vendredi 17 novembre 2017

Béraud. Les Filles Publiques de Paris et la Police qui les régit, avec une Notice historique sur la Prostitution chez les divers peuples de la Terre. Rare édition belge donnée à par Méline et Cans (1839). Bel exemplaire finement relié pour le bibliophile gantois Théodore de Valenzi. Rare.


F. F.-A. BÉRAUD.

LES FILLES PUBLIQUES DE PARIS ET LA POLICE QUI LES RÉGIT, par F. F.-A. Béraud, ex-commissaire de police de Paris, chargé spécialement du service actif de l'attribution des moeurs ; précédées d'une Notice historique sur la Prostitution chez les divers peuples de la Terre, par M. A. M., membre de plusieurs sociétés savantes.

Bruxelles, Méline, Cans et Compagnie, 1839

2 tomes en 1 volume in-18 (15,3 x 10 cm) de (2)-308 et (2)-264 pages.

Reliure demi-cuir caramel beurre salé, dos lisse orné de fleurons et palettes dorés, pièce de titre de veau noir, tranches marbrées. Exemplaire à l'état proche du neuf. Quelques rousseurs sans gravité à quelques feuillets mais beau papier vélin.

ÉDITION PIRATE BELGE PARUE LA MÊME ANNÉE QUE L'ÉDITION ORIGINALE.



Cet ouvrage est le complément indispensable à l'étude de Parent-Duchatelet sur la prostitution dans Paris paru quelques années plus tôt ; "il contient des faits curieux et intéressants et des vues d'amélioration.". Monsieur Béraud vise à l'éradication complète de la prostitution clandestine. La Notice historique qui précède est de Monsieur Albert Montemont et occupe les pages 7 à 99.

L'éditeur belge Méline et Cans était l'un des spécialistes des éditions pirates imprimées aussitôt l'édition originale imprimée. Ses éditions sont toujours portatives (petit format) et bien imprimées sur bon papier (ce qui est le cas ici).



Provenance : Ex libris armorié gravé pour le baron Théodore de Valenzi (1813-1855), bibliophile gantois (Belgique). Cette reliure bien que non signée est très probablement l'oeuvre du relieur gantois Jacques-François Burio (1786-1856). On sait qu'il a réalisé bon nombre de la riche bibliothèque du bibliophile. Valenzi (originaire d'une ancienne famille de la Bohème) était membre de la Société des Bibliophiles Flamands. "[...] bibliophile éclairé il avait réuni une belle et riche bibliothèque, où il n'admettait que des livres de choix, parmi lesquels la littérature et l'histoire occupaient la plus grande place.". Cf. Messager des sciences et des arts, publ. par la Société royale des beaux-arts, p. 134. (année 1856).

ÉDITION BELGE PLUS RARE QUE L'ÉDITION ORIGINALE DE CET IMPORTANT TEXTE.

Bel exemplaire dans une fine reliure strictement de l'époque.

VENDU



mercredi 15 novembre 2017

Antoine Rivarol. Vie philosophique, politique et littéraire par Sulpice de La Platière (1802). Bel exemplaire de cette rare biographie du contre-révolutionnaire.


SULPICE DE LA PLATIÈRE.

VIE PHILOSOPHIQUE, POLITIQUE ET LITTÉRAIRE DE RIVAROL. Par Sulpice de La Platière.

A Paris, chez Barba, An Dixième (1802)

2 volumes in-12 (18,3 x 11 cm) de (2)-XII-242 et (3)-275 pages. Portrait gravé de Rivarol en frontispice du premier volume.

Reliure demi-chagrin noir, dos à nerfs (début XXe s.). Volumes ébarbés, non rognés, reliés sur brochure. Reliures fraîches. Intérieur frais.

Édition originale.


Le premier volume contient la vie de Rivarol. Le second volume contient outre un Discours préliminaire, le Discours de Rivarol sur l'universalité de la langue française couronné à l'Académie de Berlin en 1783 (nouvelle édition avec corrections et additions de l'auteur). A partir de la page 155 et jusqu'à la page 201 on trouve d'intéressantes Notes sur ce discours ainsi qu'un Jugement porté par l'Académie de Berlin. Les pages 202 à 275 sont occupées par De l'Homme, de ses Facultés intellectuelles, avec le Plan du nouveau Dictionnaire que projetait Rivarol.

Cette édition publiée au lendemain de la mort de Rivarol est peu commune. Il est par ailleurs amusant de constater que la date et lieu de naissance de Rivarol mentionnés sous son portrait en frontispice sont faux (mentionné né le 26 décembre 1738 dans le département des Hautes Alpes - alors qu'il naît en 1753 dans le département du Gard à Bagnols-sur-Cèze).


Rivarol fut l'un des plus farouches contre-révolutionnaires, soutien de la monarchie et du roi Louis XVI. On lui doit de nombreux articles dans la feuille périodique les Actes des Apôtres notamment. Il y attaquait avec une ironie mordante les principes et les hommes de la Révolution française. Il sauva sa tête en émigrant (juin 1792) et voyagea à travers l'Europe. Il espéra rentrer en France sous le Directoire, fut près d’y parvenir après le coup d'État du 18 brumaire, mais il tomba malade et mourut en e xil à Berlin le 11 avril 1801 à l'âge de 47 ans.


« Une figure aimable, une tournure élégante, un port de tête assuré, soutenu d’une facilité rare d’élocution, d’une originalité fine et d’une urbanité piquante, lui valurent la faveur des salons […] Rivarol semblait ne mener qu’une vie frivole, et il était au fond sérieux et appliqué. Il se livrait à la société le jour et travaillait la nuit. Sa facilité de parole et d’improvisation ne l’empêchait pas de creuser solitairement sa pensée. Il étudiait les langues, il réfléchissait sur les principes et les instruments de nos connaissances, il visait à la gloire du style. Quand il se désignait sa place parmi les écrivains du jour, il portait son regard aux premiers rangs. Il avait de l’ambition sous un air de paresse. » (Sainte-Beuve).


Bel exemplaire.

Prix : 250 euros

mardi 14 novembre 2017

Charles Fourier. Des Cinq Passions Sensuelles. La Phalange, 1845-1847. Reliure plein vélin blanc moderne. Ensemble complet sur ce thème des Passions Sensuelles. Rare.


Charles FOURIER.

LA PHALANGE. [MANUSCRITS DE FOURIER.] DES CINQ PASSIONS SENSUELLES.

S.d. Imprimerie Lange Lévy et Compagnie, Rue du Croissant, 16, [Paris, vers 1845-1847]

1 volume in-8 (23,8 x 16,5 cm), pagination multiple (environ 500 pages). Collationné complet des divers textes publiés à la suite et séparément dans La Phalange (voir détail des parties et chapitres ci-dessous).

Reliure à la bradel moderne plein vélin blanc, dos muet, doublures et gardes de papier noir (reliure signée Elsa Rambour). Reliure parfaitement exécutée avec tranchefiles main. Intérieur frais sur papier fin, sans rousseurs.


ÉDITION ORIGINALE.

Ce volume se compose de 18 fragments des manuscrits de Fourier publiés dans La Phalange, dans le désordre chronologique. Ils ont été réunis ici dès l'origine (vers 1850) par un amateur. En voici la liste dans l'ordre dans lequel on les trouve reliés dans le volume : L'arbre passionnel. Sa dualité et ses subdivisions en séries nuancées et puissancielles. Etat subversif de la vue en accords de 0. 1. 2. puissances. Complément sur le luxe interne en sens de la vue. Citerlogue. Récréation de correspondance sidérale. Transmission de la langue universelle et des connaissances acquises dans tous les mondes. Des Séries mesurées. Des séries mesurées de 4e et 5e puissances. Du groupe hypermineur ou amour. Du groupe d'amitié ou de confusion. Echelle puissancielle de l'amitié. Antienne. De la composite. De la cabaliste. De la papillonne. Résumé sur les trois distributives. Tableau abrégé des conflits passionnels. Des parcours passionnels. Transitions passionnelles. De l'unitéisme. De la passion foyère dite unitéisme. Sublimité de cette passion. Appendice à l'analyse passionnelle. Analogie tirée du système aromal ou planétaire. Section ébauchée des trois unités externes. Égarement de la raison démontré par les ridicules des sciences incertaines. Fragments.


Selon Charles Fourier, l'humain est habité de 12 passions qui se divisent en 3 classes : 5 sensuelles, 4 affectives et 3 distributives. Une passion unifiante, l'unitéisme couronne les douze premières. a. Les passions sensuelles correspondent aux cinq sens. 1. L'ouïe, 2. la vue, 3. le goûter, 4. l'odorat et 5. le toucher permettent de développer les passions associées par exemple à la musique, la peinture, la gastronomie, les parfums et la sexualité. b. Les passions affectives créent des liens avec les autres. 1. L'amitié est un sentiment de complicité personnelle. 2. Le corporatisme stimule l'ambition et la collaboration à partir du sentiment d'appartenance et d'affinité avec un groupe. 3. Le familisme est un lien de sang, celui du clan familial. 4. L'amour, sentiment le plus intense, est un sentiment divin et enivrant. c. Les passions distributives se constituent à partir d'agencements des précédentes. 1. La papillonne s'exprime par le désir de renouveau qui pousse d'une passion à l'autre et permet de fuir la monotonie de l'exclusivité. 2. La composite permet de jouir de la combinaison d'un agencement particulier de plusieurs passions. 3. La cabaliste supplée au goût pour l'intrigue, le calcul (conspiration) et la compétition. L'unitéisme est une passion proprement religieuse. Elle apporte le sentiment d'unité avec tout ce qui nous entoure : humains, nature, cosmos. C'est un sentiment de bienveillance universelle qui se dégage dans l'harmonie où tous se sentent riches, libres et éprouvent la justice.

Les Manuscrits inédits de Fourier (mort en 1837) ont été publiés en 10 volumes par La Phalange entre 1845 et 1849. Fils de marchand de draps, commis de magasin, Fourier exerce différents métiers et ce n’est qu’en 1830 qu’il pourra entièrement se consacrer à l’écriture. Il conçoit l’homme heureux et juge les passions positives puisqu’elles sont voulues par Dieu. S’inspirant des principes de Newton, il ambitionne d’appliquer la loi universelle d’attraction à l’attraction passionnelle : user du désir et utiliser les vocations pour une société inégalitaire mais harmonieuse et ainsi créer une communauté où chacun supplée à chacun. héorie des quatre mouvements, son premier traité, paraît en 1808. Il y classe les douze passions (cinq sensuelles correspondant aux cinq sens, quatre affectives – amitié, amour, paternité, ambition –, trois distributives – cabaliste ou goût de l’intrigue, composite ou plaisir des sens et de l’âme, papillonne ou goût du changement) et projette de grouper les individus en fonction de celles-ci pour obtenir l’Harmonie. Il est favorable au retour à la terre, notamment par le biais de phalanstères, associations de production et de consommation fondées sur la copropriété et la cogestion. (Bnf).

Très rare réunion uni-thématique (Passions sensuelles) et complète des Manuscrits de Fourier.

Bel exemplaire dans une sobre reliure en vélin blanc immaculé.

Prix : 2.000 euros


Héliodore. Amours de Théagènes et Chariclée. Histoire éthiopique (1743). Très belle édition illustrée de 10 figures hors-texte. Exemplaire en maroquin rouge de l'époque. Belle condition.


HÉLIODORE.

AMOURS DE THEAGENES ET CHARICLEE. HISTOIRE ETHIOPIQUE.

A Paris, chez Coustelier, 1743

2 volumes pet. in-8 (16 x 10,3 cm) de X-213 et (1)-190 pages. 10 figures hors-texte et 10 vignettes d'en-tête à l'eau-forte non signés. Vignette à l'eau-forte répétée sur les titres imprimés en rouge et noir. Titre frontispice gravé à l'eau-forte en tête du premier volume.

Reliure de l'époque plein maroquin rouge, dos à nerfs orné aux petits fers dorés perlés, filets dorés en encadrement des plats, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier marbré, tranches dorées. Fine reliure non signée mais attribuable à l'un des meilleurs ateliers parisiens de l'époque. Quelques légères usures aux coins (anciennement atténuées) sinon très bel exemplaire. Intérieur très frais imprimé sur beau papier avec marges amples. Les figures hors-texte sont avant la lettre.

ÉDITION ILLUSTRÉE DE SECOND TIRAGE.


Réimpression page pour page du premier tirage. Elle fut motivée, écrit Cohen, par le désir d'atténuer certaines illustrations un peu libres de la première édition : on couvrit la 8e figure (femme sur le bûcher), on supprima le frontispice du tome II et on répéta les vignettes de façon à éliminer six d'entre elles ; on grava de plus une vignette nouvelle (trois Amours tirant de l'arc) que l'on plaça aux livres 5, 6 et 9. Pour ce second tirage Cohen ne cite que des exemplaires reliés en veau.


On ne sait pour ainsi dire rien de cet écrivain syrien de langue grecque ayant vécu au IIIe ou au IVe siècle, auteur d'un roman intitulé les Éthiopiques ou les Amours de Théagène et Chariclée. Ce roman aurait été composé dans sa jeunesse. L'arrière-plan historique que l'on devine dans l'évocation qui est faite de l'Éthiopie, ainsi que la coloration néo-pythagoricienne de l'œuvre et l'insistance sur la religion du soleil (à l'honneur sous le règne d'Aurélien), tout cela incite à situer la date de la composition du roman dans la seconde moitié du IIIe siècle.


C'est l'histoire d'une princesse d'Éthiopie (terme désignant alors la Nubie), abandonnée à sa naissance par sa mère la reine Persina et transportée à Delphes où elle est élevée par le Grec Chariclès sous le nom de Chariclée et devient prêtresse d'Artémis. Assistant à des jeux gymniques à Athènes, elle rencontre un jeune Thessalien qui y concourt, nommé Théagène, et ils s'éprennent l'un de l'autre. Pour obéir à un oracle, ils quittent Delphes sous la conduite du sage égyptien Calasiris, et après plusieurs aventures en mer sont jetés par un naufrage en Égypte, sur les bouches du Nil. Ils traversent alors de rudes épreuves, tantôt ensemble, tantôt séparés, notamment du fait de la passion qu'Arsacé, femme du satrape d'Égypte Oroondatès, conçoit pour Théagène. Prisonniers des Perses, ils sont finalement capturés par l'armée du roi Hydaspe et conduits à Méroé, capitale de l'Éthiopie. Inconnus, ils sont sur le point d'être immolés au soleil quand Chariclès arrive de Grèce et la reconnaissance attendue a lieu. L'histoire finit par le mariage des héros, qui se sont gardés fidèles l'un à l'autre. Chariclée, de peau blanche, se croyait grecque, mais se découvre africaine à la fin du roman. Les dernières pages donnent une explication de la couleur blanche de cette jeune fille dont les deux parents sont noirs.
À la Renaissance, il fut imprimé pour la première fois à Bâle en 1534, et fut traduit en français par Jacques Amyot en 1547, en anglais par Thomas Underdowne en 1569. Son influence fut très grande aux XVIe et XVIIe siècle : il était vu comme une œuvre majeure de l'Antiquité, au même titre que l’Iliade et l’Odyssée ou que l’Énéide de Virgile. (source Wikipédia).


Référence : Cohen (éd. 1912), col. 478.

Provenance : Exemplaire provenant de la vente du Marquis de Morante (mai 1872), avec étiquette manuscrite numérotée. Don Joachim Gomez de la Cortina, né au Mexique le 6 septembre 1808, docteur en droit, fut successivement recteur de l’Université de Madrid, membre du Tribunal suprême de justice et sénateur. Entre-temps, en 1847, il reçut le titre de marquis de Morante. Le marquis de Morante, dont on cherchera en vain le portrait, fut un des plus illustres bibliophiles espagnols. Depuis 1840, il était bien connu, à Paris, des libraires qui faisaient des catalogues et des ventes de livres anciens (Merlin, Tilliard, Crozet, Techener, Potier) et des relieurs (Thouvenin, Thompson, Bauzonnet, Duru, Capé). Le marquis avait en effet compris que le goût, la passion et la connaissance des beaux livres n’avaient jamais été portés aussi haut qu’en France. Les deux tiers de ses revenus, évalués à environ 125.000 francs, étaient sacrifiés pour les livres et leurs reliures. Il laissa la plus grande bibliothèque jamais possédée par un particulier, composée de plus de 120.000 volumes [...] Le marquis de Morante s’éteignit le 13 juin 1868, après une chute de son échelle tremblante, au haut de laquelle il était assis. Il était célibataire. (Jean-Paul Fontaine, Histoire de la Bibliophilie). Catalogue de la bibliothèque de feu M. le marquis de Morante (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1872, 3 parties en 1 vol. in-8, XL-352 p., 1.909 lots ; VIII-206 p., 1.165 lots ; VII-[1 bl.]-339-[1 bl.] p., 2.265 lots).


BEL EXEMPLAIRE EN MAROQUIN DE L'ÉPOQUE.

Prix : 1.250 euros


lundi 13 novembre 2017

Jaussin et Vaugondy. Mémoires historiques, militaires et politiques sur les révolutions de l'île de Corse entre 1738 et 1741, avec son histoire naturelle et quelques curiosités (1758-1759). Bel exemplaire bien complet de la grande carte géographique repliée. Rare.


Louis-Armand JAUSSIN. Robert de VAUGONDY (cartographe).

MÉMOIRES HISTORIQUES, MILITAIRES ET POLITIQUES, SUR LES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS ARRIVES DANS L’ÎLE ET ROYAUME DE CORSE, depuis le commencement de l'année 1738 jusques à la fin de l'année 1741. Avec l'histoire naturelle de ce pays là et diverses remarques curieuses touchant l'origine des peuples qui l'habitent. Le tout enrichi d'une carte nouvelle de l'île de Corse, dédié à M. le Comte de Maillebois. Par M. Jaussin, ancien apothicaire major des camps et armées de sa majesté, etc.

A Lausanne, chez Marc-Mic. Bousquet et Comp., 1758-1759.

2 volumes in-12 (16,5 x 10 cm), de XXX-591 et (1)-604 pages. 1 grande carte de l'île de Corse repliée (60 x 45 cm environ dépliée).



Reliure de l'époque plein veau caramel tacheté à l'acide, tranches mouchetées bleues. Reliures habilement restaurées malgré un cuir sec (restauration visible aux mors mais ensemble très décoratif et très solide). Pièces de titre refaites à l'identique. Intérieurs frais. Bien complet de la carte qui a été très bien repliée et se trouve ici sans déchirures.

Edition originale rare et recherchée.

Jaussin (Louis-Armand) était archéologue et suivait en qualité d’apothicaire les troupes auxiliaires envoyées par la France en Corse pour réprimer l’insurrection de cette île contre la république de Gênes sous les ordres du maréchal de Maillebois. (Hoefer, Biographie Universelle, Tome 26, 421).

La plupart des exemplaires ont été dépouillés de la grande carte de l'île de Corse par Robert de Vaugondy qui était arrachée pour être vendue séparément.



Ouvrage essentiel sur le sujet qui doit figurer dans toute bibliothèque sérieuse construite autour de l'île de beauté.

Très rare avec la grande carte.

Bel exemplaire.

VENDU



mardi 7 novembre 2017

Octave Uzanne. Jan Konupek. Bibliotekar Van der Boëcken z Rotterdam [Prague, 1939]. Rare opuscule bibliophilique tiré à 80 exemplaires et publié en langue tchèque, illustré de 3 très beaux bois gravés mis en couleurs. Exemplaire signé par l'artiste. Rarissime.


Octave UZANNE. Jan KONUPEK.

BIBLIOTEKAR VAN DER BOËCKEN Z ROTTERDAMU Pribeh pravdivy Prelozil Miloslav Novotny. [LE BIBLIOTHÉCAIRE DE VAN DER BOECKEN DE ROTTERDAM].

Praha, 1939 [Prague]

1 plaquette in-8 (22,5 x 13 cm), en feuilles,  33-(1) pages et 3 bois gravés mis en couleurs à la main au pincau par Konupek. Couverture muette de papier fort gris marbré (éditeur). 1 marque sur le titre et 1 petit bandeau également par Konupek (en noir). Complet. En langue tchèque.

Edition originale imprimée par Jaroslav Picka à Prague en 1939 et publié par J. Duchan. Traduction de Miloslav Novotny d'après ce Conte pour les Bibliophiles publié pour la première fois en français en 1895.


Jan Konupek est né le 10 octobre 1883 à Mladá Boleslav et est mort le 13 mars 1950 à Prague. Sa renommée de peintre, illustrateur et graveur est internationale. Son intense activité artistique Moderne Art pendant l'entre deux guerres en fait une figure majeure de l'art tchèque. On lui doit également de nombreux ex libris gravés à l'eau-forte, notamment. Les 3 illustrations présentes dans ce fascicule ont été soigneusement mises en couleurs au pinceau, probablement par l'artiste qui a également signé au colophon.

Tirage limité à 80 exemplaires seulement sur papier de Hollande Pannekoek.

L'histoire du bibliothécaire Van Der Boecken a été publiée initialement dans les Contes pour les Bibliophiles d'Octave Uzanne (Paris, 1895).

Bel exemplaire de ce rarissime opuscule superbement illustré publié 8 ans après le décès d'Octave Uzanne. Voir notre autre ouvrage d'Octave Uzanne illustré par Konupek.

Prix : 450 euros


lundi 6 novembre 2017

Jan Konupek / Octave Uzanne (1930-1933). Un livre rare imprimé à 75 exemplaires à Prague en 1933 : 3 contes pour les bibliophiles d'Octave Uzanne illustrés de 7 bois gravés par le maître du Modern Art tchécoslovaque Jan Konupek (1883-1950).



[Page de titre] :

OCTAVE UZANNE
STRASIDLA V KNIHACH
POVIDKY PRO BIBLIOFILY
VYBRAL A PRELOZIL
MILOSLAV NOVOTNY

[Marque de l'imprimeur]

V PRAZE 1930

[Colophon] :

STRASIDLA V KNIHACH.
Pruni vybor z Bibliofilskych povidek Octava Uzanna. Prelozil Miloslav Novotny, ilustroval Jan Konupek. Vytiskl a vydal Jaroslav Picka v Praze 1933 v 75 exemplarich jako 26 svazek.
CTENIPRO BIBLIOFILY [exemplaire portant le n°69 à la plume]


Traduction approximative :

[Page de titre] :

OCTAVE UZANNE

FANTÔME DANS LES LIVRES
PETITES HISTOIRES POUR LES BIBLIOPHILES
choisies et traduites par
Miloslav Novotny
à Prague 1930

[Colophon] :

FANTÔMES DANS LES LIVRES
Publiés dans les Contes pour les Bibliophiles d'Octave Uzanne.
Traduits par Miloslav Novotny, illustrés par Jan Konupek.
Imprimé et publié par Jaroslav Picka à Prague en 1933 à
75 exemplaires (26e volume).
Lecture pour bibliophiles


1 volume in-8 (21,5 x 13 cm), en feuilles, sous couverture à rabats de papier fort marron marbré, avec auteur et titre imprimé en noir au dos en long et marque de l'imprimeur-éditeur sur le premier plat imprimée en noir, 69-(1)-(1) pages. 7 bois gravés pleine page par Jan Konupek (compris dans la pagination). La page de titre indique la date 1930 tandis que le colophon indique celle de 1933 (date d'achevé d'imprimer sans doute).


Ce précieux petit volume, imprimé en 1933, soit deux ans après le décès d'Octave Uzanne (peut-être commencé dès 1930 ... avec le consentement probable d'Octave Uzanne ??), est imprimé sur beau papier vélin crème filigrané HOLLAND (vélin de Hollande sans doute fait main). Il contient les contes suivants : Une vente de livres à l'Hotel Drouot (Ma bibliothèque aux Enchères) [DRAZBA KNIH V HOTELU DROUOTOVE (Ma knihovna v drazbe)], conte initialement paru dans les Caprices d'un bibliophile en 1878 ; Un ex libris mal placé (Histoire d'hier) [O EXLIBRIS, JEZ SE OCTLO NA NEPRAVEM MISTE (Pribeh ze vcerejska], conte initialement paru dans les Caprices d'un bibliophile en 1878 ; et enfin L'Héritage Sigismond, luttes homériques d'un vrai bibliofol [DEDICTVI PO SIGISMONDOVI (Homerské boje opravdového bibliofila), conte initialement paru dans les Contes pour les bibliophiles en 1895.


Ce sont donc 3 contes anciennement publiés par Octave Uzanne qui sont repris ici en 1933 pour cette édition bibliophilique en langue tchèque, ornée d'étonnantes gravures sur bois par Jan Konupek.


Jan Konupek est né le 10 octobre 1883 à Mladá Boleslav et est mort le 13 mars 1950 à Prague. Sa renommée de peintre, illustrateur et graveur est internationale. Son intense activité artistique Moderne Art pendant l'entre deux guerres en fait une figure majeure de l'art tchèque. On lui doit également de nombreux ex libris gravés à l'eau-forte, notamment.
L'illustration tourmentée que Jan Konupek donne ici pour ces trois contes pour les bibliophiles d'Octave Uzanne sont magistrales et méritent d'être mises en valeur. Nous reproduisons donc au cours de cet article l'intégralité des 7 bois gravés.


Plusieurs questions viennent à l'esprit concernant ce livre : Octave Uzanne a-t-il eu connaissance de la mise en oeuvre de cet ouvrage ? (commencé en 1930 ?) Connaissait-il personnellement l'artiste Jan Konupek ? (on sait qu'Octave Uzanne a visité Prague, sans doute à plusieurs reprises au début du siècle).




RARISSIME

Prix : 500 euros

jeudi 19 octobre 2017

Victor Hugo. Louise Bertin. La Esméralda, Opéra en quatre actes (1836). Rare livret en bonne condition, bien complet des deux catalogues de musique.


Victor HUGO - Louise Bertin.

LA ESMÉRALDA. Libretto par Victor Hugo. Opéra en quatre actes, musique de mademoiselle Louise Bertin. Paroles de M. Victor Hugo. Décors de MM. Philastre et Cambon. Réprésenté pour la première fois sur le théâtre de l'Académie de musique, le 14 novembre 1836.

Paris, Maurice Schlesinger, Jonas et Barba ; Lyon, chez Nourtier, 1836

1 plaquette in-8 (23,4 x 15,8 cm), 31 pages + 8 pages du catalogue général de Maurice Schlesinger éditeur de musique + 8 pages du catalogue "Musique classique et moderne pour le piano et pour le chant éditée par la Société pour la publication à bon marché de musique classique et moderne (10, Boulevard des Italiens, Paris). Couverture imprimée en papier chamois, vignette. Cousu sur simple ficelle. Petit manque angulaire au premier plat de couverture avec atteinte à l'encadrement (voir photo), le deuxième plat de couverture est bien conservé. Quelques rousseurs. Quelques usures sans gravité. Coins avec traces de plis.

Édition originale.


Ce livret écrit par Victor Hugo est tiré de Notre-Dame de Paris (publié en 1831), il reprend sous le titre éponyme l'histoire de la belle gitane Esméralda, et ce pendant 4 actes. "Les répétitions de la Esmeralda se firent dans l'été de 1836. L'auteur des paroles n'y assista pas ; il voyageait en Bretagne. A son retour, il fut frappé de la mesquinerie de la mise en scène. Le vieux Paris prêtait aux décorations et aux costumes. Rien de riche ni de pittoresque ; les haillons de la Cour des Miracles, qui auraient pu avoir du caractère et de la nouveauté à l'Opéra, étaient en drap neuf ; de sorte que les seigneurs avaient l'air de pauvres et les truands de bourgeois. M. Victor Hugo avait donné une idée de décor qui aurait pu faire grand effet : c'était l'ascension de Quasimodo enlevant la Esmeralda d'étage en étage ; pour faire monter Quasimodo, il n'y avait qu'à faire descendre la cathédrale. En son absence, on avait déclaré la chose impossible. Ce décor, impossible à l'Opéra, a été fait depuis à l'Ambigu. L'opéra, chanté par MM. Nourrit, Levasseur, Massol, etc., et mademoiselle Falcon, fut applaudi par le public de la première représentation, laquelle fut assombrie par la nouvelle de la mort de Charles X. Les journaux furent d'une violence extrême contre la musique. L'esprit de parti s'en mêla et se vengea sur une femme du journal de son père. Alors, le public siffla. L'opposition augmenta de représentation en représentation, et à la huitième le rideau fut baissé avant la fin. [...]" (in Victor Hugo raconté par lui-même).


"Nous sommes enfin en mesure d'offrir à nos lecteurs notre jugement sur cette pièce qui a suscité une si grande rumeur dans le monde critique, mais dont peu de journaux nous paraissent avoir rendu un compte dégagé de toute considération étrangère à la question d'art. Nous avons assisté lundi dernier à la représentation de cet ouvrage ; il nous est resté une fatigue extrême de l'attention avec laquelle nous avons écouté, et ce malaise résultant toujours de la longue attente d'une sensation qu'on espère et qui n'arrive pas. La musique de mademoiselle Bertin dénote une inexpérience complète, ou l'absence de conception musicale. Quelques lambeaux parsemés, quelques éclairs vraiment remarquables nous feraient plutôt pencher pour la première hypothèse, que légitimerait d'ailleurs l'existence casanière et vide de sensations que mène d'ordinaire une femme, et qui est tout-à-fait incompatible avec le développement des facultés artistiques. Les mélodies sont tellement vagues, que le plus souvent on ne les saisit point ; et nous nous sommes plus d'une fois demandé, dans le cours de l'ouvrage, comment les acteurs avaient pu fixer dans leur mémoire des successions de sons aussi incohérentes et aussi bizarres. Le rôle de Claude Frollo notamment, ne nous a pas paru renfermer une seule phrase saisissable ; il y avait pourtant moyen d'approprier des mélodies bien tranchées à ce sombre et passionné caractère. Tous les morceaux de passion des deux rôles, d'Esméralda et de Phoebus, sont entièrement manqués ; la mélodie en est nulle ou commune. Ce qu'il y a surtout de fatigant dans cette musique, c'est le décousu qui règne d'un bout à l'autre, à peine peut-on signaler un ou deux morceaux qui paraissent avoir été faits sur un plan quelconque ; dans les autres, tantôt la même mesure se répétera avec obstination douze ou quinze fois de suite, tantôt chaque mesure aura un caractère propre et tout-à-fait étranger au caractère de la mesure précédente et de la suivante ; monotonie fatigante ou variété extrême plus fatiguant encore Quelques fragments de chœurs et l'air de Quasimodo font exception. De temps à autre on entend des effets d'harmonie et d'orchestre qui font espérer quelque chose de remarquable, puis rien ; on retombe brusquement dans le chaos. Ainsi, la ritournelle de ce qui doit être probablement un grand air de Claude Frollo présente une combinaison de trombones, et de contrebasses et bassons qui est d'un effet très beau et en parfaite harmonie avec le caractère dramatique du personnage, mais tout se borne à cet annonc e; et ce qui suit n'est qu'un assemblage de sons dont la succession n'a aucune raison d'être. Sans pousser plus loin l'analyse détaillée, bornons-nous à dire qu'il ne fallait rien moins que l'influence de la famille de l'auteur pour déterminer la représentation d'une œuvre aussi incomplète, aussi médiocre que celle-là. Ce qu'il y a de fâcheux, c'est que la mise en scène de cet ouvrage aura retardé celle d'un autre probablement meilleur, et causé ainsi un double préjudice au public et au directeur. Du reste, si nous en jugeons par les sifflets qui ont accompagné les deux derniers actes, notamment le dernier, et par l'ennui marqué qui régnait dans toute la salle, l'existence de la Esmeralda est bien près de toucher à son terme." (in la Phalange, Journal de la Science Sociale du 10 décembre 1836).


"Franz Liszt pressenti pour l’arrangement pianistique, ne changea rien à la composition et, tout en transformant les interludes en concertos de piano, resta respectueusement fidèle à la version orchestrale [...]" (La Esmeralda à l'Opéra-Théâtre de Besançon 19 février 2002, extrait d'un entretien avec Françoise Tillard).

Ce fut la seule incursion de Victor Hugo dans le monde de la musique. Ce premier essai ne lui ayant laissé qu'un goût très amer. On sait la gloire du maître qui ne cessa de s'accroître au fil des années. Louise Bertin quant à elle, cette femme handicapée qui suite à une poliomyélite se déplace en béquilles et pour laquelle les critiques ne voient dans ses compositions des « consolations à ses infirmités physiques » (journal Le Siècle). Pourtant Berlioz qui dirigeait les répétitions à l'Opéra atteste dans sa correspondance des qualités musicales et des nouveautés harmoniques d'une œuvre qu'il qualifie de « virile, forte et neuve ». Qui croire ? Elle mourra en avril 1877 à l'âge de 72 ans.

BON EXEMPLAIRE DE CE RARE ET FRAGILE LIVRET QUI DOIT SE TROUVER DANS TOUTE BIBLIOTHÈQUE HUGOLIENNE.

TRÈS RARE BIEN COMPLET DES DEUX CATALOGUES DE MUSIQUE.

Prix : 650 euros


mercredi 18 octobre 2017

Albert Dubout. La Muse libertine (1957). Florilège des poètes satyriques avec 40 aquarelles originales d'Albert Dubout reproduites. 1/500 ex. avec suite en noir. Superbe exemplaire.


DUBOUT, Albert.

LA MUSE LIBERTINE. Florilège des poètes satyriques avec 40 aquarelles originales de Dubout.

Les éditions du Valois, 1957



1 volume in-4 (27 x 20,5 cm), en feuilles sous couverture illustrée en couleurs d’une vignette de Dubout. 225-(1) pages et 40 aquarelles reproduites en couleurs dans le texte et hors-texte. Emboîtage de l'éditeur en excellent état.



Tirage à 4.569 exemplaires. Celui-ci, un des 500 exemplaires avec une suite en noir du trait.



Edition originale. Exemplaire à l’état proche du neuf, sous emboîtage de l’éditeur.

VENDU 



Paul Verlaine. Parallèlement. Paris, Georges Guillot, 1949. 15 illustration par Mariette Lydis (avec suite) et 5 estampes refusées. Superbe reliure plein maroquin mosaïqué (reliure allusive).


VERLAINE, Paul. - Mariette LYDIS (illustratrice).

PARALLÈLEMENT.

Georges Guillot, Paris, 1949

1 volume in-folio (33,5 x 27 cm) de 105-(1) pages et 15 pointes sèches de Mariette Lydis.



Reliure plein maroquin anthracite mosaïqué sur les deux plats de barres parallèles noires et rouges entrecroisées (reliure allusive), dos à quatre faux-nerfs, doublure et gardes de moire rouge sang, tête dorée, relié sur brochure, couvertures conservées. La reliure n’est pas signée mais de très bonne facture. Dos de la reliure passé uniformément viré au marron. Intérieur parfait.



Tirage à 565 exemplaires. Celui-ci un des exemplaires sur Rives blanc à la forme comprenant l’état définitif en noir relié dans le volume, avec en plus 5 planches non retenues inédites et une suite en noir des 15 pointes sèches de l'ouvrage.



La superbe suite de pointes sèches de Mariette Lydis illustre parfaitement les poésies de Verlaine. On y trouve un érotisme délicat et la gravité nécessaire aux textes sombres de l’auteur.



Superbe exemplaire.

Prix : 2.500 euros