse s’est jouée le Mercredi Saint, 14 avril 1897. Sarah Bernhardt, âgée de 53 ans, y crée le rôle-titre de la Samaritaine alias Photine. Sarah Bernhardt était la Directrice et la propriétaire du Théâtre de la Renaissance dans lequel la pièce fut jouée. La musique est de Gabriel Pierné.
En Samarie, les ombres d’Abraham, Isaac et Jacob viennent annoncer la venue du Messie… Jésus demande alors aux habitants, persécutés à la fois par les Romains et les Juifs de Jérusalem, d’aimer ces gens et leur conte l’histoire du bon samaritain. La belle Photine, qui d’abord se moque de Jésus, tombe à genoux lorsque celui-ci se révèle et lui offre sa chanson d’amour, qu’il accepte. Tandis que Jésus explique à Photine comment se rendre digne du royaume de Dieu. Puis, Photine ameute la foule d’un marché, répétant des textes saints qu’elle n’a pourtant pas pu lire et supplie ses concitoyens de la suivre à la rencontre de Jésus. Buvant l’eau de la cruche oubliée par Photine, les disciples sont stupéfaits de la trouver délicieuse. La Jeune femme, conduisant toute la ville, dit comment, inspirée par Jésus, elle lui a conquis tous les cœurs.
La pièce se découpe en trois tableaux. Premier tableau : le puits de Jacob. Les apôtres quittent Jésus pour se rendre à Sichem, afin d’acheter des vivres. Le Christ reste assis sur la margelle du puits de Jacob. Photine vient puiser de l’eau, son amphore sur l’épaule. Jésus lui demande à boire. Elle refuse parce qu’il est juif. S’engage un long dialogue tiré des Evangiles. Deuxième tableau : la Porte de Sichem. Pierre et les disciples tentent d’acheter des vivres mais ils sont raillés par les marchands. Les apôtres s’éloignent sous les huées. Ariel est inquiet de ne pas voir revenir Photine. Elle arrive transformée et s’exprime en citation. Elle convainc petit à petit la foule. Troisième tableau : Salvator Mundi. Jésus est sur la margelle du puits. Les apôtres s’étonnent de la discussion avec Photine. On entend alors la foule des Samaritains qui approche menée par Photine.
Succédant à La Princesse lointaine (1895), La Samaritaine est le premier grand succès de Rostand, la même année que Cyrano de Bergerac (représenté pour la première fois le 28 décembre 1897 au théâtre parisien de la Porte Saint-Martin).
Référence : Edmond Rostand, La Samaritaine, édition postfacée, établie et annotée par Philippe Bulinge, L’Harmattan, 2004. Philippe Bulinge, « L’héritage de La Samaritaine dans Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand ». ; Lire également Une trilogie d'Edmond Rostand : La Princesse lointaine, La Samaritaine, Cyrano de Bergerac par Jean Bourgeois Les Belles lettres | « L'information littéraire » 2008/2 Vol. 60 | pages 27 à 38.
Provenance : de la bibliothèque de Madame Raoul Bompard avec dédicace autographe de l'auteur inscrite sur le premier feuillet blanc. La dédicace placée à cet endroit indique clairement que le volume a été confié au relieur Emile Carayon avant même qu'Edmond Rostand ne l'y appose. C'est donc le volume si délicatement relié qu'Edmond Rostand a eu en mains. Ceci expliquant la dédicace qui indique de Madame Raoul Bompard savait faire habiller les auteurs de très belles reliures d'art. Ce qui est le cas ici. Cette dédicace révèle une certaine intimité entre Edmond Rostand et Madame Raoul Bompard alors fraîchement mariée et âgée de seulement 21 ans. Anne Le Roux, épouse Raoul Bompard, est née en 1876. Issue de la haute bourgeoisie, elle épouse Raoul Henri Bertrand Bompard, né à Gênes le 17 décembre 1860 et mort à Senlis le 11 septembre 1939, fut avocat, conseiller municipal de Paris, député de la Seine, puis magistrat. Il termina sa carrière comme président de chambre à la cour d’appel de Paris. Il est notamment connu pour son engagement dreyfusard : après la condamnation définitive de Dreyfus, il quitta la magistrature ou protesta publiquement contre le jugement.
Nous n'avons retrouvé aucune vente de bibliothèque pour ce couple. Cette dédicace plus qu'amicale laisse supposer une proximité évidente entre les Bompard et Edmond Rostand.
Edmond Rostand fera jouer son Cyrano de Bergerac pour la première fois le 28 décembre 1897, au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, à Paris.
Cyrano de Bergerac deviendra rapidement la pièce parmi les plus populaires du théâtre français !
Edmond Rostand, né à Marseille en 1868 dans une famille de la bourgeoisie très aisée, meurt à Paris le 2 décembre 1918 à l'âge de 50 ans des suites de la grippe espagnole.
Splendide et parfait exemplaire relié plein maroquin décoré par Emile Carayon pour Madame Raoul Bompard et dédicacé par Edmond Rostand.
Prix : 3 000 euros








