samedi 14 mai 2016

Bibliophilie Bibliographie : Le Conseiller du Bibliophile dirigé par Camille Grellet et Octave Uzanne, rédacteur en chef (1876-1877). Rare revue bibliophilique tirée à petit nombre. Collection complète des livraisons parues reliées à l'époque.



COLLECTIF [Camille GRELLET, directeur - Octave UZANNE, rédacteur, rédacteur en chef - Joseph Uzanne, rédacteur, etc.]

LE CONSEILLER DU BIBLIOPHILE. Publication destinée aux amateurs de livres rares et curieux et de belles éditions. Directeur, M. C. Grellet, bibliophile. Première [Deuxième] année.

Paris, Aux bureaux du Conseiller du Bibliophile, Rue du Sommerard, n°16, 1876-1877

2 parties reliées en 1 volume in-8 (24 x 16 cm) de 360-VIII et 94-(1) pages. 1 feuillet imprimé ajouté, relié in fine.

Reliure de l'époque demi-maroquin bleu nuit à larges coins, dos à nerfs janséniste, tête dorée, relié sur brochure (non rogné). Belle impression sur papier vergé. Très frais, quelques rousseurs à quelques feuillets seulement. Les gravures et fac-similés requis sont présents.

TIRAGE UNIQUE A PETIT NOMBRE.

COMPLET DES 14 LIVRAISONS POUR LA PREMIÈRE ANNÉE 1876-1877 ET DES  LIVRAISONS D'AVRIL A JUIN 1877.




Comme il est indiqué dans un avis, le premier numéro du Conseiller du Bibliophile a été tiré à 1.600 exemplaires et chacun des autres à 500 exemplaires seulement. Il est même fort probable que les dernières livraisons n'ont été tirées qu'à 300 exemplaires ou moins. Ce qui fait de ce recueil complet de toutes les livraisons requises une rareté bibliographique.




C'est la mort brutale de M. Grellet, son directeur, qui marqua la fin de cette sympathique revue bibliophile. Octave Uzanne, sans doute peu de temps après le lancement de cette revue, en devient le rédacteur en chef. Octave Uzanne y publia ses premiers textes. On en retrouvera plusieurs publiés dans les Caprices d'un Bibliophile en 1878. A la fin de ce volume on trouve relié un document imprimé daté du 24 novembre 1877 et qui informe les souscripteurs de l'arrêt de la revue. Octave Uzanne signe en tant que rédacteur en chef du Conseiller du Bibliophile.




Cette revue éphémère marque les débuts en tant que bibliophile-bibliographe revuiste d'Octave Uzanne, secondé par son frère Joseph qui participa activement à cette aventure éditoriale.

BEL EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ A L'ÉPOQUE DE CETTE REVUE RARE.

VENDU

Le Sopha de Crébillon fils relié avec le Canapé couleur de feu de Fougeret de Montbron (1774-1785). Bel exemplaire en reliure plein veau raciné d'époque Empire.


CRÉBILLON Fils (Claude Prosper Jolyot de Crébillon, dit)

LE SOPHA, CONTE MORAL. Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée d'un introduction critique. Par M. J. D. C.

A Pékin, Chez les Libraires Associés, 1000, 700, 60, 14 [1774]

363-(5) pages. Frontispice à l'eau-forte non signé.

FOUGERET DE MONTBRON

LE CANAPÉ COULEUR DE FEU, HISTOIRE GALANTE. Par l'auteur d'Angola et du Sopha.

A Paris, Rue Saint-Honoré, ou à l'Hôtel Soissons, 1785

(2)-68 pages.

2 ouvrages reliés ensemble en 1 volume in-12 (17,5 x 10,5 cm).

Reliure du début du XIXe siècle plein veau brun raciné, dos lisse richement orné avec pièce de titre de maroquin rouge, roulette dorée en encadrement des plats, tranches citron mouchetées de rouge. Belle reliure de l'époque Empire (vers 1810) très bien conservée. Intérieur frais. Des rousseurs marginales pour le premier ouvrage, sans gravité. Quelques petits manque de papier dans les marges. Le deuxième ouvrage est imprimé sur un papier très épais.

Intéressante réunion sous une même reliure décorative de deux ouvrages légers traitant d'un sujet similaire : Un sopha ou un canapé.



Le premier ouvrage fut rédigé par Crébillon fils en 1737 et publié pour la première fois en 1740. De nombreuses rééditions se succédèrent montrant l’engouement pour ce type de littérature. Ce fut un succès de scandale. Le conte adopte un récit cadre oriental qui renvoie aux Mille et une nuits et s’affirme comme une réflexion sur les aléas du désir et de l’amour. Le narrateur, Amanzéï, est transformé en sopha et ne retrouvera sa forme humaine que « quand deux personnes se donneraient mutuellement et sur [lui] leurs prémices ». À l’intention du sultan Schah-Baham, qui s’ennuie, et de la sultane, il raconte les scènes dont il a été le témoin en faisant défiler sept couples. Le dernier, formé de deux adolescents (Zéïnis et Phéléas) dont les jeunes cœurs jouissent innocemment du plaisir qu’ils se donnent, remplit la condition permettant de le libérer. La virtuosité de Crébillon consiste à broder à l’infini sur le même thème sans jamais répéter exactement les mêmes notes. Les différents épisodes – dont le plus long (9 chapitres) est celui de Zulica – de ce roman qui « conjugue vitriolage psychologique, satire politique et mise en abyme des pouvoirs de la fiction et du langage », sont autant d’occasions de ridiculiser l’hypocrisie sous ses différentes formes (respectabilité mondaine, vertu, dévotion). Le Sopha circulait déjà sous le manteau bien avant sa publication officielle en 17421, nonobstant les défenses qui lui avaient été faites. Après sa publication, l’auteur est exilé par le cardinal de Fleury à 30 lieues de Paris le 7 avril 1742 en raison du cynisme de l’ouvrage et de son libertinage, mais surtout parce que certains croient reconnaître Louis XV dans le personnage ridicule et amusant du sultan Schah-Baham. Crébillon prit alors le chemin de l’Angleterre, sans en informer son père qui demanda de ses nouvelles au chancelier d’Aguesseau, qui lui répondit le 31 mai. Crébillon parvint à faire valoir pour sa défense que l’ouvrage aurait été commandé par Frédéric II de Prusse et n’aurait été publié qu’à la suite d’une indiscrétion et contre sa volonté. Rappelé le 22 juillet, il s’empressa de rentrer en France. Avec le Sopha, Crébillon obtint un nouveau succès de scandale. Lorsqu’il fut introduit auprès du public anglais par Lord Chesterfield, qui avait donné les trois cents exemplaires, que lui avait envoyés Crébillon, à vendre chez l’éditeur White, le succès en fut énorme ; Walpole lui-même le trouva admirable. Hogarth a trouvé le moyen de le représenter dans son Mariage à la mode (1745), enfoncé dans un coin du canapé. Le Sopha a eu une influence sur les Bijoux indiscrets de Diderot, où la bague de Mangogul joue le même rôle d’objet voyeur que le sopha crébillonien, et les Liaisons dangereuses de Laclos où Mme de Merteuil lit un chapitre du Sopha pour se disposer à la venue de Belleroche. (Wikipédia)



Le deuxième ouvrage est ordinairement attribué à Fougeret de Montbron. Il a paru pour la première fois en 1741. Grand voyageur, Fougeret de Monbron mit à profit ses voyages dans toute l’Europe pour rédiger Le Cosmopolite ou le Citoyen du Monde (1750). Il y énonce cette maxime passée en proverbe : « L’univers est une espèce de livre dont on n’a lu que la première page quand on n’a vu que son pays ». Il a écrit, entre autres, La Henriade travestie (Berlin [Paris], 1745, in-12), sans doute l'ouvrage burlesque le plus diffusé du siècle des Lumières, où il s’est livré à une parodie presque vers par vers de l’original. Il a également laissé deux pamphlets, le Préservatif contre l'anglomanie (1757) et La Capitale des Gaules ou la Nouvelle Babylone (1759), visant respectivement l’Angleterre et Paris. Il a traduit Fanny Hill de John Cleland, sous le titre de La Fille de Joie (1751). On lui doit des récits libertins comme Le Canapé ou Le Canapé couleur de feu (1741), une réponse au Sopha de Crébillon, qui circulait alors en manuscrit, ou Margot la ravaudeuse (habituellement datée de 1750, mais plus vraisemblablement parue en 1753 après une première tentative d'édition avortée en 1748), ouvrage auquel son nom demeure attaché. (Wikipédia)

Ces deux ouvrages à caractère libertin vont donc parfaitement ensemble et se trouvent fort bien reliés. Le premier ouvrage est orné d'un charmant frontispice allégorique.

BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 600 euros

jeudi 12 mai 2016

Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, 1782. Une des éditions parues la même année que l'originale (tirage F selon Max Brun). Bon exemplaire en reliure de l'époque.



Pierre CHODERLOS DE LACLOS

LES LIAISONS DANGEREUSES, OU LETTRES recueillies dans une Société, et publiées pour l’instruction de quelques autres. Par M. C….. de L… Première (Deuxième, Troisième et Quatrième) partie.

A Amsterdam, et se trouve à Paris, chez Durand Neveu, libraire, à la Sagesse, rue Galande. M. DCC. LXXXII. (1782).

4 parties reliées en 2 volumes in-12 (168 x 100 mm – Hauteur des marges : 162 mm) de 171 ; 161 ; 155 et 176-(1) pages. Seules les deux dernières parties possèdent un faux-titre, ce qui est normal.

Reliure pleine basane fauve marbrée, dos à nerfs ornés, tranches rouges, gardes blanches (reliure de l’époque). Quelques usures aux reliures, notamment au tome 2 dont le dos est frotté et épidermé, manque de cuir sur les mors et coiffe, le tout sans conséquence sur la solidité de l'exemplaire. Intérieur frais avec quelques petits manques de papier (dans l'angle de 3 feuillets, perte d'une lettre) et manque par défaut d'origine du papier (trou dans un feuillet entraînant la perte de deux mots). Photographies sur demande.


ÉDITION PARUE LA MÊME ANNÉE QUE L'ÉDITION ORIGINALE (TIRAGE « F » (Max Brun).


"Bible du libertinage pour certains, le livre s'impose surtout comme chef-d’œuvre du roman d'analyse, comme un des romans les plus abstraits et les plus intelligents. Aussi l'audace des Liaisons Dangereuses ne consiste-t-elle ni dans la débauche facile au langage cru, ni dans la perversité au premier degré ou la jouissance de faire le mal propre à Sade, mais dans l'art de dire ou plutôt de l'écrire pour un connaisseur admiratif et un peu vexé, placé en position de voyeur comme le lecteur" (Laurent Versini, BnF, En français dans le texte , n° 174).

Ce roman épistolaire retrace les aventures amoureuses de la marquise de Merteuil et de son ancien amant, le vicomte de Valmont. La marquise, voulant se venger d’un amant infidèle alors promis à la fille d’une cousine, Cécile de Volanges, fait en sorte que le Vicomte déshonore cette dernière avant le mariage. Ce que le Vicomte accomplit, alors même qu’il tente de séduire une femme reconnue pour sa vertu : la présidente de Tourvel. Celle-ci tente de rester fidèle à son époux mais le Vicomte parvient à la piéger pour la faire mourir d’amour. Cécile de Volanges, quant à elle, est amoureuse du chevalier Danceny, son maître de solfège. Mais, la marquise de Merteuil le prend pour amant, par toutes sortes d'intrigues. Elle provoque ainsi un duel entre le Vicomte de Valmont, qui cherche à retrouver ses faveurs - déstabilisé par ses mésaventures dues à Cécile de Volanges et Tourvel -, et le jeune chevalier Danceny, qui parviendra à tuer le Vicomte, tourmenté de regrets d’avoir condamné la présidente de Tourvel. Il remet alors au chevalier toute la correspondance qu’il a tenue avec la marquise de Merteuil afin que celle-ci soit révélée non comme une femme des plus vertueuses de tout Paris, ainsi qu'elle le laissait croire, mais comme une dangereuse intrigante.

Référence : Max Brun, Bibliographie des éditions des Liaisons Dangereuses portant le millésime de 1782.

BON EXEMPLAIRE EN RELIURE STRICTEMENT DE L'ÉPOQUE DE CE CHEF D’ŒUVRE DE LA LITTÉRATURE ROMANESQUE DU XVIIIe SIÈCLE.

VENDU


lundi 9 mai 2016

Les Quais de Paris par Octave Uzanne (1896). Etudes physiologiques sur les bouquinistes et bouquineurs, par Octave Uzanne. Dessins de Emile Mas. Edition nouvelle, revue et remaniée. Couverture, Frontispice et Vignette à l'Eau-forte par Heidbrinck.


Octave UZANNE

LES QUAIS DE PARIS. Etudes physiologiques sur les bouquinistes et bouquineurs, par Octave Uzanne. Dessins de Emile Mas. Edition nouvelle, revue et remaniée. Couverture, Frontispice et Vignette à l'Eau-forte par Heidbrinck.

Paris, Ancienne Maison Quantin, Librairie-Imprimeries Réunies, May et Motteroz, 1896

1 volume in-8 (25 x 15,5 cm), broché de XII-318 pages. Frontispice et grande vignette à l'eau-forte par heidbrinck. Exemplaire en grande partie débroché, les plats de couverture illustrés sont en assez bon état et peuvent être conservés, malgré des frottements et de petites déchirures sans manques, le papier du dos est usagé avec manques. Intérieur frais. Exemplaire à relier.

NOUVELLE ÉDITION.

TIRAGE A 500 EXEMPLAIRES.



Tous les exemplaires sont sur papier vélin teinté.

Cette nouvelle édition est très intéressante et n'avait pas été, jusqu'à ce jour, correctement décrite. Nous avons pris la peine de comparer page à page cette édition de 1896 et la première édition de 1893. Nous avons constaté que la seconde édition que nous présentons ici n'était en réalité qu'une remise en vente de la première parue 3 années auparavant. En réalité Octave Uzanne n'a pas retouché d'une seule virgule le corps principal du texte, de la page 1 à la page 303. Pour façonner cette nouvelle édition Octave Uzanne a demandé la collaboration à l'artiste Oswald Heindbrinck pour la couverture, le frontispice et la grande vignette qui orne la page de titre. Les faux-titre, la page de titre, les XII pages de Présentation de cette nouvelle édition, le dernier chapitre contenant "La gaieté des Quais de la Seine, notes et observations" remplace le dernier chapitre de la première édition et qui était un appendice intitulé "Le Banquet des Bouquinistes." Ce dernier chapitre avait fait grand bruit dans le Landernau de Bibliopolis (voir la polémique soulevée par le pamphlet du bouquiniste Laporte parue tout de suite après la première édition). La table des matières et l'achevé d'imprimer ont également été réimprimés avec les corrections qui s'imposaient donc. De ce fait, on déduit aisément que le premier tirage de 1893 n'a pas été totalement épuisé (1.500 exemplaires sur vélin teinté, 75 ex. sur Japon, et 25 ex. sur Chine). On ne doute pas que tous les exemplaires de luxe avaient été souscrits, mais il devait rester un grand nombre d'exemplaires du tirage ordinaire sur papier vélin teinté. Octave Uzanne les a habilement recyclés.

ON JOINT : 1 exemplaire de la première édition de 1893. Débroché, à relier. Complet. Les deux exemplaires pourront avantageusement être reliés ensemble pour former un exemplaire intéressant.

Octave Uzanne fait l'historique des bouquinistes de Paris, notamment ceux encore en activité ou qui l'ont été après la second Empire. Octave Uzanne aura retenu bien souvent des anecdotes graveleuses voire douteuses concernant bon nombre de ces hommes du livre, pour certains rudement traités. L'ensemble reste un témoignage très intéressant. Le bouquiniste-bibliographe Antoine Laporte (maltraité plus qu'à son tour dans le volume) répondra à ce livre par un pamphlet intitulé "Les bouquinistes et les quais de Paris tels qu'ils sont : Réfutation du pamphlet d'O. Uzanne." (Paris, chez tous les bouquinistes des Quais, 1893).


Le prix tient compte bien évidemment de l'état débroché de ces deux volumes.

Prix : 350 euros

9 photographies originales de la ville de Nice et du Carnaval pour l'année 1891. Exemplaire de présent offert à Madame Bobin, sous chemise demi-chagrin à coins et lacets de soie.


[Anonyme]

CARNAVAL DE NICE, 1891.

9 PHOTOGRAPHIES ORIGINALES DE LA VILLE DE NICE (3) ET DU CARNAVAL (6) POUR L’ANNÉE 1891.



Tirages photographiques de l'époque (1891) 16,5 x 11,5 cm montés sur carton gris 27 x 21 cm. Chemise demi-chagrin rouge à coins avec lacets de soie lie de vin et étiquette de titre en cuir doré sur le premier plat, avec cette mention : "CARNAVAL DE NICE. Souvenir offert à Madame Bobin. 1891." Photographies partiellement insolées. Chemise en bon état, avec quelques usures et traces. Bel ensemble. Voir photos (plus de photos sur demande).

VENDU



samedi 7 mai 2016

Bibliophilie : Les Caprices d'un Bibliophile d'Octave Uzanne (1878). Edition originale sur papier de Hollande (500 exemplaires).


Octave UZANNE

CAPRICES D'UN BIBLIOPHILE par Octave Uzanne.

Paris, Edouard Rouveyre, 1878

1 volume in-8 (21,5 x 15,5 cm) broché de 146-(4)-(8) pages. Frontispice gravé à l'eau-forte par Ad. Lalauze, couvertures imprimées conservées en bon état (légèrement assombries en bordure, dos intact, non fendu.

ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 572 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 500 EXEMPLAIRES SUR PAPIER VERGÉ DE HOLLANDE.


Il a été imprimé de ce volume 500 ex. sur Hollande, 10 ex. sur Chine, 10 ex. sur papier de couleur et 2 ex. sur parchemin choisi.

Ce volume est le premier ouvrage littéraire d'Octave Uzanne, achevé d'imprimer à Dole (Jura) le 10 février 1878. Curieusement la préface est datée du 15 février 1878. Il contient, outre une préface au lecteur : Une vente de livres à l'Hôtel Drouot, La Gent Bouquinière, Les Galanteries du Sieur Scarron, Le Quémandeur de Livres, Le Vieux Bouquin, Le Libraire du Palais, Un ex-libris mal placé, Les Quais en août, Les Catalogueurs, Simple Coup-d'oeil sur le roman moderne, Le Bibliophile au Champs, Les Projets d'Honoré de Balzac,Variations sur la Reliure de fantaisie, Restif de la Bretonne et ses Bibliographes, Le Cabinet d'un Eroto-Bibliomane, Rondeau.

Octave Uzanne avait fait paraître précédemment quelques volumes d'études littéraires : Les Poésies de Benserade, La Guirlande de Julie, Les Poésies de Sarasin, Du Mariage par un philosophe du XVIIIe siècle, chaque fois avec d'érudites et piquantes présentations. Quelques textes des Caprices avaient déjà parus dans la revue Le Conseiller du Bibliophile entre 1876 et 1877.

BON EXEMPLAIRE.
VENDU



vendredi 29 avril 2016

Bibliophilie fin de siècle : L'Exemple de Ninon de Lenclos amoureuse (1898) par Jean de Tinan. Exemplaire offert par l'auteur à l'homme de lettres et bibliophile Octave Uzanne (avec envoi autographe) et enrichi de 47 petits dessins originaux par un artiste (non identifié). Couverture de Toulouse-Lautrec. Rare.


Jean de TINAN - Henri de TOULOUSE-LAUTREC, illustrateur

L'EXEMPLE DE NINON DE LENCLOS AMOUREUSE, ROMAN.

Edition du Mercure de France, Paris, 1898

1 volume in-18 (18,5 x 12 cm), broché de 214 pages. Couverture illustrée de deux lithographies par Henri de Toulouse-Lautrec. Exemplaire enrichi de 47 petits dessins originaux (7 x 5 cm) à l'encre de Chine et lavis, mine de plomb et crayon de couleur. Un seul dessin porte un monogramme que nous n'avons pu identifier. Brochage usagé, dos anciennement recollé, la couverture usée avec pli au bas du premier plat peut être conservée. Déchirure à l'angle du second plat de couverture renforcé avec un papier cristal collé (à restaurer). Intérieur complet et assez frais, papier teinté.

EDITION ORIGINALE DU DEUXIÈME MILLE.

Mention de deuxième édition sur la page de titre et au bas de la couverture. Volume achevé d'imprimer le 6 mai 1898 par l'Imprimerie Professionnelle pour le Mercure de France.

Il a été tiré 3 exemplaires sur papier Japon impérial, 12 exemplaires sur papier de Hollande et 25 exemplaires sur papier de Chine. Notre exemplaire sur papier ordinaire est justifié 1.704 au composteur.



EXEMPLAIRE DE DÉDICACE OFFERT PAR JEAN DE TINAN A OCTAVE UZANNE.

EXEMPLAIRE ENRICHI DE 47 DESSINS ORIGINAUX PAR UN ARTISTE RESTE MYSTÉRIEUX.



Le vendredi 25 novembre 1898 paraissait en une de l'Echo de Paris la chronique hebdomadaire d'Octave Uzanne titrée Visions de notre Heure, Choses et Gens qui passent. Des quatre petites chroniques rassemblées ce jour là, celle datée du 19 novembre est consacrée à la disparition du jeune Jean de Tinan mort à seulement 24 ans : "19 novembre [1898]. Jean de Tinan. -. Silhouette de souvenir. Pourquoi faut-il que non seulement nous avons à pleurer le subit départ de nos aînés, à saigner de la disparition de nos contemporains, mais encore à incliner nos regrets vers ceux qui poussaient à peine et que nous regardions grandir sur un fond d'espérance ? – Le pauvre Jean de Tinan s'en est allé, tout jeune et palpitant, emportant avec soi, comme eût dit Balzac, toutes ses illusions, s'ensevelissant, comme un roi d'Orient, avec les pierreries, les trésors, la fortune humaine que thésaurise la jeunesse. – Nous ne lirons plus dans le Mercure ses fantaisie capricantes sur les Cirques, Concerts et cabarets, ni ses livres ingénieux, alors qu'un peu hâtifs, où il exprimait en d'originales formules quelques unes de ses visions nouvelles de la génération en marche. Je revois ce grand garçon, long, mince, au visage pâle, souriant d'une façon constante, mais d'un sourire accentué de mélancolie ; je le revois sous le feutre mou dont il ombrageait son chef avec ses beaux yeux noirs enquêteurs et inquiets devant lesquels, comme de funèbres papillons, devaient tournoyer des feuilles mortes, présage de ses brèves destinées ! Que de beaux titres de livres il nous ravit jalousement ! – Il avait le génie des titres étranges, amusants et non sans logique. Il montrait un dandysme très personnel : il eût créé un smart à part dans la littérature de demain." (Octave Uzanne). 



LES ENVOIS AUTOGRAPHES DE JEAN DE TINAN SONT PRÉCIEUX ET RARES.

EXEMPLAIRE UNIQUE QUI MÉRITE LES HONNEURS DE LA RELIURE.

VENDU


jeudi 28 avril 2016

L'un des ouvrages les plus rares et les plus méconnus d'Octave Uzanne, paru sous le voile de l'anonymat : L'Angleterre Juive. Israël chez John Bull (1913). Violent pamphlet antisémite jamais réédité.


Théo-Doedalus [Octave UZANNE]

L'ANGLETERRE JUIVE. ISRAËL CHEZ JOHN BULL. Etudes sur l'histoire et la progressive influence des fils d'Israël dans la société, le négoce, la politique, l'armée, les lettres, les finances et les mœurs britanniques. 

Bruxelles, Veuve Ferdinand Larcier, Paris, Fontemoing et Cie, 1913

1 volume in-18 (18 x 12 cm) de 384 pages.

Cartonnage pleine toile marron de l'éditeur, tranches marbrées. Premier plat de couverture crème conservé. Exemplaire très frais imprimé sur papier vergé bouffant. Petits manque de papier à l'extrémité angulaire inférieure des derniers feuillets, sans conséquence.

ÉDITION ORIGINALE.

Exemplaire sans mention d'édition sur la page de titre ou la couverture. Il existe des exemplaires avec mention de cinquième édition (sans doute un retirage des couvertures pour une remise en vente du tirage entier invendu).



OUVRAGE ATTRIBUÉ A OCTAVE UZANNE PAR NOS SOINS.

De nos recherches bibliographiques découle la notice RBNF10559517 de la Bnf qui enregistre cet ouvrage sous le nom d'auteur : Octave Uzanne. L'Angleterre juive. Israël chez John Bull, études sur l'histoire et la progressive influence des fils d'Israël dans la société, le négoce, la politique, l'armée, les lettres, les finances et les moeurs britanniques / Théo-Doedalus, 1913 Site Octave Uzanne, enregistrement, 2013-01-11).

"Octave Uzanne, homme de lettres, curieux des pays, des mœurs, de la femme, des modes, du XVIIIe siècle, du monde moderne, épris des manifestations de l'esprit, bibliophile passionné, d'une science impeccable, - je vous salue !" ainsi commence cette préface. Il poursuit : "Il se trouve qu'à l'écart, sans suivre les voies tracées, renonçant délibérément aux succès de romans et de pièces de théâtres auxquels il pouvait prétendre, Uzanne a édifié une oeuvre d'une espèce particulière, à nulle autre pareille, dont l'énumération détaillée et analytique déborderait les limites de cette préface." Geffroy en indique ensuite à grands traits les subdivisions : Uzanne bibliophile, Uzanne voyageur, Uzanne, les femmes et la mode, ses rééditions de poètes et conteurs anciens, etc. Geffroy évoque ensuite les projets de livres d'Octave Uzanne (nous y reviendrons dans un prochain billet), puis enfin son ouvrage sur Pietro Longhi. Mais c'est la section bibliographique consacrée à Octave Uzanne voyageur qui retint mon attention dès la première lecture : "Le voyageur épris des aspects extérieurs, des modes de vivre, des sentiments indélébiles, de tout ce qui marque une région et une race, a réuni ses sensations, tableaux de vie pittoresque : la locomotion à travers l'histoire et les moeurs, sports et transports terrestres et aériens ; l'Angleterre juive, Israël chez John Bull, une des vues les plus perspicaces sur l'activité des comptoirs de nos voisins d'outre-Manche ; Instantanés d'Angleterre ; Vingt jours dans le Nouveau-Monde." (Gustave Geoffroy, Préface de Pietro Longhi, 1924).


"L'Angleterre juive : Israël chez John Bull. - Le titre et la façon dont le sujet est divisé montrent que l'auteur de ce livre a sans cesse eu devant les yeux la France Juive de Drumont. Et sans doute l'on dit qu'il faut viser haut ; mais il n'est pas sans danger d'évoquer dans l'esprit du lecteur des ouvrages trop illustres : on peut avoir à souffrir de la comparaison. Il y avait certainement à écrire sur la place et le rôle des Juifs dans l'Angleterre contemporaine une étude des plus intéressantes. Il a peut-être manqué à M. Théo-Doedalus, pour l'écrire, d'avoir assez nettement circonscrit sa matière, et, ayant à l'avant arrêté ses limites, d'avoir su s'y tenir. Sans cesse, à la lecture de son livre, on a l'impression qu'il va creuser son sujet, sortir des généralités et arriver enfin au détail significatif ; et, sans cesse aussi, l'on est déçu : l'auteur abandonne le sujet après l'avoir effleuré, passe à autre chose, ou, ce qui est pire, se perd dans des incidentes. Si bien, qu'après ce livre, où, certes, la connaissance de l'Angleterre ne manque pas, et où l'on sent perpétuellement que l'auteur, embarrassé d'un sujet trop vaste, n'a pas eu le temps ni la place de dire tout ce qu'il sait, la question reste encore en surplus de savoir comment l'Angleterre réagit à l'égard du Juif, et s'il est bien exact que, comme elle le prétend, elle soit arrivée à l'assimiler par en haut. Il faut souhaiter que quelque jour une étude plus approfondie nous soit donnée sur ce sujet si plein d'intérêt ; son auteur ne pourra pas ignorer l'ouvrage de M. Théo-Doedalus. [Signé] J.A." (Revue Critique des Idées et des Livres (25 sept. 1913, tome XXII, n°131, page 377-378).



"L'Angleterre Juive : Israël chez John Bull, by Theo-Doedalus, published in Paris by Fontemoing, is a vicious, intemperate attack on the Jews of England, made in the name of much abused Psychology. It would be too mild altogether to merely describe the book as "a stroogly worded anti-Semitic study. etc." (Revue Critique des Idées et des Livres)

Dans la Revue Hebdomadaire de 1900 où il est écrit (en parlant de la guerre de l'Angleterre contre les Boers en Afrique du Sud) : "Relisez à cet égard l'enquête de M. Octave Uzanne sur l'Angleterre Juive." Cette enquête dont il est question ici a été publiée dans le journal antisémite dirigé par Edouard Drumont, La Libre Parole, en 1900. En parcourant rapidement L'Angleterre Juive (1913) ont lit page 354-355 : "Il y a là un singulier optimisme, M. Octave Uzanne, en 1900, signalait dans la Libre Parole les journaux suivant ayant des directions ou des attaches antisémites (sic)."

Les autres arguments quant à la paternité de ce texte sont développés dans notre article sur le site Octave Uzanne (5 octobre 2012).


Octave Uzanne est âgé de 62 ans au moment de la publication de cet ouvrage qui tranche foncièrement avec tout ce qu'il a pu écrire auparavant. Son ouvrage intitulé Instantanés d'Angleterre qui paraîtra tout juste un an plus tard, en 1914, n'évoque absolument pas cette question.

BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE RARE.

VENDU



mercredi 27 avril 2016

Bibliophilie Curiosa : Reliure originale parlante sur La Légende des Sexes du Sire de Chambley (Edmond Haraucourt). Edition originale imprimée à 212 exemplaires. Celui-ci imprimé sur vergé teinté et dédicadé à Eugène Demolder (gendre de Félicien Rops).


LE SIRE DE CHAMBLEY (Edmond H...) [Edmond HARAUCOURT]

LA LÉGENDE DES SEXES. POÈMES HYSTÉRIQUES.

Imprimé à Bruxelles pour l'auteur. 1882 (date sur la couverture et le titre). Achevé d'imprimer le 15 avril 1883 (colophon).

1 volume in-8 (23,5 x 15,5 cm) de 147-(1) pages.

Reliure bradel plein papier japonais rose chair, technique des plats rapportés, dos de papier japonais marron, plats décorés en relief et en creux (sexe de femme en creux stylisé au centre du premier plat avec le titre qui l'entoure en lettres capitales en relief - sexe d'homme en relief stylisé au centre du second plat), doublure et feuillets de garde de papier japonais marron, tranchefile main bicolore marron et rose chair (reliure moderne de création). Relié sur brochure, non rogné, couverture conservée (rousseurs). Texte imprimé sur papier vergé teinté. Emboîtage décorée assorti.


IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE DEUX CENTS EXEMPLAIRES, EN DEUX SÉRIES, ET DOUZE EXEMPLAIRES SUR JAPON. CES VOLUMES, TOUS NUMÉROTÉS ET PARAPHÉS PAR L'AUTEUR, NE POURRONT ETRE VENDUS.

CELUI-CI UN DES 200 EXEMPLAIRES DE LA DEUXIEME TRANCHE "b" (b.87).


EXEMPLAIRE OFFERT PAR L'AUTEUR A SON AMI EUGÈNE DEMOLDER avec cet envoi daté et localisé.

"A Eugène Demolder,
souvenirs affectueux.
[signé] Edmond Haraucourt
n° b. 87
La Guimorais
2-7 sept. 95"

Eugène Demolder, écrivain belge d'expression française né à Molenbeek-Saint-Jean le 16 décembre 1862 et mort à Essonnes le 8 octobre 1919, était à la fois romancier, conteur et critique d’art. Après des études de droit, il s'inscrit au Barreau de Bruxelles. En 1895, il épouse Claire Rops, fille de Félicien Rops. Il est nommé juge de paix en 1897. Il meurt à Essonnes, dans l'ancienne demeure de son beau-père.



L'envoi est signé de La Guimorais. Dans une lettre de Félicien Rops à Henri Detouche de septembre 1895, il est question d'une visite d'Edmond Haraucourt et d'Eugène Demolder à La Guimorais. Rops invite Detouche à le rejoindre et à séjourner à La Guimorais "avec boîtes à couleurs", ajoutant que "Haraucourt est venu huit jours et le bon Flamand Eugène Demolder (...) vous fera compagnie". La Guimorais était une propriété de Rops non loin de Saint-Malo, en Bretagne.
Nous savons, par l'envoi de cet exemplaire de la Légende des Sexes, confirmé par cette lettre, que Félicien Rops, Edmond Haraucourt et Eugène Demolder furent réunis du 2 eu 7 septembre 1895 à La Guimorais près de Saint-Malo.

Jolie reliure allusive de création moderne.

Provenance : Bibliothèque Eugène Demolder. (l'exemplaire était resté broché).



La Légende des Sexes est le premier ouvrage de l'auteur. Haraucourt a 26 ans lorsqu'il publie de manière confidentielle à 212 exemplaires seulement (il existe plusieurs contrefaçons publiées ensuite) ces poèmes hystériques, véritable "épopée du bas-ventre". "Donc, dans le coït, rien ; à côté, rien. Avons-nous essayé les premiers la force contractile du sphincter anal ? (...) Avons-nous inventé le travail des langues, et le baiser adultère des taureaux ou des cygnes ? Rien ! nous n'avons rient fait, et nous ne ferons rien ! Il ne nous reste qu'un espoir, qu'un rêve irréalisé encore : l'application de l'envahissante électricité au travail voluptueux de nos sens. Et même doutons-nous, misérables que nous sommes, dans notre espérance dernière : car peut-être l'amour et le désir ne sont-ils que ces phénomènes dynamo-électriques , nos sexes, des accumulateurs ou des piles chargés de voltes et d'ampères, et desquels jaillit, par l'approche d'un pôle contraire, la resplendissante électricité de l'amour. (...)" (extrait de la Préface).

Élaboré en contre pied de la Légende des Siècles du grand Hugo, ce livre eut le succès du soufre. Du coït des atomes en passant par le Sonnet pointu ou le Sonnet honteux, ce volume composé de 39 poèmes est une aventure textuelle au pays des libertés curieuses.


Sonnet honteux

L'anus profond de Dieu s'ouvre sur le Néant,
Et, noir, s'épanouit sous la garde d'un ange.
Assis au bord des cieux qui chantent sa louange,
Dieu fait l'homme, excrément de son ventre géant.
Pleins d'espoir, nous roulons vers le sphincter béant
Notre bol primitif de lumière et de fange ;
Et, las de triturer l'indigeste mélange,
Le Créateur pensif nous pousse en maugréant.
Et un autre…



Sonnet pointu


Reviens sur moi ! Je sens ton amour qui se dresse ;
Viens, j'ouvre mon désir au tien, mon jeune amant.
Là... Tiens... Doucement... Va plus doucement...
Je sens, tout au fond, ta chair qui me presse.
Rythme bien ton ardente caresse
Au gré de mon balancements,
O mon âme... Lentement,
Prolongeons l'instant d'ivresse.
Là... Vite !
Plus longtemps !
Je fonds ! Attends,
Oui, je t'adore...
Va ! va ! va !
Encore.
Ha !



La jeune

J'ai rêvé d'une vierge impécable, aux yeux froids,
Qui d'un bond, émergeant des moiteurs de sa couche,
Vient accrocher le poids de son corps à ma bouche
Et pointe sur mon coeur le roc de ses seins droits.
Longtemps, pieuse et chaste, elle a porté la croix
De l'orgueil vertueux que nul désir ne touche ;
Mais voilà que le rut s'est éveillé, farouche,
Et la chair en révolte a réclamé ses droits...
Elle plaque à ma peau la peau d'un ventre ferme,
Et furieusement crispée, elle m'enferme
Dans l'effort ingénu de sa lubricité.
Ses canines d'enfant mordent ma chair de mâle...
A moi, toute ! Et la fleur de sa nubilité,
Pourpre, s'épanouit sous l'onde baptismale.


SUPERBE RELIURE ORIGINALE.

BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE TOUJOURS RECHERCHÉ.

PROVENANCE TRÈS INTÉRESSANTE.

Prix : 2.500 euros



Estampe originale : MORI ME COGIS. Eau-forte et pointe sèche par Joseph Apoux. Vers 1880-1890 ? Belle épreuve sur papier de Hollande.


[Joseph APOUX]

MORI ME COGIS

Eau-forte et pointe sèche par Joseph Apoux

Vers 1880-1890 ?

21 x 18,5 cm (cuvette) - 37 x 28 cm (feuille)

Épreuve sur papier de Hollande

TRÈS BON ÉTAT.

VENDU