jeudi 14 décembre 2023

JULES TELLIER, Ses oeuvres publiées par Raymond de La Tailhède. I et II. Edition en grande partie originale. Un des 25 exemplaires de tête sur papier de Chine (premier papier). Superbe exemplaire du tirage de tête à 25 exemplaires sur papier de Chine parfaitement établi à l'époque par Valmar dans le style Art Déco (doublures).


TELLIER, Jules | VALMAR, relieur | LA TAILHEDE, Raymond de (éditeur)

JULES TELLIER, Ses oeuvres publiées par Raymond de La Tailhède. I et II.

Emile Paul Frères, Paris, 1923-1925

2 volumes in-8 (19,7 x 15 cm) de (6)-XXXVI-350-(1) et (6)-476-(1) pages.

Reliure strictement de l'époque plein maroquin caramel, dos à quatre nerfs, auteur, titre et tomaison dorés, filets dorés et à froid sur les coupes et coins, encadrement intérieur de maroquin avec large filet de maroquin noir et filets dorés et à froid, points d'or et carrés à froid dans les angles, centre de la doublure et garde de moire caramel clair, doubles gardes de papier marbré, tranches dorées sur témoins (non rogné), couvertures et dos imprimés conservés. Ensemble parfaitement conservé et d'une grande qualité d'exécution. Reliures signées VALMAR.

Edition en grande partie originale.

Un des 25 exemplaires de tête sur papier de Chine (le premier volume a été seul numéroté au crayon bleu).

Il a été tiré en outre 50 ex. sur Japon, 100 ex. sur Hollande et 1.000 exemplaires sur papier pur fil.

Qui connait encore aujourd'hui en 2023 Jules Tellier ? Ses poésies ? Sa prose ? Ses critiques littéraires ? Ses articles de presse ?

Jules Tellier est mort de la fièvre thyphoïde à l'âge de 26 ans le 29 mai 1889. Entré à l'université en 1882 (il est né le 13 février 1863) il devient professeur de rhétorique dans plusieurs villes (Moissac en 1886) où il fit la rencontre de Raymond de La Tailhède qui devint son grand ami. A cette époque Tellier était déjà édité chez Lemerre et était l'ami des poètes nouvellement apparus, Verlaine, Moréas. Tellier était d'une grande érudition. On a de lui des poésies : Les Brumes (Lemerre, 1883) ; Reliques (ca 1890). Il a publié dans diverses revues et journaux des articles et chroniques, la plupart étant restés à l'état de manuscrits, comme bon nombre de poésies et de textes en prose. Il voyaga en France et à l'étranger à Alger, en compagnie de son ami Raymond de La Tailhède. De retour en France en passant de Marseille à Toulouse pour arriver à Paris, c'est à Toulouse que la fièvre thyphoïde mit fin à ce talent littéraire de 26 ans, c'était le 29 mai 1889. Il repose dans sa ville du Havre qui honora son enfant en lui dédiant une stèle surmontée de son buste en bronze. Raymond de La Tailhède publia les nombreux inédits et "reliques" dans ces deux volumes imprimés entre le 20 juin 1923 et le 20 mai 1925.

Oeuvres rassemblées de ce destin brisé où chaque page exhale un esprit grandiose.

Superbe exemplaire du tirage de tête à 25 exemplaires sur papier de Chine parfaitement établi à l'époque par Valmar dans le style Art Déco (doublures).

VENDU

mercredi 13 décembre 2023

L'Onanisme, dissertation sur les maladies produites par la masturbation ; par Mr. Tissot. A Lausane, chez Franç. Grasset et Comp., 1788. Neuvième édition originale. Très bon exemplaire broché, tel que paru, imprimé sur beau papier.


TISSOT, (Docteur en médecine)

L'Onanisme, dissertation sur les maladies produites par la masturbation ; par Mr. Tissot, Doct. Med. de la Soc. R. de Londres, de l'Ac. Médic. Phys. de Basle, de la Soc. Econ. de Berne, et de celle de Phys. Expérim. de Roterdam. Neuvième édition originale, considérablement augmentée.

A Lausane, chez Franç. Grasset et Comp., 1788

1 volume in-12 (18,5 x 11 cm) broché de XX-266-(2) pages. Couverture de l'époque en papier gris. Titre à la plume au dos. Exemplaire tel que sorti de l'imprimerie, non rogné. Très frais. Quelques légères marques et traces à la couverture qui reste en excellent état.

Neuvième édition originale.


Cet ouvrage se décompose en sections et chapitres comme suit : Les Symptômes. Section. I. Tableau tiré des Ouvrages des Médecins. Sect. II. Observations communiquées, Sect. III. Tableau tiré de l’Onania, Sect. IV. Observations de l’Auteur, Sect. V. Suites de la masturbation chez les femmes, ARTICLE II Les Causes. Sect. VI. Importance de la liqueur séminale,  Sect. VII. Examen des circonstances qui accompagnent l’émission,  Sect. VIII. Causes de danger, particulières à la masturbation,  ARTICLE III. La Curation. Sect. IX. Moyens de guérison proposés par les autres Médecins, Sect. X. Pratique de l’Auteur, L’air,  Les aliments, Le sommeil,  Les mouvements,  Les évacuations, Les passions,  Les remedes, ARTICLE IV. Maladies Analogues. Sect. XI. Les pollutions nocturnes, Digressions sur les maladies occasionnées par trop de semence, Sect. XII. Gonorrhée simple, Récapitulation et Conclusion.











"L’on a vu plus haut l’étroite union de l’ame & du corps ; l’on a compris combien le bien-être de la première influoit sur le second ; l’on a vu les sinistres effets de la tristesse ; ainsi il est presque inutile d’ajouter qu’on ne peut trop éviter toutes les sensations disgracieuses de l’ame, & qu’il est de la dernière conséquence de ne lui en procurer que d’agréables dans toutes les maladies, & sur-tout dans celles qui, comme la consomption dorsale, disposent par elles-mêmes à la tristesse, tristesse qui par un cercle vicieux les augmente considérablement. Mais, & c’est une des difficultés du traitement, souvent les malades se complaisent à ce symptôme de leur mal, & l’on ne peut pas les déterminer à faire des efforts pour le surmonter ; d’ailleurs il ne faut pas se faire illusion, & croire qu’il n’y a qu’à ordonner d’être gai, pour qu’on le devienne ; le rire ne se commande pas plus qu’il ne se défend, & l’on est aussi peu maître de s’empêcher d’être triste, que d’avoir un accès de fièvre, ou une rage de dents. Tout ce qu’on peut exiger des malades, c’est qu’ils se prêtent aux remèdes contre la tristesse, comme ils se prêteroient à d’autres ; ces remèdes sont moins la compagnie dans ce cas (nous avons vu qu’elle leur déplaisoit par des raisons particulières), que la variété des situations. Le changement continuel des objets forme une succession d’idées qui les distrait, & c’est ce qu’il leur faut. Rien n’est plus pernicieux aux personnes qui sont portées à se livrer à une seule idée que le désœuvrement & naction. Rien n’est sur-tout plus pernicieux à nos malades, & ils ne peuvent éviter avec trop de soin l’oisiveté & l’abandon à eux-mêmes. Les exercices champêtres, les travaux de la campagne les distraisent plus puissamment que bien d’autres. M. Lewis veut qu’on ne voie, s’il est possible, que des objets de son sexe ; Nam non ulla magis vires industria firmat Quàm venerem & cœci stimulos ayertere amoris. Virg. que les malades ne soient jamais absolument seuls ; qu’on ne les laisse point se livrer à leurs réflexions ; qu’on ne leur permette ni lecture, ni aucune occupation d’esprit ; ce sont autant de causes, dit-il, qui épuisent les esprits, & qui retardent la cure. Je ne penserois pas avec lui qu’on dût absolument leur interdire toute lecture. On doit leur défendre de lire longtemps de suite, ne fût-ce qu’à cause de la foiblesse de leur vue ; on doit leur défendre toute lecture qui demanderait de l’application ; on doit leur interdire sévérement toutes celles qui pourroient rappeller à leur souvenir des idées, à leur imagination des objets, dont il seroit à souhaiter qu’ils perdissent la mémoire ; mais il en est qui, sans fixer beaucoup l’attention, & sans pouvoir rappeller des images dangereuses, les distraisent agréablement, & préviennent les dangers terribles d’un ennui désœuvré." (Les Passions)

Cet ouvrage fut un véritable best seller de la vulgarisation médicale au cours du XVIIIe siècle et même encore au début du XIXe siècle. La première édition date de 1760 (à Paris de l'imprimerie d'Antoine Chapuis). Il y eut au total plus de soixante éditions.

"On serait tenté de réduire les mœurs sexuelles du dix-huitième siècle aux jeux libertins du plaisir et du désir. Or, excès masturbatoires, pollutions nocturnes récurrentes, maladies vénériennes, impuissance, angoisses sexuelles émaillent le vécu des gens ordinaires du siècle des Lumières. Certains n'hésitent pas alors à demander l'avis d'un médecin. [...]" (in L'usage du sexe. Lettres du Dr Tissot, auteur de L'Onanisme (1760), BHMS éditions, 2015).

Samuel Auguste André David Tissot est né le 20 mars 1728 dans le village vaudois de Grancy et est mort le 13 juin 1797 à Lausanne ; il obtient son diplôme de médecin à la faculté de médecine de l'université de Montpellier (médecin dès le 18 avril 1748 à l'âge de 22 ans). Il part en Suisse et s'installe à Lausanne. Tissot, tout comme la plupart de ses confrères de l'époque, donnent à voir du sexe sans sexualité, du sexe ordonné avant tout autour du problème de l'excès de perte et de rétention de semence. Cet ouvrage et son Avis au peuple sur sa santé (1761) seront ceux de sa célébrité durable. « Prônant une médecine douce, essentiellement pratique, fondée sur un régime de vie en accord avec la nature, et sur des remèdes à base de plantes, il récuse à la fois la médecine populaire et la médecine savante, qu’il juge trop dure et interventionniste. Mêlant archaïsme et modernité, il révèle la hantise des miasmes, souligne l’importance des facteurs psychologiques dans l’évolution des maladies, et introduit les statistiques fondées sur le calcul mathématique pour étudier la mortalité. » (in D. Masseau, Notice de lecture in « Dix-huitième », 1996, p. 577.). Au début du mois de mai 1797, Tissot est atteint d'une tuberculose pulmonaire. Peu après, sa femme est également atteinte et meurt trois semaines plus tard. Il meurt à Lausanne le 13 juin de la même année. 






« L'excès dans les plaisirs de l'amour ne produit pas seulement des maladies de langueur ; il jette quelquefois dans des maladies aiguës et toujours il dérange celles qui dépendent d'une autre cause ; il produit très aisément la malignité, qui n'est, selon moi, que le défaut de forces dans la nature. » [...] « (…) Un de mes condisciples était venu à cet état horrible, qu'il n'était pas le maître de s'abstenir de ces abominations, même pendant le temps des leçons : il n'attendit pas longtemps son châtiment et il périt misérablement de consomption au bout de deux ans. » (extraits)



Très bon exemplaire broché, tel que paru, imprimé sur beau papier.

Prix : 500 euros

lundi 11 décembre 2023

Félix Cary. Dissertations sur la fondation de la ville de Marseille ; Sur l'histoire des rois du Bosphore Cimmérien ; et sur Lesbonax, philosophe de Mytilene. A Paris, chez Jacques Barrois, 1744. Edition originale rare. Très bon exemplaire relié à l'époque.



Anonyme [par Félix CARY] [MARSEILLE]

Dissertations sur la fondation de la ville de Marseille ; Sur l'histoire des rois du Bosphore Cimmérien ; et sur Lesbonax, philosophe de Mytilene.

A Paris, chez Jacques Barrois, 1744

1 volume in-12 (17 x 10 cm) de VI-154 (i.e. 145)-3 pages.

Reliure strictement de l'époque plein veau caramel, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, tranches rouges, doublures et gardes de papier marbré. Petit manque à un coin et à l'extrémité de la coiffe de tête, légères marques, très bon état de la reliure néanmoins, intérieur frais. Deux médailles reproduites à l'eau-forte dans la dernière partie du volume (avers et revers pour chaque) tirées dans le texte.

Edition originale rare.

















Dans la première partie qui concerne la fondation de la ville de Marseille, l'auteur convoque le témoignage des auteurs antiques : Hérodote, Thucydide, Isocrate, Aristote, Strabon, Tite-Live, Pausanias, Lucain, Plutarque, Justin, Athénée, Solin, Aulu-Gelle, A. Marcellin, Senèque et Eustathe sur Denis. A la page 55 débute à proprement parler la Dissertation sur la Fondation de Marseille : l'an I. de la 45ème olympiade, l'an de Rome 154, avant J.C. 599. Le texte s'achève page 69. Viennent ensuite l'Abrégé de l'Histoire des Rois du Bosphore Cimmerien, avec des remarques critiques sur l'Histoire des rois par Vaillant, où l'auteur propose un nouveau sentiment sur l'ère des rois du Bosphore et enfin la publication d'une médaille de Teiranes Roi de Bosphore qui était inconnue. A la page 131 on trouve l'Histoire abrégée de Lesbonax philosophe de Mytilène (jusqu'à la page 145 et dernière).

Cary était fort érudit et il corrige les fautes et omissions considérables d'Antoine de Ruffi dans son Histoire de la ville de Marseille (éditions de 1642 puis de 1696). Ces dissertations sont dédiées à Monsieur d'Orléans de Rothelin, abbé de Cormeille, de l'Académie Française etc. Félix Cary était de l'Académie de Marseille. Il est né le 24 décembre 1699, fils d'un libraire de la ville. Il est mort le 13 décembre 1754. La Biographie Uinverselle de Michaud insiste sur ses qualités d'érudit. Il collectionnait des médailles et monnaies antiques et possédait l'une des plus riches collections numismatiques concernant Marseille notamment (cette collection fut achetée en bloc pour 22 000 livres par le comte d'Argenson, proposée par le frère de Félix Cary après la mort de celui-ci.




Très bon exemplaire en condition d'époque de cet ouvrage peu commun.

Prix : 1.600 euros