jeudi 15 mars 2018

Bibliophilie : La Nouvelle Bibliopolis d'Octave Uzanne ou Voyage d'un novateur au Pays des Néo-Icono-Bibliomanes. Lithographies en couleurs d'H.P. Dillon. Un des 500 exemplaires sur vélin satiné dans une jolie reliure de l'époque signée Dodé.


Octave UZANNE - H. P. DILLON, illustrateur.

LES ÉVOLUTIONS DU BOUQUIN - LA NOUVELLE BIBLIOPOLIS. Voyage d'un novateur au Pays des Néo-Icono-Bibliomanes par Octave Uzanne. Lithographies en couleurs et marges décoratives de H. P. Dillon. Frontispice à l'eau-forte d'après Félicien Rops. Nombreuses illustrations dans le texte et hors-texte.

A Paris, chez Henri Floury, 1897 [achevé d'imprimer par Edouard Cretté à Corbeil le 9 novembre 1896]

1 volume in-8 (19 x 12,5 cm) broché de XX-254-(2) pages. Frontispice d'après Félicien Rops (volant). 8 lithographies en couleurs hors-texte par H.-P. Dillon (volantes). Exemplaire à l'état proche du neuf, avec la très fragile couverture illustrée par Henri Thiriet en excellent état. Infime manque de papier en haut du dos. Petites marques sur la tranche de quelques feuillets, sans conséquence.

ÉDITION ORIGINALE IMPRIMÉE A 600 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

CELUI-CI, UN DES 500 EXEMPLAIRES SUR PAPIER VÉLIN SATINÉ.


L'un des plus beaux livres de petit format, écrit, édité par Octave Uzanne, et dont la conception novatrice, tout en illustration pleine page avec encadrement lithographiés.


Voici le détail des chapitres : La Nouvelle Bibliopolis, le Symbolisme et la Littérature des Jeunes de Notre Heure (en guise d'avant-propos) ; La Bibliophilie Contemporaine (ses origines - ses étapes - ses tendances actuelles) ; Bibliophiles et Biblioscopes ; Physiologie du lecteur, un croquis en attendant un tableau (vingt dessins inédits de François Courboin) ; La monomanie des affiches (Précis historique - Les collectionneurs - les artistes français de l'affiche - les affiches à l'étranger) ; La renaissance de la reliure (la décoration extérieure des livres) ; Les ex libris modernes (notes succinctes sur l'art décoratif de ces marques de possession en France et à l'étranger).


Volume très rare broché dans cette condition aussi proche de l'état neuf.

Prix : 800 euros


mercredi 14 mars 2018

Madame de Pompadour. Correspondance apocryphe. Lettres attribuées au marquis de Barbé-Marbois ou à Crébillon fils. Très bon exemplaire en vélin vert de l'époque.


[POMPADOUR (faussement donné à la marquise de). Anonyme, attribué au marquis François de Barbé-Marbois].

Lettres de Madame la  marquise de Pompadour : Depuis 1753 jusqu'à 1762, inclusivement. En deux tomes.

A Londres, chez G. Owen et T. Cadell, 1772

2 tomes reliés en 1 volume in-12 (16,5 x 10 cm) de 128 et 100-(10) pages. Les faux-titre et titres sont compris dans la pagination. Les 10 pages non chiffrées à la fin sont une table des lettres dans les deux tomes.

Reliure de l'époque plein vélin vert, dos orné aux petits fers, pièce de titre en cuir marron, tranches marbrées, doublures et gardes de papier marbré, triple-filet doré en encadrement des plats. Quelques légères marques d'usure au vélin de la reliure (pli au second plat et au dos), mais exemplaire néanmoins très bien conservé.


Une des premières éditions parues sous la même date et à la même adresse. Celle-ci est annoncée complète en deux tomes bien qu'il en a été publié 2 autres (une édition de 1774 en 4 tomes).


On attribua dans les temps ces lettres à Crébillon Fils. Depuis, et comme elles sont très bien écrites, on les regarde comme un ouvrage de jeunesse du marquis Barbé-Marbois (1745-1837). Ce qu'il y a de plus vrai, c'est que l'auteur, quel qu'on le suppose, ne pouvait être qu'un homme de beaucoup d'esprit (Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour et aux femmes).


Notre édition comporte de nombreux ornements typiques d'une édition hollandaise ; hypothèse confortée par la signature des cahiers et remarques également typique des productions clandestines de ce pays. Le premier tome de notre édition compte 49 lettres tandis que le second en compte 36, soit 85 lettres au total. Certains faits relatés sont vrais, d'autres sont faux, il faut sans cesse démêler le fait historique du conte. Ce tirage de 1772 semble l'un des tout premiers. Un supplément a paru séparément à la même date formant le tome troisième.

Provenance : Ex libris armorié d'Alexis Paul Michel vicomte de Tillières.

Très bon exemplaire.

VENDU


mardi 13 mars 2018

Marquise de Sévigné (Marie de Rabutin-Chantal). Lettres (1726). Rare édition primitive. Contrefaçon de l'édition de Rouen parue la même années. Très bon exemplaire.


Marquise de Sévigné (Marie de Rabutin-Chantal).

Lettres de Marie Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné, à Madame la Comtesse de Grignan sa fille. Tome premier et deuxième (complet).

Sans nom, sans lieu (Rouen), 1726.

2 tomes reliés en 2 volumes in-12 (17 x 10 cm - Hauteur des marges : 164 mm), pages de titre imprimées en rouge et noir, vignette gravée sur bois sur les titres (différentes pour chaque titre) de 1 feuillet de titre, 271 pages (dont 14 pages de préface, ce premier tome contient 74 lettres de Mme de Sévigné, précédées de 4 lettres de M. de Coulanges) et 1 feuillet de titre, 220 pages pour le deuxième tome (contient les lettres 75 à 134, soit 60 lettres). Exemplaire grand de marges.

Reliure plein veau brun, dos orné aux petits fers, pièce de titre et tomaison de maroquin rouge (reliure de l'époque). Exemplaire en bon état, quelques usures aux coins, un mors fendu (solide), quelques frottements, intérieur frais, sans rousseurs, papier légèrement et uniformément teinté.


Contrefaçon rare de l'édition de Rouen en gros caractères parue la même année.

On sait que la première édition des lettres de Mme de Sévigné date de 1725 et a été donnée subrepticement en une mince plaquette de 75 pages regroupant seulement quelques lettres pour la plupart incorrectement retranscrites et fragmentaires (31 fragments). Cette première édition rarissime et quasi mythique n’était connue qu’à 2 ou 3 exemplaires à la fin du XIXè siècle, il ne semble pas qu’on en est répertorié d’autres depuis. Les bibliographes considèrent donc comme véritable seconde édition originale l’édition dite de Rouen publiée en 1726 par les soins du fils de Roger de Bussy-Rabutin (cousin indiscret de la Marquise). On a beaucoup tergiversé pour savoir s’il s’agissait du fils aîné (Amé-Nicolas de comte Bussy-Rabutin) ou bien du cadet, futur évêque de Luçon, abbé de Bussy. Cette édition furtive, désavouée par la petite-fille de Mme de Sévigné, Mme de Simiane, fille de Mme de Grignan, est très rare et les exemplaires en reliure de l’époque en bonne condition se rencontrent difficilement.

Il existe d’après Rohebilière deux tirages différents de cette édition avec des fleurons de titre différents (nous en avons repéré déjà au moins trois qui différent uniquement par la disposition et les fleurons de titre). Cette édition n’a pas d’errata (les fautes ont été corrigées).


Provevance :  Exemplaire de la bibliothèque du Conseiller Louis Gallien (fin XVIIe s. - début XVIIIe s.), avec sa signature ex libris sur les titres. Louis Gallien était conseiller du roi et son procureur en la juridiction de Forez à Saint-Chamond. Louis Gallien a une fille née en 1718. Mention d'appartenance au second volume (Adèle Evrard, XVIIIe s.).

Très bon exemplaire.

Les éditions anciennes en belle condition des Lettres de la Marquise de Sévigné sont toujours recherchées des bibliophiles.

VENDU


lundi 12 mars 2018

Barthelot. Nouveau Manuel du Distillateur Liquoriste contenant les meilleures recettes (eaux-de-vie, liqueurs, fruits confits, etc). Edition originale.


Barthelot.

Nouveau Manuel du Distillateur Liquoriste, contenant les meilleurs recettes et les procédés les plus modernes pour la fabrication de toutes les eaux-de-vie, liqueurs, fruits confits, etc. Par M. Barthelot.

Paris, Au dépôt des Nouveaux Manuels, 1836 [imprimerie de Baudouin].

1 volume in-16 (15 x 9 cm), 282 pages, broché, non rogné, couverture ancienne en papier marbré (muette). Frontispice gravé sur acier (distillateur liquoriste dans son laboratoire de chimiste). Très bon état. Une petite tâche (salissure) sans gravité à un feuillet. Beau papier chiffon pratiquement sans rousseurs.

Édition originale.

Ce petit volume est assez rare. L'édition originale de 1836 manque aux principales collections sur ce thème (Chwartz et Fritsch).

Outre l'appareillage nécessaire à la distillation, on trouve dans cet ouvrage un grand nombre de recettes d'eaux-de-vie (marcs de fruits, légumes, graines, etc) ainsi que la méthode pour produire diverses huiles essentielles, crèmes, élixirs, liqueurs fines, anisettes, baumes, ratafias, fruits confits.

Nous avons cherché en vain la trace d'un quelconque Barthelot chimiste (ne se trouve pas dans le Grand Larousse universel). Peut-être faut-il lire Berthelot ?

Référence : Vicaire, Bibliographie gastronomique, col. 67, ne mentionne que l'édition à la date de 1837. Rares exemplaires dans les collections publiques (Bnf, et quelques bibliothèques étrangères).

Très bon exemplaire.

Prix : 280 euros

vendredi 9 mars 2018

Octave Uzanne. Paul Avril. Le Miroir du Monde par Octave Uzanne (1888). Bel exemplaire broché, tel que paru.


Octave UZANNE. Paul AVRIL, illustrateur.

LE MIROIR DU MONDE. Notes et sensations de la vie pittoresque par Octave Uzanne. Illustrations en couleurs d'après Paul Avril.

Paris, Maison Quantin, 1888 [achevé d'imprimer le 7 novembre 1887].

1 volume grand in-8 (28 x 21 cm), broché, IV-163-(2) pages. Illustrations en couleurs courant dans le texte. Tirage en bleu, noir, rouge, rose, violet, or, argent, cuivre, etc. Exemplaire à l'état proche du neuf, pratiquement dépourvu des rousseurs habituelles à ce tirage sur vélin de cuve épais.

Édition originale.



Tirage à 2.200 exemplaires numérotés dont 2.000 exemplaires sur vélin de Hollande, 100 exemplaires sur grand papier du Japon et 100 exemplaires sur Japon du format du volume.

Celui-ci, 1 des 2.000 exemplaires sur vélin de Hollande.


Qui mieux que Uzanne lui-même pourrait nous parler de ce livre :

"De tous les livres faits par l'auteur de l’Éventail avec la collaboration de Paul Avril, celui-ci est incontestablement le mieux réussi au point de vue rendu des dessins par procédés divers, héliogravure en creux et en relief, fac-similés Gillot, chromogravures typographiques, emploi des bronzes pâles, feu, orange, verts, usage des glacis de platine et d'étain alliés aux couleurs repérées, etc. Livre essentiellement nouveau que celui-ci, il faut le dire, et qui témoigne, aux yeux des gens du métier, de mille difficultés vaincues et d'audaces décoratives heureusement couronnées de succès. Le Bibliophile, en tant qu'éditeur artistique, a quelque vanité de n'avoir rien raté dans la mise en oeuvre si complexe de ce livre. Quant au texte, il n'est peut-être pas parfait pour plaire à beaucoup, car sa philosophie antimondaine, parfois même antisociale, a le défaut d'être très personnelle et par conséquent exclusive ; l'écrivain étant d'un absolutisme de pensée rigoureux que d'aucuns trouvent très souvent excessif." (extrait du Catalogue de Quelques-uns des Livres Contemporains en exemplaires choisis, curieux ou unique tirés de la Bibliothèque d'un écrivain et bibliophile parisien et qui seront livrés aux enchères les 2 et 3 mars 1894. Paris, Durel, mars 1894. n°440 pour ce commentaire).


Uzanne a évoqué son attachement au contenu de ce livre qu'il place pour ainsi dire au dessus des autres à cette époque (fin 1887), voici la table des chapitres : Proscenium - Le Monde et la Société - Les Arts et les Lettres - L'Intérieur - L'Etude - L'Amour - Le Voyage - Les Sports - La Table - Le Rêve - La Campagne - et un Appendice correctif (bien senti).


Ce livre, pour l'avoir lu attentivement malgré quelques longueurs et lassitudes ressenties nichées au sein de quelques chapitres, nous livre la pensée d'Octave Uzanne à l'aube de ses 36 ans. Jeune célibataire (L'amour), épris de libertés et d'indépendance, ayant déjà un goût prononcé pour les voyages (Les Voyages) qu'il effectuera bientôt en grand nombre, philosophe (Rêveries), penseur, critique et journaliste, misanthrope aussi, déjà, rêveur presque asocial par certains aspects. Voilà l'Octave qu'il nous dépeint en quelques cent cinquante pages presque toujours richement illustrées. C'est sans doute l'un des livres les plus intimistes qu'il a donné au public avec le Paroissien du célibataire publié deux ans plus tard en 1890. Ce livre est négligé par erreur par les bibliophiles qui ne lisent pas. Il doit, selon nous, au contraire, occuper une place de choix dans la bibliothèques de bibliophiles qui lisent (il en existe).


Bel exemplaire broché à son état de parution, d'une très grande fraîcheur.

VENDU


jeudi 8 mars 2018

Pierre Huber. Recherches sur les moeurs des fourmis indigènes (1810, Genève et Paris, Paschoud). Edition originale. Un des rares exemplaires sur papier vélin fort, à grandes marges.


Pierre Huber.

Recherches sur les moeurs des fourmis indigènes, par P. Huber, membre des Sociétés d'Histoire Naturelle et de Physique de Genève, et associé de celle de Tarn-et-Garonne.

A Paris, chez J. J. Paschoud, libraire, et à Genève chez le même, 1810 (de l'imprimerie de J. J. Paschoud, à Genève)

1 volume in-8 (22,7 x 15,4 cm) de XIII-(1)-(2)-328 pages et 2 planches hors-texte (4 figures sur la première et 13 figures sur la deuxième).

Cartonnage plein papier bleu de l'époque, encore solide mais avec usures (carton du dos plié au milieu et très frotté, coins et coiffes usés). Intérieur frais, imprimé sur beau papier fort.

Édition originale.

Un des quelques exemplaires imprimés sur papier vélin fort (type Whatman), à grandes marges (les exemplaires du tirage courant sont sur papier vergé).

La première planche montre des fourmilières tandis que la deuxième donne la description de diverses fourmis indigènes comme les fourmis roussâtres, les fourmis sanguines, les fourmis noir-cendrées et les fourmis mineuses (planche coloriée à la main). Ces planches sont l'oeuvre de Pierre Huber lui-même.

On trouve les chapitres suivants : de l'architecture - de l'art de bâtir chez les fourmis fauves - architecture des fourmis maçonnes - architecture des fourmis noir-cendrées - architecture des fourmis qui sculptent le bois - architecture des fourmis qui travaillent la sciure de bois - des œufs, larves et nymphes des fourmis - de la fécondation des fourmis et de ses conséquences - départ des fourmis ailées - histoire des fourmis ailées après la fécondation - conduite des ouvrières à l'égard des femelles fécondées - des relations des fourmis entre elles - de la manière dont les fourmis se dirigent dans leurs courses - des migrations des fourmis fauves - de l'affection des fourmis pour leurs compagnes - des guerres des fourmis et de quelques autres particularités - des relations des fourmis avec les pucerons et les gale-insectes - du langage antennal - liaisons des fourmis avec les pucerons - des relations des fourmis avec les gale-insectes - industrie presqu'humaine des fourmis - ressources des fourmis pendant l'hiver - des œufs des pucerons - premier aperçu de l'histoire des fourmis amazones - recherches sur l'origine des fourmilières mixtes - nouvelles considérations sur les fourmis amazones - établissement d'une fourmilière mixte dans un appareil vitré - histoire des fourmis sanguines - considérations sur les insectes qui vivent en république - notes relatives aux espèces - description des fourmis dont il a été question dans cet ouvrage.

"L’un des ouvrages sur l’histoire naturelle les plus remarquables de ce siècle. L’auteur y a consacré un chapitre entier à l’histoire des femelles; il décrit leurs amours, la manière dont s’établissent les nouvelles peuplades… les suit dans leurs émigrations, dans leurs voyages… observe les combats que se livrent les fourmis d’espèces différentes…" (Quérard IV, 149).

Bon exemplaire du rare tirage sur papier vélin. Complet des 2 planches dont la planche de fourmis coloriée à l'époque.

Prix : 900 euros

Comte de Mirabeau. De la Monarchie prussienne sous Frédéric le Grand (1788). Edition originale au format in-4. Exemplaire offert par Mirabeau à son ami Nicolas Frochot (1790). Bel exemplaire non rogné.


Honoré-Gabriel Riquetti de MIRABEAU.

De la monarchie prussienne, sous Frédéric le Grand ; avec un appendice contenant des recherches sur la situation actuelle des principales contrées de l'Allemagne. Par le Comte de Mirabeau.

A Londres, 1788

4 forts volumes in-4 (27 x 21,5 cm) de (10)-XLIV-522, (3)-566-(4), (3)-710-(6) et (3)-560-(1) pages. Portrait de Frédéric le Grand en frontispice du premier volume (gravé par H. Marais en 1788 d'après A. Graf). Exemplaire bien complet des 59 tableaux dépliants (ou non) qui se trouvent à leur place intercalés dans les volumes (les feuillets de placement des tableaux sont présents en tête de chaque volume). Le tome III contient un planche symbolique hors-texte gravée par Ransonnette "Grand Ordre de Monsieur" (p. 489).


Cartonnage plein papier à la colle bleu à l'imitation des cartonnages de l'époque. Entièrement non rogné, cartonné sur brochure, pièces de titre imprimées sur papier (modernes), étuis cartonnés de papier à la colle (un fond d'étui fêlé, sans gravité). Ensemble en superbe état. Intérieurs généralement d'une très grande fraîcheur. Quelques cahiers légèrement teintés ou avec quelques rousseurs.

Sans l'atlas in-folio vendu séparément et contenant 10 cartes sur double page, dressées par Mentelle et gravées par Pierre François Tardieu, 93 planches de tactique non signées.


« Cette importante étude, fort bien documentée, sur la Prusse est le résultat d’une vaste enquête » ; « C’est une œuvre conçue par Mirabeau selon son plan, d’après sa conception de l’histoire économique et philosophique », il « fondait de grands espoirs sur cet ouvrage pour établir sa réputation d’écrivain et obtenir enfin un emploi digne de son talent, de son origine et de son ambition. » (H. Aureille, Bibliographie de Mirabeau.).

On y trouve d'intéressantes informations sur l'organisation militaire de la Prusse, sa législation, son administration et son économie, ainsi qu'un certain nombre de considérations sur la population. Les données statistiques sur les habitants de la Prusse s'y trouvent en grand nombre. On y trouve également de l'économie-politique, les productions agricoles et les richesses naturelles, les manufactures, le commerce, la constitution civile et politique, les revenus et dépenses, le système militaire (tactique) et la religion. Le premier volume s'ouvre sur une délicate et reconnaissante épître "à mon père" (Mirabeau père).


Mirabeau a été aidé pour cet ouvrage par Jakob Mauvillon (1743-1794), physiocrate allemand. On accusé Mirabeau de n'avoir rédigé que quelques passages et préambules de l'ouvrage, le gros du travail revenant à Mauvillon. La correspondance échangée entre Mirabeau et Mauvillon prouve le contraire. Mirabeau était non seulement à l'origine de cet important ouvrage mais encore le maître d'oeuvre et principal rédacteur (certaines études récentes présentent toutefois Mauvillon comme le nègre de Mirabeau pour cet ouvrage). Jean-Charles Laveaux (1747-1829), professeur de langue française à Bâle, puis professeur de littérature française à Stuttgart et à Berlin, à la demande de Frédéric le Grand, a participé à la documentation historique pour cette histoire de la monarchie prussienne.

Provenance : Exemplaire offert par Mirabeau à Nicolas Frochot (1761-1828). Attesté par un petit billet autographe (non signé) par Nicolas Frochot et daté de Paris le 4 avril 1790 présent en tête du premier volume. Frochot y remercie M. le comte de Mirabeau de l'envoi qu'il lui a fait de son ouvrage sur la monarchie prussienne. "Comme il a été bien entendu entre nous que je ne lui vendais pas le petit Cicero de amicitiâ, et que d'ailleurs j'aurais dans ce cas un retour considérable à lui donner. J'accepte ce cadeau non comme un prix d'échange du petit traité de l'Amitié mais comme un don que je m'honorerai toujours de tenirde celle de l'auteur. (en haut du billet il est écrit de la main même de Frochot : Copie de mon billet de remerciement à M. le comte de Mirabeau). Très émouvant billet quand on sait que Nicolas Frochot s'est lié d'une réelle amitié avec Mirabeau qui fit de lui son exécuteur testamentaire. Élu député des États généraux le 25 mars 1789, il est chargé de rédiger les cahiers de doléances du tiers état de sa province, avant de siéger à la Constituante (il se lie à Mirabeau à ce moment là). Il est l'auteur du titre VII de la Constitution, publié sous le titre De la souveraineté nationale dont l'exercice n'est pas constamment délégué. D'abord administrateur de la Côte-d'Or, il est emprisonné sous la Terreur. Libéré à la suite de la chute de Robespierre, il occupe divers postes administratifs avant d'être élu député de la Côte-d'Or en décembre 1799. Quelques mois plus tard, le 22 mars 1800 (1er germinal an VIII), nommé préfet de la Seine par Bonaparte, il démissionne de son mandat de député. Il devient ainsi le premier Préfet de la Seine et de Paris (Étienne Mejan lui est adjoint comme secrétaire général de la préfecture). Il propose de nombreuses réformes à caractère social (prisons, hôpitaux, Mont-de-piété et service des enfants abandonnés), qu'il ne parvient toutefois pas à mettre totalement en application. Il réalise les premiers embellissements et aménagements de voirie décidés par Napoléon, dont la numérotation des immeubles. Il fait percer de nouvelles rues, voies, ponts et marchés. Il fait acheter des terrains, hors des limites du Paris de l'époque, qu'il fait transformer en 4 cimetières : cimetière du Père-Lachaise, cimetière de Montmartre, cimetière du Montparnasse et cimetière de Passy. Il est mis en retraite en 1812, à la suite de la Conspiration de Malet. Il est nommé comte d'Empire. Conseiller d'État honoraire sous la première Restauration, il se rallie à Napoléon qui le nomme préfet des Bouches-du-Rhône durant les Cent-Jours. Il est destitué lors de la deuxième Restauration pour être remplacé par le comte de Vaublanc. Il se retire alors définitivement de la vie publique. (source : wikipédia). Nous pensons que Nicolas Frochot a été gratifié de cette exemplaire sous forme brochée, tel que paru. Un cartonnage a sans doute été donné ensuite à cet ouvrage par Frochot. Le présent cartonnage est à l'imitation du premier. Mirabeau meurt tout juste un an après la rédaction de ce billet de remerciement (2 avril 1791).

Bel exemplaire de cet important ouvrage, offert par Mirabeau à Nicolas Frochot, son ami et exécuteur testamentaire.

Prix : 3.000 euros


mercredi 7 mars 2018

Mario Uchard. Paul Avril. Mon oncle Barbassou (1884). 1/125 sur japon avec suite. Reliure en maroquin de Victor Champs.

Mario UCHARD

MON ONCLE BARBASSOU orné de 40 compositions gravées à l'eau-forte par Paul Avril.

Paris, J. Lemonnyer, libraire-éditeur, 1884. Achevé d'imprimer le 30 septembre 1883 par Pillet et Dumoulin pour le compte de J. Lemonnyer, libraire-éditeur à Paris.

1 volume grand in-8 (24,5 x 16,5 cm) de (2)-311 pages. Frontispice et vignettes dans le texte.

Reliure demi-maroquin corail à larges coins, dos à nerfs richement décoré aux petits fersn filets et roulettes dorés, tête dorée, non rogné, couverture bleue imprimée et dos d'origine du brochage conservés en parfait état (reliure de l'époque signée Victor Champs). Reliure très fraîche. Intérieur en excellent état si ce n'est des rousseurs sur les plats de couverture et à quelques feuillets.


1 des 125 exemplaires sur papier du Japon avec suite des vignettes de Paul Avril.

Première édition illustrée.


Contient les 40 eaux-fortes eaux-fortes terminées tirées dans le texte et la suite intercalée (signée par l'artiste à la pointe sèche).

Le tirage total (1.000) comprend en outre 500 vélin, 275 vergé de Hollande, 50 chine, 50 Japon avec deux suites.


Mon oncle Barbassou a été publié pour la première fois en 1877. Cette première édition n'était pas illustrée.

Cette superbe édition finement illustrée par Paul Avril a été publiée au prix de 200 francs sur papier Japon (1/50). Prix exorbitant pour l'époque même pour une édition de luxe.

Ce roman est une "charmante turquerie" (Larousse).


Référence : Vicaire VII, 910-911 ; O. Uzanne, Nos amis les livres, 1886, pp. 14-16.

Délicieux volume finement relié à l'époque par Victor Champs. Magnifique et spirituelle illustration de Paul Avril.

Prix : 400 euros


lundi 5 mars 2018

Octave Uzanne. Félicien Rops. Son Altesse la Femme (1885). 1 des 100 exemplaires sur Japon. Belle reliure de l'époque signée Victor Champs.


Octave UZANNE

SON ALTESSE LA FEMME PAR OCTAVE UZANNE. Illustrations de Henri Gervex, J.-A. Gonzalès, L. Kratké, Albert Lynch, Adrien Moreau et Félicien Rops.

Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur, 1885.

1 volume grand in-8 (28 x 19 cm) de (4)-XII-312-(2) pages. Illustrations en couleurs hors-texte et dans le texte en noir.

Reliure de l'époque demi-maroquin caramel mou à coins, dos richement orné aux petits fers dorés, millésime doré en queue, tête dorée, non rogné, filets dorés sur les plats, couverture illustrée par Gustave Fraipont conservée en très bon état (en 2 morceaux, au début et à la fin du volume, avec le dos du brochage). (Reliure signée V. Champs). Quelques légers frottements et marques à la reliure, sans aucune incidence sur la beauté et la solidité de l'ensemble.


Édition originale.


1 des 100 exemplaires sur Japon avec 2 états des encadrements de tête de chapitre et 1 seul état des hors-texte contrecollés sur feuille de Japon (avant la lettre).



Ce superbe livre, l'un des plus beaux consacrés à la femme par Octave Uzanne, est illustré de 11 très jolies eaux-fortes en couleurs hors-texte. Ce livre était publié à 45 francs. Le tirage "ordinaire" si l'on peut dire tant le papier ordinaire est superbe, est sur papier teinté des Vosges (tirage à petit nombre non indiqué, sans doute moins de 1.000 exemplaires). Il existe 100 ex. sur Japon (100 fr. - tirage de notre exemplaire) et 100 ex. sur Japon réimposés (200 fr.).


Ce livre est recherché notamment pour les trois très jolies eaux-fortes données ici par l'artiste Félicien Rops (compendium maleficarum, l'amour aux champs, et mulieriana). Les autres eaux-fortes données par Gervex, Lynch, Kratké, Moreau et Gonzalès, sont de très grande qualité. Ces eaux-fortes en couleurs ont été obtenues grâce à la technique dite du "repérage", c'est-à-dire que l'eau-forte était "positionnée" avec précision grâce à des repères (petites épingles piquées en haut et en bas des feuilles) sous la presse pour chaque passage de couleurs différentes. Le résultat obtenu était très convaincant pour l'époque (1885). Le volume est également illustré de bordures de pages en noir à l'eau-forte, quelques petites gravures sur bois. Une réalisation magnifique et très innovante comme Octave Uzanne savait les diriger pour les bibliophiles de son temps.


La couverture est illustrée tout au long (plats et dos) d'une grande composition florale japonisante de G. Fraipont.

Ce livre trait de l'histoire de la femme depuis le moyen-âge jusqu'aux dernières années du XIXe siècle avec la "Parisienne moderne". On peut y lire les chapitres sauivant : Le vray mirouer de sorcellerie, La mie du poete, La précieuse, La caillette, La citoyenne française, Les galanteries du directoire, Sous la restauration, L'amour aux champs, La parisienne moderne, et Mulieriana (mélange de pensées et d'aphorismes sur les femmes).


Référence : Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, tome VII, 924. Carteret IV, 384 : "Ouvrage documentaire du plus vif intérêt."

Bel exemplaire joliment établi par Victor Champs, le relieur fétiche d'Octave Uzanne

Très beau livre érigé à la gloire de la Femme, par le "Monsieur de ces Dames".


VENDU

vendredi 2 mars 2018

Jansénisme. Pierre Codde et l'église de Hollande contre Rome (1707-1712). Recueil de 3 pièces imprimées. Bel exemplaire. Polémique religieuse.


JANSÉNISME. [Pierre Codde - Nicolas Petitpied]

RECUEIL DE PIÈCES.



1. Déclaration apologétique de Messire Pierre Codde, archevêque de Sebaste, où il est fait une déduction simple et fidèle des principaux points sur son affaire. Avec des preuves authentiques et des pièces justificatives. Traduite du latin de ce prélat.

A Utrecht, chez Théodore van den Eynden, 1707

213-(2) pages.



2. Justification de la mémoire de M. Pierre Codde, archevêque de Sebaste, vicaire apostolique dans les Provinces-Unies, contre un décret de l'Inquisition du 14 janvier 1711. En deux parties.

S.l.n.n., 1711

(7)-148 pages.



3. De l'injuste accusation de jansénisme. Plainte de M. Habert, docteur en théologie de la Maison et Société de Sorbonne, à l'occasion des défenses de l'auteur de la Théologie du Séminaire de Châlons, contre un libelle intitulé : Dénonciation de la Théologie de M. Habert, adressée à S. E. M. le cardinal de Noailles archevêque de Paris, et à M. l'évêque de Châlons sur Marne.

S.l.n.n., 1712

XX-196-(24) pages.

Ensemble 3 pièces imprimées.

Reliure de l'époque plein basane fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges. Reliure très fraîche malgré quelques minimes piqûres de vers au dos, sans conséquence. Intérieur très frais.



Édition originale pour ces trois pièces.

Intéressant recueil pour servir à l'histoire du schisme janséniste hollandais à la fin du XVIIe siècle. Nommé vicaire apostolique de Hollande par Rome (Innocent XI) en février 1689 avec le titre d'archevêque de Sebaste, accusé de jansénisme, il fut démis de cette charge en 1702. "Les choses avaient été portées à un tel point sur le Vicariat Apostolique de M. Codde, que les Prêtres Jansénistes administraient les sacrements en langue vulgaire, récitaient en Flamand toutes les Prières du Rituel Romain. Au reste, les différentes Apologies qu'on a publié en faveur de M. de Sébaste (Pierre Codde), ont été défendues sous peine d’excommunication." (Cf. Dictionnaire des livres jansénistes, 1755, p. 354). "Pierre Codde mourut le 18 décembre 1710 ; et comme il mourut dans son obstination et dans ses erreurs, le pape par un décret du 14 janvier 1711 condamna sa mémoire, et défendit de prier pour lui. Les jansénistes publièrent un libelle contre ce décret, intitulé : Justification de la mémoire de M. Pierre Codde, etc. (pièce n°2 de notre recueil). La pièce n°3 du recueil est l'oeuvre de Nicolas Petitpied, docteur en théologie, farouche janséniste. Dans cette pièce imprimée, Petitpied reproche à Habert d'avoir attaqué des théologiens irréprochables (les jansénistes). Petitpied est l'un des quarante signataires du Cas de conscience 20 juillet 1703. Lorsque le Cas de conscience est condamné par Rome, il refuse de se rétracter et va rejoindre en Hollande son ami Pasquier Quesnel. Il continue ensuite à soutenir les idées jansénistes à travers ses écrits. Il est l'un des adversaires les plus acharnés de la bulle Unigenitus de 1713.

Ensemble intéressant et peu commun.

Bel exemplaire.

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