Pantagruéline Prognostication, certaine, véritable et infaillible pour l'an perpétuel. Nouvellement composée au proffict et advisement de gens estourdis et musars de nature, par Maistre Alcofribas [Rabelais]. Orné de figures gravées sur bois, peintes et tirées par Maurice L'Hoir.
A Paris, pour un Groupe de Bibliophiles, sans date (achevé d'imprimer en Décembre 1947) [chez l'artiste, Maurice L'Hoir]
1 volume petit in-4 (25,5 x 21 cm), en feuilles sous couverture rempliée imprimée en rouge sur le premier plat, de 98-(1) pages avec 11 bois peints en couleurs à la main par l'artiste hors-texte et 11 lettrines historiées gravées sur bois peintes de même et imprimées en or, avec 11 culs-de-lampe en or et 11 têtes de chapitres gravées sur bois et tirées dans différentes couleurs. Typographie en gros caractères en noir et rouge. Couverture rempliée (dos et bords brunis) et emboîtage de l'éditeur (en bon état malgré un dos de la chemise éclairci).
Tirage confidentiel à seulement 50 exemplaires.
Celui-ci, un des 40 exemplaires sur Arches (papier de cuve fort). Il n'a pas été numéroté.
Cet ouvrage, composé en Elzévir Plantin corps 18, comprenant 54 bois en couleurs peints à la main, a été tiré sur la presse à bras par Maurice L'Hoir. Il a été achevé d'imprimer en Décembre 1947. Les 10 premiers exemplaires ont été tirés sur Japon blanc ou Arches avec des suites et dessins.
La Pantagruéline Prognostication, certaine, véritable et infaillible pour l’an perpétuel est un court opuscule satirique de François Rabelais, publié d’abord autour de 1532 chez François Juste, à Lyon, dans le sillage de Pantagruel. L'édition définitive date de 1542. Le titre imite les almanachs et pronostications astrologiques alors très diffusés, mais pour mieux les tourner en ridicule : Rabelais y promet des prédictions « certaines » et « infaillibles » qui ne prédisent en réalité que des évidences, des absurdités ou des vérités burlesques. Rabelais se moque des prédictions judiciaires, des faiseurs d’almanachs, de la crédulité populaire et des doctes impostures. La critique moderne y voit l’une des plus brillantes satires renaissantes contre l’astrologie divinatoire. Cette formule de « l’an perpétuel » est capitale : Rabelais transforme la pronostication annuelle, normalement périssable, en livre comique valable pour toujours, puisque ses prédictions reposent sur les constantes de la sottise humaine.
Maurice L'Hoir, avec son style très reconnaissable, à la fois naïf et subversif à la manière de Rabelais, est l'imagier idéal pour ce texte. Il restitue avec une verve très moderne l’esprit rabelaisien, entre farce populaire et stylisation décorative vive et colorée.
On ne sait que très peu de choses sur Maurice L'Hoir. D'après sa fiche d'identification universitaire (IdRef) il est né en 1902 et mort en 1970. Il est indiqué comme peintre illustrateur. On lui doit plusieurs ouvrages dans le même style que celui-ci, notamment La Vieille Courtisane de Rome (1949) tiré à 55 exemplaires avec 24 bois peints par l'artiste, et Lysistrata d'Aristophane (1945) tiré à 33 exemplaires avec 61 bois gravés et peints par l'artiste. Il aurait également imprimé et illustré Le Testament de François Villon (1945) mais nous n'avons pas pu voir cet ouvrage. Le tirage très confidentiel de ses ouvrages de bibliophilie, véritables livres d'artiste, sont sans doute la cause principale de son peu de notoriété. Cet oubli de la part des bibliophiles est injuste et Maurice L'Hoir mérite toute l'attention des amateurs de beaux livres rares. Le catalogue raisonné des ouvrages imprimés et imagés par Maurice L'Hoir reste à faire.
Bel exemplaire de ce livre rare.
Prix : 1 250 euros
















