jeudi 20 novembre 2025

Guide des plaisirs de Paris en 1899 | Paris la nuit, Paris le jour, Cabarets, Bals, Grands Restaurants, lieux incontournables de la capitale des plaisirs en tous genres ! Très bon exemplaire.


[COLLECTIF]

Guide des plaisirs de Paris. Paris le jour. Paris la nuit. Comment on s'amuse. Où l'on s'amuse. Ce qu'il faut voir. Ce qu'il faut faire. 140 illustrations obtenues par la photographie d'après nature. Un plan des plaisirs de Paris. Les Portraits des plus jolies femmes de Paris.

Edition Photographique, 142, Rue Montmartre, Paris (1899)

1 volume in-8 (19 x 11,5 cm) de XII-211-(15) pages. Nombreuses illustrations photographiques dans le texte.

Reliure strictement d'époque demi percaline rouge à coins, plats de papier chagriné rouge, titre doré au dos. Couverture illustrée conservée (les deux plats). Impression sur papier couché. Très bon état général. Premier plat partiellement insolé.















Intéressant guide des plaisirs de Paris à la belle époque. Des cabarets aux grands restaurants en passant par les théâtres et autres cafés-concerts, les bals, les dessous de Paris, le Boulevard Montmartre, les Halles, etc. Le tout se terminant par des "Petits Conseils", un lexique des principaux termes d'argot, et une liste des Célébrités Parisiennes. On a également à la fin une liste de "Renseignements nécessaires" (tarifs divers, les fêtes foraines, etc.). Quelques publicités pour des ouvrages de la littérature populaire frivole.

Note : le papier n'est pas jaune contrairement à ce que laisse croire les photos de cette annonce, il est bien blanc.

Bon exemplaire de ce guide peu commun en bonne condition d'époque.

Note : contrairement à ce que laisse croire nos photographies le papier est bien blanc et non jaune.

VENDU

lundi 17 novembre 2025

Femmes et Maîtresse par Ange Benigne (1883) | Un des 50 exemplaires sur papier de Hollande. Reliure de l'époque signée. Bel exemplaire. Rare.



Ange Benigne [Louise-Antoinette Alix de Bray, comtesse de Molènes]

Femmes et Maîtresses par Ange Benigne, illustrations de Kauffmann.

Paris, C. Marpon et E. Flammarion, s.d. (1883)

1 volume in-18 (18,8 x 13 cm) de (4)-322-(2) pages. Frontispice gravé à l'eau-forte et vignettes dans le texte.

Reliure strictement de l'époque demi chagrin havane à larges coins, tête dorée, non rogné, plats de couverture du brochage conservés (reliure signée COURMONT). Très bon état. Coins frottés légèrement usés. Intérieur frais, papier vergé teinté.

Edition originale.

Un des 50 exemplaires sur papier de Hollande.



Louise-Antoinette Alix de Bray, comtesse de Molènes, fut une plume discrète mais très présente dans la vie littéraire parisienne de la fin du XIXᵉ siècle. Épouse de Paul Gaschon de Molènes, elle écrivit sous plusieurs pseudonymes — Ange Bénigne, Satin et parfois Pascaline — qu’elle utilisait pour signer ses chroniques, contes et souvenirs publiés notamment dans La Vie parisienne et dans la presse mondaine. À travers ses textes, elle adopte un ton vif, élégant et souvent teinté d’ironie, et l’on sait qu’elle publia aussi des souvenirs sur Baudelaire dans Le Gaulois en 1886. Elle occupe une place intéressante dans la constellation des chroniqueuses parisiennes fin-de-siècle, dont l’œuvre s’est largement dispersée dans les périodiques plutôt que dans des volumes de librairie. Elle meurt en 1892 à l'âge de 62 ans.



« Ange Bénigne, une littéraire, qui en remontrerait, pour le sens et l’éducation, à toutes les scientifiques réunies, a publié, ces jours derniers, un nouveau volume de contes parisiens, où la même question est envisagée avec beaucoup d’humour. Pour n’avoir pas à y revenir, je me hâte de dire que le livre est pris dans le bon coin, et que son titre : Femmes et Maîtresses, est une étude extrêmement savante, bien que le pédantisme en soit totalement exclu. » (in La Liberté du 26 janvier 1884)














On trouve dans ce volume de courtes nouvelles ou plutôt historiettes, la plupart sous forme de dialogues, qui tournent autour des femmes et des maîtresses : La Poupée ; Lettres d'amour ; Toujours pure ! ; Mariages riches ; La Masseuse ; etc.

Références : Courmont était relieur à Paris, 14 rue des Canettes dans le dernier tiers du XIXe s. (Fléty, Dictionnaire des relieurs, p. 49)

Provenance : ex libris André Le Breton (étiquette ancienne).



Bel exemplaire de ce livre rare, d'autant plus sur grand papier de Hollande.

Prix : 350 euros

samedi 15 novembre 2025

Léon Bloy par Joseph Bollery (1947-1954) | Edition originale sur grand papier pour le premier volume. Exemplaire de dédicace offert à Madame Hélène Pellerin, libraire à La Rochelle | Avec une lettre autographe de Jehan Rictus à propos de Léon Bloy l'infréquentable : "Je me reprocherai toute ma vie de lui avoir fait connaître Léon Bloy. Ce dernier était certes un grand, un immense écrivain. Seulement c'était l'esprit le plus faux que j'aie jamais connu (selon moi). Dans sa boîte crânienne, le lobe ou le centre du langage s'était développé au détriment de tous les autres centres : au point de s'en être hypertrophié. Pour des esprits moins robustes que le sien, Bloy était d'une fréquentation très dangereuse. Il a eu sur Brou, selon moi, la plus désastreuse influence "Alors" que faire ? Je n'approuvais presque aucune des idées de Bloy. De sorte que je me taisais, observant un respectueux silence. Puis je finis par m'évader. Ce fut une délivrance ! Brou aurait du en faire autant. J. R."


Joseph BOLLERY [Léon BLOY] [Jehan RICTUS]

Léon Bloy. Origines, jeunesse et formation 1846-1882 (tome 1). Ses débuts littéraires du "Chat Noir" au "Mendiant Ingrat" 1882-1892 (tome 2). Sa Maturité, sa Mort, du "Mendiant Ingrat" à la "Porte des Humbles" 1892-1917 (tome 3 et dernier).

Editions Albin Michel, 1947-1949-1954

3 volumes in-8 (21,5 x 13,5 cm) brochés de 486-(8), 465-(6) et 437-(8) pages. Nombreux documents reproduits en photographie en noir et blancs (vues, autographes, photos).

Edition originale.





Seul le premier volume est du tirage de luxe sur grand papier, un des 38 exemplaires imprimés sur vélin de Renage (n°1). Il a été tiré en outre 8 ex. hors commerce.

Le deuxième volume est imprimé sur papier ordinaire (le tirage de luxe étant de 38 ex. sur vélin de Renage et 8 ex. hors commerce).

Le troisième et dernier volume est imprimé sur papier ordinaire (le tirage de luxe étant de 38 ex. sur vélin de Renage et 8 ex. hors commerce).










Ces trois volumes ont été offerts par l'auteur Joseph Bollery à Madame Hélène Pellerin. Le nom d'Hélène Pellerin a été découpé dans le premier volume uniquement. L'envoi est ainsi rédigé :

"[à Hélène Pellerin] cette téméraire tentative d'évocation d'un des plus grands poètes français, en toute sympathie, Joseph Bollery. La Rochelle, 3 novembre 1947, trentième anniversaire de la mort de Léon Bloy."

Les deux autres volumes publiés respectivement en 1949 et 1954 portent cet envoi : "à Hélène Pellerin, souvenir de son vieil ami Joseph Bollery" (tome 2) et "à Hélène Pellerin, affectueusement, Joseph Bollery" (tome 3).

Très bon état de l'ensemble.

Hélène Pellerin était libraire à La Rochelle (7 rue Dupaty) dans les années 1940 et 1950. 


ON JOINT :

Lettre autographe de Jehan Rictus adressée à Monsieur de Rougemont, 53 Rue Claude Bernard, Paris. Elle est datée du 14 décembre 1917 (soit un peu plus d'un mois après le décès de Léon Bloy) :

On peut y lire ce passage concernant Léon Bloy : 

"[...]  P.S. Brou étant toujours à la marie du XVIIIe durant la journée il m'est difficile de le voir. Ensuite je n'aime guère sortir avant d'avoir achevé quelque chose du point de vue littéraire. Je redoute toujours la terrible question : "Qu'est-ce que vous faites en ce moment ?" C'est déjà si ... de durer au milieur d'une telle bagarre ! Et puis Brou semble avoir renoncé à toute ambition artistique. Quand je le rencontre il m'explique un tas de choses merveilleuses que je sais pertinemment fausses. Alors je me tais, mais ça me fout le cafard. Je me reprocherai toute ma vie de lui avoir fait connaître Léon Bloy. Ce dernier était certes un grand, un immense écrivain. Seulement c'était l'esprit le plus faux que j'aie jamais connu (selon moi). Dans sa boîte crânienne, le lobe ou le centre du langage s'était développé au détriment de tous les autres centres : au point de s'en être hypertrophié. Pour des esprits moins robustes que le sien, Bloy était d'une fréquentation très dangereuse. Il a eu sur Brou, selon moi, la plus désastreuse influence "Alors" que faire ? Je n'approuvais presque aucune des idées de Bloy. De sorte que je me taisais, observant un respectueux silence. Puis je finis par m'évader. Ce fut une délivrance ! Brou aurait du en faire autant. J. R."


Bel ensemble.

Prix : 850 euros

mardi 11 novembre 2025

De Buonaparte et des Bourbons, et de la nécessité de se rallier à nos princes légitimes, pour le bonheur de la France et de celui de l'Europe. Par F. A. de Chateaubriand. Véritable édition originale imprimée chez les Frères Mame rue du Pot-de-Fer n°14. Très bon exemplaire resté broché sous sa couverture d'origine en papier rose.



CHATEAUBRIAND (François René de)

De Buonaparte et des Bourbons, et de la nécessité de se rallier à nos princes légitimes, pour le bonheur de la France et de celui de l'Europe. Par F. A. de Chateaubriand.

Paris, Mame Frères, imprimeurs-libraires, rue du Pot-de-Fer, n°14, et se trouve chez Le Normant, imprimeur, et H. Nicole, libraire, 1814

Brochure in-8 (21,3 x 13,5 cm) de (6)-87 pages (le verso de la dernière page est blanc). Couverture de l'époque plein papier rose (muette). Exemplaire tel que paru, non rogné. Imprimé sur bon papier vergé (le papier est encore bien blanc et non jaune comme le laisse penser nos photographies). Petites fentes au dos de la couverture, brochage lâche mais encore solide.

Véritable édition originale imprimée le 31 mars 1814 chez les Frères Mame.

Cette brochure, imprimée à la hâte chez les frères Mame, rue du Pot-de-Fer n°30, aurait été tirée à plus de 100 000 exemplaires dès les premiers jours de sa parution (entre le 31 mars et le 5 avril 1814). Sans doute ce chiffre est-il très exagéré. 10 000 exemplaires paraîtrait déjà un tirage important pour une brochure politique imprimée à l'époque. Peut-être les tout premiers exemplaires n’ont-ils circulé qu’à partir du 3 avril. Prudence ? hasard ? coïncidence ? Chateaubriand était trop fin stratège pour laisser tant de place au hasard.

Le contexte : Napoléon Ier signe son abdication inconditionnelle le 6 avril 1814, à la suite de la défaite de la campagne de France et de l’entrée des Alliés dans Paris. Le Sénat l’avait déjà déchu le 3 avril, et les maréchaux avaient pressé l’Empereur de céder pour éviter la guerre civile. Son idée première — transmettre la couronne à son fils, le roi de Rome — est rejetée : les puissances exigent une abdication pure et simple. Le traité de Fontainebleau du 11 avril lui laisse son titre impérial, la souveraineté de l’île d’Elbe et une rente annuelle de deux millions. Pas si mal, en somme, pour un exilé ! Mais Napoléon, acculé et désespéré, craignant d’être séparé de Marie-Louise et de son fils, décide dans la nuit du 12 au 13 avril de tirer sa révérence à sa manière : il avale une dose du fameux « poison de Condorcet », censé lui garantir une sortie digne et rapide. Mauvais choix de fournisseur : le poison s’avère d’une paresse exemplaire. L’Empereur, en pleine crise de vomissements, découvre qu’il a davantage hérité d’un laxatif d’époque que d’un poison foudroyant. Entre deux haut-le-cœur, il dicte ses dernières volontés à Caulaincourt et s’indigne : « Qu’on a de peine à mourir ! » La formule aurait de quoi faire sourire si elle n’émanait pas d’un homme qui avait expédié tant d’autres vers la mort sans tant de complications gastriques. Le docteur Yvan, sommé d’en fournir une seconde dose, refuse : il n’est pas un assassin — ce qui, venant d’un médecin de Napoléon, a quelque sel. Pris d’une crise de nerfs, il s’enfuit à cheval et on ne le revoit plus. Pendant ce temps, l’Empereur agonise, vomit, maugrée et refuse de signer le traité. Finalement, sa constitution de fer l’emporte : le poison capitule avant lui. Napoléon se relève, s’éponge (le front) et reprend ses activités. À Fontainebleau, même la mort savait attendre ses ordres.

Pendant ce temps, à Paris, Chateaubriand commence à sentir tout le succès de son brûlot politique De Buonaparte et des Bourbons. Ce texte incandescent dont on disait qu’il avait « fait plus de mal que cent mille hommes ». Certains l’attribuent à Napoléon lui-même, d’autres à Louis XVIII — peu importe : la formule dit tout. Le pamphlet renverse l’Empereur par la seule force des mots : « Le poids des mots ! Il n’y avait pas encore le choc des photos ! »
















Chateaubriand y écrit : « On a vanté l’administration de Buonaparte : si l’administration consiste dans des chiffres… certes Buonaparte était un grand administrateur ; il est impossible de mieux organiser le mal, de mettre plus d’ordre dans le désordre. Mais si la meilleure administration est celle qui laisse un peuple en paix, qui nourrit en lui des sentiments de justice et de pitié, qui est avare du sang des hommes… alors le gouvernement de Buonaparte était le pire des gouvernements. »

Le succès est tel qu'une seconde édition paraît dans la première quinzaine d’avril, une troisième suit peu après, puis les réimpressions provinciales se multiplient — Dijon, Lyon, Marseille, Bordeaux — jusqu’aux éditions étrangères, de Bruxelles à Londres, dans les jours et les semaines qui suivent. Chateaubriand triomphe.

Napoléon part sur son île. La suite, on la connaît : le 1ᵉʳ mars 1815, Napoléon revient pour cent jours… et puis ... Sainte-Hélène ! ...

Dans ce pamphlet d’une étonnante vigueur oratoire, Chateaubriand construit un triptyque rhétorique limpide. D’abord, il s’attaque violemment à Napoléon, qu’il dépeint comme un tyran usurpateur, idolâtre de la gloire et destructeur des libertés. L’homme des victoires militaires devient, sous sa plume, le fossoyeur de la France et de l’Europe, l’artisan d’un despotisme aussi stérile que sanglant. Ensuite, l’écrivain oppose à ce tableau sombre la figure lumineuse des Bourbons, symboles de paix, de légitimité et de continuité historique. La monarchie, fondée sur le droit héréditaire et sur la religion, incarne selon lui la seule force capable de ramener la stabilité, la morale et l’unité nationale après vingt-cinq ans de bouleversements. Enfin, Chateaubriand en appelle à la réconciliation des Français : royalistes, bonapartistes lassés et anciens révolutionnaires doivent se rallier au roi, non par nostalgie mais par raison. La monarchie qu’il invoque n’est pas celle de l’absolutisme d’Ancien Régime, mais une monarchie constitutionnelle, ouverte aux libertés modernes, capable de concilier ordre et progrès. Le style du pamphlet participe pleinement de son efficacité. Chateaubriand y déploie une prose lyrique, ample, cadencée, où l’invective politique se mêle au souffle prophétique et à la ferveur morale. Ce n’est plus seulement une argumentation : c’est un acte de foi littéraire et politique. Derrière la véhémence du royaliste se profile le penseur libéral, soucieux de préserver les acquis essentiels de la Révolution tout en restaurant le principe monarchique. Ainsi, De Buonaparte et des Bourbons ne se réduit pas à une diatribe circonstancielle : il marque la naissance d’un romantisme politique où la parole de l’écrivain prétend guider l’histoire. En un moment où tout vacille, Chateaubriand transforme sa plume en instrument de pouvoir. Ce texte, à la fois brûlot et manifeste, scelle l’alliance entre la littérature et la politique dans la France moderne, et ouvre la voie à la carrière publique de son auteur, bientôt pair de France et ministre sous la Restauration.

Emouvant exemplaire de la véritable édition originale en condition d'époque.

Prix : 950 euros