jeudi 23 mars 2023

La Constitution en vaudevilles, suivie des Droits de l'Homme, de la Femme et de plusieurs autres vaudevilles constitutionnels. Par M. Marchant. A Paris, chez les libraires royalistes, 1792. Très bel exemplaire en maroquin avec fer spécial "contre-révolutionnaire" bien complet du superbe frontispice en couleurs. Très rare dans cette condition de reliure.



MARCHANT, François.

La Constitution en vaudevilles, suivie des Droits de l'Homme, de la Femme et de plusieurs autres vaudevilles constitutionnels. Par M. Marchant.

A Paris, chez les libraires royalistes, 1792

1 volume in-32 (9,7 x 6,1 cm) de 160 pages. Le faux-titre porte : La Constitution en vaudevilles, almanach civique, pour l'année 1792. Frontispice en couleurs à l'aquatinte (Jacobin jouant à l'émigrette), tirage avant la lettre. Les premières pages comprenant l'Epître dédicatoire à MM. les émigrés, les éclipses et le calendrier pour l'année 1792, et les quatre saisons, ne sont pas chiffrées mais comprises dans la pagination.

Reliure contre-révolutionnaire strictement de l'époque plein maroquin vert, dos lisse orné de petites fleurettes dorées et d'un fer spécial au centre du dos (bonnet phrygien au bout d'une épée), filets dorés en encadrement des plats, roulette dorée sur les coupes et en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier à la colle rose, tranches dorées. Impression sur papier fort. Excellent état de l'ensemble. Reliure fraîche et intérieur frais. Relié à belles marges avec quelques témoins conservés.



Edition originale.

Il existe un tirage à l'adresse du libraire Maradan, par ailleurs en tous points identique au nôtre (frontispice, nombre de pages).

Ce petit livre rare rentre dans la catégorie des pamphlets contre-révolutionnaires. Bien qu'il s'ouvre, tel un almanach classique, par les phases de la lune, les éclipses et un calendrier des mois de l'année, tout le reste du volume est consacré à ridiculiser les récentes institutions de la toute jeune République.




Monsieur de Kergomard qui réédite (Paris, Librairie des Bibliophiles, 1872) ce rare opuscule de circonstance, écrit : "L'auteur (Marchant) de la Constitution en vaudevilles fournit un large contingent à la polémique contre-révolutionnaire. Dès 1790, nous l'y voyons intervenir par La Chronique du Manège, journal en prose et en vers ; puis il publie successivement : Les Sabots Jacobites, 1791 (3 vol. in-8) ; La Constitution en vaudevilles, 1792 ; Les Folies nationales, faisant suite à la Constitution en vaudevilles ; La Jacobinéide, poème héroi-comique, 1792 ; Les Bienfaits de l'Assemblée nationale, ou les Entretiens de la mère Saumon, doyenne de la Halle, 1792 ; L'A B C national, dédié aux Républicains par un Royaliste, 1793, et enfin, le Bon Ménage républicain ou les époux bien assortis, etc, en 1793."










Kergomard poursuit : "Les biographes de François Marchant ne semblent pas très convaincus de sa conviction. A les en croire, sa grande colère contre la Révolution vint surtout de ce que la Révolution supprimait les couvents, abbayes, prébendes, juste au moment où, destiné de bonne heure à l'état ecclésiastique, il espérait obtenir un bénéfice. Quoi qu'il en soit, le métier de pamphlétaire ne réussit pas à lui donner ce qu'il cherchait : du pain et un peu de renommée. Aussi, voyant que ses épigrammes n'arrêtaient pas le torrent, il se retira à Cambrai, lieu de sa naissance, et y mourut, le 27 décembre 1793, dans son lit (certains à l'époque on écrit qu'il était au nombre des victimes des noyades de Carrier à Nantes). Marchant était membre des Académies d'Angers et des Arcades de Rome, outre ses pamphlets en vers il n'a laissé qu'un poème en un chant intitulé Fénelon et qui date de 1787 et quelques opéras imités de l'italien. Il était né en 1761, il mourut à 32 ans.

La plupart des réformes que combat et que raille la Constitution en vaudevilles sont désormais généralement acceptées.

On trouve dans ce petit volume qui s'ouvre sur une épître à MM. les émigrés, les pièces en vers suivantes dont les titres donnent le ton (chaque pièce est accompagnée de l'air sur lequel elle doit être chantée) : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; Abolition de la Noblesse ; Abolition des cordons rouges, bleus, etc ; Abolition des voeux religieux ; Admission de tous les citoyens aux places et emploi quelconque ; Punition égale pour tous les délits ; Exercice libre de toutes les religions ; Pleine liberté à tout homme, d'aller, de rester, de partir, sans pouvoir être arrêté ; Liberté à tout homme de parler, d'écrire et d'imprimer ses pensées ; Qualités requises pour être député ; Les droits de l'homme ; Les droits de la femme ; Les exploits des Jacobins ; Le règne de la folie ; Confession d'un Jacobite ; Promenade civique ; Chanson républicaine ; Les Jacobins et les Capucins ; Chanson nationale dédiée au bon Peuple; etc.









Le frontispice est remarquable. Il représente un jacobin en train de jouer au yo-yo ou encore émigrette. Ce jeu devenu à la mode a été pratiqué par les émigrés pour passer le temps ... C'est ici sans doute l'une des premières représentations de ce jeu. La gravure existe avec ou sans la cocarde sur le chapeau haut de forme du jacobin (notre exemplaire est avec la cocarde).

Références : Martin et Walter, 22975 ; Cohen-de Ricci, p. 677 ("Frontispice non signé, attribué par Mehl à Debaucourt. Ce frontispice existe en couleurs (avant la lettre) en bistre et à la sanguine") ; Grand-Carteret, Les Almanachs, 1053.

Très bel exemplaire en maroquin avec fer spécial "contre-révolutionnaire" bien complet du superbe frontispice en couleurs.

Très rare dans cette condition de reliure.

Prix : 3.800 euros

lundi 20 mars 2023

Karl Marx. Salaires, Prix, Profits. Deuxième édition (1912). Traduction française par Charles Longuet. "La seule manière pour les travailleurs de sortir de cette exploitation est de s'organiser et de se battre pour des conditions de travail plus justes et des salaires plus élevés." Très bon exemplaire tel que paru.


MARX, Karl. Charles LONGUET, traducteur.

Salaires, Prix, Profits, par Karl Marx. Traduction par Charles Longuet. Deuxième édition.

Paris, Giard et Brière, 1912

1 plaquette in-12 (18,8 x 12 cm), broché de 101 pages, 1 page de table des matières (avec catalogue de l'éditeur au verso), couvertures en papier jaune imprimées en noir. Très bon état. Les couvertures sont restées très fraîches. Bon papier. Cachet de Majoration du prix à 100% sur la couverture (prix qui passe donc de 0 fr. 50 à 1 franc), assez cocasse quand on pense au contenu de l'ouvrage.

Deuxième édition, la première a paru chez le même éditeur en 1899.


"Ce travail a été écrit en anglais et lu devant le Conseil général de l'Association internationale des travailleurs le 20 juin 1865, quelques temps avant son premier Congrès, tenu à Genève au mois de septembre 1866. Le premier volume du Capital ne parut en allemand qu'au mois de juillet 1867. La réplique de Marx à la thèse soutenue par son collègue anglais Weston, membre et trésorier du même Conseil général de l'Internationale, constitue donc, en quelque sorte, un abrégé du Capital "avant la lettre". D'autre part, on verra qu'elle traite aussi certains points à peine indiqués dans le premier volume et qui n'ont été approfondis que dans les livres suivants. Ch. L(onguet)." (note de bas de page en tête du volume).







Les chapitres abordés sont les suivants : Produit national et part du travail ; Influence des variations du salaire sur la quantité et le genre des produits ; Mouvement des salaires et de l'argent ; Etalon des salaires ; Salaire du travail et prix des marchandises ; De la valeur et des prix ; La force de travail ; Production de la plus-value ; Valeur du travail ; Le profit se réalise par la vente d'une marchandise à sa valeur ; Les différentes parties dans lesquelles se décompose la plus-value ; Rapport général des profits, des salaires et des prix ; Tentatives pour relever les salaires ou pour s'opposer à leur baisse. Cas principaux ; La lutte entre le capital et le travail et ses résultats.








"Les salaires ne sont pas une cause, mais un effet de la concurrence. [...] Le travailleur qui vend sa force de travail est comme un marchand qui vend une marchandise : il doit vendre au prix du marché. [...] Le travailleur doit être considéré comme un capital variable, dont la valeur est déterminée par le temps de travail nécessaire pour le produire et le reproduire. [...] Les capitalistes sont en concurrence les uns avec les autres, non seulement pour la vente de leurs produits, mais aussi pour l'achat de la force de travail des travailleurs. [...] Le profit est la différence entre la valeur de la marchandise produite par le travailleur et le salaire qu'il reçoit pour son travail. [...] Le capitaliste cherche à maximiser son profit en réduisant le salaire des travailleurs au minimum possible [...] Le salaire est déterminé par le rapport entre l'offre et la demande de travailleurs sur le marché du travail.[...] La lutte des travailleurs pour de meilleurs salaires est une lutte contre la concurrence et la loi de l'offre et de la demande.[...] La seule manière pour les travailleurs de sortir de cette exploitation est de s'organiser et de se battre pour des conditions de travail plus justes et des salaires plus élevés." (extraits)

Très bon exemplaire.

Prix : 300 euros

samedi 18 mars 2023

Exceptionnel et unique ensemble inédit de 16 dessins originaux à l'aquarelle et à la gouache par Aristide Boulineau (1841-1912), pour illustrer un ouvrage sur les différents peuples du monde (jamais paru). Vers 1880-1895.



BOULINEAU, Ariste ou Aristide, artiste peinte, dessinateur et illustrateur.

[LE MONDE EN COSTUMES].

[Ensemble complet de 16 peintures miniatures originales mesurant 11 x 8 cm environ sur papier fort 14 x 9 cm contrecollées sur carton gris 23 x 17,5 cm environ]

[Vers 1880-1895]

Ensemble légendé au dos au crayon à l'époque, chaque dessin original étant numéroté de 1 à 16 comme suit :

1. Abyssinie. Ras et ses officiers.
2. Russie d'Europe. Boyard et Boyarine (XVIIe s.).
3. Malaisie (Modèles javanais).
4. Turquie. Janissaires (XVIIe s.).
5. Allemagne. Lansquenets (XVe s.).
6. Espagne. Andalouse et Grenadins (actuels).
7. Hollande. Pêcheurs de Marken en habits de fête (actuels).
8. Suède. Dalécarliens en habits de fête (XIXe s.).
9. Japon. Daïmios et geisha (XVIIe s.).
10. Egypte. Habitants du Caire et limonadier ambulant (XIXe s.).
11. Maures d'Espagne. Emir et femmes (moyen-âge).
12.Chine. Négociant du Penang et sa femme en habit de fête (XIXe. s.).
13. Grèce. Montagnards Thessaliens et Arnaute.
14. Suisse. Canton de Berne (XVIIIe s.).
15. Sibérie (Russie d'Asie). Tchérémisses.
16. Autriche. Montagnards tyroliens (actuels)

Par ailleurs chaque peinture est validée au verso par un "approuvé" et signé de deux noms (probablement l'éditeur et l'imprimeur) que nous n'avons pas réussi à déchiffrer.



Parfait état de l'ensemble. Les couleurs sont d'une vivacité encore intacte.

Tous les dessins sont signés Ariste Boulineau, en bas à droite.

Ces dessins étaient très probablement destinés à illustrer un ouvrage sur les différents peuples du monde. D'après nos recherches cet ouvrage n'a jamais vu le jour. Il aurait probablement dû paraître autour des années 1880-1895. Pourquoi n'a-t-il pas paru ? Nous ne savons pas.










Aristide Boulineau (1841-1912) est un artiste reconnu. Il est né à Cozes (Charente) dans une famille modeste (son père était employé des droits indirects). Il monte à Paris et s'y marie en 1870 où il est déjà dénommé artiste peintre (29 ans). Dans le Dictionnaire Général des Artistes de l'Ecole Française il est indiqué qu'il a suivi les cours de l'école de dessin de Bordeaux et qu'il fut élève du peintre Gérôme. On y note des tableaux exposés dès 1868 (Baigneuses) et 1870 (Ivresse), aussi un portrait de Madame B. (1876). Il peint également Jeune fille aux coquelicots (vendu 320 francs en 1945 lors d'une vente). En 1886 il habite à Paris, 32, rue de l'Arbalète. On lui doit de nombreux scènes champêtres et paysages se rapprochant de l'école de Barbizon. La date de son décès n'est pas certaine (on trouve soit la date de 1906 soit celle de 1912). Il a illustré quelques ouvrages dans lesquels ses dessins ont été (mal) reproduits par la photogravure ou l'héliogravure.

Cette suite de peintures miniatures, véritables petits tableaux, très finement exécutées, est la preuve d'un talent indéniable d'illustrateur, faisant double avec celui de peintre. Son frère Abel Boulineau suivi également la même carrière de peintre, dans un style similaire.





Certaines des toiles signées Aristide Boulineau sont conservées dans divers musées et institutions (notamment Glycine, Musée des Beaux-Arts de La Rochelle). Un grand portrait peint par Aristide Boulineau de l'Empereur Napoléon III a défrayé la chronique il y a une dizaine d'année (propriété de l'état qui s'est retrouvée dans une salle des ventes aux enchères ...).

Très bel ensemble, unique, pour un projet de livre avorté.

VENDU

lundi 13 mars 2023

Octave Uzanne. Figures de Paris. (1901). Ceux qu'on rencontre et celles qu'on frôle. Illustrations de Victor Mignot. Proses de MM. Maurice Beaubourg. - André Beaunier. - Saint-Georges de Bouhélier. - Louis Codet. - Franc-Nohain. - Alfred Jarry. - Gustave Khan. - Tristan Klingsor. - Albert Lantoine. - Jean Lorrain. - Charles-Louis Philippe. - Edmond Pilon. - Georges Pioch. - Hugues Rebell. - Octave Uzanne. Superbe exemplaire relié à l'époque demi-maroquin à coins par Canape de ce livre rare.


UZANNE (Octave). Avec Hugues REBELL, Jean LORRAIN, Alfred JARRY, Tristan KLINGSOR, etc. MIGNOT (Victor), illustrateur.

Figures de Paris. Ceux qu'on rencontre et celles qu'on frôle. Illustrations de Victor Mignot. Proses de MM. Maurice Beaubourg. - André Beaunier. - Saint-Georges de Bouhélier. - Louis Codet. - Franc-Nohain. - Alfred Jarry. - Gustave Khan. - Tristan Klingsor. - Albert Lantoine. - Jean Lorrain. - Charles-Louis Philippe. - Edmond Pilon. - Georges Pioch. - Hugues Rebell. - Octave Uzanne.

Imprimé pour les Bibliophiles indépendants et se trouve chez le libraire Henry Floury, Paris, 1901.

1 volume in-folio (33,5 x 25,5 cm) de (4)-133-(2) pages. 20 compositions hors-texte en couleurs rehaussées au pochoir par Victor Mignot, 20 lettrines et culs-de-lampe en noir par le même.



Reliure strictement de l'époque demi-maroquin parme à larges coins, dos à nerfs, caissons encadrés de filets dorés concentriques, filets dorés sur les plats, tête dorée, non rogné, couverture en couleurs conservée en très bon état d'un seul tenant et reliée à la fin du volume (reliure signée CANAPE). Dos légèrement éclairci, sinon parfait exemplaire.

Très belle couverture illustrés et aquarellés au pinceau qui court sur les deux plats et le dos du volume. Exemplaire très frais, proche du neuf.

Tirage unique à 218 exemplaires tous sur vélin de Hollande à la cuve.

Celui-ci, un des 200 exemplaires de souscripteurs sur vélin de Hollande.

Exemplaire numéroté au composteur (n°140) avec toutes les planches coloriées à l'aquarelle.

Très belle couverture illustrés et aquarellés au pinceau qui court sur les deux plats et le dos du volume (conservée d'un seul tenant et reliée à la fin du volume).

Le rare prospectus pour cette édition a été relié à la fin du volume (imprimé recto verso en noir) et donnant de nombreux détails sur cet ouvrage (avec la réduction de 4 illustrations ici en noir tirées dans le texte).







Cette Publication des Figures de Paris éditée pour les Bibliophiles Contemporains par les soins et sous la direction de M. Octave Uzanne a été tirée exactement à 218 exemplaires numérotés : 200 pour les souscripteurs sur vélin de Hollande, 16 pour les collaborateurs sur vélin de Hollande et 2 sur Japon à la forme pour contenir les dessins originaux. Achevé d'imprimer pour les Bibliophiles Contemporains par les soins et sous la direction de M. Octave Uzanne sur les presses typographiques de l'imprimerie Firmin-Didot et Cie, au Mesnil (Eure) le 20 Avril 1901.

Ce volume contient, dans leur ordre d'apparition, les textes suivants : Snobs et Snobinettes de Sport, par Hugues Rebell ; Sergot, par André Beaunjer ; Pierreuse, par Jean Lorrajn Camelot, par Alfred Jarry ; L'Invalide, par Franc-Nohain ; Terrassiers, par Maurice Beaubourg ; Le Crieur de dernières nouvelles, par Edmond Pilon ; Cochemuche, par Albert Lantoine ; Silhouettes de Montmartre, par Gustave Kahn ; Trimbaleur de Refroidis, par Saint-Georges de Bouhélier ; Petite Blanchisseuse, par Edmond Pilon ; Ramasseur de mégots, par Tristan Klingsor ; Femmes du d'Harcourt, par Hugues Rebell ; Troubades, par Edmond Pilon ; Cipal (Garde de Paris), par Charles-Louis Philippe ; Le Garçon de Café, par Franc-Nohajn ; Coltineurs, par Louis Codet ; Porteurs de Babillardes (Facteur), par Georges Pioch ; Fleuriste, par Saint-Georges de Bouhélier ; Trottins, par Octave Uzanne.






Octave Uzanne décide de publier ce très beau volume alors qu'il va fêter son cinquantième anniversaire. C'est une très intéressante collaboration d'écrivains qui fournit ici un corpus de textes sur le Paris 1900. Octave Uzanne réussit à rassembler autour de lui et d'un même thème de jeunes écrivains en devenir, d'autres déjà arrivés. C'est à notre connaissance la seule collaboration effective autour d'un livre entre Octave Uzanne (éditeur-directeur), Jean Lorrain et Alfred Jarry, pour ne citer que les deux auteurs les plus connus encore aujourd'hui.

Une chose très étrange est à remarquer concernant la publication de ce volume. A la justification du tirage (verso du faux-titre) et au colophon (achevé d'imprimer), on peut lire que ce livre a été édité "pour les Bibliophiles Contemporains". Volume achevé d'imprimer sur les presses typographiques de l'imprimerie Firmin-Didot et Cie au Mesnil (Eure) le 20 avril 1901. Or, la société des Bibliophiles Contemporains avait été dissoute depuis plusieurs années déjà (dissolution réclamée par Octave Uzanne lui-même et votée le 10 novembre 1894). En cette année 1901 cette société n'existe plus et n'a plus de réalité. C'est sous le vocable des Bibliophiles indépendants qu'Octave Uzanne publie désormais ses beaux livres d'artistes. On retrouve d'ailleurs sur la page de titre cette mention "A Paris, pour les Bibliophiles indépendants, chez le libraire Henry Floury, 1901."

On été déjà publiés sous l'adresse des Bibliophiles indépendants : 1896 - Badauderies Parisiennes (Les Rassemblements - Physiologie de la Rue) (collectif), illustrations par F. Valloton et Fr. Courboin. 1896 - Voyage autour de sa Chambre par Octave Uzanne, illustrations par Henri Caruchet 1898 - La Leçon bien apprise par Anatole France, illustrations par Léon Lebègue 1899 - La Porte des Rêves par Marcel Schwob, illustrations par George de Feure 1900 - Contes Blancs par Jules Lemaître, illustrations par Blanche Odin. A la suite de ces Figures de Paris (1901) viendront les Chansons de l'Ancienne France avec des illustrations de William Graham Robertson (1905). Alors pourquoi avoir indiqué par deux fois dans ce volume "Edité pour les Bibliophiles Contemporains" avec les majuscules d'usage. Une erreur n'est pas envisageable. Par contre, un méchant coup de patte aux anciens Bibliophiles Contemporains qui lui ont mené la vie dure au sein d'une société de bibliophiles qu'Octave Uzanne entendait mener à sa guise sans qu'on lui imposa d'autres vues artistiques que les siennes, voilà certainement la solution à cette incohérence.



Les décors du livre en font une pièce emblématique du livre Art Nouveau 1900. La couverture est ici particulièrement bien conservée d'un seul tenant et sans défaut.

Superbe exemplaire finement relié à l'époque par Canape de ce livre rare et magistralement illustré par Victor Mignot.

Prix : 4.200 euros