vendredi 22 janvier 2021

La légende de Béguinette par René Préjelan (1903). Un des 10 exemplaires sur papier de Chine avec dessin original. Superbe exemplaire de ce livre illustré 1900 dans la lignée des Forain, Caran d'Ache, Gerbault et autres Ferdinand Bac.



René PRÉJELAN

LA LEGENDE DE BEGUINETTE. Préface de Pierre Veber.

Paris, H. Simonis, 1903

1 volume grand in-8 (26,5 x 17 cm) de (3)-3 pages chiffrées de texte (préface) et environ 100 feuillets non chiffrés de dessins reproduis en noir et légendés. Certains feuillets ont un petit dessin imprimé au verso (comme une remarque en quelque sorte).

Cartonnage bradel plein papier à lignes verticales rouge, or et violine, dos muet, doublures et gardes de papier japonais rouge, relié sur brichure, non rogné, les deux plats de couverture conservés en très bon état (premier plat illustré en couleurs), dessin original à la mine de plomb et au crayon de couleurs orange sur un feuillet blanc du début (reliure neuve). Excellent état. Quelques faibles rousseurs aux feuillets de titre et préface, sinon papier de chine immaculé pour la presque totalité du volume.

ÉDITION ORIGINALE.

Il a été tiré de cet ouvrage 20 exemplaires sur papier du Japon et 10 exemplaires sur papier de Chine, chacun de ces exemplaires contient un croquis original de l'auteur. Les exemplaires sur papier de Chine ont été souscrits par la librairie Melet Galerie Vivienne, Paris.


















CELUI-CI UN DES 10 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE CHINE, AVEC UN DESSIN ORIGINAL SIGNÉ ET DATÉ JUILLET 1903.

Ce livre illustré est l'emblème même d'une finesse rosse et charmante époque 1900 s'il en est ! Qui est Béguinette ? "Béguinette est la dernière venue parmi ces jeunes personnes (...) Et quand on voudra écrire l'histoire de la parisienne de ce temps, il faudra passer en revue l'exquise Grisette-Colombine de Willette, la "petite poison" de Forain, l'hystérique de Bac, la mondaine de Caran d'Ache, la théâtreuse de Guillaume, la bonne fille de Gerbault et enfin la Béguinette de Préjelan. (...) Elle excelle dans l'art féminin de faire souffrir les vieux messieurs trop jeunes, ou les jeunes messieurs déjà vieux ; elle a compris que sa véritable carrière était l'amour, et que pour y réussir il importait de ne pouvoir aimer. Elle a médité cette maxime profonde : "Qu'est-ce qu'une femme désintéressée ? C'est la maîtresse d'un homme intéressé !" Elle a donc résolu de n'être point cette femme-là, car a dit Verlaine : "Il faut n'être pas dupe en ce farceur de monde..."

L'auteur de la préface poursuit : "L'égoïsme et la cruauté, chez les hommes, sont horribles ; mais qu'ils sont charmants chez les femmes ! sans doute parce que, chez elles, ces défauts ne sont gâtés ni aggravés par le raisonnement ; ils ont la grâce des jolis instincts libres. (...) Béguinette était trottin (...) Béguinette arrive tout d'un coup à la fortune ; elle garde de son passé une confuse rancune contre la société (...) Et c'est sans doute par antiphrase qu'on lui a donné ce surnom de Béguinette ; personne ne fut moins capable du béguin, cette jolie surprise des sens. Béguinette n'est pas très sensuelle ; elle n'en est que plus dangereuse. Cette petite créature pratique est une fausse voluptueuse comme elle est une fausse maigre ; elle n'a point de désirs ; elle n'a que des curiosités. (...)"

L'ouvrage se poursuit par une suite de 13 dessins légendés titrés : LA LÉGENDE DE BÉGUINETTE. Béguinette s'ennuyait ... de jouer avec les vieux messieurs et les jeunes amants ... madame la mort vint la prendre ... l'âme de Béguinette s'envole vers le bleu du Paradis ... mais au jugement le bon dieu enjôlé par ses charmes prend peur qu'elle ne débauche ses saints ... en route pour les enfers ... Satan la reçoit à bras ouverts ... Béguinette devint Madame Satan ... Hélas Madame Satan ne fut pas plus fidèle que ne l'avait été Mademoiselle Béguinette ! ... Satan la renvoie ...sur Terre ! Reine exquise de jeunesse et de charme, elle suit son chemin fleuri de désirs et de roses. Son châtiment : ni Dieu ni Diable ne t'ont punie ; la vie se chargera de ce soin et te donnera ton enfer : TU VIEILLIRAS.

La suite des dessins montre Béguinette dans tous ses états.

Ce petit livre entièrement illustré est une petite perle savoureuse en pays de bibliophilie. L'exemplaire proposé ici, un des rares exemplaires sur papier de Chine, est un met délicat pour palais difficiles es sciences amoureuses. Relié de couleurs chatoyantes à la façon d'un bonbon sucré ou d'un paquet cadeau offert au plaisir et à la fête.

SUPERBE EXEMPLAIRE.

Prix : 950 euros

jeudi 21 janvier 2021

L'Assommoir par Emile Zola. Première édition illustrée (1878). 4 compositions par Pierre-Auguste Renoir (double état). Exemplaire du tirage en grand papier et luxueusement relié à l'époque en plein maroquin. Très rare.

Emile ZOLA. Pierre-Auguste RENOIR (illustrateur).

L'ASSOMMOIR. Edition illustrée.

En vente chez C. Marpon et E. Flammarion, s.d. (1878). [Paris, Imprimerie E. Martinet]

1 volume in-4 (30 x 21,5 cm) de 466 pages. 

Reliure plein maroquin rouge vermillon, dos à nerfs janséniste, dentelle dorée en encadrement intérieur des plats, double-filet doré sur les coupes, tranches dorées sur témoins (non rogné). Couverture imprimée tirée sur papier jonquille conservée (les deux plats). Rousseurs éparses très acceptables. Légères salissures aux plats de la couverture imprimée. Reliure fraîche avec quelques ombres et marques sans gravité. (reliure signée DAVID).

Première édition illustrée.

Un des 130 exemplaires numérotés sur papier de Hollande avec une double suite des gravures sur chine avant la lettre (intercalée), seul tirage sur grand papier.






Cette première édition illustrée a paru en 59 livraisons de mai à décembre 1878. Elle est illustrée de 62 grandes compositions gravées sur bois, dont une sur le titre, une dans le texte et 60 à pleine page, d’après André Gill, Frédéric Régamey, Bellenger, Clairin, Alfred Garnier, Maurice Leloir, Auguste Renoir, etc.

Les quatre compositions gravées d'après Renoir pour cet ouvrage sont fameuses – surtout celle du café-concert (p. 272). Elles sont ici en double épreuves. Ce sont les seules illustrations données par Pierre-Auguste Renoir pour un livre.













L'Assommoir a paru en feuilleton dès 1876 dans Le Bien public, puis dans La République des Lettres, avant sa sortie en livre en 1877 chez l'éditeur Georges Charpentier. C'est le septième volume de la série Les Rougon-Macquart. L'ouvrage est totalement consacré au monde ouvrier et, selon Zola, c'est « le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l'odeur du peuple ». L'écrivain y restitue la langue et les mœurs des ouvriers, tout en décrivant les ravages causés par la misère et l'alcoolisme. À sa parution, l'ouvrage suscite de vives polémiques car il est jugé trop cru. Mais c'est ce naturalisme qui, cependant, provoque son succès, assurant à l'auteur fortune et célébrité.

Gervaise Macquart, le personnage principal, une provençale originaire de Plassans, boiteuse mais plutôt jolie, a suivi son amant, Auguste Lantier, à Paris, avec leurs deux enfants, Claude et Étienne Lantier. Très vite, Lantier, paresseux, infidèle et ne supportant pas de vivre dans la misère, quitte Gervaise et ses enfants pour s'enfuir avec Adèle. Gervaise, travailleuse, reprend alors le métier de blanchisseuse qu'elle a appris à Plassans. Elle accepte d'épouser Coupeau, un ouvrier-zingueur auquel elle a fini par céder. Le bon cœur et la faiblesse sont des traits forts du caractère de Gervaise. Ils auront une fille, Anna Coupeau, dite Nana, héroïne d'un autre roman des Rougon-Macquart. Gervaise voit mourir Coupeau à Sainte-Anne — les crises de delirium tremens de Coupeau sont un des moments forts du roman. Elle se retrouve pratiquement à la rue, réduite à la mendicité. Elle meurt victime de la faim et de la misère, dans un réduit situé sous l'escalier de l'immeuble. Personne ne la voit mourir et c'est l'odeur qui alerte les voisins.

Quand le roman paraît en volume en janvier 1877, il est interdit de vente dans les gares.

Cette édition illustrée rend avec force l'ambiance du chef d'œuvre du naturalisme. 

"il ne faut point conclure, que le peuple tout entier est mauvais, car mes personnages ne sont pas mauvais, ils ne sont qu’ignorants et gâtés par le milieu de rude besogne et de misère où ils vivent." (Emile Zola)

Provenance : de la bibliothèque Daniel Henry Jr. Holmes avec son ex libris portant la devise latine "solus cum illis nunquam".

Cette première édition illustrée (édition populaire diffusée en livraisons à prix très modique) mérite d'être recherchée par les bibliophiles, avec d'autant plus de ferveur que le tirage est comme ici sur grand papier de Hollande (les exemplaires du tirage ordinaire nous sont parvenus le plus souvent en médiocre condition de papier et de reliure) et luxueusement relié à l'époque en plein maroquin signé.

Très bel exemplaire luxueusement relié à l'époque du tirage en grand papier de ce monument de la littérature française.

Très rare dans cette condition.

VENDU

vendredi 15 janvier 2021

La Maison Tellier de Guy de Maupassant illustrée par Marcel Cosson (1953). Un des 15 exemplaires sur vélin pur fil de Rives avec suite. Superbe exemplaire de ce beau livre illustré.


Guy DE MAUPASSANT - Marcel COSSON

LA MAISON TELLIER. Illustrations de Marcel Cosson gravées par Mazelin.

Paris, Georges Briffaut, éditeur, MCMLIII [1953]

1 volume grand in-4 (33,5 x 26 cm), en feuilles, sous couverture rempliée (sous papier cristal d'origine parfaitement conservé). 81-(3) pages. Excellent état, proche du neuf. La page de titre est ornée d'un petit bois imprimé en couleur. Sans emboîtage.

TIRAGE UNIQUE A 275 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

CELUI-CI, UN DES 15 EXEMPLAIRES SUR VELIN PUR FIL DE RIVES (deuxième papier après 10 ex. sur Japon ancien et avant 250 exemplaires sur pur fil sans suite) CONTENANT UNE SUITE EN COULEURS EN DEUX TONS DES 11 PLANCHES GRAVÉES (2eme état).











Les 11 planches se divisent en 7 pleine-page et 4 mi-page. La vignette de la page de titre ne se trouve pas dans la suite (ce qui est normal, elle n'est jamais présente dans aucun des exemplaires que nous avons eu avec suite).

Avec la Maison Tellier édité en 1934 par Ambroise Vollard et illustrée par Edgard Degas, il s'agit là l'une des plus belles éditions modernes et interprétation artistique de ce célèbre texte de Maupassant. Les filles publiques de la Maison Tellier de Marcel Cosson (1878-1956) sont délicieusement croquées d'un impressionnisme coloré. Cet artiste est reconnu pour ses danseuses en tous genres, tout comme l'était Degas.



La Maison Tellier, nouvelle qui ouvre ce recueil de Guy de Maupassant, a été publiée pour la première fois en 1881. Se situant dans la continuité des récits sur la prostitution, elle constitue la nouvelle réaliste de Maupassant la plus célèbre après Boule de suif. D’ailleurs, Guy écrivait à sa mère : « C’est au moins égal à Boule de suif, sinon supérieur ». La maison close de province, tenue par Madame Tellier, est « fermée pour cause de première communion » au grand dam des habitués. Après un périple en chemin de fer, les pensionnaires assistent à la cérémonie et sont émues par Constance, nièce de Madame Tellier, et l’ambiance de l’église ... Guy de Maupassant, en grand habitué des maisons closes, dépeint avec force ce milieu particulier des filles de joie. En juillet 1877, Maupassant écrit à Tourguenieff qu'en trois jours, il a "tiré 19 coups". Pierre Boborikine (autre écrivain russe) rapporte de son côté que l'auteur de La Maison Tellier a démontré sa virilité devant lui six fois de suite, suivies de trois autres avec une seconde partenaire dans une chambre voisine. La Maison Tellier est justement dédié à Yvan Tourguenieff.

On trouve à la fin du volume, Le Port.

SUPERBE EXEMPLAIRE AVEC SUITE.

VENDU