mardi 14 mars 2017

Un des chefs-d'oeuvre de Carloz Schwabe : Hespérus par Catulle Mendès (1904) pour la Société de propagation des Livres d'Art. 1 des 300 exemplaires sur vélin teinté nominatifs. Broché, tel que paru. Une merveille illustrée du symbolisme et de l'Art Nouveau triomphant.


CATULLE MENDÈS. CARLOZ SCHWABE, illustrateur.

HESPÉRUS. Illustrations en couleurs de Carloz Schwabe.

Paris, Société de propagation des Livres d'Art, 1904 [Imprimerie Nationale].

1 volume in-4 (29 x 21 cm) broché de 96-(2) pages. 12 hors-texte rehaussés en couleurs. Nombreuses illustrations et ornements tirés en bistre dans le texte. Couverture illustrée en couleurs par Carlos Schwabe. Bel exemplaire parfaitement conservé. Couvertures protégées en parfait état. Couleurs très fraîches. Liste des membres de la Société de Propagation des Livres d'Art brochée en tête (4 pages). Quelques légères traces de décharge en regard des estampes en couleurs.

TIRAGE A 515 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 300 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN TEINTÉ.

EXEMPLAIRE NOMINATIF IMPRIMÉ POUR M. ALFRED PORCABEUF.



Livre magnifique, emblématique du mouvement symboliste et de l'Art Nouveau triomphant. Carloz Schwabe interprète ici avec un talent extrême les subtilités du poème-vision de Catulle Mendès paru pour la première fois en 1872.



"Doué d'une extraordinaire maîtrise du dessin, ses compositions se distinguent par le soin extrême apporté au détail. C'est surtout dans la représentation de fleurs et de créatures féminines diaphanes, dont les traits angéliques laissent toutefois transparaître un érotisme latent, que l'artiste atteint ses meilleurs résultats, évoquant des atmosphères de mysticisme empreint de mystère et de sensualité" (in Fanelli et Godoli, Dizionario degli illustratori simbolisti e Art nouveau).



50 exemplaires de ce livre seulement furent mis dans le commerce. Les autres étaient souscrits auprès des plus grands bibliophiles de l'époque. Alfred Porcabeuf est l'un de ceux-ci. Alfred Porcabeuf (1867-19..) était graveur, imprimeur d'estampes.



BEL EXEMPLAIRE, TEL QUE PARU.

VENDU

Découvrez notre nouveau site internet ! https://www.lamourquibouquine.com/



lundi 13 mars 2017

Bibliophilie : Somptueux exemplaire en maroquin rouge à la Duseuil (L'Année Chrétienne du Père Letourneux, 1685-1694). Riche reliure très bien conservée. Jansénisme.


LETOURNEUX (ou LE TOURNEUX, Nicolas)

L’ANNÉE CHRÉTIENNE, contenant les messes des dimanches, fériés et fêtes de toute l'année. En Latin et en Français. Avec l'Explication des épîtres et des évangiles, et un Abrégé de la vie des Saints dont on fait l'Office.

Paris, Chez Helie Josset, 1685-1694

11 volumes in-12 (172 x 102 mm) de 600 à 800 pages chaque environ. Les 11 premiers volumes seulement.

Reliure homogène plein maroquin vieux rouge à la Duseuil (ou Du Seuil), dos richement ornés aux petits fers dorés, tranches dorées, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, gardes et doublures de papier peigne. Ensemble en superbe état de conservation, très frais. A noter une infime réparation à l'extrémité d'une coiffe inférieure et quelques légers frottements sans gravité. Intérieur frais malgré quelques cahiers plus brunis ou teintés que les autres (qualité du papier), papier fin. Ensemble resplendissant.

EXEMPLAIRE EN PARTIE COMPOSÉ DE VOLUMES DE L’ÉDITION ORIGINALE.



Certains volumes sont en édition originale (tomes V, IX et X) tandis que d'autres portent la mention de seconde, troisième ou quatrième édition.

Le premier volume porte la date de 1685 (mention de troisième édition) et le onzième volume porte la date de 1694 (mention de seconde édition).

Nicolas Letourneux (1640-1686) est né de parents pauvres. Il dut le bienfait de son éducation à M. Gentien Thomas Dufossé (père de Pierre Thomas), maître des comptes à Rouen, qui l'envoya étudier à Paris au collège des jésuites. Après avoir achevé sa philosophie au collège des Grassins, il retourna à Rouen, où il fut ordonné prêtre à vingt-deux ans, puis employé dans le ministère de la prédication, dont il s'acquitta avec succès, On lui procura deux petits bénéfices, et il obtint une pension du roi. Au bout de quelques années il quitta la place de vicaire qu'il occupait dans une paroisse de Rouen, et vint vivre à Paris dans la retraite. En 1681, il devint le confesseur officiel de Port-Royal, où il avait d'étroites liaisons. Son dessein était de se condamner pour toujours au silence ; mais Lemaistre de Sacy l'engagea à reparaître dans la chaire. Letourneux prêcha donc dans plusieurs églises, où il fut très suivi. Le goût de la retraite le conduisit dans le Maine, et enfin à son prieuré de Villers, dans le diocèse de Soissons, où il passa ses dernières années. De passage à Paris, il mourut d'une crise d'apoplexie, le IV des calendes de décembre 1686, à 46 ans. Il fut enterré dans l'église Saint-Landry (aujourd'hui disparue), et son cœur à Port-Royal des Champs dans la chapelle des Reliques. Par son testament il légua la somme de deux mille livres au monastère de Port-Royal. (source : Wikipédia). On lui doit notamment l'Année Chrétienne dont il publia seulement les premiers volumes. Dans le tome VII (1694) de l'Année Chrétienne on trouve à la fin du volume le catalogue des livres du Père Letourneux publiés par Hélie Josset. L'Année Chrétienne est ainsi présentée en 12 volumes vendus la somme de 36 livres. On y trouve également l'Histoire de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la meilleure manière d'entendre la Sainte Messe, des Instructions et Exercices de piété durant la Sainte-Messe, avec des prières du matin et du soir, des oraisons pour dire devant et après la confession et la Sainte Communion et des Instructions sur les Dimanches et Fêtes, des Instructions Chrétiennes sur les Sacrements et sur les Cérémonies avec lesquelles l'Eglise les administre, Six Lettres écrites à quelques personnes de la Religion Prétendue Réformée, pour les exciter à rentrer dans l'Eglise Catholique et pour répondre à leurs difficultés, Les Règles et les Principes de la Vie Chrétienne, etc.

Nous proposons les 11 premiers volumes de cette imposant ouvrage paru sur plusieurs décennies et maint fois réédité par le libraire Hélie Josset et ses successeurs.

UN OUVRAGE RELIGIEUX CONDAMNÉ PAR ROME.

Ce livre a été condamné à Rome, sous le Pape Innocent XII, le 17 septembre 1691, et par plusieurs évêques français, et les amis de l'auteur conviennent que sa doctrine est la même que celle de Pasquier Quesnel (mis à l'Index en 1695 soit neuf ans après sa mort). On a de Letourneux une Lettre pour sa justification, datée du 19 mai 1686. Il y disait qu'il n'était point retourné à Port-Royal depuis sa sortie de cette maison, et qu'il ne s'était point servi, dans son Année chrétienne, de la version du Missel de Voisin, ni de celle du Nouveau Testament de Mons. Toutefois son ouvrage renferme beaucoup de choses inexactes, et c'est pour le faire oublier que Griffet a composé son Année du chrétien. L'Année Chrétienne du Père Letourneux cache le venin des propositions du Jansénisme : « Le Bréviaire français (de Letourneux), dit Colonia, est un livre presque aussi dangereux que L'année Chrétienne. »

"On peut dire presque sérieusement et, j'espère, sans désobliger ni compromettre personne, que l'Année chrétienne de Nicolas Letourneux a eu l'Académie Française pour marraine. C'est, en effet, le prix d'éloquence qui, en 1675, a tiré de l'ombre ce jeune prêtre, dont ni la Cour, ni la ville, ni la province ne savaient le nom. Comme on le décernait alors pour la troisième fois, ce prix avait encore tout son lustre, et, si parva licet.., l'efficace de ce prix contemporain qui impose l'inconnu de la veille aux regards de l'univers. Mais il y a plus : en distinguant ainsi M. Letourneux, l'Académie lui révélait son propre génie, cette maîtrise clans la paraphrase des textes liturgiques, épîtres et évangiles des dimanches, que nul, au XVIIe siècle, ne contestait à l'auteur de l'Année chrétienne, et qui fait la nouveauté bienfaisante de cet ouvrage. Ce génie ne se laissait qu'entrevoir dans les premiers essais de Letourneux, une traduction de l'Office de la semaine sainte (1673), et une Histoire de la Vie de Jésus-Christ (1673). Or il se trouva, précisément que le concours académique de 1675 donnait à paraphraser un texte de l'Évangile : Marthe, Marthe, vous vous empressez trop... Une seule chose est nécessaire... Bienheureuse étincelle! Le don de Le Tourneux était mûr et il éclata. Aussi bien l'Académie fit-elle ce jour-là coup double, si elle me permet de parler ainsi, puisqu'elle aidait aussi Letourneux à prendre conscience de sa vocation oratoire, préparant ainsi à la France un prédicateur qui, si qua fata aspera... ! eût égalé, dépassé même peut-être Bourdaloue, ou plutôt qui aurait ramené chez nous l'éloquence de la chaire à l'ancienne simplicité. Tout comme l'Année chrétienne, le fameux carême prêché par Letourneux à Saint-Benoît en 1682, et qui, hélas! ne devait pas avoir de lendemain, tant il avait réussi ! sonnait le triomphe de la paraphrase homilétique. Quel est donc, demandait un jour Louis XIV à Boileau, un prédicateur nommé Letourneux? On dit que tout le monde y court. Est-il si habile? - Sire reprit Boileau, Votre Majesté sait qu'on court toujours à la nouveauté; c'est un prédicateur qui prêche l'Évangile. Et comme le roi insistait pour avoir son sentiment, il répondit: « Quand il monte en chaire, il fait si peur par sa laideur qu'on voudrait l'en voir sortir; et, quand il a commencé à parler, on craint qu'il n'en sorte.» Jusqu'à ce qu'il revienne un homme, disait La Bruyère en pensant à Letourneux, « qui avec un style nourri des Saintes Écritures, explique au peuple la parole divine uniment et familièrement, les orateurs et les déclamateurs seront suivis. » N'est-il pas beau qu'en le couronnant l'Académie de 1675 ait invité Nicolas Letourneux à exterminer l'académisme ? Et c'est encore l'Académie qui, en la personne de l'académicien modèle, idéal, a conseillé à son lauréat d'entreprendre l'Année chrétienne. « Enhardi par ses succès, nous dit-on encore, et encouragé par Pellisson dont il était devenu l'ami, (Letourneux) donna son Carême chrétien (1682), tout composé des Épîtres, Évangiles et pièces récitées dans l'Église en ce saint temps, avec des explications saines, instructives et populaires. C'est par là qu'il débuta dans son Année chrétienne, continuée depuis avec un succès croissant, et à laquelle est resté attaché son nom ». C'était tin de ces hommes envers qui on peut tout se permettre. On est sûr qu'ils ne se rebifferont jamais. Deux fois irritants d'ailleurs, parce qu'on n'arrive pas à les prendre en faute. Sans défense et sans ambition; d'une piété et d'une douceur invincibles. Cédant de lui-même aux influences ennemies qui avaient juré de l'éteindre, il se retira dans la solitude, suivi de quelques jeunes gens qu'il façonnait aux saintes Lettres et aux Offices liturgiques. Il mourut bientôt du reste, à peine âgé de quarante-sept ans (1686), et n'ayant achevé que les six premiers volumes de l'Année chrétienne. Je n'ai pas à en dire plus long sur le détail de cette vie innocente et persécutée. Le chapitre, justement incolore, mais affectueux et vengeur, que Sainte Beuve a consacré dans son Port-Royal (t. V) à M. Le Tourneux, me semble parfait. [...]" (Henri Brémond de l'Académie Française, Histoire littéraire du sentiment religieux en France depuis la fin des guerres de religion jusqu'à nos jours).

Provenance : signature ex libris de l'époque (XVIIe siècle) de Renusson, Conseiller au Mans (Tribunal ?) (apposé sur 2 volumes) - (dans tous les volumes) : Ex libris gravé (par Gardella, Paris) d'Ysabel Sanchez de Movellan (fin XIXe début XXe siècle). Autre ex libris de la même époque que le précédent (gravé (par Benetton) resté anonyme portant la devise : sine anguli angulo.

SOMPTUEUX EXEMPLAIRE EN MAROQUIN A LA DUSEUIL STRICTEMENT CONTEMPORAIN.

Prix : 3.000 euros

Découvrez notre nouveau site internet ! https://www.lamourquibouquine.com/


vendredi 10 mars 2017

Les Connaissances nécessaires à un Bibliophile recueillies et publiées par Edouard Rouveyre (1899). 10 volumes in-8 brochés. Bel exemplaire tel que paru de cette somme à l'usage des amateurs de livres.


COLLECTIF [ROUVEYRE, Edouard, éditeur].

CONNAISSANCES NÉCESSAIRES A UN BIBLIOPHILE, accompagnées de Notes critiques et de Documents bibliographiques recueillis et publiés par Edouard Rouveyre, libraire et éditeur, officier de l'Instruction Publique. Cinquième édition illustrée de nombreuses figures.

Paris, Edouard Rouveyre, 1899

10 volumes in-8 (22,5 x 14 cm), brochés, environ 200 par volume, illustrations en noir dans le texte et hors-texte. Ensemble complet. Très bon état. Dos légèrement brunis avec quelques marques mais toujours solides et non fendus. Papier vélin teinté.

ÉDITION ORIGINALE DÉFINITIVE ET LA PLUS COMPLÈTE.



Cette somme de connaissances nécessaire aux bibliophiles, publiée entre fin février et fin novembre 1899, reste à ce jour ce qu'on a fait de plus complet sur le sujet. Il serait fastidieux de reprendre l'intégralité des sommaires tant l'ensemble est d'une richesse impressionnante : Origine du livre - les amateurs - les bibliophiles - les bibliomanes - les bibliothèques - le format des livres - du collationnement - des anciennes éditions - des éditions d'art - de la gravure - des papiers de luxe - des reliures anciennes - des reliures aux armes - les ennemis du livre - la restauration des livres - de la classification des livres - lexique - etc.

La première édition de ce livre avait paru en 1877 en un seul mince volume in-8. Les éditions se succédèrent avec de grandes augmentations jusqu'à celle en 10 volumes en 1899 (vendue 80 francs sur papier vélin teinté).

BEL EXEMPLAIRE TEL QUE PARU.

Prix : 600 euros

Découvrez notre nouveau site internet ! https://www.lamourquibouquine.com/



mercredi 8 mars 2017

Flirt par Paul Hervieu (1890). Exemplaire de choix sur Japon avec 6 états de eaux-fortes de Madeleine Lemaire et relié par Marcellin Lortic. Rare.


HERVIEU, Paul. - LEMAIRE, Madeleine (illustratrice).

FLIRT. Illustré par Madeleine Lemaire.

Paris, Boussod, Valadon et Cie, 1890

2 volumes grands in-4 (32,5 x 25,5 cm) de 213-(3) pages pour le volume de texte qui contient l'état définitif en noir des estampes (19 grandes compositions hors-texte, 18 grandes vignettes en bandeaux et culs-de-lampe). Le deuxième volume (6 cm d'épaisseur) contient un tirage à part de toutes les illustrations en 4 ou 5 états, parfois 6.

Reliure demi-maroquin à larges coins, dos à nerfs richement ornés aux petits fers, filets entrecroisés, double-filets sur les plats, tête dorée, non rogné, couverture conservée. Exemplaire à l'état proche du neuf. (reliure de l'époque signée M. LORTIC).

ÉDITION ORIGINALE DE GRAND LUXE.

TIRAGE A QUELQUES DIZAINES D'EXEMPLAIRES SUR PAPIER DU JAPON (non justifié).

EXEMPLAIRE DE PRÉSENT. Le nom du destinataire n'a pas été renseigné.

Normalement ce type d'exemplaires était accompagné de deux suites des gravures : une suite imprimée en camaïeu sur papier Whatman et une suite imprimée en bistre sur papier du Japon. Notre exemplaire contient dans le volume de planches : 5 états des gravures (1 état en bistre sur Japon avec remarque, 1 état en bistre sur Japon sans remarque, 1 état en bleu sur Whatman avec remarque, 1 état en bleu sur Whatman sans remarque, 1 état en couleur sur Whatman fort). Quelques estampes possèdent une épreuve de mois, d'autres ont une épreuve de plus.

« Je ne crois pas qu'il ait jamais un mot de pitié pour les souffrances physiques ou morales qu'il dépeint avec une inflexible vigueur. [...] C'est par l'intensité seule de ses descriptions ou de ses analyses qu'il trahit son émotion et qu'il provoque la nôtre. Tel il était dans ses livres, tel il était aussi dans sa vie » — Edmond Estève, Paul Hervieu, conteur, moraliste et dramaturge.




Issu d'une famille bourgeoise, Paul Hervieu se destine tout d’abord au barreau, devient avocat et fréquente un moment les milieux politiques. Il obtient en 1881 un poste d’attaché d’ambassade à Mexico, qu’il ne conserve pas longtemps. Intéressé surtout par la littérature, il se consacre principalement à l’écriture, tout en fréquentant des salons littéraires et mondains, tels ceux de Madame de Pierrebourg, qui fut sa maîtresse, et de Madame Émile Straus, où il côtoie des écrivains, Marcel Proust, Paul Bourget, Henri Meilhac, Ludovic Halévy, Guy de Maupassant ; des aristocrates, la Princesse Mathilde, le Prince Georges Bibesco ; des comédiens comme Réjane ou Lucien Guitry et des artistes comme Edgar Degas. En 1883, commence sa longue amitié avec Octave Mirbeau, dont il devient le confident. Il collabore cette année-là, sous le pseudonyme de Liris, à l'éphémère revue que fonde son nouvel ami et à laquelle collaborent également Alfred Capus et Étienne Grosclaude, Les Grimaces, hebdomadaire satirique et de combat anti-opportuniste, mais aussi antisémite, destiné selon Mirbeau « à faire grimacer tout ce faux monde de brigands impunis de la finance ». Pourtant, à l'instar de Mirbeau, qui fera partie des intellectuels dreyfusistes les plus engagés, Hervieu sera dreyfusard, ce qui lui vaudra un échec lors de sa première candidature académique. Préoccupé par les problèmes sociaux de son époque, il les expose dans des romans psychologiques et mondains, à la manière de Paul Bourget, et dans des pièces de théâtre, volontiers moralisatrices. Voulant analyser rigoureusement une situation et en montrer les conséquences inéluctables, il met en scène des personnages qui se conduisent avec une logique extrême, sans la moindre humanité, attentifs uniquement au sentiment du devoir et aux conventions sociales. Cette rigidité amène à des dénouements dramatiques qui paraissent outranciers aujourd’hui. L'intrigue se déroule dans des milieux aristocratiques ou mondains : la femme adultère dans L'Énigme et dans Le Réveil, le remariage d’une femme divorcée dans Le Dédale, et le soin dû aux enfants, quelles qu’en soient les conséquences, dans La Course du flambeau. Il succéda en 1900 à Édouard Pailleron au fauteuil 12 de l'Académie française. Edmond de Goncourt disait de lui : « Le petit Hervieu a une voix curieuse, c'est comme la voix lointaine d'un somnambule que son endormeur ferait parler. » (source : Wikipédia).



Flirt a paru pour la première fois sous cette forme luxueuse chez Boussod et Valadon. Il a été fait la même année une autre édition chez l'éditeur Alphonse Lemerre (30 avril 1890) dans lequel l'auteur remercie Madeleine Lemaire "la grande artiste dont la collaboration a illustré la première édition de ce livre."

L'illustration est en effet d'une beauté magistrale. Techniquement irréprochable, ce livre rentre dans la catégorie des très beaux livres illustrés par l'eau-forte. Notre exemplaire du rare tirage sur Japon contient un maximum de suites dont la très rare suite en couleurs dont Octave Uzanne a sans aucun doute été jaloux s'il l'a eu sous les yeux.



"Flirt où s’évoque, dans un raccourci inquiétant, la pourriture des milieux mondains. [...] Dans aucun livre, peut-être, ne fut aussi cruellement évoquée l’absence de sens moral des sociétés élégantes et jouisseuses, pour qui tous les devoirs sociaux se bornent à des échanges de politesse, et toutes les vertus, à des rites futiles d’étiquette. Il y avait, dans ce livre, pour qui sait lire, des pages terribles, où la forme élégante, où le style raffiné et joli rendaient plus visibles la saleté de ces cœurs, le cynisme de ces âmes. Eh bien, il se levait de là une grande et belle pitié, et d’autant plus active, qu’elle était plus maîtresse d’elle-même, plus lucide et plus raisonnante. C’est que personne, comme M. Paul Hervieu, ne connaît les ressorts de l’âme humaine ; personne ne s’est davantage penché au bord de ce gouffre, qui est le front d’un homme, personne ne s’est plus aventuré sur cette mer de joies et d’illusions qu’est la prunelle d’une femme, et personne n’a davantage rapporté, de ces voyages, des sensations poignantes de cet infini et de ce mystère qu’est la vie." (Octave Mirbeau, Les Écrivains, Première série).

Madeleine Lemaire (1845-1928) est reconnue pour la beauté de ses aquarelles florales. Ses compositions s'adaptent parfaitement au milieu mondain décrit avec une très grande finesse dans Flirt. Une trentaine de ses œuvres — pastels, huiles et aquarelles — ont été présentées en avril-juin 2010 au musée Marmottan-Monet, à Paris, dans le cadre d’une exposition consacrée aux femmes peintres au temps de Marcel Proust. Les musées de Dieppe, de Mulhouse et de Toulouse possèdent quelques-unes de ses œuvres, et le musée du Louvre possède une aquarelle (Valet de chambre portant une lettre) et un Bouquet de l'ancienne collection Le Masle. Alexandre Dumas fils, dont elle a été la maîtresse a dit d’elle : « C'est elle qui a créé le plus de roses après Dieu ». On la surnommait après Robert de Montesquiou « l’impératrice des roses. » Elle exposait en particulier à la galerie Georges Petit ou chez Georges Beugniet.



Fine reliure de très grand format, parfaitement conservée, signée M. Lortic.  Marcellin Lortic (1852-1928), successeur de son père depuis 1884. "Travailleur acharné, il faisait lui-même ses dessins et les exécutait car, contrairement à son père, il était à la fois relieur et doreur. Peu communicatif, il vivait exclusivement dans son atelier. Continuateur des décors à caissons inaugurés par Lortic père, il en créa néanmoins d'autres et ses reliures figurèrent dans nombre de bibliothèques de grands collectionneurs de son temps. Certaines furent exposées au Palais Galliéra en 1902. Il n'eut pas de successeur et préféra vendre son matériel et son outillage lorsque la maladie l'empêcha de poursuivre son activité. Ses clients étaient fidèles et il ne cherchait pas à en accroître le nombre." (Fléty, Dictionnaire des relieurs français de 1800 à nos jours, pp. 115, éd. 1988).

SUPERBE EXEMPLAIRE.

Prix : 2.000 euros

Découvrez notre nouveau site internet ! https://www.lamourquibouquine.com/



mardi 7 mars 2017

Recueil de bons contes et des bons mots, de leur usage, de la raillerie des anciens, de la raillerie et des railleurs de notre temps, par François de Caillières (1693). Exemplaire non rogné, à toutes marges. Rare.


[François de CALLIERES]

RECUEIL DES BONS CONTES ET DES BONS MOTS, de leur usage, de la raillerie des anciens, de la raillerie et des railleurs de notre temps.

Suivant la copie de Paris, A Amsterdam, chez Adrian Braekman, 1693.

1 volume in-12 de (12)-213 pages. Débroché (les cahiers se tiennent encore bien). Sans couverture. Excellent état. Complet. Page de titre en rouge et noir. Passages soulignés à l'encre à l'époque.

"Recueil des bons contes et des bons mots (...)" serait oeuvre de M. de Callières. On trouve au début un intéressant avertissement, les reste se divise en six discours : "des bons mots des derniers temps" ; "Des bons mots anciens" ; "Des bons contes" ; "De l'usage des bons mots et des bons contes" ; "De la raillerie des anciens" ; "De la raillerie et des railleurs de notre temps".

Cette édition de Hollande reprend l'édition de Paris chez Claude Barbin parue l'année précédente, en 1692.

Ouvrage peu commun.

Ici à l'état de parution, non rogné, à toutes marges, à relier, sans couverture.

VENDU - Prix : 300 euros

Découvrez notre nouveau site internet ! https://www.lamourquibouquine.com/

lundi 6 mars 2017

[Révolution Française] Histoire des idées : Quelques idées sur l'état actuel des choses (1796-1797), par un inconnu. "Et qu'est-ce que le peuple ? une masse d'individus bornés à la prévoyance du jour, accoutumés à vivre du travail de leurs mains, et peu propres à réfléchir sur les faits même les plus communs et les plus habituels."


ANONYME

[RÉVOLUTION FRANÇAISE] QUELQUES IDÉES SUR L'ÉTAT ACTUEL DES CHOSES.

S.d.s.l.s.n. [Paris, 1796-1797]

1 plaquette in-8 (21 x 14 cm) de 22 pages, cousues. Très bon état.

Document rare, introuvable ou presque, seule la Bibliothèque Nationale de France semble en posséder un exemplaire (cote 8-LB42-1313). Aucune information sur l'auteur ou la date ne sont donnés.

Il y est question de la nouvelle Constitution du 26 octobre 1795. Le texte semble avoir été rédigé 16 mois après, soit vers la fin de 1796 ou le début de 1797. C'est de la mise en place du Directoire dont il est question et des critiques du nouveau système mis en place. " [...] L'acceptation  successive des trois constitutions qu'on lui a présentées [à la nation], ne peut être regardée comme le résultat du vœu unanime du peuple [...] Ainsi l'état actuel de choses dans lequel nous vivons, n'est point le résultat du vœu unanime du peuple. Et qu'est-ce que le peuple ? une masse d'individus bornés à la prévoyance du jour, accoutumés à vivre du travail de leurs mains, et peu propres à réfléchir sur les faits même les plus communs et les plus habituels. Voilà quel est le peuple chez toutes les nations, et ce peuple ignorant et grossier pour l'ordinaire, n'eut jamais d'opinion prononcée sur la forme de son gouvernement ; le meilleur à ses yeux est celui dont il a le moins à se plaindre ; et si le précieux intérêt du bien public ou de captieux raisonnements sur les droits de l'homme, l'entraînaient à s'immiscer dans les affaires de l'état, toujours mené par le plus puissant ou le plus adroit, il n'est capable que d'y porter le trouble et la confusion.".

En résumé l'auteur, resté inconnu à ce jour, qui écrit fort bien, s’assoit largement sur les droits de l'homme et les libertés du peuple. Il met en avant les maximes fondées sur la justice et conformes aux véritables principes de la morale et de la sociabilité. Il dit vouloir le bonheur du peuple pourtant et s'écrie contre les massacres de la Terreur et les dévoiements de la révolution qui agonise. "[...] le bonheur du peuple, écrit-il, consiste-t-il en une vaine ombre de liberté, dans une prétendue souveraineté, dont il jouit une fois chaque année, au gré de vos caprices et des canons de vos satellites, et que vous méconnaissez si cruellement le reste du temps ! Un peuple est heureux dès lors qu'assuré de son existence et d'une honnête liberté, il peut, sans craindre les actes arbitraires d'une autorité tyrannique, et sans inquiétude sur les moyens de sa subsistance ; il peut, dis-je, se livrer au travail habituel qui le nourrit, et au soin d'élever ses enfants qui doivent le soutenir dans ses vieux jours. Voilà en quoi consiste le bonheur physique et moral de cette classe nombreuse désignée sous le nom de peuple, et qui constitue la plus grande partie de la nation. [...]".

L'auteur a conservé avec son anonymat tout son mystère ...

BON EXEMPLAIRE DE CE RARE DOCUMENT POST-RÉVOLUTIONNAIRE.

VENDU

Lettre et Rapport de M. Necker Premier Ministre des Finances du Royaume de France en 1789.


NECKER, Jacques.

LETTRE ET RAPPORT DE M. NECKER, PREMIER MINISTRE DES FINANCES.

A Paris, Chez Baudouin, Imprimeur de l'Assemblée Nationale, 1789

1 plaquette in-8 (21,5 x 14 cm) de 21 pages, décousues (piqûres dans la marge). Très bon état.

Ce document imprimé contient la Lettre de Necker alors Premier Ministre des Finances adressée à M. le Président de l'Assemblée Nationale datée de Versailles, le 11 septembre 1789, ainsi que le Rapport du même fait au Roi, dans son Conseil.

Dès le 16 juillet 1789, Louis XVI doit se résoudre à rappeler une nouvelle fois Necker (troisième ministère Necker). Celui-ci prend alors le titre de Premier ministre des finances. Rapidement, il s’oppose à l’Assemblée constituante, en particulier à Mirabeau. Les députés refusent les propositions financières de Necker, fondées sur ses méthodes traditionnelles d’anticipations et d’emprunts, tandis que Necker s’oppose au financement du déficit par l’émission d’assignats. Necker démissionne le 4 septembre 1790. Il se retire en Suisse en meurt en 1804 où il poursuit l’écriture de plusieurs ouvrages, dont les Réflexions philosophiques sur l'égalité, écrites en 1793, au moment de la Terreur, mais qui ne furent publiées qu'en 1820.

"Le bien de l'Etat exigera plus d'une fois que le gouvernement , éclairé par des lumières particulières , par des lumières dues à l'expérience de l'administration , suspende , du moins pour un temps, l'exécution des lois qui auront été délibérées avec rapidité ; de celles qui seraient emportées par un mouvement passager de l'opinion publique ; de celles enfin qui n’auraient pas été méditées avec cette lenteur et cette maturité de réflexion dont les grandes affaires ont un besoin absolu." (extrait).

JOLI DOCUMENT.

VENDU

mardi 28 février 2017

Chef d'oeuvre de la littérature du XVIIe siècle : Les Contes et Nouvelles en vers de Monsieur de La Fontaine (1685). Exemplaire de premier tirage. Vignettes de Romain de Hooghe. Exemplaire relié plein parchemin à l'imitation des reliures hollandaises de l'époque. Bel exemplaire avec "particularité". Très rare.

LA FONTAINE (Jean de) - DE HOOGHE (Romain), illustrateur

CONTES ET NOUVELLES EN VERS DE MONSIEUR DE LA FONTAINE. Nouvelle édition enrichie de tailles-douces.

A Amsterdam, Chez Henry Desbordes, 1685

2 tomes in-12 reliés en 1 volume (16 x 11 cm - Hauteur des marge : 158 mm) de 9 feuillets non chiffrés (frontispice, titre, avertissement, préface et table) suivis de 236 pages chiffrées pour le tome premier ; 4 feuillets non chiffrés (titre et préface) suivis de 216 pages chiffrées. 57 vignettes à l'eau-forte environ 85 x 70 mm par Romain de Hooghe.

Reliure plein parchemin souple à l'imitation des reliures hollandaises de l'époque, coutures apparentes, lacets, titrage à l'encre au dos, tranches dorées. Exemplaire non lavé. Quelques légères salissures et taches claires à quelques feuillets, sans gravité aucune. Superbe tirage des eaux-fortes, très nettes et contrastées.

PREMIÈRE ET UNIQUE ÉDITION ILLUSTRÉE PARUE DU VIVANT DE L'AUTEUR.

EXEMPLAIRE DE PREMIER TIRAGE.

EXEMPLAIRE D'UN TIRAGE NON MENTIONNÉ PAR LES BIBLIOGRAPHES DANS LEQUEL LA VIGNETTE POUR LA MANDRAGORE A ÉTÉ OUBLIÉE LORS DE L'IMPRESSION. (*)



Il a été à peu près tout écrit et n'importe quoi par les bibliographes sur cette édition illustrée des contes érotiques de La Fontaine. Encore aujourd'hui les libraires même s'embrouillent dans les remarques de premier tirage.

Ce qu'il faut retenir c'est que le tout premier tirage de cette jolie édition, dont les illustrations sont sans l'ombre d'un doute bien plus proches de l'idée originelle qu'on peut se faire des Contes licencieux que l'illustration précieuse et costumée de l'édition dite des Fermiers Généraux parue au milieu du siècle suivant (1762), se distingue avant tout par un encrage et une netteté des cuivres sans égal comparé aux deux autres tirages successifs qui en ont été fait la même année. Dans notre exemplaire la vignette pour Le villageois qui cherche son veau est intacte et parfaitement tirée (les exemplaires de second et troisième tirage se distinguent par une cassure du cuivre qui apparaît dans l'angle supérieur droit).
Notre exemplaire a cette particularité, semble t-il très rare au vu des exemplaires consultés ou passés en vente ces deux cents dernières années, d'avoir la gravure pour le conte La Mandragore qui fait défaut : elle a tout simplement été oubliée lors du passage sous presse (typographe aviné ? endormi ?). Il y un blanc à la place, sans trace de foulage (le cuivre n'a pas été oublié d'être encré, mais il a été tout bonnement oublié d'être mis en place lors de la mise en page du cadre par le pressier). Nous n'avons relevé aucun autre exemplaire de cette sorte à ce jour. De ce fait notre exemplaire ne contient que 57 vignettes au lieu des 58 normalement présentes. S'agit-il d'un signe de tout premier tirage ? S'agit-il d'une erreur rapidement corrigée par le pressier et qui n'a donné lieu qu'à l'émission de quelques exemplaires seulement ? Nous ne savons pas. Il n'y a aucune référence à cette particularité dans les bibliographies consultées.
Cette très jolie édition, quoi qu'en dise le vieux Brunet aujourd'hui devenu bien myope niveau bibliophilie, contient 29 contes dans chaque tome. Presque tous sont inspirés et réécrits de l'italien de Boccace. Les premiers contes ont paru pour la première fois en 1665 puis furent complétés en 1674. Assumés lors des premières éditions, La Fontaine, gravement malade et voyant la mort approcher, désavoua, en 1692, l'ensemble de ses écrits licencieux et libertins publiés dans les Contes et Nouvelles. La mort n'effrayant que les vivants, il mourut finalement très pieux et très chrétiennement en 1695.

L'illustration de Romain de Hooghe est désignée par Otto Benesh comme « one of the greatest illustrations of all times » (The Art of the Renaissance in Northern Europe, 1945). Certaines scènes d'intérieur, aussi chargées que vivantes, ne sont pas sans faire penser aux peintres flamands du XVIe siècle tels Pieter Brueghel l'Ancien. D'autres sont charmantes par la naïveté du trait de la gravure, mais la composition des scènes est toujours recherchée et proche du texte.

A noter (nous ne l'avons lu nulle part), que ce tirage possède la page 175 du tome deuxième mal chiffrée 171.

Références : On trouve des exemplaires en maroquin du XVIIIe siècle de premier tirage catalogués entre 20.000 et 40.000 euros. On trouve des exemplaires en maroquin du XIXe siècle (lavés) entre 4.000 et 8.000 euros. Cette édition est trop connue pour citer ici la ribambelle de catalogues et manuels dans lesquels elle est décrite (souvent de manière erronée d'ailleurs).

TRÈS BEL EXEMPLAIRE DE PREMIER TIRAGE AVEC PARTICULARITÉ (*) ET GRAND DE MARGES.

VENDU

Découvrez notre nouveau site internet ! https://www.lamourquibouquine.com/

mardi 14 février 2017

Histoire hospitalière au XVIIIe siècle : Statuts et règlements généraux de l'Hôpital Général de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône et Grand Hôtel-Dieu de la ville de Lyon. Bel exemplaire.


COLLECTIF

STATUTS ET RÈGLEMENTS GÉNÉRAUX DE L’HÔPITAL GÉNÉRAL DE NOTRE-DAME DE PITIÉ DU PONT DU RHÔNE ET GRAND HOTEL-DIEU DE LA VILLE DE LYON.

A Lyon, De l'imprimerie d'Aimé Delaroche, imprimeur-libraire ordinaire de M. le Duc de Villeroy, de la ville, de l'hôpital et grand hôtel-dieu de Lyon, 1757

1 volume in-4 (23 x 18 cm) de (8)-222 pages.

Reliure de l'époque pleine basane fauve, dos à nerfs orné, tranches rouges. Très bon état malgré des coins légèrement usés et quelques légères éraflures sur les plats. Reliure solide et très décorative. Intérieur frais avec quelques rousseurs à quelques feuillets seulement.

ÉDITION ORIGINALE.

Cet ouvrage contient entre autres choses les textes de fondation et d'institution de l'Hôpital général Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône et du Grand Hôtel-Dieu de Lyon, le détail des différentes fonctions administratives du premier recteur, du recteur avocat, du recteur exconsul, du recteur trésorier, etc. Il est question de l'administration des médecins, chirurgiens, sœurs, domestiques, du soin des incurables, du portier, du sommelier, des fonctions de cuisinière, de la boulangerie, etc. On trouve à la fin les différentes lettres patentes qui servent de preuves.

BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 450 euros

Découvrez notre nouveau site internet ! https://www.lamourquibouquine.com/

La Grande Marnière par Georges Ohnet (1885). Edition originale. 1 des 150 exemplaires sur Hollande. Belle reliure signée L. Guétant. "Ceux qui ne sont pas heureux sont facilement injustes" (G. Ohnet, La Grande Marnière).


OHNET (Georges)

LA GRANDE MARNIÈRE [LES BATAILLES DE LA VIE], par Georges Ohnet.

Paris, Paul Ollendorff, 1885 [imprimerie Georges Chamerot].

1 volume in-18 (19,3 x 14 cm) de (4)-454 pages.

Reliure de l'époque demi-maroquin havane à larges coins, dos à nerfs richement orné, double-filet doré sur les plats, tête dorée, non rogné, les deux plats de couvertures sont conservés en excellent état. Reliure signée L. GUÉTANT. Pages contiguës aux couvertures jaunes uniformément brunies par l'acidité du papier, comme toujours (recto du faux-titre et verso du dernier feuillet blanc).

ÉDITION ORIGINALE.

CELUI-CI, 1 DES 150 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE.

Il a été tiré en outre 5 exemplaires sur Japon.

Le jeune Pascal Caravajan, avocat de talent, rentre dans sa ville natale après plusieurs années d'absence. Egaré, il demande sa route à une charmante amazone. La jeune fille le renseigne et l'accompagne pendant une demi-heure, au cours de laquelle Pascal tombe sous son charme. Au moment de la quitter, il lui demande son nom. Malheur ! Elle se révèle être Mlle de Clairefond, la fille de l'ennemi juré de son père. De retour chez lui, le jeune homme se rend compte que la brouille est loin d'être apaisée; au contraire, son père fomente de sombres complots... Comment évoluera cette querelle ? De quel côté se rangera Pascal quand le malheur frappera de plein fouet la famille de Clairefond ? (Babelio).



"Ceux qui ne sont pas heureux sont facilement injustes" (La Grande Marnière).

Georges Ohnet (1848-1918) tout d'abord journaliste et auteur de théâtre, c'est en écrivant la saga "Les batailles de la vie" qu'il rencontra le succès. Le maître de forges et La grande Marnière sont parmi les plus connus et furent tirés à très grand nombre. Ont dit de lui qu'il fut en quelque sorte un Anti-Zola par la forme et les thématiques. Ohnet fut l'historiographe de la bourgeoisie française et de l'aristocratie quand Zola décrivait les mineurs de fond et les filles de rien. Les critiques lui ont reproché des longueurs dans les descriptions qu'il fait (on pourrait faire la même chose à Zola) et quelques platitudes. Jules Lemaître s'exprime ainsi à son sujet : "Les quelques qualités de ces romans, étant purement scéniques, échappent à la lecture. On y trouve, en revanche, l'élégance des chromolithographies, la noblesse des sujets de pendule, les effets de cuisse des cabotins, l'optimisme des nigauds, le sentimentalisme des romances, la distinction comme la conçoivent les filles de concierge, la haute vie comme la rêve Emma Bovary, le beau style comme le comprend M. Homais. C'est du Feuillet sans grâce ni délicatesse, du Cherbuliez sans esprit ni philosophie, du Theuriet sans poésie ni franchise : de la triple essence de banalité." (Les Contemporains. Études et portraits littéraires, première série, Paris, librairie H. Lecène et H. Oudin, 1886, p. 354.). On sait ce qu'il reste de l'oeuvre de Jules Lemaître ...

La Grande Marnière a été porté à l'écran au cinéma en 1943 (après une première version muette en 1912).

Référence : Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, VI, col. 260.

BEL EXEMPLAIRE.

VENDU

Découvrez notre nouveau site internet ! https://www.lamourquibouquine.com/