jeudi 11 septembre 2014

Poésies badines et légères du XVIIIe siècle : La chasse de la puce, Babet la bouquetière, L'excocu, L'origine du cocuage, L'oye polluée, La savonnette, L'urinal, La voye du salut, La robe du capucin, Le mari qui n'en n'est pas la cause, le prélat sexagénaire, La femme gourmande, Rosine, Le lait du Jésuite, La culotte de St. Raymond, etc. Vers 1750. Bel exemplaire.



ANONYME [COLLECTIF]

RECUEIL DE NOUVELLES POÉSIES GALANTES, CRITIQUES, LATINES ET FRANÇAISES. Première et Seconde partie.

A Londres, s.n.,Cette présente Année [vers 1750]

2 parties en 1 volume in-8 (17 x 11 cm), (10)-192 et (1)-183-(3) pages. Pages de titres imprimées en rouge et noir.

Reliure plein veau de l'époque, dos à nerfs orné, décor à froid en encadrement des plats, roulette dorée, tranches jaspées. La première garde marbrée manque. Très bon état de la reliure (légères marques), intérieur frais. Reliure probablement hollandaise.

ÉDITION ORIGINALE DE CE RECUEIL DE POÉSIES PAILLARDES ET LÉGÈRES.

Ce recueil contient un très grand nombre de pièces libres en vers, la plupart anticléricales, badines voire érotiques, certaines à caractère scatologique. On y trouve aussi des pièces Gasconnes et des poésies en patois bourguignon attribuées à Piron père. On y croise aussi le nom de La Monnoye.

Certains bibliographes donnent la date de 1740, d'autres celles de 1765 ou encore 1780. S'ils avaient feuilleté attentivement le volume il y auraient trouvé la date de 1748 en note de bas de page. Compte tenu de la typographie, des ornements employés et de la reliure de cet exemplaire, nous pensons qu'il a été imprimé vers 1750 en Hollande.

"Recueil très libre et joliment imprimé" (catalogue de bibliothèque, 1776, qui donne la date de 1765 pour ce recueil).

"Très bon recueil en ce qu'il contient beaucoup de pièces peu connues, et entre autres, celles en patois bourguignon qui ont été attribuées faussement au père de Piron. Ce livre est assez rare pour être recherché" (Viollet-Le-Duc)
Il existe au moins deux éditions portant exactement le même titre et la même adresse. Leur contenu est agencé différemment.

On y trouve notamment des contes en vers : La chasse de la puce, Babet la bouquetière, L'excocu, L'origine du cocuage, L'oye polluée, La savonnette, L'urinal, La voye du salut, La robe du capucin, Le mari qui n'en n'est pas la cause, le prélat sexagénaire, La femme gourmande, Rosine, Le lait du Jésuite, La culotte de St. Raymond, etc. Ainsi que de très nombreuses épigrammes légères.

Référence : Nodier, Bulletin du Bibliophile, 1833, n°907 recueil "peu commun [...] fait par un homme d'esprit".

BEL EXEMPLAIRE.

VENDU


lundi 8 septembre 2014

Quinze poèmes d'Emile Verhaeren illustrés de 57 bois gravés par Frans Masereel (1917). Un des 190 exemplaires sur papier Fabriano.



Emile VERHAEREN / Frans MASEREEL illustrateur

QUINZE POEMES D’ÉMILE VERHAEREN illustrés de 57 gravures sur bois, dessinées et gravées par Frans Masereel et suivis d'un souvenir à Verhaeren par Octave Uzanne.

Edition Georges Crès et Cie, Paris, 1917

1 volume grand in-8 (27 x 20 cm), broché, CIII-(1) pages. Couverture crème imprimée en noir avec un bois gravé. Exemplaire non coupé, à l'état proche du neuf. Pages imprimées au verso seulement (sans retiration).

TIRAGE A 1.555 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 190 EXEMPLAIRES SUR PAPIER FABRIANO.

Avec 15 ex. sur Japon et 1.350 ex. sur papier anglais.


« Il restera comme une des curiosités de sa bibliographie, dont la multiple splendeur est appréciée des bibliophiles contemporains qui possèdent déjà des belles éditions de Deman, de Georges Crès, de l'artiste Lucien Pissaro, celles illustrées par Odilon Redon et Georges Minne et tant d'autres, décorées avec un si pur éclat ornemental par l'excellent peintre Théo van Rysselberghe, l'ami, le compagnon de toujours, le maître portraitiste d'Emile Verhaeren. » (Octave Uzanne)


« La décision de la maison des éditions Georges Crès d'apporter le maximum de symétrie, de cohésion et d'équilibre à la physionomie typographique de ce noble livre par l'impression des vers « à la suite » aurait également trouvé une nouvelle justification dans la valeur puissamment décoratrice de son illustration. Le dessinateur belge Frans Masereel est un solide, synthétique et sobre xylographe, à la façon ingénue et fruste des vieux maîtres « graveurs-intalleurs » primitifs de l'école de Harlem. Son talent est complet, vigoureux, savant dans sa virtuosité de simplification et de naïveté. Ses bois gravés ont la mâle vigueur de ceux qui, aux premières heures de la xylographie massive, s'imprimaient, à grand renfort de bras, sur la rugosité des papiers à chandelle. Ces intailles sur bois ont la brutalité nécessaire, voulue, celle qui affirme l'intensité des beaux noirs et la valeur des blancs lumineux. Elles nécessitent des encrages à plein rouleau et répudient toute miévrerie dans leur entourage, soit dans les caractères typographiques qui doivent être forts et gras, soit surtout dans la valeur d'ensemble des pages qui, pour les habiller avec ampleur, doivent fournir un texte étoffé et nourri de lignes en formation compacte. L'art de Frans Masereel s'apparente au génie flamand d'Emile Verhaeren, tout en puissance et en franchise, souvent en violences et en rudesses. Les influences de ces deux modernes sont également lointaines et, s'il fallait indiquer la descendance de leurs véhémentes qualités ataviques, il conviendrait de remonter aux peintures turbulentes des anciens maîtres des Flandres en liesse. Il faudrait les apparenter à ceux qui vécurent aux temps des kermesses déchaînées, dont Verhaeren, en certaines parties de ses poèmes, a si prodigieusement évoqué les batailles sexuelles, les grossières ivresses, le tintamarre des ruts, des vociférations, des hoquets et des vomissements. Frans Masereel n'est pas sans rappeler Brakenburgh, Téniers et Jean Steen dans quelques-unes des pages illustrées de cet ouvrage, mais dans nombre d'autres le modernisme de sa vision des pays houillers et son individualité se font jour et témoignent de son indéniable originalité d'interprète conscient de la vie belge. » (Octave Uzanne)



BEL EXEMPLAIRE DE CE SUPERBE OUVRAGE.

VENDU


samedi 30 août 2014

Les Oeuvres de Monsieur Scarron (1712-1713) "Celui qui cy maintenant dort Fit plus de pitié que d'envie, Et souffrit mille fois la mort Avant que de perdre la vie." Superbe exemplaire en vélin hollandais de l'époque.



Paul SCARRON

LES ŒUVRES DE MONSIEUR SCARRON. Divisées en 6 volumes. Revues, corrigées et augmentées.

A Amsterdam, chez R. et G. Wetstein, 1712-1713

8 tomes reliés en 6 volumes in-12 (14 x 8 cm). 13 feuillets non chiffrés et 271-(5) pages pour le tome premier (premier volume), 288 pages pour le tome deuxième (premier volume), 286 pages pour le tome troisième (deuxième volume), 263 pages pour le tome quatrième (deuxième volume), 586 pages pour le tome premier du Virgile travesty (troisième volume), 359 pages pour le tome deuxième du Virgile travesty (quatrième volume), 622-(2) pages pour les tomes I et II du Roman comique (cinquième volume), 239 pages pour la première partie des Dernières Oeuvres (sixième volume) et 280 pages pour la seconde partie des Dernières Oeuvres (sixième volume). Eaux-fortes en frontispices et pour illustrer quelques pièces de vers (Virgile travesty). Le Roman comique porte un titre à la date de 1717 chez le même libraire.

Reliure uniforme plein vélin hollandais de l'époque, pièces de titre dorées sur fond ocre, tranches mouchetées. Exemplaire très frais à l'état proche du neuf.

NOUVELLE ÉDITION.


Cet ensemble contient des poésies diverses, des comédies, des nouvelles, le célèbre Virgile travesty en vers burlesques, le non moins célèbre Roman comique, etc.

Paul Scarron (1610-1660), célèbre cul-de-jatte poète et rimailleur qui ne remuait ni pied ni patte ... Époux de celle qui allait devenir Madame de Maintenon (1652). Grand satiriste, frondeur, insolent, tenant principal à son époque du comique burlesque et féroce, auteur de mazarinades, Scarron laisse une oeuvre touffue représentative du Grand Siècle.


SUPERBE EXEMPLAIRE PARFAITEMENT CONSERVÉ DANS SON SÉDUISANT VÉLIN DE L'ÉPOQUE.

VENDU


samedi 2 août 2014

Prostitution et Maisons closes : La Maison Philibert par Jean Lorrain (1904), illustrée de 88 aquarelles par Dignimont reproduites au pochoir par Charpentier (coloriste). 1 des 300 exemplaires sur papier de Rives.



Jean LORRAIN - DIGNIMONT (illustrateur)

LA MAISON PHILIBERT. Illustré de quatre-vignt-huit aquarelles de Dignimont.

Paris, Collection des Arts, Editions Crès et Cie, 1925

1 volume in-4 (25,5 x 20 cm), broché, (4)-254-(1) pages. 88 aquarelles dans le texte et hors texte mises en couleurs au pochoir. Excellent état.

ÉDITION DE BIBLIOPHILE IMPRIMÉE A 365 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 300 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE RIVES. (sans numérotation).


« La maison Philibert est en province, un ancien couvent et un nouveau pensionnat. Les jeunes personnes y écossent des petits pois sur des bancs de jardins avec des gloussements de poules couveuses. Toute la tendresse de la nature les entoure ; elles sont au vert dans un coin de petite ville silencieuse ; elles représentent, parmi les sots, les médisants ; les pimbêches, ce que la nature a encore de meilleur pour l'homme. Elles ne sont ni trop belles ni trop cruelles ; elles ont des philosophies qui viennent de loin, d'un peu plus loin que leur premier amant. À suivre leurs ébats d'un œil point prévenu, on finit par s'attendrir, car ce sont des femmes comme les autres, moins compliquées que les autres, possédant, à défaut d'odeur de vertu, certains sachets remplis d'espérance qui leur valent bien le plus collet monté des costumes de bourgeoises. Juliette, Rébecca, Myrille, types retroussés avec un soin exquis par l'auteur, sont des bonnes sœurs de charité prêtes à tous les dévouements ; elles bordent les poivrots dans leur lit, déniaisent les jeunes paysans en quête de savants soupirs & apprennent la littérature de Willy pour en bercer les nouvelles aspirations poétiques des receveurs des contributions célibataires. Ça ne tourne mal qu'à partir du moment où le patron Philibert cherche des éléments de corruption genre parisien. Oh ! alors, Jean Lorrain se déchaîne ! Toute la tourbe du grand monde va épaissir le pur cloaque. [...] On voit rappliquer [...] les belles Madames de tous les cinq à sept un peu courus, les hétaïres de lettres, mâles ; femelles, le gratin des antichambres gouvernementales ; le dessus de la corbeille des agents de change... » Compte rendu de La Maison Philibert par Rachilde, publié dans Le Mercure de France, n° 177, septembre 1904 (extrait).


Paul Alexandre Martin Duval, dit Jean Lorrain, est un écrivain français à très forte tendance parnassienne, né à Fécamp le 9 août 1855 et mort à Paris le 30 juin 1906. Jean Lorrain a été l'un des écrivains scandaleux de la Belle Époque, au même titre que Rachilde, Hugues Rebell et Fabrice Delphi. Ses œuvres peuvent être rapprochées de la littérature fin de siècle. C'est en 1904, pour payer la très lourde amende à laquelle il a été condamné à la suite du procès perdu contre Jeanne Jacquemin, qu'il publie La Maison Philibert.

TRÈS BELLE ÉDITION ILLUSTRÉE PAR DIGNIMONT.

VENDU


jeudi 31 juillet 2014

La danse macabre de Fagus (Georges Faillet) illustrée de 50 peintures par Sylvain Vigny (1937). 1 des 25 exemplaires de tête sur Japon Impérial. Rare tirage.



FAGUS [Georges Faillet]

LA DANSE MACABRE. Poème. Illustrations de Sylvain Vigny.

Malfère, Paris, 1937

1 volume in-4 (27 x 20,5 cm avec les marges), broché, 226-(1) pages. 49 planches hors-texte en noir dont une double-page en sépia, couverture illustrée d'un dessin de l'artiste tiré en bistre.

TIRAGE A 2.125 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 25 EXEMPLAIRES SUR JAPON IMPÉRIAL.

Le tirage est de 2.000 exemplaires sur vélin pur fil, 100 exemplaires sur Hollande Van Gelder et 25 exemplaires sur Japon Impérial.


Ce long poème fait partie d'un ensemble, qui, sous l'argument général "Stat Crux Dum Volvitur Orbis", comporte : Le Massacre des Innocents (publié partiellement dans le recueil Jeunes Fleurs en 1906 ; La Guirlande à l'Epousée (1921) ; Lucifer (inachevé) ; Frère Tranquille (1922) ; Ixion (1903) ; La Danse Macabre que voici ; l’Évangile de la Croix et La Croisade de l'Antéchrist (inachevés).


Fagus est le pseudonyme de Georges Faillet (1872-1933). Né à Bruxelles et mort à Paris, fils de communard qui se sont exilés à Bruxelles, il revient à Belleville dès l'âge de 8 ans. Personnage paradoxal ayant été d'abord anarchiste puis catholique et monarchiste. Anticonformiste et doué d'un humour proche de la pataphysique, il fut l'ami d'Alfred Jarry, Guillaume Apollinaire, Auguste Rodin, Paul Léautaud, etc.

Cette danse macabre, ici magistralement illustrée par l'artiste peintre Sylvain Vigny (1902-1970). Un grand nombre des peintures reproduites ici en photogravure sont à caractère érotique et subversif. L'oeuvre peint et dessinée de Sylvain Vigny a fait l'objet d'une vente d'atelier et a été l'occasion d'expositions. Ainsi que d'une exposition intitulée Autour de Sylvain Vigny (24 au 30 septembre 2011, Galerie Sintitulo à Nice). Sylvain Vigny est né en Autriche et mort à Nice où il avait élu domicile dès 1940.


"Sa peinture est brutale, mais chaleureuse, inquiète et chaotique ... le monde selon Vigny est un spectacle tragique et phantastique (sic) ... ses personnages sont douloureux, femmes aux lourdes formes" (Bénézit).

L'ensemble de l'illustration fait de ce livre un livre très fort d'où se dégage un profond malaise humain ... voire inhumain.

BEL EXEMPLAIRE DU PLUS RARE TIRAGE POUR CE BEAU LIVRE ILLUSTRÉ.

VENDU


mercredi 30 juillet 2014

Superbe album photos 1900 au décor peint "Art nouveau" (dans le style des maîtres ornemanistes Eugène Grasset, George Auriol, Alphone Mucha). Pièce unique.



ALBUM PHOTOS 1900 ART NOUVEAU PEINT A LA MAIN FORMAT IN-FOLIO.

1 album in-folio (33,5 x 21,5 cm).

Reliure cuir décoré, doré, ciselé, peint à la main sur le premier plat. Fermoir en laiton. 68 emplacements de formats divers 8,5 x 5 cm - 13,5 x 9,5 cm - 17,5 x 8,5 cm. 12 feuillets cartonnés épais avec encadrements décorés, gardes et doublures de l'album en papier peint décoré de végétaux. Tranches dorées.

Décor sur le premier plat : Grande peinture 28,5 x 16,5 cm "jeune femme de profil à la longue chevelure rousse, à la coiffe blanche retombante et portant un rameau d'olivier". Peinture non signée mais dans le goût des meilleurs peintres de la période Art nouveau tels Eugène Grasset, George Auriol ou Alphonse Mucha. Le reste de l'album est entièrement recouvert d'un décor végétal (tulipes) dorées et ciselées, bordées de traits noirs à l'encre. Décor entièrement réalisé à la main (unique).

EXCEPTIONNEL EXEMPLE DE DÉCORATION ART NOUVEAU ASSIGNÉE A UN ALBUM PHOTO DE L'EPOQUE 1900.

Très bon état. Quelques petits manques de peinture (notamment dans la coiffe). Aucun repeint, aucune restauration d'aucune sorte. Superbe état de conservation.

Vendu vide, sans photos.

PIÈCE UNIQUE DIGNE D'UN MUSÉE CONSACRÉ A L'ART NOUVEAU.

Renseignements complémentaires sur simple demande.

VENDU

mardi 29 juillet 2014

L'instinct de mort par Jacques Mesrine, l'ennemi public n°1 (1977). Edition originale de premier tirage (4 février 1977). Exemplaire à l'état proche du neuf, sans trace de lecture.



Jacques MESRINE

L'INSTINCT DE MORT.

J.C. Lattes, 1977 [achevé d'imprimer le 4 février 1977 - Premier tirage]

1 volume in-8 (22,4 x 13,7 cm), broché, couverture imprimée, 333 pages.

ÉDITION ORIGINALE DE PREMIER TIRAGE DONT IL N'A PAS ÉTÉ IMPRIMÉ DE GRANDS PAPIERS.

EXEMPLAIRE A L'ÉTAT PROCHE DU NEUF. AVEC LE COURRIER DE JC LATTES + BANDEAU D'ANNONCE.

Jacques Mesrine est né le 28 décembre 1936 à Clichy-la-Garenne, on peut le définir comme un criminel ayant sévit en France mais également dans plusieurs pays d'Europe et au Canada. Il est surnommé « L'homme aux mille visages » ou, à tort de son propre aveu, « le Robin des Bois français ». Déclaré « ennemi public numéro un » au début des années 1970, il est notamment connu, en France, pour des braquages médiatisés et pour ses évasions. Il a torturé aussi, fait preuve parfois d'une cruauté qui empêche toute assimilation au mythe du bon "Robin des bois". Le vendredi 2 novembre 1979 à 15h15, Mesrine, au volant de sa voiture avec sa compagne Sylvia Jeanjacquot, est encerclé par les hommes de la Brigade de Recherche et d'Intervention (BRI), porte de Clignancourt à Paris. Un camion bâché, qui s'est inséré devant son véhicule, dissimule des tireurs qui ouvrent le feu sur lui et sa compagne. Vingt et une balles sont tirées. On retrouvera dix-huit impacts de balles à haute vélocité sur son corps. Il est tué en possession de grenades et d'armes de poing dissimulées à ses pieds (Sylvia Jeanjacquot continue d'affirmer que les armes et les grenades étaient de son côté à elle dans le véhicule). Sa compagne, grièvement blessée, perd un œil dans la fusillade. Dès lors la polémique sur les conditions de la mort de Mesrine ne feront que grandir. Les policiers ont-ils ouvert le feu après les sommations d'usage ? ou bien sans ? Est-ce une exécution ? Mesrine avait dit à Broussard, commissaire principal de la BRI : « Quand nous nous rencontrerons à nouveau, ce sera à celui qui tirera le premier » Mesrine laissait à sa compagne, Sylvia Jeanjacquot, comme testament, une cassette retrouvée par les enquêteurs où il dit : « Si tu écoutes cette cassette, c'est que je suis dans une cellule dont on ne s'évade pas ». Que laisse Mesrine derrière lui ? Un souvenir d'une violence extrême. Des jugements sans pitié. Il laisse un livre : L'instinct de mort. Mesrine est arrêté par le commissaire Robert Broussard une première fois le 28 septembre 1973, à son appartement rue Vergniaud dans le 13e arrondissement de Paris. Cette arrestation reste célèbre puisque le truand, cigare aux lèvres, ouvrit la porte aux policiers après vingt minutes de négociations à travers la porte et offrit le champagne au commissaire. Mesrine plaisante avec Broussard : « Tu ne trouves pas que c'est une arrestation qui a de la gueule ? » C'est durant ce séjour en prison qu'il écrit son autobiographie L'Instinct de mort, qui paraît en février 1977.

Dans ce livre, il déclare avoir tué trente-neuf personnes. Le 19 mai 1977, Mesrine est condamné à 20 ans de prison pour attaques à main armée, recel et port d'armes par la Cour d'Assises de Paris présidée par le juge Petit. Durant ce procès, il se produit une anecdote célèbre : il lance les clefs de ses menottes à la figure des juges pour prouver la corruption de la police et de la justice. Il est transféré au quartier de haute sécurité de la prison de la Santé. Cette incarcération est à l'origine d'un combat médiatique qu'il entend mener afin de les faire supprimer, décrivant les conditions de détention qu'il juge dégradantes. Il y rencontre Charlie Bauer, un révolutionnaire d'ultra gauche, qui devient son bras droit. Il parvient à s'évader le 8 mai 1978, accompagné de François Besse et de Carman Rives. Grâce à des complicités au sein de la prison (qui introduiront des armes à leur intention), Mesrine et Besse parviennent à neutraliser leurs gardiens, escaladent le mur d'enceinte et s'évadent de cette prison réputée inviolable, laissant derrière eux Carman Rives abattu par la police.

Le courrier des Editions JC Lattès est daté de Paris, le 22 février 1977 et fait état d'une mise en vente du volume "en mars" d'un livre "qui n'a pas de précédent dans l'histoire de l'édition." (...) "Il s'agit de l'autobiographie de Jacques Mesrine, actuellement détenu à la prison de Fleury-Mérogis. Jamais un homme considéré comme ennemi public n°1 en France, au Canada, enfermé sous haute surveillance dans sa cellule, n'avait, avant même de passer en justice, osé raconter sa vie avec une absence aussi totale de complaisance. Car c'est à partir du moi de mai, dans une des sessions des Assises, que Jacques Mesrine qui a tué plusieurs fois, comparaitra devant ses juges. Ce procès sera l'un des plus retentissants de ces dernières années. Mesrine y risque sa vie." Les Editions JC Lattès poursuivent : "Si, à l'exclusion de toute morale personnelle, nous avons décidé de publier ce livre hallucinant c'est que : - jamais nous n'avions lu un document aussi exceptionnel, tant par la violence qu'il exprime que par la personnalité de son auteur. - devant l'authenticité du récit nous avons pensé qu'il convenait de passer outre à tout sentiment car la vocation d'un éditeur n'est pas de juger, mais d'informer. Quand nous avons reçu le manuscrit, nous n'avons pu nous arracher à sa lecture. Ce manuscrit, nous vous le livrons sans retouche, sans effet littéraire : à l'état brut. L'Instinct de mort est un livre qui fera date. Nous vous en informons car il nous a paru indispensable d'agir ainsi. Il vous suffira d'en commencer la lecture pour comprendre." (signé Bernard Lesueur, Editeur-Directeur des ventes, JC Lattès).

On retrouve en quatrième de couverture le portrait photographique de Mesrine ainsi qu'un texte de présentation de l'ouvrage. L'achevé d'imprimer du premier tirage est daté du 4 février 1977 (comme le présent exemplaire). Il a été fait au moins deux autres tirages peu de temps après. Un second tirage en date du 10 mars 1977 et un troisième en date du 4 avril 1977. La couverture et le texte sont identiques pour ces trois tirages. Nous n'avons pas réussi à savoir le chiffre exact du tirage de chacune de ces impressions. Sans doute à très grand nombre vu le message d'annonce de l'éditeur. 10.000 ? 50.000 ? 100.000 ? Idem pour les retirages ultérieurs. Il y eut encore plusieurs autres éditions en 1979 notamment.

Il faudra attendre 1984 avec Gérard Lebovici, qui, fasciné par le caractère libertaire de Jacques Mesrine, décide de rééditer L'Instinct de mort. Parallèlement, il prend sous sa coupe sa fille, Sabrina Mesrine, et lui offre sa protection. Le livre sort doté d'une préface de Gérard Lebovici dans laquelle il fustige la nouvelle loi qui confisque à jamais les droits d'auteurs des personnes ayant publié un récit des crimes pour lesquels elles sont détenues, ainsi que l'attitude du précédent éditeur de Mesrine, Jean-Claude Lattès.

Lebovici affirme dans sa préface que Mesrine était devenu pour les Français de l'époque le parfait symbole de la liberté et affirme le « redoutable honneur » que représente pour Champ Libre le fait d'être l'éditeur de Mesrine. Gérard Lebovici sera assassiné peu de temps après dans un guet-apens resté mystérieux. L'Instinct de mort de Mesrine est à comparer avec les Mémoires de Lacenaire publiés en 1836. Il entre dans la catégorie des documents historiques. Pour l'anecdote, le 5 janvier 1979, l'éditeur Jean-Claude Lattès, reçoit une lettre de menaces qui lui réclame 230 000 francs. Mesrine soutient que cette somme lui est due pour les droits d'auteur de son livre L'Instinct de mort. Or Mesrine n'avait pas à percevoir de droits d'auteur compte tenu de son statut de détenu au moment de la publication. Les députés venaient en effet de faire voter une loi qui interdisait aux détenus en cours de jugement et incarcérés de pouvoir publier le récit de leurs crimes. Jean-Claude Lattès fera retirer le livre des devantures des librairies. "Quand on fait le métier que je fais, la moindre imprudence peut coûter la vie et, pire encore, la liberté." Mesrine. Mettre le prix de la liberté au dessus du prix de la vie, telle a été semble-t-il son unique motivation.

EXEMPLAIRE DE CHOIX A L'ETAT PROCHE DU NEUF, SANS TRACE DE LECTURE NI MANIPULATION, LA COUVERTURE EST RESTÉE INTACTE, LE PAPIER EST BIEN BLANC.

PREMIER TIRAGE TRÈS RECHERCHÉ DANS CETTE CONDITION.

VENDU

lundi 28 juillet 2014

Les confidences libertines par Lucie Paul Margueritte (1922) illustrées de dessins Art Déco par Marcel François. Belle édition sur beau papier de cuve.



Lucie PAUL MARGUERITTE

LES CONFIDENCES LIBERTINES. Dessins de Marcel François.

Collection de "L"Amour vainqueur", L'édition, Paris, 1922

1 volume in-8 (22,5 x 14,5 cm), broché, 107-(2) pages. Vignettes en couleurs dans le texte et hors-texte. Petites fente au dos de la couverture imprimée en rouge sur le premier plat.

ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE SUR PAPIER VÉLIN DE CUVES (après seulement 12 exemplaires sur Japon).


Dialogues libertins autour du mariage, du couple, de l'amour, amants, amantes, voluptés discrètes et secrètes, érotisme voilé d'un léger drapé de soie, voilà de quoi il est question dans ce joli volume illustré par Marcel François selon les critères de l'Art Décoratif des années folles.

Lucie Paul-Margueritte est une des deux filles écrivains de Paul Margueritte.


BEL OUVRAGE DÉLICATEMENT ILLUSTRÉ.

Prix : 250 euros


jeudi 24 juillet 2014

Bouquinistes et Bouquineurs. Physiologie des quais de Paris par Octave Uzanne (1893). Un des 25 exemplaires de tête sur papier de Chine avec 4 états du frontispice et portrait ajouté. Superbe reliure de l'époque signée Ch. Meunier.



Octave UZANNE

BOUQUINISTES ET BOUQUINEURS. PHYSIOLOGIE DES QUAIS DE PARIS DU PONT ROYAL AU PONT SULLY par Octave Uzanne. Illustrations d'Emile Mas. Eau-forte frontispice de Manesse.

Paris, Ancienne Maison Quantin, Librairies-Imprimeries Réunies, May et Motteroz, 1893

1 volume grand in-8 (25 x 17 cm), XI-318-(1) pages. Frontispice.

Reliure demi-maroquin noir à larges coins, dos lisse richement orné et mosaïqué de quelques fleurettes, filets dorés, tête dorée, non rogné. Couverture illustrée conservée d'un seul tenant, reliée en tête (reliure de l'époque signée CH. MEUNIER). Quelques rousseurs (premiers et derniers feuillets plus particulièrement).

ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 1.600 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 des 25 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR PAPIER DE CHINE.

QUATRE ETATS DU FRONTISPICE (eau-forte pure sur Chine, eau-forte terminée avant lettre sur Chine, eau-forte terminée avec lettre sur Chine, eau-forte terminée avec lettre sur Hollande).

PORTRAIT D'OCTAVE UZANNE A L'EAU-FORTE SUR JAPON (ajouté).

Provenance : Ex libris gravé aux initiales M. G. H. et daté 1907.

Superbe exemplaire relié à l'époque par Charles Meunier de cet ouvrage controversé d'Octave Uzanne, dans lequel celui-ci fait l'historique des bouquinistes de Paris, notamment ceux encore en activité ou qui l'ont été après la second Empire. Octave Uzanne aura retenu bien souvent des anecdotes graveleuses voire douteuses concernant bon nombre de ces hommes du livre, pour certains rudement traités.
C'est le bouquiniste-bibliographe Antoine Laporte (maltraité plus qu'à son tour) qui répondra à ce livre par un pamphlet intitulé "Les bouquinistes et les quais de Paris tels qu'ils sont : Réfutation du pamphlet d'O. Uzanne." (Paris, chez tous les bouquinistes des Quais, 1893).

TRÈS BEL EXEMPLAIRE DU TIRAGE LE PLUS RARE, ICI JOLIMENT RELIÉ PAR CHARLES MEUNIER.

VENDU

Le Livre d'Or de Renée Vivien (1927), avec un remarquable frontispice par Manuel Orazi. Un des 26 exemplaires nominatifs sur vergé.




H. WILLETTE

LE LIVRE D'OR DE RENÉE VIVIEN. Orné d'un frontispice original d'Orazi gravé sur bois et imprimé en couleurs par Pierre Bouchet. Portraits. Documents inédits.

Le Livre d'Or, Paris, 1927

1 volume in-4 (25 x 19,5 cm), broché, 125-(1) pages.

ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 244 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 26 EXEMPLAIRES SUR VERGÉ "FRANZ HALS" CRÈME.

Exemplaire imprimé au nom de Mlle Jane Myriell (actrice).

Le frontispice de Manuel Orazi est remarquable.

Pauline Mary Tarn dont le pseudonyme est Renée Vivien était la fille d’une américaine et d’un britannique fortuné (John Tarn) qui mourut en 1886, lui laissant un héritage qui la mettait à l’abri du besoin. Après sa scolarité – au cours de laquelle elle se fait remarquer par son attachement (amical et « sororal ») pour son amie Violet (ou Violette) Shillito (qui décèdera en 1901) — effectuée d’abord à Paris, ensuite à Londres (cet « exil » lui permet d'avoir une belle correspondance littéraire avec Amédée Moullé en 1893 alors qu'elle a seize ans et lui cinquante), elle retourne, à sa majorité en 1899, s’établir à Paris dans un luxueux appartement situé au rez-de-chaussée du 23, avenue du Bois de Boulogne donnant sur un jardin japonais. Elle voyagea beaucoup à travers le monde. Ainsi, le Japon, Mytilène et Constantinople figuraient au nombre de ses destinations préférées. Elle eut une relation orageuse avec Natalie Barney, qu’elle quitta, trouvant ses infidélités trop stressantes, refusant même, à son retour des États-Unis de la revoir. Natalie, qui ne se résigna jamais à cette séparation, devait faire des efforts acharnés jusqu’à la mort de Renée pour tenter de la reconquérir, y compris en lui envoyant des amis communs (Pierre Louÿs notamment) plaider en son nom, ainsi que des lettres et des fleurs lui demandant de revenir sur sa décision. Elle eut, en revanche, une liaison plus stable avec la richissime baronne Hélène de Zuylen, mariée et mère de deux fils. En effet, Hélène lui apporta un équilibre émotif et une stabilité bénéfiques à sa création littéraire, rédigeant même quatre ouvrages en collaboration avec elle sous le pseudonyme collectif de Paule Riversdale. L’attribution réelle de ces ouvrages est incertaine, mais les chercheurs pensent qu’ils ont été écrits uniquement par Renée Vivien. Même les livres publiés sous le nom d’Hélène de Zuylen seraient, en réalité, dus à sa plume. Bien que la position sociale la baronne de Zuylen fasse obstacle à une relation publiquement affichée, toutes deux voyagèrent souvent ensemble et elles poursuivirent une liaison discrète de 1902 jusqu’à 1907. Les lettres de Renée à son confident, le journaliste et érudit Jean Charles-Brun (qu'elle appelait « Suzanne »), révèlent que celle-ci se considérait comme mariée à la baronne. Alors qu’elle était toujours avec Zuylen, Vivien reçut une lettre d’une mystérieuse admiratrice stambouliote, Kérimé Turkhan Pacha, l’épouse d’un diplomate turc (probablement Turhan Hüsnî Pacha), d’où s’ensuivit, quatre ans durant, une correspondance intense, passionnée, suivie de brèves rencontres clandestines. Bien qu’éduquée à la française, Kérimé vivait selon la tradition islamique (cf. Lettres à Kérimé parues en 1998). En 1907, la baronne la quitta brusquement pour une autre femme, donnant lieu à toutes sortes de commérages dans la coterie lesbienne de Paris. Profondément choquée et humiliée, Vivien s’enfuit avec sa mère au Japon et à Hawaï, tombant sérieusement malade au cours du voyage. Le départ en 1908 de Kérimé pour Saint-Pétersbourg, pour suivre son mari en poste, mettant un terme à leur liaison, fut un nouveau coup dur pour Renée. Terriblement affectée par les pertes qu’elle avait subies, la spirale psychologique dans laquelle elle se trouvait déjà ne fit que s’accélérer. Elle se tourna de plus en plus vers l’alcool, la drogue. Des auteurs d'ouvrages critiques tels que Martin-Mamy, Le Dantec, Kyriac et Brissac firent de Renée Vivien une femme du mal et de la damnation, perverse et libertine à la fin de sa vie, allant jusqu'à lui inventer une vie de débauches et d'orgies auxquelles se marièrent la consommation de cocaïne. Rien de tout ceci ne fut jamais avéré. Et il est important de comprendre que les travaux sur sa vie et ses vers ont été influencés par les différentes idéologies des époques, idéologies qui considéraient encore l'homosexualité comme une grave névrose, une maladie mentale. Plongée dans une dépression suicidaire, elle refusa de se nourrir convenablement, facteur qui devait finir par contribuer à sa mort dont elle avait une image romantique. Lors de son séjour à Londres en 1908, dans un moment de découragement extrême et profondément endettée, elle tente de se suicider au laudanum après s’être allongée sur son canapé en tenant un bouquet de violettes sur son cœur. Après ce suicide raté, elle contracte une pleurésie qui la laissera affaiblie après son retour à Paris. Souffrant de gastrite chronique, due à des années d’abus d’alcool et d’hydrate de chloral, elle avait également commencé à refuser de s’alimenter. Au moment de sa mort, elle pesait à peine plus de 30 kilos. De multiples névrites lui paralysant les membres, elle se déplaçait, dès l’été 1909, à l’aide d’une canne. Morte au matin du 18 novembre, âgée de 32 ans, le décès fut attribué, à l’époque, à une « congestion pulmonaire », mais sans doute attribuable à une pneumonie compliquée par l’alcoolisme, la toxicomanie et l’anorexie. Enterrée dans le même quartier que celui où elle avait vécu, au cimetière de Passy, sa tombe, située non loin de celle de Natalie Barney, est constamment fleurie, preuve que sa figure et son œuvre continuent de susciter une intense ferveur. Il est possible de lire cette fin de vie difficile dans Le pur et l'impur au travers des yeux de son amie Colette, paru en 1932 ou dans Souvenirs indiscrets de Natalie Clifford Barney paru en 1960. Le surnom de « Sapho 1900, Sapho cent pour cent » a été donné à Renée Vivien par André Billy, dans L'Époque 1900. Les alentours de l'année 1900 connaissent une floraison d'œuvres écrites par des femmes (Renée Vivien, Colette, Anna de Noailles, Lucie Delarue-Mardrus…), dont plusieurs affichent leurs relations homosexuelles. Ce phénomène met au goût du jour l'œuvre et le personnage de la poétesse Sappho. Renée Vivien en particulier fait construire une maison à Mytilène, sur l'île de Lesbos. Mais elle fait surtout paraître en 1903 un Sapho, dans lequel le texte grec est suivi d'une traduction en prose et des propres vers de Renée Vivien, vers dont l'atmosphère est davantage celle des Fleurs du mal de Baudelaire que celle de la Grèce archaïque. Ses vers ont toutefois une qualité poétique proche de l'original : Vivien utilise la strophe saphique avec une grande aisance. L'ouvrage de Vivien a contribué à ancrer dans le public la réputation d'une Sappho avant tout lesbienne. (Source Wikipédia)

TRÈS BON EXEMPLAIRE.

VENDU