mercredi 27 mai 2026

1944 | Corps et âmes par Maxence Van Der Meersch | Avec 95 eaux-fortes par Timar | Un des 156 exemplaires sur vélin de Lana | Bel exemplaire avec hommage autographe de l'auteur.


Van Der Meersch (Maxence) | Timar (illustrateur)

CORPS ET AMES. Illustré de gravures sur cuivre de Timar.

Paris, aux Editions Arc-en-ciel, Collection du Moulin de Pen-Mur, 1944

2 volumes in-folio (33 x 24 cm), en feuilles, sous couverture imprimée, étui et emboîtage de l'éditeur. 379 et 330 pages. Avec 95 eaux-fortes originales de Timar, dont 2 frontispices, 2 vignettes de titre, 16 hors-texte et 75 in-texte. Excellent état. Emboîtage légèrement insolés et frottés. Volumes en parfait état, sans rousseurs.

Tirage unique à 225 exemplaires seulement.

Celui-ci, un des 156 exemplaires sur vélin des papèteries de Lana.

Exemplaire portant un hommage autographe de l'auteur sur la faux-titre du premier volume.







Cet ouvrage a paru pour la première fois l'année précédente en 1943. Il s'agit ici de la première édition illustrée.

Corps et âmes connut un important succès auprès du public, mais provoqua également de vives polémiques dans les milieux médicaux dont il dressait le portrait. Cette représentation, jugée particulièrement sévère et sans indulgence, fut accueillie avec hostilité par une grande partie du corps médical. La presse spécialisée publia alors de nombreux articles critiques : certains demeuraient mesurés, tandis que d’autres prenaient la forme de véritables réquisitoires. Le soutien apporté par l’écrivain Maxence Van der Meersch aux théories du docteur Carton sur la tuberculose, notamment pulmonaire — maladie dont il souffrait lui-même — prit progressivement la dimension d’un engagement personnel et moral. Défendant les conceptions diététiques alors très contestées du docteur Carton, fondées sur l’idée d’une intoxication alimentaire liée à la suralimentation, l’écrivain en vint à développer une critique passionnée, parfois même passionnelle, de la médecine officielle. Convaincu de la justesse de ces théories, il refusa les traitements antibiotiques et mourut finalement de la tuberculose à l’âge de quarante-trois ans. Van der Meersch considérait d’ailleurs cette conviction comme une véritable mission : selon lui, son rôle d’écrivain tuberculeux était de révéler et de propager « corps et âme » ce qu’il tenait pour une vérité médicale.

Maxence Van der Meersch (1907-1951) est né à Roubaix, dans le Nord. Issu d’un milieu industriel et profondément marqué par les réalités sociales de sa région, il s’imposa dès les années 1930 par des romans puissants et engagés décrivant le monde ouvrier, la misère sociale, les conflits moraux et spirituels ainsi que les tensions familiales. Son œuvre, nourrie d’un réalisme sombre et d’une forte dimension humaine, connut un grand succès populaire. Il obtint le prix Goncourt en 1936 pour L’Empreinte du dieu.











Émeric Timar (Imre Tímár, Budapest 1898 – Paris 1949), illustrateur hongrois de l’École de Paris, élève et collaborateur de Jacques Villon, se spécialisa dans l’eau-forte en couleurs, la lithographie et le pochoir. Installé à Paris dès 1925, exposant régulier aux Salons d’Automne et des Indépendants, il laissa une œuvre bibliophilique restreinte mais marquante : Félicia ou Mes Fredaines de Nerciat (vers 1930, suite de planches), Les Amours du chevalier de Faublas (Guillot, 1932, 90 eaux-fortes), Voyages de Gulliver (À l’Emblème du Secrétaire, 1940, plus de 80 illustrations), Notre-Dame de Paris (même éditeur, 1942, 3 vol., compositions en couleurs par le procédé Duval et pochoirs de Jon & Liétard), Faust (Moulin de Pen-Mur, 1943, gravures sur cuivre), Maria Chapdelaine (Houblon, 1943, dessins et 8 hors-texte), Monsieur de Bougrelon (Arc-en-Ciel, 1944, pochoirs), Corps et Âmes (Arc-en-Ciel, 1944, 2 vol. in-folio, 95 eaux-fortes), Tropique du Cancer d’Henry Miller (Deux-Rives, 1947, 24 lithographies en couleurs) et Le Capitaine Pamphile de Dumas (Rouge et Or, 1948).

Bel exemplaire de cette belle édition illustrée avec talent par Timar.

Prix : 650 euros