vendredi 6 juin 2025

[CONTANT D'ORVILLE ou DORVILLE, André-Guillaume] Précis d'une histoire générale de la vie privée des français dans tous les temps et dans toutes les provinces de la monarchie. A Paris, chez Moutard, 1779. 1 volume in-8. Reliure plein veau de l'époque. Edition originale. Bel exemplaire.



[CONTANT D'ORVILLE ou DORVILLE, André-Guillaume]

Précis d'une histoire générale de la vie privée des français dans tous les temps et dans toutes les provinces de la monarchie.

A Paris, chez Moutard, 1779

1 volume in-8 (20,2 x 13,2 cm) de (2)-[VII-X]-403-(1) pages.

Reliure de l'époque plein veau caramel, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, tranches marbrées, doublures et gardes de papier marbré, filet doré sur les coupes. Quelques légères marques à la reliure. Très bon état. Intérieur frais.

Edition originale.



Cet ouvrage constitue le troisième volume tiré de la série "Mélanges tirés d'une grande bibliothèque" initiée par le marquis de Paulmy. Le marquis de Paulmy, grand bibliophile et mécène, avait pour ambition de constituer une vaste compilation des connaissances de son temps, ce qui se manifeste dans la série des Mélanges tirés d'une grande bibliothèque qui comptera 69 volumes.

L'ouvrage est divisé en quatre parties principales, chacune explorant un aspect fondamental de la vie quotidienne des Français à travers les siècles : De la nourriture des François : Cette section examine les habitudes alimentaires, les boissons (un intéressant passage traite du Champagne), les types de mets consommés, les modes de préparation, ainsi que les différences régionales et temporelles. Des habitations : Elle décrit l'évolution des logements, leur architecture, l'aménagement intérieur, et les variations selon les classes sociales et les provinces. De l'habillement : Cette partie retrace les modes vestimentaires, les tissus utilisés, les accessoires, et leur signification sociale au fil du temps. Des amusements : Elle explore les divertissements populaires, les jeux, les fêtes, les spectacles, et leur rôle dans la société française. L'ouvrage adopte une approche descriptive et analytique, s'efforçant de présenter une vue d'ensemble des mœurs et coutumes françaises, en mettant l'accent sur la diversité régionale et l'évolution historique.














Provenance : de la bibliothèque (XXe s.) de E. Bernstein avec son ex libris portant la devise "Tout par Amour".

Ce Précis s'inscrit dans une démarche encyclopédique et pédagogique, caractéristique des Lumières. Il reflète une volonté de documenter et de comprendre la vie quotidienne des Français, au-delà des grands événements politiques ou militaires. Le marquis de Paulmy, grand bibliophile et mécène, avait pour ambition de constituer une vaste compilation des connaissances de son temps, ce qui se manifeste dans la série des Mélanges tirés d'une grande bibliothèque.

Une seconde édition a paru en 1783 chez le même éditeur.

Bel exemplaire relié à l'époque.

VENDU

jeudi 5 juin 2025

MONTORGUEIL (Georges) | WILLETTE (Adolphe) | CHAMBOLLE-DURU (relieur) | DORBON (Lucien) | BELIN (Théophile) PARIS DANSANT. Illustrations de A. Willette gravées en taille-douce et en couleurs par Vigna-Vigneron. Paris, Théophile Belin libraire, 1898. 1 volume in-4 relié plein maroquin par Chambolle-Duru pour Lucien Dorbon. Superbe exemplaire.



MONTORGUEIL (Georges) | WILLETTE (Adolphe) | CHAMBOLLE-DURU (relieur) | DORBON (Lucien) | BELIN (Théophile)

PARIS DANSANT. Illustrations de A. Willette gravées en taille-douce et en couleurs par Vigna-Vigneron.

Paris, Théophile Belin libraire, 1898 [achevé d'imprimer le 15 mai 1898 oar Renouard et Chamerot, rue des Saints-Pères, 19, pour Théophile Belin, Quai Voltaire, 29, à Paris]

1 volume in-4 (29,3 x 21 cm) de VII-220-(2) pages. Avec 12 compositions en taille-douce coloriées au repérage, une vignette de titre en taille-douce et en couleurs, 26 vignettes d'en-tête et culs-de-lampe tirés en camaïeu de bistre. Le frontispice est en 3 états (pointe sèche, eau-forte pure et état définitif en couleurs). Une décomposition des couleurs du même frontispice a été reliée à la fin (4 planches).

Reliure de l'époque plein maroquin bleu nuit décoré sur les plats d'un double encadrement enchevêtré dans les angles, dos à nerfs avec caissons en encadrés de filets dorés, double filet doré sur les coupes, jeu de roulette et filet doré en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées, l
es fragiles couvertures roses imprimées et imitant la moire rose sont conservées en parfait état (les deux plats et le dos. Etui bordé de maroquin et doublé en fleur de cuir à l'intérieur (Reliure signée CHAMBOLLE-DURU). Exemplaire à l'état proche du neuf, tel que sorti de l'atelier de reliure à l'époque. Quelques rousseurs pâles dans quelques marges.

Édition originale.

Tirage unique à 200 exemplaires sur papier vélin de cuve.

Exemplaire de dédicace offert par le libraire-éditeur Théophile Belin à son confrère Lucien Dorbon (avec son ex libris relié pleine page en tête du volume) : "à Monsieur Lucien Dorbon, Souvenir de son vieux confrère".






Ce volume n'a besoin d'aucun éloge, il se suffit à lui-même. C'est un des plus beaux livres fin de siècle entièrement consacré au Paris Dansant, au Paris des cabarets et des bals : Bal du 14 juillet, Bals musette, bals masqués, bals d'artistes, Moulin de la Galette, Bal Bullier, Quadrille naturaliste, Jardin de Paris, Danse à l'Opéra. On y retrouve notamment Valentin le désossé et bien des danseuses que les plus experts reconnaîtront sans mal.

L'exécution des gravures d'après les dessins de Willette et la mise en couleurs par Vigna-Vigneron est tout simplement parfaite et d'une fraîcheur époustouflante encore aujourd'hui. Le papier vélin de cuve utilisé est magnifique.

Ce volume fut l'aboutissement de la volonté conjointe d'un libraire-éditeur, Théophile Belin, d'un auteur, Georges Montorgueil et d'un illustrateur en vogue, Adolphe Willette. C'est d'ailleurs l'illustration, réalisée en premier, qui commanda au texte. Georges Montorgueuil s'en explique dans sa préface. On ne peut s'empêcher de penser à la mine contrite d'un Octave Uzanne découvrant ce bijou bibliophilique sortir des presses de Chamerot et Renouard, et se disant : "Pourquoi ne l'ai-je donc pas fait !".


















La reliure fut exécutée par René Victor Chambolle (né en 1834 - mort le 23 septembre 1898) le volume ayant été achevé d'imprimer le 15 mai 1898 et cette reliure fait dont partie des dernières reliures réalisées par René Victor Chambolle ou par son fils René (né en 1873) qui reprit l'atelier jusqu'en 1915 (mort pour la France).

Provenance : Exemplaire de la bibliothèque du libraire Lucien Dorbon (1882-1960), avec son ex libris pleine page, gravé par Monchablon, relié en tête du volume. Lucien Dorbon était le frère de Louis Dorbon, tous deux fils de Théodore Dorbon, à la tête d'une famille de grands libraires parisiens. Le libraire Théophile Belin quant à lui est décédé en 1921 ; il a 47 ans en 1898 quand il offre ce volume à son jeune confrère en devenir (première hypothèse). Ou bien ce volume a été offert plus tard à Lucien Dorbon (avant 1921 et volume alors relié par René Chambolle fils, avant 1915 voire avant 1914) (deuxième hypothèse). La deuxième hypothèse semble plus plausible compte tenu de la présence dans le volume de l'ex libris gravé qui date forcément d'avant 1907 (date du décès de Monchablon). Il serait donc juste, dans cette hypothèse, de dater cette reliure des années 1900-1906. En 1912, Lucien Dorbon publia le Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes (3 vol. in-8), par Albert-L[ouis] Caillet I. C. [Ingénieur Civil] (1869-1922), mais se détacha assez rapidement de l’occultisme (Jean-Paul Fontaine, Histoire de la Bibliophilie, La librairie selon les Dorbon, en ligne [28 avril 2020].





Bijou bibliophilique.

Somptueux et émouvant exemplaire de ce livre rare et recherché, magistralement illustré par Adolphe Willette, et luxueusement relié par Chambolle-Duru pour Lucien Dorbon.


Prix : 4.500 euros

mercredi 4 juin 2025

Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone] L'Ecole des Pères (1776). Traité d'éducation inspiré par l'Emile de Jean-Jacques Rousseau. Première édition tirée à 1.500 exemplaires, non cartonnée (non censurée). Bel exemplaire finement relié au début du XXe siècle en plein veau caramel.



Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

L'Ecole des Pères. Par N. E. Retif de la Bretone.

En France, et à Paris, chés la veuve Duchesne, Humblot, Le Jai et Dorez, Delalain, Esprit et Mérigot, 1776

3 tomes reliés en 2 volumes in-8 (20 x 13 cm) de (1)-480, (1)-192 et (1)-372 pages.

Reliure plein veau caramel à l'imitation des reliures du XVIIIe siècle, dos richement ornés aux petits fers dorés, triple filet doré en encadrement des plats, tranches rouges, doublures et gardes de papier marbré (reliure exécutée vers 1920). Excellent état. Infimes marques aux reliures, intérieur très frais (quelques cahiers avec des rousseurs ou plus teintés). Collationné complet.








Première édition tirée à 1.500 exemplaires d'après Rives-Childs.

Exemplaire avec le troisième volume en 372 pages.

Notre exemplaire n'est pas cartonné et possède toutes les pages qui seront supprimées par la suite pour former la seconde édition censurée.

A noter que la première page du premier volume possède le titre "Le Nouvel Emile" et non "L'Ecole des Pères" comme la plupart des exemplaires.

Voici les cartons présents dans les exemplaires cartonnés qui formeront la deuxième édition mise en vente plus tard (1776-1779). Notre exemplaire qui est non cartonné possède toutes les pages originales avec la numérotation continue. Cartons qui ne se trouvent pas dans notre exemplaire : Tome 1: pages 31 à 36 remplacées par un seul feuillet (B7), pages 41-42, 51-52, 54-55, 57-58, pp. 79 à 81 et cahier D remaniés, pages 82 à 86 remplacées par une seule page numérotée 82-86, pages 355 à 374 remplacées par un seul feuillet. Tome 2: pages 59-60, pages 121 à 128 remplacées par un seul feuillet. Tome 3: pages 1-2, pages 19 à 22, remplacées par un feuillet, tout comme pour les pages de 25 à 40 et de 305 à 308.

Cet ouvrage existe sous le titre de "Le Nouvel-Emile" (il en existe deux ou trois exemplaires portant ce titre conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal (Rives Childs, p. 240). La censure fut la cause des changements que le Nouvel-Emile a dû subir avant de paraître dans une forme encore abrégée sous le titre de l'Ecole des Pères. Restif nous explique que "mon Nouvel-Emile... a paru sous le titre de l'Ecole des pères" (Monsieur Nicolas, t. VII, p. 4151).  Restif commençait son travail d'un nouvel ouvrage après avoir achevé, au commencement d'avril 1770, les deux premiers volumes des Idées singulières. Il faisait la connaissance à ce moment d'Elise Tulout (l'Elisabeth de la Malédiction paternelle). (Rives Childs)

Dans l'idée de Rétif de la Bretonne, cet ouvrage faisait partie intégrante des Idées singulières (Pornographe, Andrographe, Thesmographe, Gynographes) sous le faux-titre titre : L'Educographe.












On trouve dans cet ouvrage, comme presque toujours avec Rétif, un enchevêtrement de récits qui n'ont pas d'obligations les uns aux autres. Cependant très intéressant pour le récit qu'il fait des journées "paysannes" de sa région de la Bourgogne (Yonne). C'est aussi un traité d'éducation de l'homme-social (l'homme vivant en société).

"Je me suis toujours reproché de ne pas l'avoir mieux faite, disait-il en revenant sur l'École des pères ; j'ai noyé l'instructif et fait disparaître l'agréable de cette production, en me livrant à des détails qui n'étaient propres qu'à un livre élémentaire. J'ai même donné dans un système de physique, faux en beaucoup de points." Mais, dans la Revue des ouvrages de l'Auteur (1784), l'orgueil reparaît dans toute sa splendeur : "Cet ouvrage est bien supérieur à l'Ecole de la Jeunesse, publiée cinq années auparavant. Il serait à souhaiter qu'il fût entre les mains de tous les pères et mères ; il ne pourrait que les éclairer sur la manière d'élever leurs enfants, pour en faire des citoyens.... On trouve, au commencement du deuxième volume, un petit traité historique de l'Éducation des femmes, absolument neuf. Les connaissances physiques les plus saines sont répandues avec profusion dans tout cet ouvrage."

"Mis à part, peut-être, La Philosophie de Monsieur Nicolas, aucun des ouvrages où Rétif expose ses idées ne se présente sous forme de pur traité : dans l'Ecole des pères (1776), c'est par le biais d'un "journal d'éducation", où viennent s'insérer entretiens, lettres et récits, qu'il livre ainsi ses théories pédagogiques (inspirées par la lecture de l'Emile de Rousseau) et aborde la plupart des domaines de la connaissance (des techniques de labourage à la structure de l'univers). Ce journal est tenu par le Comte de S*, qui y consigne pour sa fille Désirée les étapes de la découverte par son futur gendre, Roger, du milieu rural puis urbain." (Françoise Le Borgne).




Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé - mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique.

Référence : J. Rives Childs, Bibliographie des ouvrages de Rétif de la Bretonne, p. 240 ; P. Lacroix, Rétif de la Bretonne, XVI, n°1, p. 136-143 ; Françoise Le Borgne, Récits et expériences dans L’École des pères de Rétif (Etudes Rétiviennes, N° 30, juin 1999, p. 89-100).



Provenance : de la bibliothèque Bertrand Hugonnard-Roche, avec ex libris.

Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun en première édition non cartonnée.

Prix : 2.500 euros