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mercredi 31 mai 2017

Nicolas-Antoine Boulanger. Baron d'Holbach. L'Antiquité dévoilée par ses usages (1791). Athéisme et matérialisme au XVIIIe siècle. Bel exemplaire.


BOULANGER, Nicolas-Antoine. HOLBACH, Paul Thiry, Baron d'.

L’ANTIQUITÉ DÉVOILÉE PAR SES USAGES, ou Examen critique des principales opinions, cérémonies et institutions religieuses et politiques des différents peuples de la terre. Par Feu Boulanger.

En Suisse, De l'Imprimerie Philosophique, 1791

4 volumes in-12 (14,5 x 9 cm) de XXIV-387, (6)-464, (2)-434-(2) et (2)-456 pages.

Reliures de l'époque plein veau granité teinté en vert sur les plats, dos marron. Roulette dorée en encadrement des plats, dos lisses ornés, tranches citron.

Chaque volume contient le feuillet de faux-titre portant la mention "Oeuvres de Boulanger". Ces 4 volumes constituent les 4 premiers volumes des Œuvres publiées en 1791 par on ne sait quel libraire de Suisse ou de Hollande (?). 10 volumes en tout ont été publiés.



" [...] Il est désormais établi que D'Holbach a entièrement réécrit (avec la collaboration probable de Diderot) le manuscrit sans doute plus inoffensif laissé par Boulanger. À travers un travail d'érudition considérable, D'Holbach dresse le tableau de toutes les religions et croyances de tous les peuples. Cet examen critique, comme il s'intitule lui-même, met en évidence l'importance du Déluge, ses conséquences sociales, politiques, mythologiques et religieuses dans la constitution des sociétés d'avant « l'Histoire » et de leur vision du monde, ainsi que la crainte de la mort et de son au-delà comme moteur de l'apparition des religions, et le rôle de la superstition, de l'intolérance et du despotisme politique et religieux comme facteurs de leur perpétuation." (Présentation de la nouvelle édition Coda, extrait).



« Toutes les erreurs humaines, par une longue chaîne, remontent à cet âge primitif qui jusqu’ici était demeuré couvert de la nuit du temps. On ne saurait trop étudier cet âge puisque c’est lui qui renferme les principes et les causes de toutes les institutions et de toutes les opinions dont nous retrouvons des traces plus ou moins fortes, même dans les temps actuels. Nous y verrons la source féconde de presque toutes les idées politiques et religieuses, nous y trouverons l’origine de la grandeur des rois et de l’abaissement des peuples, nous y démêlerons la cause du pouvoir immense que le sacerdoce s’est acquis dans toutes les sociétés que cet ordre, toujours rival des dieux, a souvent ébranlées. Nous y verrons le principe de ces terreurs qui en différents siècles ont alarmé les esprits des hommes toujours préoccupés des idées de la destruction du monde. C’est de là que nous verrons sortir ce fanatisme destructeur, cet enthousiasme qui porte souvent les hommes aux plus grands excès contre eux-mêmes et contre leurs semblables, cet esprit de persécution et d’intolérance qui sous le nom de zèle fait que l’homme se croit en droit de tourmenter tous ceux qui n’adorent point avec lui le même monarque céleste, ou qui n’ont point de son essence et de son culte les mêmes idées que lui. » (L'Antiquité dévoilée).



BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 350 euros

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jeudi 18 mai 2017

Baron d'Holbach. Le Système Social ou Principes Naturels de la Morale et de la Politique (1773). Edition originale condamnée, saisie et mise à l'index. Bel exemplaire.


HOLBACH, Baron d' (Paul Henri Thiry)

SYSTÈME SOCIAL OU PRINCIPES NATURELS DE LA MORALE ET DE LA POLITIQUE. Avec un examen de l'influence du Gouvernement sur les Mœurs.

Londres [Amsterdam], s.n. [Marc-Michel Rey], 1773

3 volumes in-8 (20 x 12,5 cm) de VIII-219-(2), (4)-174-(2) et (4)-166-(2) pages.

Reliure de l'époque plein veau marbré, dos lisses ornés, pièces de titre et tomaison de maroquin, gardes de papier marbré, tranches rouges. Discrètes et habiles restaurations. Mouillure claire sans aucune gravité dans la marge inférieure des premiers feuillets du troisième tome. Petit manque de papier dans l'angle du feuillet de table à la fin du deuxième tome. Signature ex libris ancienne. Cachet de collection XIXe présent sur deux pages dans le texte. Reliures avec quelques marques ou légères taches sans importance. Ensemble frais et décoratif. Complet.

ÉDITION ORIGINALE.



Voici la liste des différents chapitres : Première partie : Origine des idées morales, des opinions, des vices et des vertus des hommes. De la raison, de la vérité et de son utilité. De la Morale Religieuse. De la Morale des Anciens. Des moralistes Modernes. Principes naturels de la morale. Des devoirs de l'homme ou de l'Obligation Morale. Examen des idées des Moralistes sur la vertu. Du Goût, du Bon, du Beau, de l'Ordre, de l'Harmonie en Morale. Des Vertus Morales. Du Mal Moral, ou des vices des hommes, de leurs crimes, de leurs Défauts, de leurs faiblesses. Origine de l'autorité, des rangs, des distinctions entre les hommes. De l'Estime, de la Conscience, de l'Honneur. Du bonheur. Des passions et de leur influence sur le bonheur de l'homme. Examen des idées des Anciens et des Modernes sur le bonheur de l'homme. De la Vie Sociale. De l'Etat de Nature. De la Vie Sauvage. Seconde partie : Principes Naturels de la Politique. De la Société. Du Pacte Social. Des Loix, de la Souveraineté. Du Gouvernement. Origine des Gouvernements. De leurs formes diverses. De leurs avantages et désavantages De leurs réformes. De la liberté. Du Gouvernement mixte. Des Représentants d'une Nation. De la Liberté de Penser. Influence de la Liberté sur les mœurs. Réflexions sur le Gouvernement Britannique. Des intérêts des Princes, ou de la Politique véritable. Des qualités et des vertus nécessaires au Souverain. Causes de l'abus du pouvoir ou de la corruption des Princes. De la fausse Politique. Du Despotisme. De la Tyrannie. De la Guerre. Du Machiavélisme ou de la Perfidie en Politique. Des effets physiques ou naturels du Despotisme. De la Corruption des Cours. Du Gouvernement Militaire. Troisième partie : De l'influence du Gouvernement sur les mœurs. Ou des Causes et des Remèdes de la Corruption. Des vraies sources du mal moral ou de la corruption des mœurs. Influence du Gouvernement sur les Ministres et les Grands d'un Etat. De la corruption des Loix. De la source des Crimes. Influence du Gouvernement sur le Caractère national et sur les talents de l'Esprit. Du Luxe. De la Richesse d'un Etat. Du Commerce. Du Crédit. Des vices de la Société. De l'Education. Des Femmes. De la Félicité domestique, ou du bonheur dans la vie privée. Remèdes des Calamités ou des Vices Moraux et Politiques. Apologie de la Vérité.



"Il suffirait presque, pour présenter Paul-Henry Thiry, baron d’Holbach (1723-1789) — « le maître d’hôtel de la philosophie », disait Grimm de rappeler que la plupart de ses livres furent condamnés en France par le Parlement et mis à l’index à Rome. Né dans le Palatinat, il vit à Paris, et reçoit chez lui tout ce qui pense alors. Qui est-il ? Wolmar, l’athée vertueux de Rousseau ; mais aussi, selon Voltaire, qui craint pour sa propre royauté intellectuelle, "un diable d’homme inspiré par Belzébuth" ; Frédéric II, prudent, défend contre lui «l’ordre du monde» ; mais Diderot lui sait gré de faire «pleuvoir des brûlots dans la maison du père«. Le baron dérange : il a rompu avec la première génération des Lumières par son athéisme intransigeant et son matérialisme systématique, et sa volonté, partagée par Diderot et la «coterie holbachique», d’une pensée radicalement nouvelle en philosophie, en morale et en politique. C‘est la Nature encore qui doit fonder les règles de la vie en société : non le concept abstrait d’une nature humaine, mais le mécanisme nécessaire des passions, et la balance qui meut les hommes du désir du bien-être à la crainte de la douleur. Le Système social définit une souveraineté qui, issue d’un pacte social et non d’un droit divin, soit l’expression de la volonté générale ; et une morale indépendante de toute religion (naturelle ou positive) produite par la législation : celle-ci, par une juste connaissance des motifs des hommes, doit induire chacun à vouloir aussi le bien d’autrui. L’utilitarisme moral et social rétablit la nature dans ses droits, contre la confédération des prêtres et des rois, lesquels exigent des hommes qu’ils désirent ce qu’il n’est pas dans leur nature de désirer. Le nouveau modèle éthico-politique proposé par d’Holbach a nourri les débats préalables à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ; sans doute eut-il une part non négligeable dans cette «révolution horrible» que redoutait Voltaire à la lecture d’un système préconisant le plus grand bonheur pour le plus grand nombre, et le droit des peuples à déposer les tyrans." (Catalogue des Auteurs, décembre 1995. (Christiane Frémont).



"Le Système social tout comme le Système de la nature fut d'abord attribué au gazetier Mustel par les contemporains. L'ouvrage fut saisi en juin, et mis à l'index de l'Eglise en août 1775. En 1822 il sera de nouveau interdit par la police et son édition ordonnée de destruction par un jugement du Tribunal correctionnel de Paris (Le Moniteur universel, 15 mars 1823, 26 mars 1825). L'ouvrage connaîtra en français deux rééditions en 1773 (Londres) et une troisième en 1774 (Londres), du vivant de d'Holbach; cette édition porte en sous-titre par l'auteur du Système de la nature. Une édition paraît encore en 1795 (Paris) sous la Révolution, enfin la dernière édition connue remonte à 1822 (Paris)." (Josiane Boulad-Ayoub).

Références : Josiane Boulad-Ayoub, Présentation de la réédition sur l'édition originale de 1773 ; Vercruysse A4 (Première édition, seconde émission).



BEL EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE FONDAMENTAL POUR L'HISTOIRE DES IDÉES AU XVIIIe SIÈCLE.

VENDU