Beaux livres anciens et modernes - Bibliophilie - Reliures - Editions originales - Livres illustrés - Estampes - Dessins - Photographies - Bertrand Hugonnard-Roche, Bibliophile - libraire.
dimanche 14 janvier 2018
Voltaire. La défense de mon oncle (1767) et Recueil des requêtes, placets et mémoires etc. (1782). Recueil de deux rares textes satiriques du siècle des Lumières.
[Voltaire].
La défense de mon oncle [contre ses infâmes persécuteurs].
s.l.n.d. [1767, Hollande ?]
136 pages y compris le faux-titre (qui sert de titre), l'avertissement essentiel ou inutile (3 pages) et la table à la fin (4 pages).
Relié à la suite :
[Michielsen ?]
Recueil des requêtes, placets et mémoires, les plus intéressants, que l'on présenta à Sa Majesté Impériale Joseph II, durant le Voyage qu'il fit dans ses Pays-Bas en 1781. Sa Majesté Impériale Joseph II à fait insérer dans ce recueil L'Apocalypse du Bien Heureux Jean, Apôtre de la Philosophie : Songe Philosophique Extraordinaire, que les Censeurs Ecclésiastiques, de Pays-Bas, n'avaient pas laissé imprimer.
A Vienne en Autriche, de l'imprimerie de la Cour, 1782. [?]
(6)-83 pages.
2 ouvrages reliés ensemble en 1 volume demi-maroquin noir à grain long, dos lisse orné, plats de papier marbré bleu, doublures et gardes blanches (reliure anglais du début du XIXe siècle). La dernière page (136) du premier ouvrage est légèrement salie, sinon bel intérieur très frais. Beau papier bien blanc. Reliure en très bon état avec quelques petites usures et frottements (plats), coiffe supérieure légèrement usée (peu visible).
Le premier ouvrage, La défense de mon oncle [contre ses infâmes persécuteurs] est ici dans une édition qui reproduit le texte du tout premier tirage avec une fidélité exemplaire, comme le souligne José-Michel Moureaux dans son étude des différentes éditions de ce texte de Voltaire. On y relève à peine une demi douzaine de variantes légères, écrit-il, et pratiquement pas de coquilles. Cette édition faite avec des caractères hollandais n'es pas parisienne. Il est également impossible qu'elle ait été exécutée en province. Moureaux conclut donc à "une édition hollandaise, à la rigueur anglaise". Moureaux précise encore que ce tirage ne figurait pas dans la bibliothèque de Voltaire. Dans cette édition classifiée "C" par Moureaux, l'avertissement est présent et intégré à la pagination, tout comme la table qu'on trouve à la fin.
Ce livre a remporté tout de suite un vif succès. Grimm en a entretenu ses lecteurs dès le 15 juillet 1767 (les premiers exemplaires apparaissent à la fin du mois de juin) avec un enthousiasme débordant : " (...) l'on étouffe de rire à chaque page. Il est impossible de rien lire de plus gai, de plus fou, de plus sage, de plus érudit, de plus philosophique, de plus profond, de plus puissant que cette Défense, et il faut convenir qu'un jeune homme de soixante treize ans comme neveu, sujet à ces saillies de jeunesse, est un rare phénomène." (Correspondance littéraire tome VII, p. 367, cité par Moureaux).
"Cet ouvrage est une plaisanterie particulièrement dirigée contre un M. Larcher, auteur obscur d'un prétendu Supplément à la Philosophie de l'Histoire [...] M. de Voltaire, dont l'amour-propre s'égratigne facilement, accommode de toutes pièces ce piteux adversaire. Il enveloppe aussi dans cette facétie Fréron et autres personnages, plastrons ordinaires de ses railleries. On ne peut refuser à cet écrit beaucoup de gaîté et même le feu de la jeunesse." (Bachaumont, 24 juillet 1767).
On trouve dans cette défense des chapitres aussi curieux que : de la providence - l'apologie des dames de Babilone - de l'alcoran - des romains - de la sodomie - de l'inceste - de la bestialité et du bouc du sabbath - d'Abraham et de Ninon de Lenclos - du temple de Tyr - des Chinois - de l'Inde et du Vedam - que les juifs haïssaient toutes les nations - de Warburton (pamphlet ajouté ici) - des hommes de différentes couleurs, etc.
Référence : J.-M. Moureaux, La défense de mon oncle, édition critique, Genève, Slatkine, 1978.
Le second ouvrage, Recueil de requêtes etc., serait l'oeuvre (entre autres) d'un certain Michielsen, employé au Comité de la Caisse de Religion, "qui présenta une série de requêtes soit disant présentées à l'empereur Joseph II lors de son voyage aux Pays-Bas. En vérité, il s'agissait de requêtes fictives et satiriques. Dans un style à la fois d'une grande finesse, plein d'allusions et de virulence, l'auteur s'attaqua au clergé, à la noblesse et aux commerçants-escrocs en les ridiculisant. On y trouve tout le patrimoine, ou dois-je dire tout le résidu des Lumières, même une obscénité libertine qui s'en prend à la religion (...)" (extrait des Etudes sur le XVIIIe siècle, volume 6, Roland Mortier, Hervé Hasquin, Université libre de Bruxelles. Groupe d'étude du XVIIIe siècle, Éditions de l'Université de Bruxelles, 1980).
On compte en tout, outre un avertissement (4 pages), 13 requêtes dont 2 en latin (qu'il faut traduire pour en tirer toute la verve satirique). A la fin du volume on trouve imprimée sur 3 pages une liste des livres choisis à placer dans différentes bibliothèques publiques aux Pays-Bas (on y trouve la plupart des livres matérialistes et anticléricaux parus à l'époque (Boulanger, Voltaire, Helvétius, Rousseau, le bon sens du curé Meslier, le Compère Mathieu de Du Laurens, l'Arétin moderne, etc. A la suite et sur 11 pages on trouve l'Apocalypse du Bien Heureux Jean apôtre de la philosophie.
Ce volume est indiqué en 1836 comme une satire fort peu spirituelle mais rare et recherché (Chronique rimée de Philippe Mouskes, vol. 1).
Ouvrage rare.
Réunion très intéressante de deux textes satiriques et philosophiques.
Bel exemplaire.
Prix : 950 euros
vendredi 12 janvier 2018
Louis Reybaud. Rapport sur la condition morale, intellectuelle et matérielle, des ouvriers qui vivent de l'industrie du coton (1860-1862). Rare édition originale in-4 publiée dans les Mémoires de l'Académie des sciences. Bel exemplaire.
Louis REYBAUD.
Rapport sur la condition morale, intellectuelle et matérielle, des ouvriers qui vivent de l'industrie du coton, par M. Louis Reybaud. Fait à la suite d'une mission que lui a confiée l'Académie. Lu dans les séances des 1er et 15 décembre 1860 ; 23 février, 1er et juin, 20 juillet, 10 août, 2 et 23 novembre 1861 ; 18 janvier, 8 février, 10 et 24 mai et 7 juin 1862.
S.l.n.d. [1862] [Imprimerie Royale]
1 volume grand in-4 (27,8 x 22 cm) paginé de [603] à 1014.
Reliure postérieure demi-percaline noire, filets dorés au dos, plats de papier marbré. Deux coins légèrement touchés sans gravité sinon très bel exemplaire très frais. Il n'y a pas de page de titre spéciale (ce qui est normal). Papier de qualité, sans rousseurs.
Edition originale rare publiée immédiatement à la suite des lectures à l'Académie dans le tome XI des Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques.
L'Académie des sciences avait confié à Reybaud plusieurs missions sur l'état de l'industrie en France : ouvriers du coton, de la soie, de la laine, de l'industrie du fer. Chacune de ces missions a fait l'objet d'un rapport très détaillé et très intéressant.
Louis Reybaud (1799-1879) est un homme politique et économiste libéral et auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire politique et sociale de la France au milieu du XIXe siècle : Jérôme Paturot à la recherche d'une position sociale (1842), Jérôme Paturot à la recherche de la meilleure des républiques (1846), Etudes sur les réformateurs ou socialistes modernes (1842), etc.
"En disciplinant la vapeur et en la mettant au service de l'homme, la science a du même coup créé l'agglomération manufacturière et porté une atteinte profonde à l'activité qui avait le toit de la famille pour abri. Devant cette fatalité inexorable, comment oublier les avantages d'un régime qui, depuis tant de siècles, avait prévalu dans l'exercice des industries ? Comment assister sans regret au bouleversement de tant d'existences, aux souffrances et aux misères inséparables d'un changement de condition ? Même aujourd'hui que cette révolution est plus d'à moitié accomplie, des milliers de tisserands luttent encore dans nos campagnes contre cette force qui doit les briser si elle ne les absorbe pas ! Les Vosges, la Normandie, l'Alsace, la Bretagne, l'Artois, le Hainaut, les Flandres et d'autres provinces encore comptent des légions d'ouvriers qui restent attachés à leurs métiers de ménage comme à un dernier débris. Ils voient monter le flot qui les doit engloutir, et plutôt que de chercher un refuge ailleurs, ils l'attendent avec une énergie désespérée. La manufacture a beau empiéter sur eux, ils lui tiennent tête; ils se résignent aux réductions de salaires, aux chômages, aux privations; en vaillants soldats, ils aimeront mieux mourir que de rendre leurs armes. Quand on a vu de près comme moi ces derniers défenseurs de l'industrie domestique, recueilli leurs plaintes, calculé leurs ressources, on se sent pris d'une compassion profonde. L'illusion n'est cependant pas permise. En comparant ces instruments imparfaits avec les appareils perfectionnés des manufactures, cette main d'œuvre élémentaire avec la main-d'œuvre organisée, on comprend que la vie se retire de ces ateliers de campagne; si dignes d'intérêt qu'ils soient, ils sont, pour certaines industries du moins, irrévocablement condamnés. [...]" (extrait p. 617-618).
Ce texte a paru l'année suivante en librairie au format in-8 sous le titre : Le Coton. Son régime, ses problèmes, son influence en Europe. Nouvelle série des études sur le Régime des manufactures. Paris, Michel Lévy Frères, 1863.
Bel exemplaire.
Prix : 850 euros
jeudi 11 janvier 2018
Octave Uzanne. La Femme à Paris. Nos Contemporaines. Les Parisiennes de ce temps (1894). Magnifique ouvrage illustré par Pierre Vidal et tiré à petit nombre. Magnifique couverture Art Nouveau signée Léon Rudnicki. Exemplaire à l'état proche du neuf, complet de sa chemise en soie brodée.
Octave UZANNE - Léon RUDNICKI (illustrateur) - Pierre VIDAL (illustrateur).
La femme à Paris. Nos Contemporaines, Notes succesives sur les Parisiennes de ce temps dans leurs divers milieux, états et conditions, par Octave Uzanne. Illustrations de Pierre Vidal.
Paris, Ancienne Maison Quantin, Librairies-Imprimeurs réunis, May & Motteroz, 1894.
1 volume grand in-8 (28,5 x 19,5 cm) de (4)-VI-328-(6) pages, broché, couverture illustrée en couleurs dessinées par Léon Rudnicki. Exemplaire à l'état proche du neuf tel que sorti des presses de l'imprimeur. 20 eaux-fortes hors texte coloriées. Bien complet de sa chemise en soie brodée et imprimée à lacets (à l'état proche du neuf également).
Édition originale.
Exemplaire du tirage courant "A petit nombre", imprimé sur papier vélin teinté filigrané de motifs floraux.
Il s'agit là sans aucun doute possible de l'un des plus beaux ouvrages écrits, conçus et réalisés par Octave Uzanne à la fin du XIXe siècle. Ce volume, destiné aux bibliophiles aisés, a été superbement illustré par Pierre Vidal de très nombreuses vignettes tirées dans le texte (une partie des vignettes dans le texte ayant été coloriées par Albert Charpentier, coloriste à Paris) et de 20 très jolies eaux-fortes hors texte. Il a été achevé d'imprimer le 8 novembre 1893 (pour les livres d'étrennes)
Cet ouvrage offre un panorama vivant et complet de "la femme" vue au travers du prisme déformant que pouvait être l’œil d'Octave Uzanne, l"homme qui aimait les femmes, cet éternel dandy célibataire. Divisé en quatre parties, ce volume contient : la physiologie de la contemporaine (la parisienne contemporaine - le nu moderne - la toilette à Paris). La femme à Paris dans ses différents milieux, états et conditions (géographie de la femme à Paris - les domestiques - les ouvrières - les marchandes et boutiquières - demoiselles et employées de magasin - les dames d'administration - femmes artistes et bas-bleus - les femmes de théâtre, comédiennes, chanteuses, danseuses, écuyères, acrobates - les femmes de sport et gynandres - la bourgeoise parisienne). La femme hors des lois morales (la basse prostitution - prostitution bourgeoise - prostitution clandestine - les Phrynées actuelles). Psychologie de la contemporaine (la contemporaine fille, femme et mère). On voit que le panorama peut difficilement être plus complet.
Cet ouvrage se fait remarquer notamment par une très jolie couverture "Art Nouveau" imprimée en couleurs et signée de l'artiste peintre Léon Rudnicki (ici à l'état parfait).
Superbe exemplaire, tel que paru, complet de sa chemise brodée en soie.
Très rare dans cette condition.
VENDU - Prix : 950 euros
mardi 9 janvier 2018
Rétif de La Bretonne. Le Ménage Parisien (1773). Edition originale rare jamais réimprimée ni contrefaite de ce "roman-farce" très plaisant. Bel exemplaire en condition d'époque.
[Nicolas-Edme RÉTIF DE LA BRETONNE].
Le ménage parisien, ou Déliée et Sotentout. Première et Seconde partie.
Imprimé à La-Haie, 1773 [A Rouen, chez Leboucher et à Paris, chez De Hansy]
2 parties en 1 volumes in-12 (16,7 x 10,5 cm) de (11)-186-XXXII et (1)-186-[XXXIII à XCII]-(5) pages. Titres imprimés en rouge et noir dans un encadrement. Quelques pages imprimées en rouge et noir.
Reliure de l'époque plein vélin ivoir, dos à nerfs, pièce de titre de maroquin rouge, tranches marbrées, gardes et doublures de papier marbré (première garde remplacée). Ensemble très frais. Quelques feuillets légèrement teintés. Noms manuscrits ajoutés à l'époque dans les notes de la fin (clé).
Édition originale rare imprimée à 1.250 exemplaires qui n'a jamais été ni réimprimée ni contrefaite.
Cet ouvrage fut commencé à la fin de 1772 et imprimé pendant le Carême 1773, sa publication ensuite fut retardée jusqu'en juin.
Ce « roman-farce » comme le définit lui-même Rétif, « tient du roman grâce au « récit » [et] rappelle la farce par son esprit loufoque, le rire qu’il suscite et surtout par son personnage : Sotentout, le sot. Le Ménage parisien est en effet placé, dès l’épître dédicatoire, sous le patronage du fameux vers de Boileau : « Un Sot trouve toujours un plus Sot qui l’admire » [...] Avec Le Ménage parisien, nous sommes témoins pour la première et l’unique fois dans l’œuvre rétivienne, de toute la complexité qui régit le rapport de Rétif aux mots et à la littérature. Par certains de ses aspects, ce récit est un exercice de style, une sorte d’entraînement sur le verbe et sur « l’élasticité » des mots. L’auteur semble y éprouver son pouvoir sur les faits, à travers son rôle de « modérateur du fil » et son pouvoir sur les mots, à travers sa nouvelle orthographe d’abord (système exposé dès l’épître dédicatoire), mais surtout à travers cette logorrhée jubilatoire à l’origine du rire franc du Ménage. (Asma Guezmir).
Restif lui-même se montre très sévère pour ce roman piquant, quoique méconnu, qu’il éreinte dans sa Revue des ouvrages de l’auteur (1784, où il est décrit comme déjà épuisé) et dans Monsieur Nicolas. Les ennuis que ce texte connut avec la censure — alors même qu’il avait été examiné par Crébillon fils — proviennent de sa partie satirique : sous la rubrique d’Académie sotentoute, Restif s’en prend aux principaux hommes de lettres en place, ce qui ne fut pas du goût de la direction de la Librairie.
Notre exemplaire contient 2 feuillets à la fin (Envoi de cet ouvrage à ces Messieurs) et 1 feuillet imprimé au recto seulement (explication "des noms un-peu barbares dans le chapitre des Notes de la Seconde partie" et avec une courte liste des ouvrages du même auteur qu'on trouve chez le même libraire (Leboucher à Rouen), ce feuillet ne se trouve pas dans l'exemplaire de la Bnf coté RES-Y2-3405. Par ailleurs, non signalé dans les autres exemplaires que nous avons pu consulter (y compris l'exemplaire de la réserve des livres rares de la Bnf, cote RES-Y2-3405), on trouve à la suite de la première page de titre, un feuillet de faux-titre avec l'adresse des libraires Leboucher et de Hansy, avec au verso les "Fautes à corriger" (15 fautes à corriger).
Une note manuscrite indique à la fin des notes de la première partie que ces 2 volumes ont été achetés le 14 juin juin 1773 (nous donne exactement la date de parution des volumes en librairie) pour le prix de 2 livres 10 sols les 2 volumes. Le nom de Rétif de La Bretonne a été ajouté à la plume sur le premier titre probablement de la même main.
Référence : Lacroix, 116-118 ; Rives Child, 220-221, XI. ; Asma Guezmir, « Le mariage dans Le Ménage parisien : une relation parodique ? », Études rétiviennes, 44, Actes du Colloque de Clermont-Ferrand (7-8 juin 2012), « Le drame conjugal dans l’œuvre de Rétif de la Bretonne : désastre intime et enjeux politiques », décembre 2012, p. 97-107.
Bel exemplaire en condition d'époque, complet du feuillet de faux-titre-errata et du feuillet final.
VENDU
samedi 6 janvier 2018
Claude Tillier. Mon oncle Benjamin (1930). Avec 184 aquarelles par Pierre Paschal. Superbe exemplaire relié plein maroquin châtaigne.
Claude TILLIER.
Mon oncle Benjamin. Avec les variantes, une clef des Personnages du roman par Alfred Massé. 12 fac-similés et 184 aquarelles originales par Pierre Paschal.
Dorbon Aîné, Paris, s.d. (1930)
2 volumes in-4 (27,5 x 21,5 cm) de LI-206 et 207 à 442-(1) pages (pagination continue).
Reliure plein maroquin châtaigne, dos à nerfs, tête dorée, non rogné, encadrement intérieur de maroquin souligné de trois filets dorés concentriques (reliures signées P. MANNE). Exemplaire à l'état proche du neuf. Quelques légères décharges sur quelques feuillets en regard des aquarelles. Tous les papiers de soie protecteurs sont présents, reliés dans les volumes.
Tirage à 520 exemplaires. Celui-ci, 1 des 450 sur papier vélin à la forme de Vincent Montgolfier filigrané au bouquineur (papier spécialement fabriqué pour l'éditeur Dorbon). Les aquarelles au pochoir sont dues à Jacomet.
Le roman est constitué par le récit d'un narrateur rapportant quelques épisodes de la vie du frère de sa grand-mère, Benjamin Rathery, qui est donc en réalité son grand-oncle. Le lieu du récit est Clamecy, l'époque est la fin du règne de Louis XV ou le règne de Louis XVI, au moins dix ans après la bataille de Fontenoy. Le narrateur est le fils de Gaspard Machecourt, fils aîné de la sœur de Benjamin et d'un huissier de justice de Clamecy. Âgé de 28 ans, Benjamin Rathery est un médecin peu convaincu, ne voulant pas payer ses dettes, plutôt amateur de bonnes bouteilles, assez cultivé, portant l'épée, célibataire convaincu. Sa sœur, chez qui il vit, cherche à le convaincre de se marier, ce qu'il accepte à la suite d'un incident de beuverie : il a blessé son beau-frère au cours d'une parodie de duel. Le choix se porte sur la fille d'un autre médecin des environs, Minxit.
Claude Tillier, né le 11 avril 1801 à Clamecy (Nièvre) et mort le 12 octobre 1844, fut un pamphlétaire et romancier français. Fils d'un serrurier aux maigres ressources, il réussit à suivre des études au lycée de Bourges grâce à une bourse accordée par la ville de Clamecy. Ses classes terminées, la modicité de sa fortune l'oblige à embrasser la profession de maître d'études à Soissons, puis à Paris. Il raconte dans ses mémoires comment « son bouquet de rhétorique au côté, comme un domestique à la Saint-Jean, il alla offrir ses services aux revendeurs de grec et de latin de la capitale ». Il finit par être renvoyé, et, en 1821, il tombe au sort et effectue un service militaire de six ans. À son retour, il est nommé instituteur puis directeur d'école. Parallèlement, il œuvre comme journaliste à L’Indépendant à Clamecy, puis à L’Association, un journal démocratique de Nevers, pour lesquels il écrit aussi des feuilletons. Ses prises de position à l'encontre des notables locaux lui coûtent son poste de directeur à Clamecy. Il meurt d'une maladie de poitrine et repose à Nevers
Sobres et élégantes reliures de Paul Manne sur un classique de la littérature nivernaise.
Paul Manne (ancien élève de l'École Estienne établi à Paris rue Princesse en 1933, puis rue Mabillon en 1934, décédé en 1981 - Fléty, Dict. des relieurs p. 119)
Somptueux exemplaire ayant eu les honneurs de reliures en plein maroquin de qualité.
Prix : 950 euros
vendredi 5 janvier 2018
Ernest Tarbouriech. La Cité future (1902). Essai d'une utopie scientifique. Edition originale. Bel exemplaire en reliure de l'époque.
Ernest TARBOURIECH.
La Cité Future. Essai d'une utopie scientifique.
Paris, P.-V. Stock, 1902 [imprimerie A. Pichat, Châtillon-sur-Seine].
1 volume in-12 (18,5 x 11,5 cm) de 484 pages.
Reliure de l'époque demi-chagrin noir, dos à nerfs, filets dorés, initiales V. B. en queue. Bel exemplaire, parfaitement conservé, imprimé sur papier "sain" (non cassant) à contrario de la plupart des éditions sur papier ordinaire de l'éditeur P.-V. Stock.
Édition originale.
Exemplaire sur papier d'édition. Il n' a été tiré que 5 exemplaires sur papiers de Hollande.
Cet ouvrage important contient un programme politique et social novateur basé sur le collectivisme et le socialisme pratique. Loin des idéologies pures, il s'agit ici de créer un nouveau modèle de société. Ernest Tarbouriech (1865-1911) était docteur en droit. Il publia en 1896 un essai sur La Responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail, et il enseigna au Collège des sciences sociales de Bruxelles dont il fut l'un des fondateurs. Dreyfusard et militant de la première heure à la Ligue des Droits de l'Homme, il adhère au parti socialiste en 1900. Il fut l'un des intellectuels qui contribua à forger la doctrine socialiste. Il fut un grand défenseur des droits des femmes. En 1910, moins d'un an avant sa mort, il est élu député S.F.I.O. du Jura.
"La Cité future n'est pas une fable, une fiction utopique, mais une réflexion sérieuse et approfondie, appuyée sur la science ainsi que l'indique le sous-titre, une science au service du progrès et du socialisme et non pas seulement garante de la conservation de l'ordre comme chez Jules Strada. Tarbouriech imagine une société collectiviste basée sur six formules : à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses forces, chaque individu doit trouver un intérêt dans la prospérité du groupe, hommes et femmes se partagent sur un pied d'égalité les travaux domestiques et la production sociale, le collectivisme sera national : la communauté politique de base reste en effet la nation. Ces principes généraux une fois posés, Tarbouriech examine dans le détail l'organisation à venir de la société collectiviste. En ce qui concerne la grande ville et Paris en particulier, La Cité future affiche un programme sévère : la société doit être purifiée du miasme urbain. Paris exerce une attraction délétère sur les oisifs "millionnaires traînant leur stupide existence", sur les déchets sociaux qui ne travaillent pas mais mendient et trafiquent, les "chasseurs de pièces de cent sous". (extrait de Les deux Paris, Jean-Pierre A. Bernard, p. 120)
"Les institutions que je me plais à faire fonctionner par la pensée, les règlements que j'expose comme si j'avais sur ma table les Codes Collectivistes, au lieu du recueil des lois bourgeoises, les pratiques administratives dont je parle au présent comme si je vivais en l'an 2000, tout cela n'est pas le produit de mon imagination, ce n'est que l'adaptation à l'économie collectiviste qui triomphera un jour, d'éléments empruntés à la vie contemporaine. Si mon rêve d'avenir mérite de retenir l'attention, ce sera par ses constantes allusions au présent." (dernier paragraphe de la Cité future).
La Cité future sera réimprimé en 1910 avec mention de seconde édition, seul tirage avec celui de 1902.
Bel exemplaire.
Prix : 650 euros
dimanche 31 décembre 2017
mardi 19 décembre 2017
Jean-Marie Chassaignon. Les Cataractes de l'Imagination, déluge de la Scribomanie, Vomissement littéraire, Hémorragie Encyclopédique, etc. [1779]. 4 volumes in-12. Bel exemplaire en cartonnage de ce rare ouvrage complètement "barré".
[Jean-Marie CHASSAIGNON]
CATARACTES DE L'IMAGINATION, Déluge de le Scribomanie, Vomissement Littéraire, Hémorragie Encyclopédique, Monstre des Montres, par Épiménide l'Inspiré.
Dans l'antre de Trophonius, au Pays des Visions, 1779 [Genève ?].
4 volumes in-12 (17 x 10 cm) de 363-(1) ; 338 ; 316 et 417 pages. Frontispice gravé à l'eau-forte aux tomes I et II (imprimés sur papier bleu).
Cartonnage plein papier à la colle bleu à l'imitation des cartonnages de l'époque. Petits coins de parchemin. Pièces de titre à l'encre sur papier aux dos. Les gardes blanches sont absentes. Bien complet de tous les faux-titres et des deux très-jolis frontispices. Très bon état de l'ensemble.
Édition originale rare et unique édition de cet ouvrage complètement "fou".
Tout a été écrit ou presque sur Jean-Marie Chassaignon (1743-1795), nous renverrons donc aux principales notices biographiques de référence, notamment à celle de Benoît Melançon publiée en mai 1998 (Tangence, Littérateurs atypiques et penseurs irréguliers, n°57 - publié sur Erudit.org).
"Mystique et instable" pour les uns, ce lyonnais de 44 ans donnait dans ces 4 volumes un ensemble de textes imbriqués et très compliqué à démêler. Benoît Melançon, de l'Université de Montréal, croit déceler chez Chassaignon un homme très érudit, nourri de ses très nombreuses lectures, cherchant à exposer aux lecteurs, selon son plan impénétrable, ses critiques, ses visions, ses sensations, toutes faites de l'ingestion et de la déjection de ses propres sensations. Cet ouvrage bizarre, produit par un cerveau en délire, comme l'écrivait Hoefer au XIXe siècle (Biographie Générale), porte en lui les germes du monde nouveau. Celui d'après les Lumières. Chez Chassaignon les Lumières étaient allumées au rouge sang, parfois noires comme la mort, clignotantes ou persistantes, mais jamais éteintes. En lire quelques passages permet de s'en convaincre rapidement.
Alors, Chassaignon malade mental ? A classer parmi les fous littéraires (ce qui a été fait) ; Chassaigné illuminé ? prophète ? lucide ? extra-lucide ? conscient de son état ? Ce qui est certain c'est qu'il laisse ici un "Monstre" d'où sortent les "Entrailles du Monstre", laissant finalement pointer un "Arrière-Monstre" non moins effrayant que tout le reste. Quérard insiste quant à lui sur la profonde érudition déployée par l'auteur tout au long des volumes, cependant mêlée d'incohérence.
" [...] Dieu vivant, qui lis dans le fond de mon âme ... qui connaît le but de mon ouvrage ... dont le souffle brûlant pénètre jusqu'à la moelle de mes os ... dont le sans ineffable rougit mes entrailles et m'inonde tout entier ... Être souverain, que j'invoque au lever de l'aurore, que j'invoque au coucher du soleil... j'en appelle à toi [...]" (extrait du IIIe volume).
Chassaignon pouvait-il être tout à fait lucide et conscient du plan de son ouvrage ? « Si, malgré tous mes aveux et mes protestations, écrit-il dans sa préface, on s'obstine encore à me démontrer que mon ouvrage est extravagant, et que je n'aurais jamais dû le mettre au jour, esprits froids, apathiques géomètres, m'écrierai-je, en lançant un regard de colère sur mes persécuteurs acharnés, qui n'avez jamais senti remuer votre être, tressaillir, fermenter vos facultés, qui n'avez jamais éprouvé le bouleversement d'une âme impétueuse, accablée du poids de ses idées, tourmentée par une excessive énergie et par un besoin d'explosion. Ah! si vous connaissiez les pénibles convulsions d'un enthousiasme retenu, plus indulgents, vous me plaindriez et vous applaudiriez aux débordements de mon imagination. »
« J'écris non pour les cerveaux froids, mais pour les têtes ardentes », écrit-il encore.
Voici là un livre propre a "épouvanter le public" ! (volume I). Le seconde figue est légendée "Tremble, Impie, il est un Enfer :" (visions mortuaires et infernales assaillant l'auteur). Le premier frontispice, tout aussi curieux, montre l'auteur assaillit par les Muses "Muses retirez vous, je cède à mon génie."
Curiosité dans la curiosité si l'on peut dire, les pages 205 à 215 du tome IV sont imprimées en rouge et noir. Pourquoi ? Aucune idée ... (mais c'est original).
Références : Mélançon, B. (1998). Les Cataractes de Chassaignon. Tangence, (57), 72-86 ; Caillet I, 2.255 ; Blavier, Les Fous littéraires, 79-80 ; Mathieu Brunet, L’appel du monstrueux. Pensées et poétiques du désordre en France au XVIIIe siècle, Louvain : Peeters, coll. « La république des lettres », 2008, 283 p.
Provenance : les tomes III et IV portent au verso du titre l'étiquette du Cabinet littéraire de M. Royol, rue et porte St Jacques, 159, à Paris.
Bel exemplaire.
Prix : 2.500 euros
lundi 18 décembre 2017
Manuscrit autographié anonyme [Par une femme proche du cercle de Barthélémy Prosper Enfantin, Saint-Simon] Plan d'organisation pour une nouvelle société ... féminisme et place des femmes dans la société ... politique générale, idées libertaires, disciple de Fourier et de Saint-Simon. Rarissime document éphémère.
[ANONYME, Femme proche du cercle de Barthélémy Prosper Enfantin, Saint-Simon]
A LA JEUNESSE ... CONSCIENCE ... DE LA VOLUPTÉ ... PLAN D'ORGANISATION ... NOTES ... RÉSUMÉ DE MES IDÉES.
Sans lieu ni date [vers 1840 ?]
1 brochure in-4 (25 x 19 cm), broché, de (1)-46 pages autographiées. Couverture muette de papier noir de l'époque. Usures et salissures aux premiers et derniers feuillets, le texte reste toujours lisible. Corrections manuscrites et étiquettes de correction contrecollées dans le texte. Complet.
MANUSCRIT AUTOGRAPHE DE L'AUTEUR REPRODUIT A L'ÉPOQUE PAR L'AUTOGRAPHIE.
En haut du premier feuillet, en gros caractères calligraphiés, et en guise de titre, on lit : "A la jeunesse." Suit un texte de présentation d'une page (32 lignes). Le texte se poursuit au recto du feuillet suivant, paginé 1. A la page 6 commence "1er Lemme. Conscience." A la page 11 commence "Note 1ere". A la page 17 commece "2eme Lemme. De la volupté." A la page 37 "Plan d'organisation." A la page 43 "Notes faisant suite au Plan d'organisation." Enfin, à la page 46 et dernière (verso du dernier feuillet), on lit : "Résumé de mes idées."
Ce manuscrit autographié n'est pas signé. L'auteur qui reste non identifié est une femme proche du cercle de Barthélémy Prosper Enfantin et de Saint-Simon. En voici quelques extraits significatifs :
"Travailler en commun, jouir en commun est une idée extravagante pour ceux qui n'éprouvent de bonheur que dans la privation d'autrui & n'aiment que les jouissances exclusives [...] C'est donc à ceux dont le jugement et la conscience n'ont point encore été faussés. C'est à la jeunesse si vive si ardente & en même temps si sociable que je recommande la méditation de mes principes [...] (extrait de la page de présentation A la jeunesse).
Le texte principal débute ainsi : "Si par gouverner les hommes, on entendait, assurer à chacun une existence en rapport avec son industrie et ses talents, certes quoique dépouillées les masses auraient moins à se plaindre mais si je ne puis me procurer l'existence qu'à la condition du travail, n'ai-je pas droit d'exiger du travail pour obtenir cette existence ? En est-il ainsi cependant ? [...] Interrogez votre conscience ou plutôt répondez à ces enfants dont les cris faméliques déchirent les entrailles de ceux qui leur donne le jour et leur font sans cesse maudire la fécondité désastreuse dont la nature les a doués. Telle est cependant la condition de 99/100 d'une population prétendue libre et éclairée dont l'existence toute précaire se trouve à la merci d'une poignée d'individus. [...]" et plus loin : "Une société célèbre (les St Simoniens sont cités en note de bas de page) a déjà émise des principes analogues à ceux que je professe moi-même depuis longtemps, le rapprochement néanmoins m'a fait sentir la différence et ne pouvant m'unir à elle, je donne enfin isolément au public, un plan et des idées depuis longtemps consignées sur le papier et que différentes circonstances et une apathie naturelle m'avaient empêché de mettre au jour. C'est tel qu'il est écrit longtemps avant la révolution de juillet que je le livre au public. [...]".
L'auteure soutenait les idées des Saint Simoniens puis s'en est écarté pour finalement proposer par elle-même un système et des idées que l'on retrouve exposées ici pour la première fois, peu de temps sans doute après la révolution de juillet (1830). Cet imprimé peut donc dater des années 1831 à 1840. La révolution de juillet étant évoquée comme un événement assez proche.
"Je ne me fais pas d'illusion sur les haines, le mépris, les sentiments de toutes sortes et peu favorables qu'il est susceptible d'exciter, mais mon obscurité me met à l'abri des unes et me fait rire des autres. Du reste, j'oublierai toutes les contradictions si ces principes en germant dans quelques âmes pures et ardentes se développent et portent des fruits qui soient utiles au genre humain. [...] Il faut aux hommes un nouveau code, un nouvel évangile, une nouvelle ère. [...]. Applaudissez à vos maîtres et entonnez avec eux les hymnes d'allégresse et les cantiques d'actions de grâce : ils ont semé le crime. Vos consciences l'ont recueilli, et ses fruits exécrables vous servent d'aliments que, comme des reptiles odieux vous consumez en paix dans l'ombre. [...]. J'ai été longtemps employé dans de grandes pensions. J'ai toujours gémi du libertinage prématuré que j'y ai vu et qui altérant la santé de tous en faisait périr plusieurs." (page 19).
Elle conclut dans une note : "La volupté ne peut-être un crime devant les hommes et suivant la morale qu'en ce qu'elle trouble l'ordre social, mais cet ordre changé, s'il n'y a plus de trouble, il n'y a plus dans le même fait ni crime ni scandale. [...] Je suis libre - Oui sans doute, grâce à vos inventions, de voir périr de misère, sans pouvoir y apporter remède, tout ce que j'ai de plus cher au monde. [...]".
Vient enfin le "Plan d'organisation". Quels en sont les grandes lignes ?
"Nous sommes tous frères et sœurs, époux et épouses, tous nobles et égaux, tous travailleurs dès que nous avons quitté les écoles [...]" "se former, se développer et s'instruire" Les mœurs seront simples, douces, polies, pleine d'onction et de charité, l'égalité parfaite" "aucun travail pénible ou sale ne doit flétrir ou profane". "Les hommes se répandent en commun dans les champs, dans le ateliers pour accomplir les travaux que le Conseil a réglés et dont les ordres sont transmis par la dame chef de chaque grande communauté." "Toute la société se divise en communautés, un certain nombre de communautés forment canton ou province qui toutes ressortissent d'un seul chef, toujours une femme."
Tout y est ensuite expliqué dans les moindres détails. "Les hommes couchent dans de communs dortoirs où chacun peut avoir sa chambre particulière et où chacun fait le service à tour de rôle. Il en est de même des femmes, qui ne reçoivent les hommes qu'aux temps indiqués. Ce n'est pas qu'il n'y ait tous les jours quelques instants que l'on puisse, comme à Sparte, consacrer furtivement à l'amour, mais sans violer l'ordre établi."
C'est ensuite un passage qui mérite d'être cité : "Mais la procréation n'est point abandonnée au hasard et à la fantaisie, le but étant d'atteindre au perfectionnement physique et moral des hommes, nul individu ne sera privé du plaisir des sens, mais tous ne seront pas appelés à procréer ; et le choix sera fait chaque année et toujours par élection de ceux, hommes et femmes qui doivent produire les nouveaux convives au banquet de la vie. La femme mettra au moins deux années d'intervalle entre ses grossesses. Elle commencera tard à produire et cessera de bonne heure, car les enfants étant bien soignés, il en périra peu et les mères se conserveront longtemps. De même une grossesse non commandée et provenant du défaut de précautions enjointes sera punie comme un des plus grands attentats contre la société, c'est un adultère social, s'il se multipliait il entraînerait le nouvel état à sa ruine. De longues privations en seront la peine pour les deux coupables."
Très intéressant : "Tant que les communautés seront dans l'Etat et non pas l'Etat, elles se soumettront à ses lois, ses impôts, ses enregistrements et même à ses conscriptions, et fourniront leur contingent, les entretiendront à l'armée [...]." L'auteur ne prône pas une révolution sanglante et la dénonce même. Il vise à l'amélioration du genre humain. L'auteur conclut par un résumé de ses idées et le commence par ces mots : "Jésus disait aux hommes de son temps : qu'il les avait convaincu de mensonge, d'avarice, de fornication et d'hypocrisie." A plusieurs reprises dans son texte, l'auteur fait référence à la religion chrétienne, sans pourtant la défendre, souvent pour la condamner, et aussi pour en prendre à son compte quelques règles morales. "La révolution n'a point encore été complète ; d'esclave qu'elles étaient, les masses sont devenues prolétaires, c'est à dire sans pain, sans asile, et les mœurs n'ont qu'empiré."
Le texte s'achève par une phrase complète et il semble que ce manuscrit autographié soit complet. Un renvoi vers une note semblerait pourtant indiqué le contraire. Ce document est important pour l'histoire des idées au XIXe siècle, notamment en ce qui concerne les idées féministes.
DOCUMENT ÉPHÉMÈRE RARISSIME.
VENDU
dimanche 17 décembre 2017
Henri de Toulouse-Lautrec par Jean Adhémar et Francis Jourdain (vers 1955). Tirage à 1.000 exemplaires. Très bel exemplaire à l'état proche du neuf.
Jean ADHEMAR. Francis JOURDAIN. H. DE TOULOUSE-LAUTREC.
T.-LAUTREC. Essai sur Toulouse-Lautrec par Francis Jourdain. Lautrec, peintre-graveur par Jean Adhémar, conservateur du Cabinet des Estampes. Avec un "répertoire" Lautrec et des notices analytiques par Jean Adhémar.
Club du Livre Sélectionné, Paris, s.d. (vers 1955)
1 volume in-4 (29 x 23 cm) de 141 pages de texte (avec quelques illustrations en noir dans le texte) et 128 reproductions d’œuvres en noir et en couleurs (24 en couleurs contrecollées).
Cartonnage éditeur pleine toile beige chinée avec titre imprimé en vert estampé sur le premier plat, avec illustration contrecollée. Titre au dos en vert. Exemplaire en excellent état, proche du neuf.
Tirage à 1.000 exemplaires numérotés.
Cet ouvrage est le troisième volume de la série "Musée" spécialement imprimé pour le "Club du Livre Sélectionné". La typographie a été assurée par Astra, l'héliogravure par Sapho et l'impression des hors-texte par Artra et Draeger Frères.
Ce volume a également été publié chez Pierre Tisne en 1955, avec la même pagination et les mêmes illustrations.
Très beau livre de documentation sur le peintre emblématique du Paris fin de siècle.
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