mercredi 15 mai 2019

David Chabodie. Le Petit Monde où sont représentées au vray les plus belles parties de l'homme (1604). Edition originale rare de cet ouvrage curieux.


David Chabodie

Le Petit Monde, où sont représentées au vray les plus belles parties de l'homme. Par Me. David Chabodie, Docteur en médecine.

A Paris, chez Toussaint Du Bray, 1604

2 parties reliées en 1 volume petit in-8 (17 x 11 cm) de 1 feuillet de titre, 15 feuillets non chiffrés (épitre à Messire Charles de Pierre-Busière et de Combort, baron de Chateauneuf, Peirac, etc., lieutenant général pour sa Majesté au haut et bas pays de Limousin ; extrait du privilège, etc.) ; 128 feuillets + 86 feuillets. Collationné complet (à noter une interversion de cahier (G - p. 49 à 57) passées du livre I au livre II (et inversement). Légères mouillures sans gravité.

Reliure demi-basane du milieu du XIXe siècle. Reliure bien conservée. intérieur frais malgré quelques petits travaux de vers dans les marges de quelques feuillets. La page de titre est ornée d'une belle marque gravée sur bois (le bas de la page de titre a été éraflé avec pour conséquence la perte d'une partie de la date et de la mention de privilège.

Edition originale.


L'exemplaire de la Bibliothèque nationale de France début par un titre frontispice gravé mais ne possède pas de page de titre typographique. Il s'agit pourtant, comparaisons faites pages à pages, du même tirage que notre exemplaire.


Ce petit traité de morale va en réalité bien au delà. Si le premier livre traite des aspects de la foi, de la morale et du salut de l'âme, la seconde partie traite quant à elle de la philosophie, des sciences et de la métaphysique. On y trouve une multitude de chapitres traités assez succinctement tels que la médecine, les mathématiques, la musique, la géométrie, l'astronomie, les arts (dont l'alchimie ou Spagirie), les notions morales telles que la sagesse, l'intelligence, la prudence, la vertu. La fin du livre contient un chapitre consacré à la résurrection des corps.


Ce livre semble avoir été peu étudié et les exemplaires semblent fort rares.


On ne sait que très peu de choses sur David Chabodie, médecin exerçant à Limoges à la fin du XVIe siècle (vers 1595) et né à Rochechouart. Il était diplomé de la faculté de médecine de Montpellier. Il fut atteint de la peste en 1596. Il est noté dans un ouvrage que son seul ouvrage (qui semble celui-ci) s'attache plus à la métaphysique qu'à la médecine. Il existerait une autre édition de 1607. Chabodie aurait été un protestant converti, probablement en 1627 (Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, vol. 42). Il serait mort vers 1640. Le Petit monde de Chabodie est à rapprocher, toutes proportions gardées, de La Sagesse de Charron (Bordeaux, 1601), basé sur la même étude de l'homme-microcosme. L'influence des Essais de Montaigne n'est également pas loin.


"Ouvrage devenu assez rare." (Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 1873, tome 14, p. 629

"Curieux et rare" (Bulletin du bouqiniste, Janvier 1863, n° 2.534)



Bon exemplaire.

Prix : 900 euros


mardi 14 mai 2019

Sigaud de La fond (ou Lafond). Traité de l'électricité dans lequel on expose, et on démontre par expérience, toutes les découvertes électriques, faites jusqu'à ce jour (1771). 12 planches dépliantes d'instruments et mesures. Edition originale conservée dans son cartonnage d'attente de l'époque.


Joseph Aignan Sigaud de La Fond ou Sigaud de Lafond

Traité de l’électricité dans lequel on expose, et on démontre par expérience, toutes les découvertes électriques, faites jusqu'à ce jour, pour servir de suite aux Leçons de Physique du même auteur. Par M. Sigaud de La Fond, professeur de Mathématiques, Démonstrateur de Physique Expérimentale, de la Société Royale des Sciences de Montpellier, des Académies des Sciences et Belles-Lettres d'Angers, Electorale de Bavière, etc.

A Paris, chez Des Ventes de la Doué, 1771

1 volume in-12 (18,5 x 11 cm) de (2)-XXX-413-(3) pages + 12 planches dépliantes reliées à la fin.

Cartonnage d'attente plein papier brut, trace de titre à l'encre au dos, ficelles apparentes. Non rogné. Cartonnage fragile par nature resté en très bon état. Ficelles intérieures un peu lâches en tête du volume.


Edition originale.


On trouve dans cet ouvrage les chapitres suivants : De la manière d'électriser les corps. Des globes de verre. Des machines de rotation. De la manière d'électriser les corps an-électriques. Du feu électrique. Des aigrettes électriques. L'intensité de la vertu électrique. De l'expérience de Leyde. De l'imperméabilité du verre à la matière électrique. De l'analogie avec le tonnerre, avec la matière magnétique. Des effets de l'électricité dans le vide, sur différents substances, sur l'économie animale, etc. Les protocoles des différentes expériences sont très détaillés. Les planches hors-texte montrent les différents instruments ayant servi à réaliser les différentes expériences. Une seconde édition a paru en 1776.


Joseph-Aignan Sigaud de Lafond est né le 5 janvier 1730 et mort le 26 janvier 1810 à Bourges. Il fut un physicien et enseignant français qui a été, avec son maître l'abbé Nollet, l'un des promoteurs de la physique expérimentale et de son enseignement, notamment en créant les premiers « cabinets de physique ». Son père était horloger. Son Traité de l'électricité publié en 1771 est une référence dans ce domaine de la science. A partir de 1773, Sigaud délègue ses cours du collège à son neveu, Rouland. Il a alors tout le loisir de se consacrer à son cabinet de physique sans pour autant abandonner totalement l’enseignement puisque, comme le signale plusieurs publicités. Il continue d’écrire pour présenter ses travaux. En 1775, sont publiés les deux volumes de la Description et Usage d’un cabinet de physique expérimentale. Ils seront réédités en 1784 et complétés par les Éléments de physique théorique et expérimentale en 1777. Très réalistes, les splendides gravures de Sigaud de La Fond sont déjà moins théâtralisées que celles de l'abbé Nollet et augurent ce que seront le dessin industriel et l'appareil de laboratoire du XIXème siècle. Plus encore, l'œuvre de Sigaud a profondément révolutionné les sciences physiques et leur enseignement, les faisant devenir science et discipline à part entière, en même temps que l'expérience gagnait définitivement ses lettres de noblesse. Ce sont là les prémisses de la science "moderne".




Très bon exemplaire conservé à toutes marges dans son fragile cartonnage de l'époque.

Prix : 850 euros

lundi 13 mai 2019

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. La Semaine nocturne ou Sept Nuits de Paris (1790). Rare quinzième partie des Nuits de Paris. Révolution française.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

La semaine nocturne : Sept nuits de Paris ; qui peuvent servir de Suite aux III-CLXXX déjà publiées. Ouvrage servant à l'Histoire du Jardin du Palais-Royal.

A Paris, chés Guillot, rue-des-Bernardins. 1790

1 volume in-12 (173 x 102 mm) de 264 pages + 12 feuillets non chiffrés (détail des Contemporaines + Parisiennes + Ouvrages de l’auteur + Provinciales + Avis important +  Avis contre les contrefacteurs).

Cartonnage plein papier bleu postérieur (fin XIXe siècle), pièce de titre en cuir, relié sur brochure (non rogné, ébarbé). Intérieur frais malgré un manque en marge basse de la page de titre (coupée à ras du cadre), reliure solide avec des frottements et usures sans gravité. Nombreuses erreurs de pagination, sans manque. Notre volume ne contient pas la figure de Louis XVI qui manque presque toujours.

Edition originale.


La Semaine nocturne est le titre donné à la quinzième partie des Nuits de Paris, publiée 2 ans après les 14 premières (1788). Cette quinzième partie décrit les "événements du commencement de la Révolution, et le temps où le roi, devenu constitutionnel malgré lui, gouvernait à contre-cœur une république, en qualité de son premier fonctionnaire". (Rives Childs, p. 305).


Cette quinzième partie est rare. Au lieu des sept nuits annoncées au titre ce sont en réalité huit nuits qui sont décrites (la dernière étant dénommée nuit surnuméraire). Une seizième partie publiée seulement en 1794, sur le même modèle, est encore plus rare (voir notre exemplaire complet des 16 parties). Il existe une remise en vente à la date de 1791 de ce volume par le libraire Mérigot (seul le titre a été changé et placé sur les volumes invendus de 1790).


« Les Nuits de Paris sont une de ces productions majeures, une de ces vastes compositions destinées à peindre les mœurs d’une nation : ce qui rend cet ouvrage important pour la postérité, par la vérité des faits. J’ai été vingt ans à les recueillir : chaque matin, j’écrivais ce que j’avais vu la veille... Pour ce qui est du fond de l’ouvrage, il offre le tableau de ce qui se passait nuitamment à Paris, sous l’ancien régime » (Mes ouvrages, p. 164).


Bon exemplaire de ce volume rare.

Prix : 1.500 euros



jeudi 9 mai 2019

Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. Fragment manuscrit autographe inédit (vers 1802 / 1804). Pièce de la plus grande rareté.




Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

FRAGMENT DE MANUSCRIT AUTOGRAPHE INÉDIT.

Vers 1802 / 1804

1 page in-4

Cachet de collection ancienne. Papier vergé.

ON JOINT :

Transcription dactylographiée par un précédent propriétaire-collectionneur (2 pages in-8).


Le texte se compose de deux parties. La première partie occupe les 2/3 supérieurs de la page et contient un texte cite plusieurs femmes connues de l'époque. "Dans la circonstance qui avait lieu en cet instant, Paris était rempli de Députés de toutes les Provinces. La fortune des deux soeurs fut rapide. Touts les filles du Palais-Egalité furent délaissées. La Siphilis disparut, les charlatans n'eurent plus rien à faire. Grâces en soient rendues au Castriot célèbre, dont la réputation attira les deux cousines à Paris [...]." Dans la seconde partie du fragment (1/3 inférieur de la page) Restif a rédigé des notes au sujet de la "Pornographie", c'est-à-dire l'étude de la Prostitution. "La Prostitution fait comme une population à part, dans le local célèbre, qui fait le sujet de cet article. Les Magnats en sont les Abbesses de cette population femelle et stérile. Les maquerophoros en sont les fléaux ; les vieilles-filles en sont les agentes et la vermine ; les enfants qu'elles prostituent en sont les victimes et les élèvres. J'ai proposé au Gouvernement de mettre de l'ordre, dans cet horrible caos du désordre [...]."



A la fin de la page on lit "coté 33 jusqu'à 43", indication par Rétif de l'endroit précis où devait s'insérer ce fragment dans le corpus du livre. Un peu plus haut, au début des "Observations" Rétif indique "au folio 10, 11, 12 etc. [...] à placer après le grand M".

Nous pensions, d'après la transcription ancienne qui en avait été faite, avoir à faire à un fragment du Pornographe, mais il s'avère, à la lumière de recherches récentes faites par le spécialiste reconnu de Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne, que ce fragment serait inédit et appartient à un ouvrage autre que le Pornographe. Nous réservons la primeur de cette découverte au futur acquéreur de ce fragment inédit qui fera vraisemblablement prochainement l'objet d'une publication scientifique.




détail


Homme de lettres marginal, grand adversaire de Sade, Nicolas Edme Restif de la Bretonne (1734-1806) a observé pendant "mille et une nuits ce qui se passe dans les rues de la capitale". Sa passion des femmes l'a conduit à y fréquenter avec assiduité les prostituées. Débauché en quête de vertu, Restif expose, dans Le Pornographe ou la Prostitution réformée (1769), ses idées singulières sur la question : il propose d'instaurer des maisons de passe, tenues selon un règlement minutieux, sous la protection de l'État ; des filles publiques, indispensables à la Nation, vivraient ainsi harmonieusement, loin des regards, dans des "parthénions", sorte de phalanstères idéaux pour les filles de petite vertu (Présentation d'édition du Pornographe, éd. Mille et une nuits, 2003).

Fils de paysans de l'Yonne, devenu ouvrier typographe à Auxerre et Dijon, Nicolas Restif de La Bretonne s'installe à Paris en 1761 : c'est alors qu'il commence à écrire. Il a une vie personnelle compliquée et est sans doute indicateur de police. Polygraphe, il fait paraître de très nombreux ouvrages touchant à tous les genres, du roman érotique (L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour) au témoignage sur Paris et la Révolution (Les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne, 1788-1794, 8 volumes) en passant par la biographie avec La Vie de mon père (1779) où il brosse un tableau idyllique du monde paysan avant la Révolution avec la figure positive de son père. Il a également touché au théâtre sans grand succès. Cherchant constamment des ressources financières - il mourra d'ailleurs dans la misère -, il écrit aussi de nombreux textes pour réformer la marche du monde. Cependant l'œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Monsieur Nicolas, en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d'une existence et expose les tourments de l'auteur/narrateur comme à propos de la paternité - le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle. C'est aussi un philosophe réformateur pénétré de rousseauisme qui publie des projets de réforme sur la prostitution, le théâtre, la situation des femmes, les mœurs, et un auteur dramatique. (source Babelio).




détail


Les manuscrits autographes de Restif de la Bretonne sont de la plus grande rareté.

Prix : 13.000 euros

mardi 7 mai 2019

Rétif de La Bretonne. Le Fin-Matois ou L'Aventurier Buscon ou Histoire du Grand Taquin (1775). Bel exemplaire de cette traduction de l'espagnol de Quévédo, revue et mise en français par Restif de La Bretonne, avec une troisième partie de son invention.


Nicolas-Edme RÉTIF DE LA BRETONNE.

Le Fin-Matois, ou Histoire du Grand-Taquin. Traduite de l'espagnol de Quévédo ; avec des notes historiques et politiques, nécessaires pour la parfaite intelligence de cet Auteur [par Restif de la Bretonne].

Imprimé à La Haie, 1776 [i.e. 1775]

3 parties en 1 volume petit in-8 (17 x 10 cm) de (2)-VIII-207-(1), (1)-214-(2) et (1)-176 pages.

Reliure demi-veau fauve (vers 1830), dos lisse orné de filets dorés, pièce de titre de maroquin noir, tranches marbrées, doublures et gardes de papier marbré. Reliure fraîche malgré de petits manques de papier sur les coupes, sans gravité. Quelques légers frottements. Intérieur très frais.

Édition originale.


Bien que portant la date de 1776, cet ouvrage a paru au mois de juin 1775. Elle fut tirée à 1.000 exemplaires dont 500 furent cédés au libraire Costard qui changea les pages de titre en "L'Aventier Buscon ou Histoire du Grand-Taquin." Sur ces titres refaits par le libraire Costard on lit : Aventurier Buscon, ou Histoire du Grand Taquin suivie des Lettres du Chevalier de l'Epargne, etc. Nouvelle traduction de l'Espagnol, de Don François de Quévédo-Villégas, etc. Avec des Notes, et publiées par l'auteur des Idées Singulières, de la Famille Vertueuse, du Pied de Fanchette, de la Fille Naturelle, etc. [Rétif de La Bretonne].


Notre exemplaire est bien complet du feuillet de titre général qui se trouve en tête du volume et qui indique : Œuvres choisies de Don François de Quévédo. Traduites de l'Espagnol. En trois parties, etc. Imprimé à La Haie et se trouve à Paris chés les libraires indiqués après la fin de la III partie.


Cette traduction du roman picaresque de Quévédo a été faite par d'Hermilly alors censeur Royal et dont Rétif de La Bretonne sollicitait l'appui pour faire approuver son Paysan perverti. Rétif acheta cette traduction 25 louis. Rétif trouva la traduction si mauvaise, "si dépourvue du sel convenable et rendue si niaisement", qu'il la retoucha largement sur l'original espagnol, selon ses propres dires. Selon les spécialistes, les connaissances de Rétif dans la langue espagnole semblent pourtant avoir été bien minces ... Les notes sont cependant intéressantes et apportent quelques éclaircissement sur les mœurs et coutumes des espagnols. Rétif a enrichi ce texte d'une troisième partie entièrement de son invention soit disant découverte en manuscrit. On trouve à la suite de la troisième partie les Lettres du Chevalier de L'Epargne où se trouvent plusieurs conseils pour garder sa bourse et ne donner que des paroles (titre particulier d'origine et compris dans la pagination, La Haie, 1776), ainsi qu'un abrégé de la vie de Quévédo, ainsi qu'une Lettre sur les qualités d'un mariage, à Madame la Comtesse-Duchesse d'Olivarès, avec une Note sur l'Inquisition d'Espagne.


Notre exemplaire est bien complet des pages 201 à 208 de la première partie qui contiennent une Notice sur quelques hommes célèbres (imprimée en caractères très-petits). Les 4 feuillets annoncés par Lacroix, qui devraient se trouver à la fin du volume et qui annoncent la liste des ouvrages de l'auteur ainsi que des analyses de ces ouvrages, ne s'y trouvent pas.


Référence : Rives Childs, 224-225, XIII. Un exemplaire en maroquin de la fin du XIXe siècle par Chambolle-Duru avec les titres de relais à l'adresse de Costard a été vendu récemment 850 euros en vente publique. Un exemplaire en cartonnage plein papier moderne, exemplaire lavé, avec les titres d'origine, coté 830 euros en librairie.

Bel exemplaire de cette édition devenue rare en belle condition ancienne.

VENDU



lundi 6 mai 2019

Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. Les Nuits de Paris ou le Spectateur-Nocturne. 1788-1794. 16 parties et 17 figures. Exceptionnel exemplaire complet des 16 parties en reliure homogène de l'époque.


Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

Les Nuits de Paris ou le Spectateur-Nocturne.

à Londres, et se trouve à Paris, chés les libraires nommés en tête du Catalogue, 1788

[Parties 1 à 14]

14 parties reliées en 7 volumes

suivi de :

Les Nuits de Paris ou le Spectateur-Nocturne.

Tome huitième : Seizième Partie.

[Partie 16]

à Paris, 1794

suivi de :

La Semaine Nocture : Sept Nuits de Paris ; qui peuvent servir de Suite aux III-CLXXX déjà publiées. Ouvrage servant à l'Histoire du Jardin du Palais-Royal.

[Partie 15]

A Paris, chés Guillot, 1790

Collationné complet.


Ensemble 16 parties reliées en 8 volumes in-12 (17 x 10 cm). Bien complet de la rare quinzième partie et de la rarissime seizième partie. La seizième partie est ici placée en tête du huitième volume, devant la quinzième partie.

On joint : 1 tirage ancien (figure volante) "avant la lettre et le numéro" de la figure de la XVIe partie sur papier vélin (tirage non signalé par les bibliographes).

Reliure demi-veau fauve de l'époque à petits coins (vers 1794 date d'édition de la seizième et dernière partie - le décor des reliures, ornées aux petits fers dorés, est encore typique des années 1780). Pièces de titre de maroquin rouge, tomaisons noires, plats de papier à la colle "fauve". Reliures homogènes avec quelques usures (coiffes supérieures avec manque), mors supérieur du quatrième volume fendu à restaurer, frottements aux dos, épidermures, coins usés. Intérieur frais avec les inévitables rousseurs à quelques feuillets, parfois papier de piètre qualité (notamment des feuillets de la seizième partie - imprimée par Rétif de la Bretonne lui-même ... sur les papiers qu'il trouvait ...). 


17 figures sur les 18 requises. La figure de la quinzième partie (Louis XVI sur son trône) n'a pas été reliée dans cet exemplaire (sans manque apparent). La figure de la seizième partie (exécution de Charlotte Corday est dans son état avant la numérotation, avant toute lettre).

Edition originale rarissime complète de la quinzième et de la seizième partie.


Exemplaire complet, non seulement de la 15ème partie, mais de la 16ème qui est encore plus rare, surtout avec la véritable gravure de l'exécution de Charlotte Corday, mais souvent remplacée par une gravure extraite de l'Année des Dames Nationales (on la distingue grâce à l'absence de mention imprimée dans la marge haute). Restif, Le Spectateur nocturne, trace dans les 14 premières parties un extraordinaire tableau de Paris d'avant la Révolution. Les deux dernières publiées, l'une deux ans et l'autre cinq ans plus tard, sont des descriptions virulentes de la Révolution qui valurent à son auteur, à cause de Marat en particulier, de passer devant le Comité de Police de la Commune de Paris. Pris de crainte, son libraire abandonna la vente de ce monumental ouvrage. Restif dut d'ailleurs, même en 1806 lors d'une remise en vente, le faire cartonner. Presque tous les exemplaires du tome XVI furent quant à eux détruits : on peut assurer qu'il n'en existe pas 10 exemplaires affirme P.L. Jacob, ce qui est probablement exagéré. L'ouvrage est illustré de 17 (sur 18) planches gravées que Cohen attribue à Binet, y compris la planche Le Billard qui fut rarement ajoutée et qui manque à beaucoup d'exemplaires. Nombre de ces planches représente Restif dans son curieux costume de "Spectateur nocturne", cape et grand chapeau surmonté d'un hibou. D'une grande valeur documentaire sur l'époque et d'une lecture passionnante, cette oeuvre de près de 4.000 pages, où il est écrit dans le premier volume : J'aime mon pays, mon roi, le gouvernement monarchique, se termine par ces mots : Vive la République et la Montagne.


"Les Nuits de Paris sont plus qu'un recueil d'anecdotes pittoresques sur le petit peuple parisien: pour leur étrangeté poétique, le mystère qu'on devine dans les détails familiers, la bizarrerie des rencontres, la fertilité du hasard autour du promeneur toujours vigilant, toujours présent comme un Maldoror ou un Fantômas aux drames cachés dans les ténèbres, on peut les rapprocher d'oeuvres modernes inspirées par la capitale, le Spleen de Paris, le Paysan de Paris ou Nadja" (Henri Coulet, Le Roman jusqu'à la Révolution, p. 493).


"Ce grand ouvrage, essentiellement parisien, a toujours été recherché, alors même que les oeuvres de Restif étaient encore décriées, négligées et presque inconnues de notre génération," écrit Paul Lacroix en 1875, ajoutant: "c'est, en effet, un livre unique qui représente la physionomie morale de Paris vers la fin du dix-huitième siècle" (Bibliographie de Restif de La Bretonne, p. 299).


"Ce vaste ouvrage de plus de 3000 pages, 16 parties et 8 volumes prend la forme d’un recueil de notes d’un « Hibou-Spectateur » qui parcourt la ville, un Paris urbain, nocturne, contrasté juste avant la chute de la Monarchie. Le narrateur se fait observateur et conteur aussi tant les tableaux se teintent de pittoresque et de picaresque : ces écrits seront étudiés de près par les historiens du siècle suivant comme autant d’instantanés et de traces d’une période très particulière où les classes sociales se mêlent et où la misère règne. Les femmes y occupent une place singulière par les dominations et les outrages qu’elles subissent. Le fil narratif du volume suit la logique de scènes parfois juxtaposées ayant pour lien l’unité du regard porté et du récit composé. Le tableau d’ensemble reste sombre, « misérabiliste » déploreront des contemporains, annonçant par certains côtés Balzac, Flaubert ou Zola : différence majeure, les tableaux esquissés sont collectifs et relèvent d’une approche presque sociologique quand les écrivains du XIXe siècle choisiront d’imaginer des héros et héroïnes dont les parcours se détachent de cette toile de fond sociale." (Bnf, les Essentiels, Les Nuits de Paris, en ligne).


Références : Rives Childs, Restif de la Bretonne, 303-306 ; Cohen, col. 882-883 ; Paul Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Restif de la Bretonne, pp. 258-301

La plupart des exemplaires que l'on peut rencontrer sont en 14 voire 15 parties (la 16ème manque presque toujours). Un exemplaire bien complet des 16 parties et des 18 figures MAIS relié en maroquin du XIXe siècle par Chambolle-Duru (n°50, vente du 8 novembre 2011, Binoche et Giquello, a été adjugé 40.000 euros). L'exemplaire personnel de Pierre Bergé, également complet des 16 parties et des figures, a été vendu un peu plus de 11.000 euros MAIS il était relié en très simple demi-maroquin brun à coins de la fin du XIXe siècle (vente PBA du 14 décembre 2018, n°898). 

 

Exemplaire exceptionnel.

Bon exemplaire en condition d'époque de cet ensemble très recherché et quasi introuvable bien complet des 16 parties en reliure ancienne.

Photographies supplémentaires et renseignements complémentaires sur demande.

VENDU