vendredi 19 janvier 2024

WAGNER, Richard | RACKHAM, Arthur L'ANNEAU DU NIBELUNG | Tetralogie par Richard Wagner. L'Or du Rhin | La Walkyrie | Siegfried | Le Crépuscule des Dieux. Paris, Hachette et Cie (imprimerie Ballantyne and Company Ltd, Londres), 1910-1911. Un des 40 exemplaires sur Japon de "Siegfried et Le Crépuscule des Dieux". Un des 300 exemplaires sur vélin à la forme de "L'Or du Rhin et la Valkyrie". Très bel exemplaires en cartonnage éditeur plein vélin décoré.


WAGNER, Richard | RACKHAM, Arthur

L'ANNEAU DU NIBELUNG | Tetralogie par Richard Wagner. L'Or du Rhin | La Walkyrie | Siegfried | Le Crépuscule des Dieux.

Premier volume : L'Or du Rhin et la Valkyrie, par Richard Wagner, avec illustrations par Arthur Rackham. Traduits en prose rythmée par Alfred Ernst.

Paris, Hachette et Cie (imprimerie Ballantyne and Company Ltd, Londres), sans date (1910)

X-158-(2) pages et 34 compositions en couleurs contrecollées sur papier marron. 4 hors-textes contrecollés présentes de petites traces de pli (sans gravité). Quelques feuillets avec légère décharge (acidité du papier marron sur lequel sont montés les hors-texte). Beau papier vélin de cuve.

Tirage numéroté à  330 exemplaires dont 30 exemplaires sur Japon signés par l'artiste et 300 exemplaires sur papier vélin à la forme. Celui-ci, un des 300 exemplaires sur papier vélin à la forme et numéroté au composteur (n°245).

Reliure éditeur plein vélin décoré doré. Reliure très fraîche. Rubans absents.

Deuxième volume : Siegfried et Le Crépuscule des Dieux, par Richard Wagner, avec illustrations par Arthur Rackham. Traduits en prose rythmée par Alfred Ernst.

Paris, Hachette et Cie (imprimerie Ballantyne and Co Limited, Londres), sans date (1911)

(8)-185-(2) pages et 30 compositions en couleurs contrecollées sur papier marron. Parfait état intérieur.

Tirage numéroté à  390 exemplaires dont 40 exemplaires sur Japon signés par l'artiste et 350 exemplaires sur papier vélin à la forme. Celui-ci, un des 40 exemplaires sur Japon signés et numéroté (n°24) à la plume par Arthur Rackham.


Reliure éditeur plein vélin décoré doré. Reliure très fraîche. Rubans absents.


Ensemble complet en deux volumes.

Superbe reliures éditeurs très bien conservées (lacets absents) dont le deuxième volume est du très rare tirage à 40 exemplaires sur Japon, signé par Arthur Rackham.

Ornements au trait imprimés en noir dans le texte par Arthur Rackham.

Bien complet des 64 compositions en couleurs contrecollées par Arthur Rackam. Chaque hors-texte est protégé par un papier calque imprimé.





Première édition française. Edition de luxe.

Publié pour la première fois en anglais sous le titre : The Ring of the Niblung. A Trilogy with a Prelude by Richard Wagner. Translated into English by Margaret Armour. (Set of two volumes) William Heinemann & Co., London, 1910. "Siegfried & the Twilight of the Gods" and "The Rhinegold & The Valkyrie", First Limited Signed Editions, illustrated by Arthur Rackham.

Chaque volume de l'édition anglaise était imprimé à 1.150 exemplaires (tirage bien supérieur à l'édition française dont le tirage n'est que de 330 et 390 exemplaires). Les éditions anglaises et françaises ont à priori été imprimées en même temps ou avec très peu de décalage entre 1910 et 1911.











La tétralogie de Richard Wagner, également connue sous le nom de "L'Anneau du Nibelung", est une série de quatre opéras composés entre 1853 et 1874. Le premier opéra de la tétralogie est "L'Or du Rhin" ("Das Rheingold" en allemand). "L'Or du Rhin" s'ouvre avec les nymphes aquatiques gardiennes de l'or du fleuve Rhin. L'or est protégé par un sort magique, mais le nain Alberich parvient à le voler en renonçant à l'amour. Alberich forge ensuite un anneau magique avec l'or, ce qui lui confère un pouvoir immense. Les dieux, Wotan et Fricka, cherchent à construire une forteresse, le Walhalla, mais ils ont besoin de l'aide des géants Fafner et Fasolt. Wotan paie les géants avec le trésor d'Alberich, mais le nain maudit l'anneau qu'il a forgé. Alberich prédit que l'anneau causera la ruine de ceux qui le possèdent. Finalement, Fafner tue Fasolt pour obtenir la totalité du trésor, et les dieux s'installent dans le Walhalla. "La Walkyrie" commence par l'histoire de Siegmund, un homme en fuite, qui trouve refuge dans la maison du guerrier Hunding. Il découvre que Hunding est son ennemi et que sa sœur jumelle, Sieglinde, est mariée de force à Hunding. Siegmund et Sieglinde tombent amoureux l'un de l'autre, réalisant qu'ils sont frère et sœur. "La Walkyrie" soulève des thèmes complexes de loyauté, de destin, et de conflit familial. "Siegfried" commence avec Mime, un forgeron nain, élevant Siegfried, le fils de Siegmund et Sieglinde, dans le but de le manipuler pour obtenir l'Anneau magique. Siegfried, ignorant son héritage, forge une nouvelle épée à partir des morceaux de l'épée de son père, et part à l'aventure. "Siegfried" explore les thèmes de la jeunesse, de l'héroïsme, de l'amour et de la trahison. "Le Crépuscule des dieux" reprend l'histoire là où "Siegfried" s'est arrêté. Brünnhilde est désespérée après la mort de Siegfried et souhaite mettre fin à l'anneau maudit. Elle confie l'Anneau à un Rhin, qui reprend sa place dans le fleuve.​ Ainsi se termine la tétralogie de Wagner avec la chute des dieux et la rédemption par le sacrifice. "Le Crépuscule des dieux" aborde des thèmes tels que la fin d'une ère, la rédemption, et les conséquences du pouvoir et de la cupidité.

Arthur Rackham (1867-1939) est l'un des illustrateurs parmi les plus marquants de la période 1900-1920. Il est mondialement reconnu pour ses illustrations pour les livres d'enfants (Peter Pan, Alice au pays des merveilles, Contes de Grimm, etc.) mais également pour ses illustrations féériques et fantastiques pour des textes de la littérature classique pour adultes tels que L'Anneau du Nibelung (l'Or du Rhin et La Valkirie de Richard Wagner ou encore le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare ou Ondine).






















Superbe exemplaire du rarissime tirage de luxe sur Japon dans sa reliure éditeur en vélin doré (volume 2) signé par l'artiste.

L'une des plus belles illustrations "mythologiques" et "fantastiques" dues au talent d'Arthur Rackham sur un texte puissant de Richard Wagner.

Prix : 8.000 euros

jeudi 18 janvier 2024

Monrose ou suite de Félicia [Monrose ou le Libertin par fatalité], par le même Auteur [Andréa de Nerciat]. A Paris, an cinq (1797). 4 parties en 2 volumes in-18 avec 4 frontispices gravés. Bel exemplaire en condition d'époque de ce roman libertin rare en éditon du XVIIIe siècle.


ANDREA DE NERCIAT, André Robert

Monrose ou suite de Félicia [Monrose ou le Libertin par fatalité], par le même Auteur [Andréa de Nerciat]

A Paris, an cinq (1797)

4 parties reliées en 2 volumes in-18 (13,5 x 8,3 cm) de (2)-179-(3), (2)-202-(2), (2)-190-(2) et (2)-194-(2) pages et 4 frontispices gravés non compris dans la pagination. Collationné complet.

Reliure strictement de l'époque pleine basane fauve marbrée, dos lisses ornées d'un fer "gerbe de blé", pièces de titres et tomaisons de maroquin rouge, doublures et gardes de papier à la colle bleu, roulette dorée sur les coupes. Légères usures aux coins et à l'extrémité de la coiffe inférieure du premier volume, petites marques et épidermures. Les reliures restent fraîches et très décoratives.


Nouvelle édition.

On ne connait pas le lieu d'impression de cette édition (peut-être en Belgique ? Liège comme l'édition Desoer de 1792 ?)

Monrose, ou le Libertin par fatalité, suite de Félicia a paru pour la première fois en 1792. Selon Gay-Lemonnyer, elle aurait été publiée à Paris par Cazin ; selon Kearney, à Liège par Desoer. Elle est très rare. Elle n'est pas illustrée. Il faudra attendre les nouvelles éditions de 1795 ou 1797 pour voir apparaître une suite de 20 gravures libres jointe à certains exemplaires des éditions anciennes. Notre exemplaire ne contient pas cette suite libre mais contient bien les quatre frontispices requis.

Cette impression de 1797 est réputée pour avoir été fort négligée (fautes typographiques, papier médiocre), elles imprimée en très petits caractères.











Ce roman est généralement attribué à Nerciat, auteur de Félicia paru en 1775. On lit que Wolff dans son Histoire du Roman, en allemand, remarque quelque différence avec Félicia dans le style et dans la composition, et doute de l'exactitude de l'attribution de Monrose à Nerciat. On lit ailleurs que Wolff doute sans raisons suffisantes. Ce livre se rencontre ordinairement sans les gravures libres qui n'ont été ajoutées qu'à un petit nombre d'exemplaires.

Quoi qu'il en soit, le texte des éditions de 1792, 1795 et 1797 fait de nombreuses fois référence en notes de bas de page au texte de Félicia en reportant le lecteur à divers passages de cette histoire.

Andréa de Nerciat, André-Robert (Dijon 1739 - Naples 1800 ou 1801 ?), ex-capitaine des gendarmes du Roi à Versailles, est le plus grand romancier érotique de toute l’Europe, sachant exprimer le pire libertinage sans être vulgaire… "En 1789 parurent ses Contes saugrenus, en 1792 Mon noviciat et Monrose dont il ne faut pas douter malgré Wolff que ce soit un ouvrage de Nerciat. Il semble que pendant la Révolution, Nerciat joua un rôle assez louche, demeurant comme agent secret aux gages de la République qu'il détestait et trahissait peut-être. Quoi qu'il en soit, il se préoccupait toujours de ses livres. Il laissa paraître en 1793 les Aphrodites et vendit le manuscrit du Diable au corps qui ne devait paraître qu'en 1803, à Mézières, après la mort de l'auteur. Cependant, le métier d'écrivain ne remplissait pas tous ses loisirs, et tandis que ses fils étaient boursiers de l'Egalité, le citoyen Nerciat exerçait la profession équivoque de policier."








On trouve une analyse de ce roman libertin dans Les Galanteries du XVIIIe siècle par Charles Monselet publiées en 1862, p. 155 et suiv. : "De nouveaux personnages ajoutés à ceux que nous connaissons (dans Félicia) recommencent une série d'orgies, pourvue du même genre d'attrait que la première. L'abbé de Saint-Lubin, la baronne de Liesseval, Mimi, madame de Flakbach, Armande, Floricourt, Senneville, placés pour ainsi dire sous le commandement de Félicia et de Monrose, vont passer la saison d'été dans une délicieuse terre située à quelques lieues de Paris ; ils n'y couronnent point de rosières, comme on le pense bien ; ils se contentent de jouer la comédie, Les Fausses Infidélités, par exemple, et de chasser tout le jour dans les bois, souvent même le soir. De temps à autre, comme dans Félicia, le drame intervient brusquement et se prolonge quelquefois dans une proportion fatigante ; l'auteur s'en aperçoit, mais seulement vers la fin du quatrième volume : « Je conviens avec vous, dit-il, cher lecteur, que la marche de toutes ces aventures n'est pas ordinaire. Ce mélange singulier de vertu, de faiblesse, de sentiment, de caprice, ces brusques transitions de la tristesse au plaisir, du plaisir au remords, du courroux à l'attendrissement, tout cela est de nature à vous ballotter peut-être désagréablement, si vous avez l'habitude et le goût de ces scènes uniformes où chaque acteur conserve son premier masque d'un bout à l'autre de son rôle. La plupart de mes personnages sont à moitié purs et à moitié atteints d'une corruption dont il est bien difficile de se garantir au sein des capitales, quand on y apporte des passions et d'assez grands moyens de les satisfaire. De là, tant de disparates. L'histoire de mes acteurs est celle des trois quarts des mondains de tous les pays de l'Europe. Il faut remarquer dans Monrose un individu italien qui pourrait bien avoir servi de modèle à Balzac pour son ou sa Zambinella, dans le petit roman de Sarrazine."

La lecture de ce roman libertin est des plus agréables et son écriture typique du style très châtié et allusif propre aux auteurs les plus délicats de cette seconde moitié du XVIIIe siècle, dont Nerciat est sans aucun doute le plus habile représentant.

"Pour moi, quelle délicieuse surprise la première fois que je lui permis l’exercice de son ancien privilége ! Pardon, cher d’Aiglemont, si vos brillants services, dont je conservais un reconnaissant souvenir, perdirent tout à coup à mes yeux les trois quarts de leur lustre, comme la plus brillante étoile pâlit au lever du soleil. Six ans d’une abstinence totale, qui ne peut guères être expliquée que par le concours des circonstances stériles pour la volupté dans lesquelles Monrose venait de vivre, l’avaient tellement conservé, mûri, trempé (l’expression n’est point hyperbolique), que je ne concevais pas, moi si familiarisée avec les perfections de l’espèce virile, comment aux traits enchanteurs, aux formes délicates d’Apollon, pouvait s’être adapté, comme exprès pour compléter un chef-d’œuvre, le plus désirable attribut de l’amant d’Omphale, ou plutôt celui qui caractérise le dieu de Lampsaque, cet épouvantail, en un mot, dont tous les monuments antiques nous affirment que notre sexe, si frêle, affrontait volontiers la brutalité, faisant grâce d’ailleurs à la laideur du dieu, pareillement consacrée. Qu’on juge de ce que devait être Monrose, quand mille beautés n’étaient, chez lui, démenties que par une monstruosité de ce mérite. [...] « Elle vient enfin à moi, brûlante et légèrement colorée, de la tête aux pieds, du vif incarnat de la lubricité touchant au moment du plaisir. « Monrose, dit-elle, je n’ai pas voulu te vendre chat en poche. Je me connais et sais trop bien que d’après mon pauvre visage, un peu disgracié, l’on pourrait supposer que le reste n’est pas plus digne de l’attention de ton sexe ; mais, vois, touche, mon amour… » Je voyais, touchais et baisais même avec un appétit inexprimable. Au plus léger mouvement qui l’assure que je vais répondre de toute mon âme à l’ardeur de son désir, elle s’élance sur le lit avec la vivacité de la plus agile danseuse de l’Opéra, m’étreint, m’enlace, frémit d’une tendre fureur et me fait partager les sublimes délices d’un moment qu’avait si bien préparé pour tous deux la magie combinée de l’illusion, du vin et de l’amour. »" (extrait)

Références : Pia, Enfer, col. 950 "édition très rare" ; Gay-Lemonnyer, III, col. 268 ; Cohen-de Ricci, col. 749.

Bel exemplaire de cet ouvrage libertin rare en édition du XVIIIe siècle bien relié à l'époque.

Prix : 2.500 euros