lundi 24 mars 2025

Le Système Social ou Principes Naturels de la Morale et de la Politique (1795) par le Baron d'Holbach. Nouvelle édition parue pendant la tourmente révolutionnaire. Ouvrage condamné au feu dès 1773, saisi et mis à l'index. Bel exemplaire en reliure romantique.



HOLBACH, Baron d' (Paul Henri Thiry) | Joseph SAIGE (de Bordeaux) | Louis de BEAUSOBRE

SYSTÈME SOCIAL OU PRINCIPES NATURELS DE LA MORALE ET DE LA POLITIQUE. De l'influence du gouvernement sur les mœurs.

A Paris, chez Servière, libraire, 1795

2 volumes in-8 (20,8 x 13,5 cm) de (4)-472 et (4)-403 pages.

Reliure demi maroquin olive, dos lisses ornés de fers dorés rocailles; plats de papier texturé bleu nuit, roulette à froid, tranches marbrées, doublures et gardes de papier marbré (reliure romantique typique exécutée vers 1820-1830). Très bon état de l'ensemble. Quelques rousseurs pâles. Beau papier chiffon. Quelques petites manques de papier dans les marges de quelques feuillets (sans atteinte au texte).



Nouvelle édition.

Voici la liste des différents chapitres : Première partie : Origine des idées morales, des opinions, des vices et des vertus des hommes. De la raison, de la vérité et de son utilité. De la Morale Religieuse. De la Morale des Anciens. Des moralistes Modernes. Principes naturels de la morale. Des devoirs de l'homme ou de l'Obligation Morale. Examen des idées des Moralistes sur la vertu. Du Goût, du Bon, du Beau, de l'Ordre, de l'Harmonie en Morale. Des Vertus Morales. Du Mal Moral, ou des vices des hommes, de leurs crimes, de leurs Défauts, de leurs faiblesses. Origine de l'autorité, des rangs, des distinctions entre les hommes. De l'Estime, de la Conscience, de l'Honneur. Du bonheur. Des passions et de leur influence sur le bonheur de l'homme. Examen des idées des Anciens et des Modernes sur le bonheur de l'homme. De la Vie Sociale. De l'Etat de Nature. De la Vie Sauvage. Seconde partie : Principes Naturels de la Politique. De la Société. Du Pacte Social. Des Loix, de la Souveraineté. Du Gouvernement. Origine des Gouvernements. De leurs formes diverses. De leurs avantages et désavantages De leurs réformes. De la liberté. Du Gouvernement mixte. Des Représentants d'une Nation. De la Liberté de Penser. Influence de la Liberté sur les mœurs. Réflexions sur le Gouvernement Britannique. Des intérêts des Princes, ou de la Politique véritable. Des qualités et des vertus nécessaires au Souverain. Causes de l'abus du pouvoir ou de la corruption des Princes. De la fausse Politique. Du Despotisme. De la Tyrannie. De la Guerre. Du Machiavélisme ou de la Perfidie en Politique. Des effets physiques ou naturels du Despotisme. De la Corruption des Cours. Du Gouvernement Militaire. Troisième partie : De l'influence du Gouvernement sur les mœurs. Ou des Causes et des Remèdes de la Corruption. Des vraies sources du mal moral ou de la corruption des mœurs. Influence du Gouvernement sur les Ministres et les Grands d'un Etat. De la corruption des Loix. De la source des Crimes. Influence du Gouvernement sur le Caractère national et sur les talents de l'Esprit. Du Luxe. De la Richesse d'un Etat. Du Commerce. Du Crédit. Des vices de la Société. De l'Education. Des Femmes. De la Félicité domestique, ou du bonheur dans la vie privée. Remèdes des Calamités ou des Vices Moraux et Politiques. Apologie de la Vérité.<

On trouve en plus dans cette édition le Système du Bonheur qui occupe les pages 195 à 332 du deuxième volume, et le Système Républicain (Caton ou Entretien sur la liberté et les vertus politiques, traduit du latin par S***) qui occupe les pages 333 à 400 et dernière). Ces deux textes de sont pas du Baron d'Holbach. Le Système du Bonheur est de Louis de Beausobre. Le Système Républicain est de M. Joseph Saige de Bordeaux (publié en 1770 avec de nombreuses notes intéressantes).









"Il suffirait presque, pour présenter Paul-Henry Thiry, baron d’Holbach (1723-1789) — « le maître d’hôtel de la philosophie », disait Grimm de rappeler que la plupart de ses livres furent condamnés en France par le Parlement et mis à l’index à Rome. Né dans le Palatinat, il vit à Paris, et reçoit chez lui tout ce qui pense alors. Qui est-il ? Wolmar, l’athée vertueux de Rousseau ; mais aussi, selon Voltaire, qui craint pour sa propre royauté intellectuelle, "un diable d’homme inspiré par Belzébuth" ; Frédéric II, prudent, défend contre lui «l’ordre du monde» ; mais Diderot lui sait gré de faire «pleuvoir des brûlots dans la maison du père«. Le baron dérange : il a rompu avec la première génération des Lumières par son athéisme intransigeant et son matérialisme systématique, et sa volonté, partagée par Diderot et la «coterie holbachique», d’une pensée radicalement nouvelle en philosophie, en morale et en politique. C‘est la Nature encore qui doit fonder les règles de la vie en société : non le concept abstrait d’une nature humaine, mais le mécanisme nécessaire des passions, et la balance qui meut les hommes du désir du bien-être à la crainte de la douleur. Le Système social définit une souveraineté qui, issue d’un pacte social et non d’un droit divin, soit l’expression de la volonté générale ; et une morale indépendante de toute religion (naturelle ou positive) produite par la législation : celle-ci, par une juste connaissance des motifs des hommes, doit induire chacun à vouloir aussi le bien d’autrui. L’utilitarisme moral et social rétablit la nature dans ses droits, contre la confédération des prêtres et des rois, lesquels exigent des hommes qu’ils désirent ce qu’il n’est pas dans leur nature de désirer. Le nouveau modèle éthico-politique proposé par d’Holbach a nourri les débats préalables à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ; sans doute eut-il une part non négligeable dans cette «révolution horrible» que redoutait Voltaire à la lecture d’un système préconisant le plus grand bonheur pour le plus grand nombre, et le droit des peuples à déposer les tyrans." (Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont).

"Le Système social tout comme le Système de la nature fut d'abord attribué au gazetier Mustel par les contemporains. L'ouvrage fut saisi en juin 1773, et mis à l'index de l'Eglise en août 1775. En 1822 il sera de nouveau interdit par la police et son édition ordonnée de destruction par un jugement du Tribunal correctionnel de Paris (Le Moniteur universel, 15 mars 1823, 26 mars 1825). L'ouvrage connaîtra en français deux rééditions en 1773 (Londres) et une troisième en 1774 (Londres), du vivant de d'Holbach; cette édition porte en sous-titre par l'auteur du Système de la nature. Une édition paraît encore en 1795 (Paris) sous la Révolution, enfin la dernière édition connue remonte à 1822 (Paris)." (Josiane Boulad-Ayoub).

Il est amusant de constater que notre exemplaire a été relié exactement au moment où cette édition est frappée d'une nouvelle condamnation à la destruction en 1823.







Cet ouvrage est un véritable Vade Mecum du libre penseur. Cette nouvelle édition parait en pleine période révolutionnaire pendant la tentative de maintien de la cohésion sociale de la nation française. L’année 1795 est celle de la fin du radicalisme révolutionnaire. Le pays cherche un équilibre entre les excès de la Terreur et la montée des forces contre-révolutionnaires. Le Directoire tente de stabiliser une République vidée de son souffle révolutionnaire initial, mais les tensions restent vives. On assiste à une réhabilitation de la bourgeoisie, une répression des mouvements populaires, et une volonté de "normaliser" la société. C’est aussi une période de fatigue politique : après des années de guerre civile, de révolutions de palais et de pénurie, le peuple aspire à la paix et à une vie moins tourmentée, même si cela implique un certain retour à l’ordre établi. Le pouvoir devient plus technocratique, moins idéologique, ouvrant la voie à l’ascension d’un homme providentiel : Bonaparte, dont le rôle décisif à Vendémiaire annonce la suite. Les textes réunis ici, notamment ce Système social du Baron d'Holbach, sont réimprimés en cette année 1795 et doivent résonner dans l'esprit des lecteurs portés à penser la suite des évènements.

"L'homme de cour vient étaler aux yeux d'un peuple émerveillé son faste et sa vanité. Il fait trophée de ses vices, qu'il qualifie de bonnes fortunes ; il amuse son oisiveté à corrompre l'innocence crédule : continuellement dérangé par ses dépenses et par son luxe, il trafique de son crédit, fait des affaires, et sans égard pour l'équité, protège celui qui le paie le mieux. Il emprunte, il achète à crédit, il contracte des dettes ; se rit ensuite de la simplicité de ceux qu'il a ruinés, et brave effrontément les pleurs d'une famille réduite à la mendicité. Corrompus par l'exemple de leurs maîtres, témoins et confidents de leurs honteuses débauches, fiers de sa protection, ses valets portent les vices et l'insolence des palais jusque dans les dernières classes du peuple. Le pontife et le prêtre sont eux-mêmes entraînés par le torrent de la perversité publique ; cette religion, dont ils vantent les effets merveilleux, échoue contre les passions et les vices autorisés par la mode. Vous les voyez se conformer au ton du monde ; adopter le faste des grands ; rougir de la simplicité évangélique ; et la même bouche qui déclame contre la corruption du siècle, sollicite souvent des femmes au crime, ou cherche à séduire l'innocence qu'elle devrait fortifier contre les tentations du démon. Le traitant, uniquement fait pour songer à sa fortune, ne connaît d'autre honneur que de s'enrichir promptement. Son état le destine à vivre des calamités publiques. Autorisé dans ses rapines et ses concussions par le gouvernement, sa conscience ne lui fait point de reproches incommodes. L'équité, l'humanité, la sensibilité seraient des qualités déplacées dans un homme qui se destine à s'engraisser de la substance des malheureux. Sa tête ingénieuse n'est occupée qu'à enfanter des projets nouveaux pour dépouiller son pays et redoubler sa misère. Enrichi une fois, il adopte les vices, le faste et le luxe de la grandeur ; il s'illustre par ses repas somptueux, par ses folles dépenses, et par sa magnificence, qui font bientôt oublier à ses concitoyens eux-mêmes que son opulence est le fruit de leurs propres malheurs. Accoutumée de longue main à tous ces affreux désordres, la société n'en est presque plus révoltée. Les hommes les plus pervers excitent bien plus l'envie que l'indignation publique. Ce qu'on appelle la bonne compagnie est composée d'un tas d'hommes, dont la conduite est propre à faire rougir la raison et gémir la vertu. On y trouve d'agréables débauchés, des importants sans nul mérite, des fainéants titrés, des hommes sans honneur et sans mœurs, des femmes sans pudeur, des fats impertinents, que l'usage fait passer pour de très honnêtes gens. Les bonnes mœurs, les vrais talents, la probité, ne tiennent lieu de rien, dans une société frivole et désœuvrée, qui n'a besoin que de perdre son temps, et à qui le désir continuel de s'amuser ne permet pas de rien approfondir. Pour être admis et considéré dans le monde, il ne faut avoir qu'un nom, un titre, un bel habit, un maintien décent, des airs et des manières, du jargon ; on a pour lors tout ce qu'il faut pour se faire désirer, d'ailleurs on est dispensé d'avoir aucune vertu. Lorsque le besoin de s'amuser est devenu le seul lien de la société, on s'embarrasse fort peu de connaître à fond les personnes que l'on fréquente ; l'on ne se rend pas difficile sur le choix de ses amis, et l'on se lie avec quiconque fait espérer quelques instants de trêve avec l'ennui." (extrait pp. 107-110)

Cet extrait, à lui seul, montre combien la Révolution française était déjà en germe dès 1773, et parfaitement théorisée par les penseurs les plus clairvoyants, tel que le fut le baron d'Holbach.

Références : Josiane Boulad-Ayoub, Présentation de la réédition sur l'édition originale de 1773 ; Vercruysse A4 (pour la Première édition, seconde émission) ; Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, vol. 4, col. 622 ; 
Pearson Cushing, Baron d'Holbach : a Study of Eighteenth Century Radicalism in France [...].

Bel exemplaire de cet ouvrage fondamental pour l'histoire des idées au XVIIIe siècle.

Prix : 950 euros

vendredi 21 mars 2025

Aline, Reine de Golconde, conte par le Chevalier de Boufflers (1887). Superbe édition tirées à très petit nombre faite pour les Amis des Livres et dirigée par Octave Uzanne. Superbe reliure décorée plein maroqui doublé de maroquin signée Marius Michel. Exemplaire provenant de la bibliothèque de Francisque Sarcey, avec son ex libris. De la bibliothèque de Henry Blumenfeld-Sciama. Bijou bibliophilique.



Stanislas de BOUFFLERS (Chevalier) | Octave UZANNE (éditeur, directeur de la publication) | MARIUS MICHEL (relieur)

Aline, Reine de Golconde, Conte par le Chevalier Stanislas de Boufflers.

A Paris, Gravé et imprimé pour la Société des Amis des Livres, 1887

1 volume petit in-4 (23,2 x 15,5 cm) de (4)-IV-29-(2) pages, comprenant 1 faux-titre et justification du tirage (1 feuillet), 1 feuillet de titre gravé avec vignette (imprimé en bleu), 4 pages d'envoi imprimé orné de 2 belles vignettes à l'eau-forte en couleur, 29 pages de texte gravé orné de 1 bel en-tête et 1 belle lettrine à l'eau-forte en couleur, 11 vignettes dans le texte en noir, 1 page pour l'explication technique, 1 page d'achevé d'imprimer.

Reliure de l'époque plein maroquin bleu nuit ornée d'un encadrement doré dans le style rocaille, dos à nerfs janséniste, double-filet doré sur les coupes, doublure de maroquin poli chocolat ornée d'une roulette dorée en encadrement et filets dorés, premières gardes de soie brochée bleue ciel à motifs fleuris, secondes gardes de papier peigne, toutes tranches dorées sur témoins, les deux plats de la fragile couverture imprimée en bleu à rayures sont parfaitement conservés. Très fine reliure signée MARIUS MICHEL. Excellent à l'état proche du neuf. Etui bordé.



Tirage unique à 117 exemplaires seulement.

Celui-ci porte le n°73. Tous les exemplaires ont été imprimés sur papier de Hollande à la cuve.

Celui-ci a été imprimé au nom d'un des 25 membres correspondants de la Société des Amis du Livre à savoir Francisque Sarcey

Exemplaire relié avec son ex libris tiré en 2 états en pleine page relié en tête du volume (état en couleurs, état en noir).





On lit à la fin : "Les Amis des Livres ont confié la Direction de cet ouvrage à leur collègue Octave Uzanne. Les compositions jointes au texte ont été dessinées par Albert Lynch. Les eaux-fortes au lavis gravées par E. Gaujean. Les lettres bâtardes du texte burinées par A. Leclère. Le volume a été achevé d'imprimer pour la Société des Amis des Livres le 25 octobre 1887 sur les presses en taille-douce de la Maison Quantin à Paris."

Ce petit livre est une merveille, un véritable joyau bibliophilique. Octave Uzanne a donc dirigé la mise en train de cette édition de grand luxe pour ses collègues des Amis des Livres.

C'est le seul livre dont il dirigea l'exécution artistique pour cette société qui lui laissa le goût amer du trop rigide et du trop convenu. C'est peu de temps après la mise au jour de cette édition qu'il créera fin 1889 l'Académie des Beaux-Livres ou Bibliophiles contemporains. Dans sa revue Le Livre, Octave ne sera pas tendre avec les productions bibliophiliques des Amis des Livres.










Voici comment Octave Uzanne s'exprime au sujet de ce joli conte léger :

« On ne saurait se faire une idée exacte aujourd'hui de l'engouement qu'excita le délicieux conte d'Aline ; Grimm en parle avec enthousiasme. [...] Ce fut une fureur pendant plus de six mois ; d'innombrables copies d'Aline couraient de ruelle en ruelle, de salon en salon, de société en société ; on s'arrachait ces manuscrits, on ne parlait que du conte et de l'auteur. Boufflers eut une vogue qu'il n'avait point cherchée, mais qui n'en fut que plus retentissante et le mit de plain-pied dans le domaine de la galanterie. Toutes les femmes voulurent connaître l'heureux amant de la jolie laitière, cet écrivain simple et charmant qui avait su, par la fraîcheur et la jolie tournure de son style, exciter la curiosité d'un public blasé par les fadeurs de tant de petits romans. [...] » (extrait de la Notice sur la vie et les œuvres de Boufflers, placée en tête des Poésies publiées par Octave Uzanne dans la collection des Petites Poètes du XVIIIe siècle (Paris, A. Quantin, 1886).

On voit donc que ce n'est pas un hasard si Octave Uzanne publie Aline pour les Amis des Livres fin 1887 alors qu'il s'était largement intéressé à l'auteur dès fin 1885 début 1886.

Ce conte en prose, galant voire légèrement licencieux, a été publié pour la première fois en 1761. Deux ans après Candide, un an après La Nouvelle Héloïse, Boufflers donne ce petit bijou littéraire qui fait fureur : cinq éditions paraissent avant la fin de l’année. Ce conte est une douce rêverie, une rêverie qui rassemble certaines idées bien répandues sur le bonheur. Un jour, dans une belle vallée, un adolescent de bonne famille (c’est le narrateur) rencontre une jeune paysanne qui porte un pot de lait à son village. Ce jour-là, ils découvrent l’amour et la volupté, mais le jeune homme quitte sa belle laitière, Aline, pour suivre la voix trompeuse de la gloire. Il retrouvera Aline à trois reprises. La première fois, à l’Opéra à Paris : elle est devenue une femme du monde. La deuxième fois, aux Indes : elle est la reine bienfaisante du royaume prospère de Golconde, connu pour ses diamants. La troisième fois, ils se retrouvent dans un désert au pied d’une montagne où le narrateur se retire, las de ses déboires. Ils sont vieux, elle n’est plus belle : « Nous étions autrefois jeunes et jolis, lui dit-elle, soyons sages à présent, nous serons plus heureux. » (informations extraites du site de Sue Carrell consacré à la correspondance échangée entre la comtesse de Sabran et le chevalier de Boufflers)

« Je tombai aux pieds de la divine Aline : nous nous aimâmes plus que jamais, et nous devînmes l’un pour l’autre notre univers. J’ai déjà passé ici plusieurs années délicieuses avec cette sage compagne ; j’ai laissé toutes mes folles passions et tous mes préjugés dans le monde que j’ai quitté ; mes bras sont devenus plus laborieux, mon esprit plus profond, mon cœur plus sensible. Aline m’a appris à trouver des charmes dans un léger travail, de douces réflexions et de tendres sentiments ; et ce n’est qu’à la fin de mes jours que j’ai commencé à vivre. » (extrait).


Dès 1887 les exemplaires de cette édition ce sont arrachés à prix d'or. On le retrouve somptueusement relié dans les plus riches bibliothèques de la la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Au catalogue Morgand il est très coté (de 200 à 500 francs or selon la reliure - 1500 francs or (prix fou) pour un exemplaire en reliure décorée de Charles Meunier !).

La reliure de notre exemplaire, signée du grand maître relieur Marius Michel, respecte les canons de la reliure classique à l'imitation des productions de la fin du XVIIIe siècle. Marius Michel ne donne pas ici une reliure exubérante mais une reliure en accord parfait avec le texte qu'elle recouvre.

Provenance : de la bibliothèque de Francisque Sarcey (1827-1899), critique dramatique et journaliste. Cet exemplaire (n°73) se trouve broché dans la vente de novembre 1899 des livres de Francique Sarcey (n°4 de la Seconde partie de sa bibliothèque). Ce volume a été relié après cette date par Marius Michel pour Henry Blumenfeld-Sciama (avec son ex libris à son chriffre).


Splendide exemplaire parfaitement établi en maroquin doublé de Marius Michel.

Prix : 4.800 euros

jeudi 20 mars 2025

Les Mémoires de Mess. Martin du Bellay Seigneur de Langey. Contenans le discours de plusieurs choses advenues au Royaume de France, depuis l'an M.D.XIII [1513] jusques au trespas du Roy François premier, ausquels l'autheur a inséré trois livres et quelques fragmens des Ogdoades de Mess. Guillaume du Bellay seigneur de Langey son frère. Oeuvre mis nouvellement en lumière et présenté au Roy par Mess. René du Bellay Chevalier de l'Ordre de sa Majesté, Baron de la Lande, héritier d'iceluy Mess. Martin du Bellay. A Paris, A l'Olivier de P. l'Huillier, rue S. Jacques, 1569. Avec privilège du Roy. [achevé d'imprimer le mercredi 19 janvier 1569]. Reliure de l'époque à restaurer. Edition originale rare.



Martin DU BELLAY et Guillaume DU BELLAY | Chartreuse du Val Dieu (Normandie - Orne), provenance.

Les Mémoires de Mess. Martin du Bellay Seigneur de Langey. Contenans le discours de plusieurs choses advenues au Royaume de France, depuis l'an M.D.XIII [1513] jusques au trespas du Roy François premier, ausquels l'autheur a inséré trois livres et quelques fragmens des Ogdoades de Mess. Guillaume du Bellay seigneur de Langey son frère. Oeuvre mis nouvellement en lumière et présenté au Roy par Mess. René du Bellay Chevalier de l'Ordre de sa Majesté, Baron de la Lande, héritier d'iceluy Mess. Martin du Bellay.

A Paris, A l'Olivier de P. l'Huillier, rue S. Jacques, 1569. Avec privilège du Roy. [achevé d'imprimer le mercredi 19 janvier 1569].

1 volume in-folio (34 x 23,5 cm | Hauteur des marges : 330 mm) de (12) pp., suivis de 10 feuillets non chiffrés pour le Prologue des Ogdoades (mal placé au début du volume), suivis de 350 feuillets chiffrés et enfin 6 feuillets non chiffrés de tables et de Privilège du Roy.

Reliure strictement de l'époque plein veau brun avec décors à froids d'encadrements sur les plats et fers dorés dans les angles et un grand fer ombilic doré azuré au centre des plats. Reliure usagée, cuir du dos absent, déchirure du cuir sur le premier plat sans manque important, coins usés. Reliure a la couture encore solide, le corps d'ouvrage est en bon état. Piqure de vers sans gravité dans la marge inférieure. Papier frais avec quelques légères salissures par endroit. Collationné complet. Reliure à restaurer.



Edition originale rare.

Très belle marque à l'olivier du libraire l'Huilier sur le titre (10 x 7,5 cm).

Très belle impression sur beau papier et ornée de grands bandeaux et lettrines gravés.

Cette chronique est sans doute l’une des plus importantes sur le règne de François Ier, rédigée par des témoins et acteurs majeurs de l’époque. Les frères Du Bellay servaient le roi en tant que militaires. Ces mémoires, qui couvrent la période de 1513 à 1547, racontent les batailles auxquelles Martin Du Bellay a participé, depuis la fin du règne de Louis XII jusqu’à la mort de François Ier. Montaigne trouvait que ces Mémoires étaient trop favorables au Roi François Ier. Martin du Bellay (vers 1495-1559), militaire et homme politique, était un proche de François Ier. Il participa activement aux guerres d’Italie et à diverses affaires diplomatiques du royaume. Ses Mémoires retracent principalement les événements militaires et politiques auxquels il a assisté entre 1513 et 1547. Ces Mémoires ont été publiés après sa mort, en 1569, et ils s’inspirent en partie des écrits de son frère Guillaume du Bellay, qui avait lui aussi laissé des documents sur la politique et les guerres de son temps. C’est d’ailleurs l’une des sources majeures pour l’histoire de la première moitié du XVIe siècle, notamment pour les campagnes italiennes de François Ier, y compris la bataille de Pavie (1525). Les livres V, VI, VII, VIII sont issues des fragments manuscrits laissés par Guillaume du Bellay (1491-1543).





Il existe un retirage à la date de 1572 et une remise en vente des exemplaires de 1569 sous cette date de 1572 également mais avec seulement le titre et les feuillets préliminaires changés. Il a été fait un tirage au format in-8 en 1571.

"Montaigne a fait environ vingt-cinq emprunts à cet ouvrage. Plusieurs citent des phrases entières." Villey, Les lectures de Montaigne.

"Les Mémoires des frères Du Bellay constituèrent la principale source historique de Montaigne pour la première moitié du XVIe siècle."

Référence : Clément, Bibliothèque curieuse historique et critique, ou catalogue ... , Vol. 3, p. 69 : "Première édition fort rare".












Provenance : Exemplaire provenant de la bibliothèque la Chartreuse du Val Dieu (ex libris Cartusiae Vallis Dei). La chartreuse Notre-Dame du Val-Dieu se trouve sur la commune de Feings dans le département de l'Orne en région Normandie. En l'an 1170, le 29 juin, Rotrou III, comte du Perche, jeta les fondements de la future chartreuse du Val-Dieu au sein de la forêt de Réno-Valdieu, pour les religieux de saint Bruno. La première église fut consacrée en 1181. Hugues de Courlessain et sa femme Agathe, qui avaient assisté à la fondation du Val-Dieu en 1170 y furent inhumés. Cette chartreuse fut fort agrandie par Pierre de Valois, 2e du nom, comte d'Alençon et du Perche. Il y fut inhumé avec sa fille Jeanne en l'an 1404. La chartreuse fut rebâtie en entier quelques années avant la Révolution, sur les plans du R. P. J.-B. Miserey, religieux bénédictin. Aujourd'hui, seules subsistent de la chartreuse, la pharmacie, la porterie et la chapelle des dames construites en 1760. Après la Révolution, la chapelle du collège d'Alençon est devenue bibliothèque. Elle fut alors aménagée avec de très belles boiseries sculptées, provenant de la chartreuse du Val-Dieu. La chaire, les stalles, plusieurs panneaux sculptés et les boiseries de la sacristie, installées dans l'église Notre-Dame de Mortagne-au-Perche ou celle de Saint-Sauveur de Bellême, proviennent du Val-Dieu. On cherche toujours l'exemplaire de Ronsard des Mémoires de Mss. Martin du Bellay ... ouvrage dans lequel Ronsard a fait plusieurs emprunts. Aujourd'hui, la chartreuse est une propriété privée. Elle ne se visite pas excepté lors des journées européennes du patrimoine.

Reliure à restaurer pour obtenir un bel exemplaire (le prix demandé tient compte de ce travail de restauration à réaliser).

Bon exemplaire en condition d'époque et de provenance intéressante.

Prix : 2.500 euros

mercredi 19 mars 2025

Gatien Courtilz de Sandras | Mémoires de Mr. d'Artagnan, Capitaine Lieutenant de la première Compagnie des Mousquetaires du Rois contenant quantité de choses particulières et secrettes qui se sont passées sous le Règne de Louis le Grand. A Cologne, chez Pierre Marteau, M. DCC. [1700]. Relié avec : Mémoires de Gaspard Comte de Chavagnac, Maréchal de Camp dans les Armées du Roy, Général de l'Artillerie, Sergent de Bataille de celles de Sa Majesté Catholique, et Lieutenant Général des Troupes de l'Empereur et son Ambassadeur en Pologne. (A Amsterdam, chez Jean Malherbe, 1700). Bel exemplaire relié à l'époque en plein vélin hollandais.



COURTILZ DE SANDRAS (Gatien) | Gaspard de CHAVAGNAC (?)

Mémoires de Mr. d'Artagnan, Capitaine Lieutenant de la première Compagnie des Mousquetaires du Rois contenant quantité de choses particulières et secrettes qui se sont passées sous le Règne de Louis le Grand.

A Cologne, chez Pierre Marteau, M. DCC. [1700] [Hollande]

4 feuillets non chiffrés, 564 pages et 8 feuillets non chiffrés de table.



Relié la suite :

Mémoires de Gaspard Comte de Chavagnac, Maréchal de Camp dans les Armées du Roy, Général de l'Artillerie, Sergent de Bataille de celles de Sa Majesté Catholique, et Lieutenant Général des Troupes de l'Empereur et son Ambassadeur en Pologne.

A Amsterdam, chez Jean Malherbe, 1700

2 ouvrages reliés en 1 fort volume in-12 (158 x 105 mm) plein vélin blanc à coutures apparentes (reliure hollandaise strictement de l'époque). Titre calligraphié à l'encre au dos (uniquement les Mémoires de d'Artagnan sont écrits à l'encre). Reliure très fraîche. Intérieur très frais. Petite piqûre de vers sans gravité.

Ce volume est particulièrement intéressant, car il rassemble sous une élégante reliure hollandaise de l'époque le premier tome des Mémoires de d'Artagnan, daté de 1700 et comprenant 564 pages avec table des matières, et les Mémoires de Chavagnac.










Ce tirage du premier volume des Mémoires de d'Artagnan est réputé être le premier, bien qu'il ne contienne que le premier des trois volumes publiés entre 1700 et 1701. Sa reliure témoigne du fait qu'à l'époque, les volumes suivants n’étaient pas encore parus. À la suite de ce tome, sont reliés les Mémoires de Gaspard de Chavagnac, également datés de 1700, ce qui éclaire la complexité de cette chronologie éditoriale. Il existe une édition en trois volumes tous datés de 1700, mais sans table des matières, ainsi qu'une autre où seul le premier volume, sans indication de tomaison, est daté de 1700 avec table, tandis que les deux suivants, datés de 1701, comportent aussi une table. Tout porte à croire que ce premier volume isolé, daté de 1700 et doté d'une table, a été publié en premier, suivi des volumes 2 et 3 en 1701. L'édition en trois volumes datés de 1700 mais sans table aurait été réalisée ultérieurement, probablement en antidatant les tomes 2 et 3. Un autre tirage de 1700, avec un titre imprimé en noir, est également connu. Enfin, la présence dans cette reliure d'époque des Mémoires de Chavagnac témoigne bien du fait qu'on les a attribué un temps à Courtilz de Sandras. Toutefois, on sait aujourd’hui que ces mémoires, publiées pour la première fois à Besançon en 1699, ne sont pas de sa main.

Le d’Artagnan historique, celui campé par Courtilz de Sandras et celui de Dumas qui s’en est inspiré ont quelques points communs : tous trois cadets de Gascogne, montant à Paris pour « prendre du service », devenant des mousquetaires courageux et fidèles. Charles Ogier de Batz naît vers 1612 à Castelmore près de Lupiac en Gascogne. Il entre vers 1633 dans la compagnie des mousquetaires, prend le nom de sa mère, d'Artagnan, et le titre de comte. En 1646, les mousquetaires sont licenciés et d’Artagnan entre au service de Mazarin parmi ses « gentilshommes ordinaires ». Sa fidélité au ministre et au roi pendant les troubles de la Fronde lui valent quelques missions délicates, qui révèlent son tact et son humanité, ainsi que des rétributions, comme la charge de capitaine des petits chiens du Roi courant le chevreuil… Lorsque les mousquetaires sont reconstitués, il devient lieutenant puis capitaine-lieutenant de la première compagnie en 1667. Maréchal de camp en 1672, il meurt au siège de Maastricht l’année suivante. (notice Musée de l'Armée).

Gatien Courtilz de Sandras (1644 -1712) suit une carrière militaire entre 1660 et 1679, passant notamment par les mousquetaires gris. Puis il se fait écrivain, rédigeant des mémoires apocryphes, notamment sur d'Artagnan, Mr de Rochefort, mais aussi des chroniques scandaleuses et des ouvrages politiques. Son œuvre reflète les ambitions et les frustrations de l’aristocratie encore féodale tenue en bride par l’Absolutisme. Sa liberté de ton le mènera d’ailleurs à la Bastille où il séjournera de 1693 à 1699. Dumas s’est largement inspiré de ces pseudo–mémoires pour écrire les Trois mousquetaires, Courtils lui fournissant les personnages d’Athos, de Porthos, d’Aramis ou de Milady et de nombreuses anecdotes. (notice Musée de l'Armée).

A propos du véritable d'Artagnan nous avons le témoignage de Madame de Sévigné qui écrit dans une lettre datée du 27 novembre 1664 adressée à M. de Pomponne : "[...] Il faut que je vous conte ce que j’ai fait. Imaginez-vous que des dames m’ont proposé d’aller dans une maison qui regarde droit dans l’Arsenal, pour voir revenir notre pauvre ami [Nicolas Fouquet]. J’étois masquée, je l’ai vu venir d’assez loin. M. d’Artagnan étoit auprès de lui ; cinquante mousquetaires derrière, à trente ou quarante pas. Il paroissoit assez rêveur. Pour moi, quand je l’ai aperçu, les jambes m’ont tremblé, et le cœur m’a battu si fort, que je n’en pouvois plus. En s’approchant de nous pour rentrer dans son trou, M. d’Artagnan l’a poussé, et lui a fait remarquer que nous étions là. Il nous a donc saluées, et a pris cette mine riante que vous connoissez. Je ne crois pas qu’il m’ait reconnue ; mais je vous avoue que j’ai été étrangement saisie, quand je l’ai vu rentrer dans cette petite porte. Si vous saviez combien on est malheureuse quand on a le cœur fait comme je l’ai, je suis assurée que vous auriez pitié de moi ; mais je pense que vous n’en êtes pas quitte à meilleur marché, de la manière dont je vous connois. [...]" ; puis encore dans une lettre du 11 décembre de la même année 1664 : "[...] Cependant M. Fouquet est allé dans la chambre de M. d’Artagnan : pendant qu’il y était, il a vu par la fenêtre passer M. d’Ormesson, qui venait de reprendre quelques papiers qui étaient entre ies mains de M. d’Artagnan. M. Fouquet l’a aperçu ; il l’a salué avec un visage ouvert, et plein de joie et de reconnaissance ; il lui a même crié qu’il était son très-humble serviteur. [...] À onze heures, il y avait un carrosse prêt, où M. Fouquet est entré avec quatre hommes, M. d’Artagnan à cheval avec cinquante mousquetaires. Il le conduira jusqu’à Pignerol, où il le laissera en prison sous la conduite d’un nommé Saint-Mars, qui est fort honnête homme, et qui prendra cinquante soldats pour le garder. D'après la chronologie avérée de d'Artagnan on sait que celui-ci apporta une lettre de Louis XIV au comte de Bussy Rabutin, cousin de ladite Madame de Sévigné et gouverneur du Nivernais, à la Charité sur Loire, à la date du 29 mars 1652.

C'est sur l'édition de 1704 des Mémoires de d'Artagnan qu'Alexandre Dumas père s'est penché pour rédiger ses Trois Mousquetaires (1844) et sa suite Vingt ans après (1845). "Lors d’un voyage à Marseille où son ami poète Joseph Méry réside, Dumas cherche quelque lecture, ne pouvant rester oisif. À la bibliothèque, on lui prête « Mémoires de M. d’Artagnan », une édition de 1704. Quelle ne fut sa fascination pour l’ouvrage ! Sur la route de Paris, Dumas ne lâche pas le livre d’une page, si bien que la bibliothèque de Marseille attend toujours qu’il le rapporte !".





​Les Mémoires du comte Gaspard de Chavagnac offrent un aperçu détaillé de la vie militaire et diplomatique de Gaspard de Chavagnac (1624-1695), un officier et diplomate français. Ces mémoires couvrent la période de 1638 à 1681 et ont été publiés pour la première fois à Besançon en 1699. Gaspard de Chavagnac est né à Blesle en 1624. Il a servi comme maréchal de camp des armées du roi, général des armées de l'Empereur et ambassadeur en Pologne. Ses mémoires relatent ses expériences militaires et diplomatiques, offrant un éclairage sur les événements de son époque. Les Mémoires du comte Gaspard de Chavagnac, publiés en 1699 après sa mort, sont sujets à controverse quant à leur authenticité. Certains historiens suggèrent qu’ils pourraient être l’œuvre de Gatien de Courtilz de Sandras, connu pour ses mémoires apocryphes. Aucune version manuscrite antérieure à la publication n’a été retrouvée, ce qui alimente les doutes. De plus, le style et la structure de l’ouvrage rappellent d’autres mémoires fictifs de l’époque. En l’absence de preuves concluantes, ces mémoires doivent être consultés avec prudence et considérés comme un témoignage dont l’attribution reste incertaine. (voir compte rendu de la Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine Année 1900 2-2 pp. 186-187​, Mémoires de Gaspard, comte de Chavagnac (1638-1695), Edition originale de 1699, revue, corrigée et annotée par Jean de Villeurs, Paris, 1900, par Bourrilly Victor-Louis).

Références : Jean Lombard, Courtilz de Sandras et la crise du roman à la fin du grand siècle, 1980 (PUF) ; Woodbridge, Gatien de Courtilz : Etude sur un précurseur du Roman réaliste France (Puf, 1925)



Provenance : ex libris avec chiffre couronné non identifié (XVIIIe siècle). Voir photo.

Bel exemplaire de cette très intéressante et instructive réunion.

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