mardi 28 janvier 2025

[Edmond MONNOYER, imprimeur au Mans] [MOUCHON, illustrateur] LIVRES D'HEURES | MISSEL selon le rite romain à l'usage des fidèles. Paris, Fonteney libraire [et relieur] et au Mans, chez Edmond Monnoyer, imprimeur-éditeur, 1890. Avec une très belle plaque en métal argenté ciselé couvrant tout le premier plat. Superbe exemplaire.



[Edmond MONNOYER, imprimeur au Mans] [MOUCHON, illustrateur]

LIVRES D'HEURES | MISSEL selon le rite romain à l'usage des fidèles.

Paris, Fonteney libraire [et relieur] et au Mans, chez Edmond Monnoyer, imprimeur-éditeur, 1890 [achevé d'imprimer le lundi 30 juin 1890 par Edmond Monnoyer au Mans, place des Jacobins, près la cathédrale Saint-Julien].

1 volume in-12 (157 x 125 mm) de VIII-735-(1) pages. Chromolithographie en frontispice. Toutes les pages sont encadrées de divers bordures ornées tirées des anciens livres d'heures. Avec quelques gravures hors-texte reproduites d'après les anciens livres d'heures interprétées par Mouchon.

Reliure plein maroquin gris-bleu, dos à nerfs, premier plat orné d'une très belle plaque découpée et finement ciselée en métal argentée montrant l'assomption de la Vierge ou plus exactement son couronnement au ciel (Reine du ciel et de la Terre après son Assomption). Parfait état.



Très beau missel et livre d'heures décoré à l'imitation des livres d'heures du XVe siècle. Il contient l'ensemble des textes liturgiques utiles et nécessaires au parfait fidèle. 

Les pages de Souvenirs prévues au début du volume sont restées vierges. Ces pages blanches étaient destinées à recevoir les dates des époques solennelle de la vie : celles du Baptême, de la Première Communion, de la Confirmation et du Mariage.














Ce joli livre d'heures a été vendu par le libraire A. Dragon à Aix-en-Provence (avec son étiquette imprimée).

La reliure est signée de Fonteney qui était à la fois libraire et relieur d'art à Paris.

Les impressions des textes liturgiques par Edmond Monnoyer au Mans étaient réputées pour leur très grande qualité.



Parfait exemplaire, très séduisant avec sa jolie plaque ciselée couvrant tout le premier plat.

VENDU

lundi 27 janvier 2025

[STEAD] Les scandales de Londres dévoilés par la Pall Mall Gazette. Traduction littérale des articles de ce Journal. Paris, E. Dentu, 1885 [de l'imprimerie de J. Cusset à Paris]. Première édition française. Prostitution infantile et trafic d'enfants à Londres.


[STEAD]

Les scandales de Londres dévoilés par la Pall Mall Gazette. Traduction littérale des articles de ce Journal.

Paris, E. Dentu, 1885 [de l'imprimerie de J. Cusset à Paris]

1 volume in-18 (18,7 x 12,3 cm) broché de (4)-XI-314 pages. Très bon état. Couvertures jaunes imprimées en bon état (dans notre exemplaire le 1 de 1885 n'a pas été imprimé). Légères marques et salissures, dos passé incurvé. Intérieur très frais sans rousseurs et imprimé sur bon papier.

Première édition française.















Ce recueil est directement lié à une célèbre campagne journalistique menée par William Thomas Stead, rédacteur en chef de la Pall Mall Gazette. En 1885, Stead publie une série d'articles intitulée "The Maiden Tribute of Modern Babylon". Cette enquête, choquante pour l'époque, portait sur l'exploitation sexuelle des jeunes filles dans Londres et visait à dénoncer la traite des mineures et les abus dans les classes ouvrières. William Thomas Stead était un pionnier du journalisme d'investigation. Pour rendre son enquête plus percutante, il employa des méthodes controversées, allant jusqu'à organiser l'achat simulé d'une jeune fille pour démontrer à quel point il était facile de participer à ce trafic. Ces articles ont suscité un énorme scandale en Angleterre, provoquant un débat national et conduisant à l'adoption du Criminal Law Amendment Act en 1885. Cette loi a relevé l'âge de consentement de 13 à 16 ans et renforcé la législation contre la prostitution forcée. La traduction française des "Scandales de Londres" a permis au public francophone de découvrir ces révélations qui mettaient en lumière la face cachée de l'Angleterre victorienne. Le livre s'inscrivait dans une époque où les questions sociales, les inégalités et la moralité faisaient débat en Europe.

Voici quelques titres d'articles de cette édition en français : "Liberté du vice, répression du crime" - "Viol de vierges" - "Les confessions d'un patron de lupanar" - "Le marché aux esclaves à Londres" - Comment on achète et perd les jeunes filles" - "Achat de jeunes filles dans l'Est-and" - "Une jeune fille s'échappa après avoir été vendue" - "Une enfant de treize ans vendue pour 5 livres" - etc.

Bon exemplaire de cet intéressant livre documentaire.

VENDU

samedi 25 janvier 2025

CONDILLAC (Etienne Bonnot de) | Traité des Animaux, où après avoir fait des observations critiques sur le sentiment de Descartes et sur celui de M. de Buffon, on entreprend d'expliquer leurs principales facultés. Par M. l'abbé de Condillac, de l'Académie royale de Berlin. On joint à cet ouvrage un Extrait raisonné du Traité des Sensations. A Amsterdam, et se vend à Paris, chez De Bure l'aîné et chez Antoine Jombert, imprimeur-libraire, 1755. 1 volume petit in-8. Reliure plein veau de l'époque. Bel exemplaire.


CONDILLAC (Etienne Bonnot de)

Traité des Animaux, où après avoir fait des observations critiques sur le sentiment de Descartes et sur celui de M. de Buffon, on entreprend d'expliquer leurs principales facultés. Par M. l'abbé de Condillac, de l'Académie royale de Berlin. On joint à cet ouvrage un Extrait raisonné du Traité des Sensations.

A Amsterdam, et se vend à Paris, chez De Bure l'aîné et chez Antoine Jombert, imprimeur-libraire, 1755

1 volume petit in-8 (17,4 x 10,5 cm) de VII-232 pages.

Reliure strictement de l'époque plein veau brun granité, dos lisse, filets dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées de rouge, doublures et gardes de papier marbré. Bel état de fraîcheur de la reliure et de l'intérieur. Minime manque à l'extrémité de la coiffe supérieure.


Edition originale.

Le Traité des Animaux occupe les 184 premières pages et l'Extrait du Traité des Sensations occupe les pages 185 à 232 (fin).

Dans son Traité des animaux (1755), Étienne Bonnot de Condillac explore les facultés cognitives et sensibles des animaux, en les comparant à celles des humains, dans une perspective empiriste inspirée de Locke. Il soutient que, comme les humains, les animaux perçoivent le monde à travers leurs sens et manifestent une sensibilité réelle, mais leurs comportements restent majoritairement instinctifs et dépourvus de réflexion abstraite. Cette incapacité à généraliser des idées ou à développer un langage les distingue fondamentalement des hommes, dont les capacités cognitives sont amplifiées par la culture et la pensée réflexive. Condillac critique également le cartésianisme, rejetant l'idée des animaux-machines et leur reconnaissant des capacités d'apprentissage et de mémoire, bien que limitées. Toutefois, son anthropocentrisme reflète les limites de son époque, sous-estimant certaines aptitudes animales aujourd’hui démontrées. Cette œuvre illustre ainsi une étape majeure dans l'évolution des débats philosophiques sur la sensibilité animale et la place de l’homme dans la nature.








Étienne Bonnot de Condillac (1714-1780), philosophe français majeur des Lumières est connu pour son empirisme et sa réflexion sur la nature de l'esprit humain. Influencé par Locke, il développe l'idée que toutes les facultés humaines (mémoire, imagination, jugement) dérivent des sensations, une thèse qu'il expose dans son œuvre centrale, Traité des sensations (1754). Il y illustre comment une simple statue dotée de sens pourrait acquérir progressivement des idées et des connaissances. Parmi ses autres écrits, le Traité des animaux (1755) analyse les différences entre l'homme et l'animal, affirmant que les animaux possèdent une sensibilité mais manquent de conscience réflexive. Défenseur d'une pédagogie fondée sur l'expérience, Condillac laisse une empreinte durable sur la philosophie et la pédagogie en mettant l'accent sur l'importance des sensations et de l'apprentissage par l'expérience. Gabriel Bonnot de Mably (1709-1785), philosophe, était son frère.

"Le sentiment de Descartes sur les bêtes commence à être si vieux, qu’on peut présumer qu’il ne lui reste guère de partisans : car les opinions philosophiques suivent le sort des choses de mode ; la nouveauté leur donne la vogue, le temps les plonge dans l’oubli ; on diroit que leur ancienneté est la mesure du degré de crédibilité qu’on leur donne. [...] J’avoue que je me vois d’abord arrêté : car je ne puis comprendre ce qu’il [M. de Buffon] entend par la faculté de sentir qu’il acorde aux bêtes, lui qui prétend, comme Descartes, expliquer mécaniquement toutes leurs actions. Sentir signifie proprement ce que nous éprouvons, lorsque nos organes sont remués par l’action des objets ; et cette impression est antérieure à l’action de comparer. Si dans ce moment j’étois borné à une sensation, je ne comparerois pas, et cependant je sentirois. Ce sentiment ne sauroit être analisé : il se connoît uniquement par la conscience de ce qui se passe en nous. Par conséquent ou ces propositions, les bêtes sentent et l’homme sent, doivent s’entendre de la même maniere, ou sentir, lorsqu’il est dit des bêtes, est un mot auquel on n’attache point d’idée. Mais M. de B. croit que les bêtes n’ont pas des sensations semblables aux nôtres, parce que selon lui, ce sont des êtres purement matériels. Il leur refuse encore le sentiment pris pour l’action d’apercevoir et de comparer. Quand donc il supose qu’elles sentent, veut-il seulement dire qu’elles se meuvent à l’ocasion d’un choc ou d’une résistance ? l’analise du mot sentir, sembleroit le faire croire. Dans le sistême de Descartes on leur acorderoit cette espece de sentiment, et on croirait ne leur acorder que la faculté d’être mues. Cependant il faut bien que M. de B. ne confonde pas se mouvoir avec sentir. Il reconnoit que les sensations des bêtes sont agréables ou désagréables. Or, avoir du plaisir et de la douleur, est sans doute autre chose que se mouvoir à l’ocasion d’un choc. [...]" (extrait)








"In the Traité des Animaux (1755), directed in part against Buffon, CONDILLAC distinguished between the sensitivity of animals and the intellect of men largely on grounds of the superiority of the information conveyed by the human sense of touch". (Dictionary of Scientific Biography, III pp. 380-383)

Bel exemplaire grand de marge et en jolie reliure de l'époque de cet ouvrage important pour l'histoire des idées au XVIIIe siècle.

Prix : 800 euros

vendredi 24 janvier 2025

Les Facéties de Pogge Florentin, traduites en français, avec le texte en regard. Première édition complète. Paris, Isidore Liseux, éditeur [C. Motteroz imprimeur], 1878 | 2 volumes in-12. Bel exemplaire relié plein maroquin rouge par Marius Michel.



POGGE [Gian Francesco Poggio Bracciolini ou Poggio Bracciolini, dit en français Le Pogge ou Le Pogge Florentin] | MARIUS MICHEL (relieur)

Les Facéties de Pogge Florentin, traduites en français, avec le texte en regard. Première édition complète.

Paris, Isidore Liseux, éditeur [C. Motteroz imprimeur], 1878

2 volumes in-12 (152 x 100 mm) de LV-(1)-267-(1) et (4)-338-(2) pages.

Reliure strictement de l'époque plein maroquin rouge vermillon janséniste, dos à nerfs, double-filet doré sur les coupes, encadrement intérieur de maroquin souligné de 4 filets fins dorés concentriques, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées sur marbrure (nombreux témoins en marge inférieure) (reliure signée MARIUS MICHEL). Parfait exemplaire.



Première édition de cette traduction d'Isidore Liseux lui-même.

Edition bilingue avec le texte original en latin et la traduction française en regard.

Tirage à 750 exemplaires sur papier vergé de Hollande numérotés à l'encre à la plume.

Les Facéties du Pogge, écrites par Poggio Bracciolini (1380-1459) au XVe siècle (écrites entre 1438 et 1452), constituent un recueil de 273 anecdotes et plaisanteries souvent grivoises, satiriques et irrévérencieuses. Ces récits, rédigés en latin, reflètent l'esprit humaniste et critique de leur époque, tournant en dérision les travers de la société, le clergé corrompu et les mœurs médiévales. L'édition d'Isidore Liseux de 1878, un érudit et éditeur spécialisé dans les textes rares et polémiques, propose une traduction française élégante et annotée, tout en conservant l’esprit mordant de l’original.







On peut y lire les historiettes aux titres évocateurs, telles : D'un imbécile qui croyait que sa femme avait duos cunnos ; D'une veuve qui se livra par luxure à un pauvre ; D'une femme qui trompa son mari ; D'une femme folle ; D'une jeune femme qui accusa son mari d'être petitement monté ; D'un prédicateur qui aimait mieux avoir à faire à dix pucelles qu'à une femme mariée ; De Guglielmo qui avait un bel appareil priapique ; D'un avare qui but de l'urine ; etc.

L'éditeur Isidore Liseux (1835-1894) a placé en tête du premier volume un Avertissemnt, une Vie de Pogge et un Mémoire sur les ouvrages de Pogge (notice bibliographique). Cet éditeur audacieux fut connu et reconnu pour ses éditions de textes érotiques classiques. Liseux ne donna pourtant jamais dans les ouvrages pornographiques et son image d'éditeur sulfureux le poursuivit jusque bien après sa mort puisqu'on pilla son nom pour le mettre au bas d'éditions moins recommandables. Il mourut ruiné le 11 janvier 1894 à l'âge de 59 ans. Lire à son sujet l'excellent ouvrage de Paule Adamy, Isidore Liseux. 1835-1894. Un grand "petit éditeur". Histoire et bibliographie (Bassac: Plein Chant, coll. "Petite Librairie du XIXe siècle", 2009).






Le présent exemplaire a été finement relié à l'époque par Marius Michel fils (1846-1925) qui s'était installé à son compte en 1876. Il s'agit donc ici d'une reliure "classique" non innovante comme il en produira en nombre peu de temps après. En 1878, époque de la reliure de notre exemplaire, Marius Michel père, doreur hautement réputé, travaillait encore en association avec son fils ; on lui doit très certainement la dorure de ces deux petits volumes.

Superbe exemplaire de cette édition ici luxueusement reliée par Marius Michel fils au début de sa carrière.

Rare dans cette condition.

VENDU