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lundi 5 juin 2017

Marquise de Sévigné (Marie de Rabutin Chantal). Lettres à sa fille et à ses amis. Edition Grouvelle publiée en 1806. 8 volumes in-8 en cartonnage d'époque. Rare exemplaire sur papier vélin (le plus rare tirage pour cette édition).


SÉVIGNÉ, Marie de RABUTIN-CHANTAL, Marquise de.

LETTRES DE MADAME DE SÉVIGNÉ, A SA FILLE ET A SES AMIS ; Nouvelle édition, mise dans un meilleur ordre, enrichie d'éclaircissements et de notes historiques ; augmentée de lettres, fragments, notices sur Madame de Sévigné et sur ses amis, éloges et autres morceaux inédits ou peu connus, tant en prose qu'en vers ; par Ph. A. Grouvelle, ancien ministre plénipotentiaire, ex-législateur et correspondant de l'Institut National.

A Paris, chez Bossange, Masson et Besson, 1806

8 forts volumes in-8 (22,3 x 13,7 cm) de (6)-CLXIV-XXXV-334 ; (4)-479 ; (4)-478 ; (4)-494 ; (4)-480 ; (4)-447 ; (4)-527 et (4)-636-(2) pages. 2 portraits hors-texte d'après Chasselat (Madame de Sévigné et Madame de Grignan). Suite de 20 portraits historiques (suite Renouard).

Cartonnage plein papier caramel de l'époque, pièce de titre et tomaison de maroquin rouge à long grain et ornée de filets dorés. Ensemble collationné complet du texte et des gravures. Cartonnages d'origine bien conservé avec quelques usures aux extrémités des coiffes et coins, quelques mors fendus (papier uniquement). Non rogné. Intérieur très frais, pratiquement sans aucune rousseurs pour le texte. Quelques pâles rousseurs sur les portraits. Bien complet du fac-similé dépliant.



EXEMPLAIRE DU RARE TIRAGE SUR GRAND PAPIER VÉLIN AVEC LES DEUX PORTRAITS AVANT LA LETTRE.

Quérard, dans la France littéraire, donne le détail du tirage de cette édition : Papier d'Auvergne (48 francs). Papier d’Angoulême (54 francs). Papier vélin ex. cartonnés à la Bradel (92 francs).

Il n'y a pas le nombre d'exemplaires de chacun des papiers, mais les exemplaires sur papier vélin étaient les plus chers et par là même les plus rares (sans doute une centaine d'exemplaires ou moins sur ce papier).



Notre exemplaire possède comme il se doit les deux portrait de la mère et la fille en épreuves avant la lettre, ainsi que la suite de portrait publiée séparément par Renouard. Le fac-similé replié est également présent en tête du tome premier et imprimé sur papier bleuté.



"Aux Lettres imprimées dans les précédentes éditions, Grouvelle en a ajouté d'autres. Celles de madame de Grignan et du marquis de Sévigné. Celles de Bussy-Rabutin, de Coulanges, de Corbinelli, forment, par les différences de leur style, des contrastes piquants et une agréable variété. L'idée d'avoir classé dans l'ordre de dates où elles furent écrites toutes les Lettres indistinctement, qui jusqu'alors formaient autant de recueils séparés, qu'il y avait de correspondances particulières, est très-heureuse ; elle ôte les lacunes où, pendant la réunion de la mère et de la fille, on les perdait totalement de vue : mais par ce moyen, depuis l'âge de vingt-deux ans jusqu'au moment de sa mort, on suit tous les instants de cette femme intéressante, et le recueil de ses lettres devient presque l'histoire de sa vie. C'est à l'ancien bibliothécaire de Napoléon et du conseil d'État, A.-A-Barbier, que Grouvelle était redevable du plan de son édition ; notre érudit bibliographe avait indiqué ce plan dans le Magasin encyclopédique. Une autre idée non moins heureuse est celle d'avoir fait graver quelques fragments d'une de ces lettres d'après un original qu'à force de soins on est parvenu à se procurer à l'imitation exacte des caractères nous met pour ainsi dire en plus intime connaissance avec l'auteur. Les notes sont beaucoup plus exactes que celles des précédentes éditions ; elles servent de complément à ce que les lettres ne laissent quelquefois qu'entrevoir, et elles lèvent l'anonyme des noms qui n'étaient auparavant indiqués que par des initiales. Une amélioration non moins importante est une table des matières très-étendue." (Quérard).



La première édition des lettres de Mme de Sévigné date de 1725 et a été donnée subrepticement en une mince plaquette de 75 pages regroupant seulement quelques lettres pour la plupart incorrectement retranscrites et fragmentaires (31 fragments). Cette première édition rarissime et quasi mythique n’était connue qu’à 2 ou 3 exemplaires à la fin du XIXe siècle, il ne semble pas qu’on en est répertorié d’autres depuis. Les bibliographes considèrent donc comme véritable seconde édition originale, celle que nous proposons ici, l’édition dite de Rouen publiée en 1726 par les soins du fils de Roger de Bussy-Rabutin (cousin indiscret de la Marquise). On a beaucoup tergiversé pour savoir s’il s’agissait du fils aîné (Amé-Nicolas de comte Bussy-Rabutin) ou bien du cadet, futur évêque de Luçon, abbé de Bussy. Cette édition furtive, désavouée par la petite-fille de Mme de Sévigné, Mme de Simiane, fille de Mme de Grignan, est très rare et les exemplaires en reliure de l’époque en bonne condition se rencontrent très difficilement. La plupart des exemplaires que l'on peut rencontrer se trouvent reliés en plein maroquin du XIXe siècle (période Second Empire et ultérieurement). Dans les Bulletins de la Librairie Morgand on peine à en trouver quelques exemplaires seulement (par ex. n°10664 - mar. bleu de Cuzin - coté 300 fr. - novembre 1886). Cette édition fait concurrence en terme de rareté à celle publiée la même année à La Haye chez Gosse et Neaulme (édition que nous proposons également en condition d'époque - voir notre catalogue). Les éditions suivantes de 1726, 1728 et 1733 sont également peu communes et reprennent avec des variantes la première édition dite de Rouen en gros caractères. Seule l'édition de La Haye, très rare, apporte de nouvelles lettres (qui se retrouvent dans l'édition de 1728 et 1733 comme nous venons de le voir ci-dessus). Il faudra attendre 1734-1736 avec l'édition pourtant mutilée donnée par les soins du Chevalier Perrin pour avoir à disposition plusieurs centaines de nouvelles lettres. Les éditions de 1806 (Grouvelle), l'édition de 1818, puis l'édition de 1862, données par Monmerqué, puis Charles Capmas (supplément "Lettres inédites" de 1876), donneront un panorama complet du génie épistolaire de la marquise de Sévigné.



Référence : Quérard, La France Littéraire, Tome IX, p. 103. "Bonne édition plus complète que les précédentes." ; Lettres de Madame de Sévigné, Édition des Grands Écrivains de la France, Tome XI, p. 435 et suiv.



RARE EXEMPLAIRE SUR PAPIER VÉLIN.

TRÈS BON EXEMPLAIRE DANS SON FRAGILE CARTONNAGE DE L'ÉPOQUE, BIEN CONSERVÉ.

Prix : 1.200 euros


mardi 4 avril 2017

Notice Historique sur l'Hôtel Carnavalet (Paris) par J. Verdot (1838). Exemplaire de l'auteur avec additions et notes manuscrites en vue de la seconde édition de 1865. Reliure de l'époque (1840). Unique.


VERDOT, Jean Maurice.

NOTICE HISTORIQUE SUR L'HÔTEL CARNAVALET, par J. Verdot, ancien élève de l'Ecole Normale, licencié de la Faculté des Lettres, Chef d'Institution.

Paris, Chez l'Auteur, Hôtel Carnavalet, et chez les principaux libraires, 1838 [Notes et Additions manuscrites, 1865]

1 volume in-12 (18 x 11 cm) de 71 pages (exemplaire entièrement interfolié, pratiquement tous les feuillets comportent des additions et corrections de la main de l'auteur).

Reliure de l'époque (1840) demi-veau brun, dos à faux-nerfs ornés à la manière d'un Thouvenin ou d'un Vogel (reliure non signée). Très bon état, reliure solide et décorative en dépit d'une petite fente en tête du mors supérieur et de quelques éraflures sans gravité. Intérieur très frais. Petit mouillure angulaire au titre imprimé (en marge).



ÉDITION ORIGINALE.

EXEMPLAIRE DE L'AUTEUR ENTIÈREMENT ANNOTÉ EN VUE DE LA PUBLICATION DE LA SECONDE EDITION PARUE 27 ANS PLUS TARD EN 1865 CHEZ AUBRY.

Une des notes ajoutées par l'auteur indique : "Au mois d'août 1846, M. Verdot, Chef de l'Institution qui occupe depuis 1829 l'hôtel Carnavalet, devint à son tour le propriétaire de cette intéressante maison. C'est dire assez qu'il avait suivi avec amour sa pensée première. Il a donc acquis le droit d'ajouter aujourd'hui un chapitre à cette notice dont la première édition depuis longtemps épuisée remontre à vingt sept ans, en octobre 1838." (note manuscrite).

Ces notes et additions manuscrites ont servi à l'établissement de la seconde édition de 1865 donnée par le libraire Aubry. Cette nouvelle édition a été tirée à petit nombre et est recherchée pour les 9 tirages photographiques qu'elle contient.



Au moment de son acquisition par M. Verdot en 1846, l'Hôtel Carnavalet était menacé d'être détruit. M. Verdot en sera propriétaire de 1846 à 1866 date à laquelle il fut racheté par la ville de Paris. L' Institution Verdot accueille des élèves, qui suivent en demi-pensionnaire dans la journée les cours du Collège Charlemagne, collège qui ne dispose pas d'internat. Puis en fin d'après-midi, les élèves suivent à la pension des répétitions et des enseignements complémentaires fournis par des professeurs qui y arrondissent leur salaire. Ces élèves bénéficient au réfectoire, contre une rétribution assez élevée, du vivre [d'où l'expression péjorative de « marchand de soupe » appliquée parfois aux chefs d'institution] et au dortoir du logement. Jean Maurice Verdot a du succès. En témoignent les anciens élèves, le plus souvent scolarisés à Charlemagne.



C'est Madame de Sévigné qui la première donne ses lettres de noblesse à cet Hôtel Carnavalet qu'elle occupe jusqu'à ses derniers jours. Jean Goujon, Hardouin Mansart, etc., ont laissé leur marque de décorateurs-architectes. Ce sera sur l'initiative du Baron Haussmann dès 1866 que ce majestueux bâtiment devient Musée Historique de la Ville de Paris. Il ouvre au public en 1880. Du 2 octobre 2016 à 2020, le musée est fermé pour rénovation complète et création d'espaces événementiels et de restauration.



DOCUMENT IMPORTANT POUR L'HISTOIRE DE CARNAVALET.

VENDU