vendredi 20 juin 2014

Deux ouvrages sur la question du divorce en France par de Bonald (1805) et Chrestien de Poly (1815). Très bel exemplaire relié à l'époque.



Louis-Gabriel-Ambroise DE BONALD

DU DIVORCE, CONSIDÉRÉ AU XIXe SIÈCLE RELATIVEMENT A L'ETAT DOMESTIQUE ET A L'ETAT PUBLIC DE SOCIÉTÉ ; Par M. de Bonald. Seconde édition, revue, corrigée et augmentée par l'auteur.

A Paris, chez Adrien Leclere, imprimeur-libraire, 1805.

(4)-307 pages.

SUIVI DE :

J. P. CHRESTIEN DE POLY

DU DIVORCE ET DE LA SÉPARATION, considérés dans leurs rapports avec la Charte, l'essence du mariage, l'intérêt des familles, la morale et la politique.

Paris, Le Normant, Petit et Adrien Leclerc, septembre 1815. [imprimerie de Le Normant].

VIII-239-(1) pages.

2 ouvrages reliés en 1 volume in-8 (20,5 x 13,5 cm), pleine basane fauve racinée, dos lisse orné d'une fleuron, d'une fleur de lis et de filets et roulettes dorés, pièce de titre rouge, doublures et gardes de papier blanc, tranches marbrées (reliure de l'époque, 1815 ou peu après). Très bel exemplaire très frais, tant au niveau de la reliure que du papier. Quelques infimes marques sans gravité.


Le premier ouvrage par le vicomte de Bonald sur la question du divorce ou plutôt sur la question d'interdire le divorce pour des raisons qu'il avance être salutaires pour le bon fonctionnement de la société et la morale, a paru pour la première fois en 1801. Ce livre était adressé aux législateurs du code civil. Il y affirme l'indissolubilité du mariage et condamne le divorce comme étant une des principales causes de dépravation de la société. Ce fut l'un de ceux qui combattit le plus violemment les lois sur le divorce et le 26 décembre 1815 il proposa finalement aux chambres nouvellement composées avec le retour de la monarchie, d'en promulguer l'abolition. cette proposition fut adoptée par la chambre et donna lieu à la loi du 27 avril 1816. Cette seconde édition de 1805 est la plus complète et la plus aboutie de ce vaste projet d'abolition du divorce.


Le deuxième ouvrage, publié quant à lui en septembre 1815, seulement quelques mois avant la proposition d'abolition du divorce déposée par de Bonald en décembre de la même année, traite la question dans le même sens. Ici en édition originale, l'auteur, juriste, ainsi que de Bonald, va à contre-courant de l'idée même de l'émancipation des femmes. Ainsi on peut lire : "Toute femme séparée de son époux, même pour violence et mauvais traitements, devrait se retirer dans le sein de la société religieuse, seule société à laquelle elle appartienne encore ; cet asile, ouvert au repentir, à la faiblesses, au malheur (...)" extrait des notes page 118. "Le poison révolutionnaire" ne sera à nouveau autorisé (dans certains cas seulement) qu'en 1884 après bien des atermoiements notamment dès 1848 et les premières revendications féministes.

Dans le présent exemplaire, l'affirmation du retour à la monarchie des Bourbons, se fait même, outre les deux textes, jusqu'à la fleur de lis dorée qui orne le dos de la reliure.

Provenance : de la bibliothèque De Gaudart d'Allaines avec ex libris armorié (XIXe s.).

TRÈS BEL EXEMPLAIRE EN RELIURE DE L'EPOQUE DE CES DEUX OUVRAGES IMPORTANTS DANS L'HISTOIRE LÉGISLATIVE ET CIVILE DU DIVORCE.

VENDU

mercredi 18 juin 2014

Nana par Emile Zola (1880). Le roman de la basse prostitution parisienne sous le second Empire. Bel exemplaire des tout premiers mille de cet immense succès littéraire qui fut également un scandale retentissant.



Emile ZOLA

NANA.

Paris, G. Charpentier, 1880

1 volume in-18 (193 x 125 mm), (3)-524 pages.

Reliure demi-chagrin rouge vif, dos à nerfs, auteur et titre dorés, relié sur brochure, sans les couvertures jaunes imprimés (reliure de l'époque). Mention de sixième édition sur le titre.

ÉDITION ORIGINALE SUR PAPIER D’ÉDITION AVEC MENTION DE SIXIÈME ÉDITION.

En janvier 1880, Zola sort épuisé de la rédaction de Nana, dont la publication en feuilleton dans Le Voltaire s’achève le 5 février. L’année qui commence ne laissera guère de répit à l’écrivain car elle abonde en batailles et en douleurs, notamment la mort de son ami Flaubert, puis de sa mère. Zola est pourtant présent sur tous les fronts de la vie littéraire et politique : il doit répondre aux polémiques contre Nana et contre le naturalisme en général, qui vont jusqu’aux menaces judiciaires.

Dès le premier jour de sa sortie en librairie, le 14 février 1880, Nana connut un succès considérable. C'est le neuvième titre de la série les Rougon-Macquart, traitant du thème de la prostitution féminine à travers le parcours d’une lorette puis cocotte dont les charmes ont affolé les plus hauts dignitaires du Second Empire. Le récit est présenté comme la suite de L'Assommoir.

L’histoire commence en 1868 et dépeint deux catégories sociales symboliques, celles des courtisanes et celles des noceurs. Zola, chef de file du mouvement naturaliste, montre la société telle qu’elle était mais choisit aussi ce sujet scandaleux car il fait vendre, 55 000 exemplaires du texte de Charpentier étant vendus dès le premier jour de sa publication.

Le personnage de Nana a surtout été inspiré à Zola par Blanche d'Antigny mais le romancier y a aussi mis des éléments de Valtesse de La Bigne, Delphine de Lizy, Anna Deslions, Hortense Schneider et Cora Pearl dont il a étudié la vie.

Née en 1852 dans la misère du monde ouvrier, Nana est la fille de Gervaise et de Coupeau dont l’histoire est narrée dans L'Assommoir. Le début du roman la montre dans la gêne, manquant d’argent pour élever son fils Louiset qu’elle a eu à l’âge de seize ans d'un père inconnu, elle se prostitue, faisant des passes pour arrondir ses fins de mois. Ceci ne l’empêche pas d’habiter un riche appartement où l’un de ses amants, un riche marchand de Moscou, l’a installée. Son ascension commence avec un rôle de Vénus qu’elle interprète dans un théâtre parisien : elle ne sait ni parler ni chanter, mais son déhanchement affole tous les hommes, qui rêvent de la posséder. C’est le cas notamment de Muffat, haut dignitaire de l’Empire, pourtant homme chaste et d’une grande piété, que Nana ruine et humilie tout au long du roman. Muffat n’est pas la seule de ses victimes : d’autres sont conduits à la ruine, en particulier Steiner, se suicident (Georges Hugon, Vandeuvres), volent (Philippe Hugon), deviennent des escrocs (Vandeuvres). Elle se met néanmoins un moment en ménage avec un homme qu’elle aime, le comédien Fontan, un homme violent qui finit par la battre, la tromper et la mettre à la porte. Elle se met alors à côtoyer la prostituée Satin, avec qui elle entretiendra une liaison (Satin s'installera chez elle, dans l'hôtel acheté par le Comte Muffat pour Nana). Après avoir épuisé toutes ses économies, elle acceptera la manne financière proposée par Muffat qui désire par-dessus tout en faire sa maîtresse. Cette liaison le mènera au bouleversement total de son être, de ses convictions dévotes, son comportement probe et ses principes intègres, il s’abaissera à une humiliation inhumaine et une complaisance révoltante, contraint d’accepter les moindres caprices de Nana qui lui fait subir les pires infamies jusqu’à lui faire accepter la foule d’amants qu’elle fréquente (n'oublions pas Satin : même si Nana se borne à dire que « cela ne compte pas », elle représente l'humiliation suprême pour Muffat, puisque les deux femmes méprisent les hommes en s'en moquant ; un soir, Nana renvoie même Muffat sur ordre de Satin), alors qu’il n’exigeait d’elle que fidélité en échange de la fortune et de l’honneur qu’il lui sacrifie. Nana atteint le sommet de sa gloire lors d’un grand prix hippique auquel assistent Napoléon III et le tout-Paris, remporté par une pouliche qui porte son nom. Tout l’hippodrome crie « Nana », dans un délire tournant à la frénésie. Puis, après avoir peu à peu rejeté tous ses amants, elle quitte Paris, sans doute pour la Russie. Plus personne ne sait rien d’elle, jusqu’au moment où elle regagne la capitale. Atteinte de la petite vérole par l'intermédiaire de son fils, Nana meurt peu de temps après à 19 ans, Vénus est alors dévisagée et entourée de personnalités du théâtre, au moment où l’Empire déclare la guerre à la Prusse. (notice Wikipédia).

Notre exemplaire porte la mention de "sixième édition" sur la page de titre. Si l'on se réfère aux exemplaires rencontrés, on arrive pendant l'année 1880 au moins jusqu'à la 89e édition ! Notre exemplaire fait donc partie des tout premiers mille vendus. Le papier est fin, bien blanc et sans rousseurs. La reliure est sobre et très bien conservée.

BEL EXEMPLAIRE.

VENDU


mardi 17 juin 2014

Histoire de Manon Lescaut et du Chevalier Des Grieux par l'abbé Prévost (1875). Edition de luxe d'après le texte de l'édition de 1753 avec des eaux-fortes de Léopold Flameng. Un des 30 exemplaires sur Japon avec double suite des eaux-fortes.



ABBÉ PREVOST, Antoine François PRÉVOST, dit Prévost d’Exiles ou l' - FLAMENG Léopold, illustrateur

HISTOIRE DE MANON LESCAUT ET DU CHEVALIER DES GRIEUX, précédée d'une préface par Alexandre Dumas fils de l'Académie française. Collection de Galaup de Chasteuil comprenant tous les chefs-d'oeuvre de l'esprit humain (mention de couverture).

Paris, Librairie du XIXe siècle Glady Frères, éditeurs, 1875. [Paris, J. Claye imprimeur].

1 volume in-4 (32 x 24 cm) réimposé (justification du texte in-12 14 x 7,5 cm), broché, couverture en peau de vélin imprimée en rouge et noir. XLIX pages de préface et 372-(2) pages. Exemplaire à l'état proche du neuf, quelques traces sans importance à la couverture, intérieur neuf, non coupé (jamais lu). Estampes à l'eau-forte hors-texte (voir le détail ci-dessous). Quelques rares rousseurs à quelques feuillets seulement.


TRÈS BELLE ÉDITION ILLUSTRÉE PAR LÉOPOLD FLAMENG.

Voici le tirage exact de cette édition de luxe. Edition tirée à petit nombre sur papier Turkey-Mill au format in-8 à 30 francs le volume. Il a été fait en outre un tirage d'amateur à 333 exemplaires numérotés à la presse, ainsi composé :  1 peau de vélin (veau 1er choix), in-8 raisin numéroté 1 ; 2 parchemin, 1er choix, in-8 raisin, numérotés 1 à 2 ; 30 Japon in-4 numérotés 1 à 30 ; 50 Whatman impérial, in-8 jésus numérotés 1 à 50 ; 200 Van Gelder Zonen d'Amsterdam, in-8 raisin numérotés 1 à 200. Ces 333 exemplaires contiennent tous des épreuves avant la lettre. Les exemplaires Japon et Whatman contiennent les gravures en double épreuve, avant et avec la lettre. La peau de vélin et les deux parchemin contiennent seuls des épreuves d'artistes, avant toutes lettres.

CELUI-CI, UN DES 30 EXEMPLAIRES SUR JAPON (N°27) AVEC DOUBLE ETAT DES GRAVURES.



Ce livre a été imprimé par J. Claye, à Paris. Cette édition a été revue sur les textes originaux (édition d'Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1753) et accompagnée de variantes et d'une notice par Anatole de Montaiglon. Le portrait d'Alexandre Dumas fils a été gravé à l'eau-forte par Jules Jacquemard d'après le buste de Carpeaux. Les onze planches hors-texte ont été dessinées et gravées à l'eau-forte par M. Léopold Flameng et imprimées par Salmon. Les ornements du texte : fleurons, têtes de chapitres, culs-de-lampe, lettrines, ainsi que le frontispice, ont été dessinés sur bois par Emile Reiber et gravés par Pannemaker.

Notre exemplaire est l'un des rares imprimés sur papier Japon. Il s'agit d'un papier Japon feutre ancien (les premiers papiers Japon importés en France dans les années 1870) comme le rappelle Octave Uzanne dans son Dictionnaire Biblio-Philosophique : "Le papier du Japon n'a guère commencé à être utilisé en France pour l'impression d'exemplaires de luxe de nos livres soigneusement établis, qu'après 1870. (...) Le premier Japon employé chez nous fut d'abord ce Japon légèrement feutré, d'un ton jaune indien, si difficile à rencontrer à cette heure. (...)"

Il est amusant de noter le jugement que portait Morgand, célèbre libraire de la fin du XIXe siècle sur cette collection Galaup de Chasteuil, placé presque en tête de leur premier catalogue : "Ce volume est la tête d'une série qui doit comprendre tous les chefs-d'oeuvre de l'esprit humain sous la rubrique pompeuse de : Collection Galaup de Chasteuil, uniquement pour satisfaire la vanité des éditeurs (Glady Frères) et leur permettre d'accoler à leur nom le blason de leur ancêtre maternel qui brilla, disent-ils, dans la magistrature, dans les arts et dans les armes, et surmonté de la devise : Non Gladio Glady." Répertoire de la Librairie Morgand et Fatout, fiche n° 892 (Bulletin mensuel n°1 de l'année 1876).

Pour la petite anecdote, il est amusant de constater que le prix de vente de ce volume imprimé sur papier du Japon, était de 200 francs or. Somme astronomique en 1875 qui équivaut environ à une année de salaire d'un ouvrier non qualifié !

A propos de cet ouvrage, Montesquieu écrit en 1734 : « J’ai lu le 6 avril 1734, Manon Lescaut (...) Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon, et l’héroïne, une catin qui est menée à la Salpétrière, plaise ; parce que toutes les mauvaises actions du héros, le chevalier des Grieux, ont pour motif l’amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse. ».



"Manon Lescaut a laissé une trace durable dans la littérature française. Peu de romans n’ont été aussi loués et aussi critiqués que ce chef-d’œuvre rempli de passion, de douleur et d’amour. Le drame touchant vécu par le « fripon » des Grieux et la « catin » Manon parvient à éviter la réprobation des lecteurs grâce au caractère admirable qui caractérise les passions dans ce court récit si naturel et si vraisemblable qui se déroule avec une rapidité qui tranche avec le reste de l’œuvre de Prévost. L’intrigue de cette histoire remplie de variété et de mouvement sur fond unique de délire et d’amour se développe et s’enchaîne dans un ordre logique et naturel qui donne à chaque nouvel épisode son impression d’authenticité et de vraisemblance. Les deux héros sont présentés avec une netteté lumineuse : séduisants, jeunes et amoureux à outrance, ils se précipitent tête baissée dans leur passion sans jamais paraître rien perdre de leur grâce, de leur beauté et de leur esprit. Leur jeunesse et leur innocence ne semblent jamais atteintes par la fange de l’échelle sociale au bas de laquelle se passe une bonne partie de leur histoire. Passant tour à tour, et du jour au lendemain, de la misère à la fortune, du boudoir à la prison, de Paris à la déportation, de l’exil à la mort, des Grieux et Manon n’ont qu’une excuse : l’amour, ce sentiment qui fait oublier que tous deux mentent et volent, que le premier triche et tue ou que la seconde se prostitue. C’est également la conscience de ce sentiment qui permet au lecteur de prendre en pitié la faiblesse et les inconséquences de des Grieux, ce héros tout à la fois si humain et si démuni face à la tentation amoureuse. L’amour, dans Manon Lescaut, est une passion qui se révèle brusquement et qu’il serait vain de chercher à surmonter. De même, dans cette narration où le fourmillement d’incidents romanesques révèle un souci de la réalité dans ses plus petits détails, le réalisme ne dispute pourtant jamais à l’idéalisme. En dépit de leur caractère éminemment romanesque, les événements de Manon Lescaut ne paraissent jamais enfreindre la vraisemblance comme, par exemple, lorsque des Grieux saisit avec quelle facilité les résolutions les plus fermes s’évanouissent devant le regard d’une femme. La structure psychologique des héros obéit à cette règle : des Grieux réunit en lui une incroyable naïveté et un cynisme grossier tandis que Manon est un esprit pratique doué de bon sens et d’une extraordinaire insouciance. Le commerce de sa personne qu’elle fera, dès que l’argent viendra à manquer au couple, est une fatalité que rien ne peut infléchir car son bien être matériel est une nécessité qui ne saurait souffrir d’entraves. Mais Manon revient toujours à des Grieux, comme il revient à elle, après ses intervalles de retour à ses études et à la théologie. Le chef-d’œuvre littéraire de Manon Lescaut finit par naître de la somme des imperfections de des Grieux et de Manon lorsque la vérité de la passion de leurs caractères devient la personnification littéraire de l’amour, fatal et misérable pour l’un, inconstant et frivole pour l’autre mais d’un amour qui finit par trouver, sous le coup du malheur, sa rédemption dans un sentiment sincère et profond inévitablement voué à trouver son dénouement dans la mort." (in article Manon Lescaut, Wikipedia, section Analyse).

BEL EXEMPLAIRE, A RELIER OU A CONSERVER TEL QUE PARU.

TIRAGE TRÈS RARE.

VENDU



Manon Lescaut préfacée par Guy de Maupassant (1889). Un des rares exemplaires sur papier de Chine. Bel exemplaire.




Antoine François PRÉVOST, dit Prévost d’Exiles ou l'Abbé PRÉVOST - Guy de MAUPASSANT

HISTOIRE DE MANON LESCAUT ET DU CHEVALIER DES GRIEUX. Préface de Guy de Maupassant. Illustrations de Maurice Leloir.

Paris, Librairie Artistique H. Launette et Cie. G. Boudet, Succ., 1889 [achevé d'imprimer le 1er novembre 1888 par Jules Crété de Corbeil.].

1 volume grand in-8 (28 x 18 cm), broché sous couverture imprimée de l'éditeur, XXII-203-(3) pages. 225 compositions de Maurice Leloir dont 212 compositions dans le texte (tête de pages) gravées sur bois par Jules Huyot, 12 compositions hors-texte imprimées en chromolithographie (procédé Charles Gillot) d'après les aquarelles de M. Leloir, 1 frontispice en noir également gravé sur bois par Jules Huyot d'après Maurice Leloir. Texte encadré d'un filet rouge.


NOUVELLE ÉDITION. EDITION DE LUXE TIRÉE A 100 EXEMPLAIRES SUR GRANDS PAPIERS, CELUI-CI UN DES 50 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE CHINE (avec les gravures en couleurs hors-texte tirées sur papier du Japon).


Nouveau tirage de cette très jolie édition imprimée pour la première fois en 1885 chez le même éditeur, dans le même format et ornée de la même illustration.


La préface de Guy de Maupassant qui avait également déjà parue dans la première impression est un petit chef d’œuvre.

"Il a été donné à la femme, en effet, de dominer et d'enchanter l'homme rien que par la forme de son corps, le sourire de sa lèvre et la puissance de son regard. Sa domination irrésistible s'échappe d'elle, nous enveloppe et nous asservit sans que nous puissions résister, lutter, lui échapper, quand elle appartient à la race des grandes victorieuses et des grandes séductrices. Quelques-unes de celles-là dominent l'histoire du monde, répandent sur leur siècle un charme poétique et troublant. (...) C'est par ces traits subtils et si profondément humains que l'abbé Prévost a fait de Manon Lescaut une inimitable création. Cette fille diverse, complexe, changeant, sincère, odieuse et adorable, pleine d'inexplicables mouvements de coeur, d'incompréhensibles sentiments, de calculs bizarres et de naïveté criminelle, n'est-elle pas admirablement vraie ? (...) Aucune femme n'a jamais été évoquée comme celle-là, aussi nettement, aussi complètement ; aucune femme n'a jamais été plus femme, n'a jamais contenu une telle quintessence de ce redoutable féminin, si doux et si perfide ! (...)" (Guy de Maupassant, Préface de Manon Lescaut).

A propos de cet ouvrage, Montesquieu écrit en 1734 : « J’ai lu le 6 avril 1734, Manon Lescaut (...) Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon, et l’héroïne, une catin qui est menée à la Salpêtrière, plaise ; parce que toutes les mauvaises actions du héros, le chevalier des Grieux, ont pour motif l’amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse. ».


"Manon Lescaut a laissé une trace durable dans la littérature française. Peu de romans n’ont été aussi loués et aussi critiqués que ce chef-d’œuvre rempli de passion, de douleur et d’amour. Le drame touchant vécu par le « fripon » des Grieux et la « catin » Manon parvient à éviter la réprobation des lecteurs grâce au caractère admirable qui caractérise les passions dans ce court récit si naturel et si vraisemblable qui se déroule avec une rapidité qui tranche avec le reste de l’œuvre de Prévost. L’intrigue de cette histoire remplie de variété et de mouvement sur fond unique de délire et d’amour se développe et s’enchaîne dans un ordre logique et naturel qui donne à chaque nouvel épisode son impression d’authenticité et de vraisemblance. Les deux héros sont présentés avec une netteté lumineuse : séduisants, jeunes et amoureux à outrance, ils se précipitent tête baissée dans leur passion sans jamais paraître rien perdre de leur grâce, de leur beauté et de leur esprit. Leur jeunesse et leur innocence ne semblent jamais atteintes par la fange de l’échelle sociale au bas de laquelle se passe une bonne partie de leur histoire. Passant tour à tour, et du jour au lendemain, de la misère à la fortune, du boudoir à la prison, de Paris à la déportation, de l’exil à la mort, des Grieux et Manon n’ont qu’une excuse : l’amour, ce sentiment qui fait oublier que tous deux mentent et volent, que le premier triche et tue ou que la seconde se prostitue. C’est également la conscience de ce sentiment qui permet au lecteur de prendre en pitié la faiblesse et les inconséquences de des Grieux, ce héros tout à la fois si humain et si démuni face à la tentation amoureuse. L’amour, dans Manon Lescaut, est une passion qui se révèle brusquement et qu’il serait vain de chercher à surmonter. De même, dans cette narration où le fourmillement d’incidents romanesques révèle un souci de la réalité dans ses plus petits détails, le réalisme ne dispute pourtant jamais à l’idéalisme. En dépit de leur caractère éminemment romanesque, les événements de Manon Lescaut ne paraissent jamais enfreindre la vraisemblance comme, par exemple, lorsque des Grieux saisit avec quelle facilité les résolutions les plus fermes s’évanouissent devant le regard d’une femme. La structure psychologique des héros obéit à cette règle : des Grieux réunit en lui une incroyable naïveté et un cynisme grossier tandis que Manon est un esprit pratique doué de bon sens et d’une extraordinaire insouciance. Le commerce de sa personne qu’elle fera, dès que l’argent viendra à manquer au couple, est une fatalité que rien ne peut infléchir car son bien être matériel est une nécessité qui ne saurait souffrir d’entraves. Mais Manon revient toujours à des Grieux, comme il revient à elle, après ses intervalles de retour à ses études et à la théologie. Le chef-d’œuvre littéraire de Manon Lescaut finit par naître de la somme des imperfections de des Grieux et de Manon lorsque la vérité de la passion de leurs caractères devient la personnification littéraire de l’amour, fatal et misérable pour l’un, inconstant et frivole pour l’autre mais d’un amour qui finit par trouver, sous le coup du malheur, sa rédemption dans un sentiment sincère et profond inévitablement voué à trouver son dénouement dans la mort." (in Article Manon Lescaut, Wikipedia, section Analyse).


BEL EXEMPLAIRE TEL QUE PARU EN LIBRAIRIE.

UN DES RARES EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE CHINE.

Prix : 500 euros



lundi 16 juin 2014

Son Altesse la Femme d'Octave Uzanne illustré notamment par Félicien Rops (1885). Un des 100 exemplaires sur papier Japon de grand format avec double et triple suite des illustrations. Maroquin de Lemardeley.



Eau-forte d'après le dessin de Félicien Rops


Octave UZANNE - Félicien ROPS, illustrateur

SON ALTESSE LA FEMME par Octave Uzanne. Illustrations de Henri Gervex, J.-A. Gonzalès, L. Kratké, Albert Lynch, Adrien Moreau et Félicien Rops.

Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur, 1885 [achevé d'imprimer le 28 octobre 1884].

1 volume grand in-8 (29 x 20 cm) de (4)-XII-312-(2) pages.

Reliure bradel plein maroquin rouge janséniste, dos lisse, relié sur brochure (reliure de l'époque signée LEMARDELEY). Couverture illustrée par Gustave Fraipont conservée d'un seul tenant et montée en tête du volume. Excellent état de conservation de la reliure malgré d'infimes frottements et une petite éraflure au premier plat. Intérieur immaculé, comme neuf.


Eau-forte d'après le dessin de Félicien Rops


ÉDITION ORIGINALE.

ÉDITION SPÉCIALE DE CET OUVRAGE SUR PAPIER JAPON GRAND FORMAT A 100 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS EN CHIFFRES ROMAINS (N°LV).

De cette édition il a été tiré également 100 exemplaires sur papier Japon (numérotés en chiffres arabes) d'un format légèrement plus petit. Le tirage courant (à petit nombre) est sur papier vélin des Vosges.

Ce superbe livre, l'un des plus beaux consacrés à la femme par Octave Uzanne, est illustré de 11 très jolies eaux-fortes en couleurs hors-texte. Ce livre était publié à 45 francs. Le tirage "ordinaire" si l'on peut dire tant le papier est superbe, est sur papier teinté des Vosges (tirage à petit nombre non indiqué, sans doute moins de 1.000 exemplaires). Il existe 100 ex. sur Japon (100 fr.) et 100 ex. sur Japon réimposés (200 fr.). Celui-ci est un de ces derniers vendus la somme exorbitante de 200 francs or !

Ces derniers exemplaires sur Grand Japon possèdent plusieurs états des illustrations comme suit : 3 états de l'encadrement à l'eau-forte pour la Préface (avec Octave Uzanne représenté - état noir, bistre et définitif dans le texte) ; 2 états de l'encadrement polychrome pour le Vray Mirouer de Sorcellerie (avec 1 état en noir avant polychromie) ; 3 états du bandeau et de la lettrine pour La Précieuse (noir, bistre et définitif dans le texte) ; 3 états du bandeau et de la lettrine pour La Caillette (noir, bleu et définitif dans le texte) ; 2 états pour  l'encadrement pleine page de La Citoyenne Française (état en couleurs et au trait en noir) ; 3 états du bandeau et de la lettrine pour Les Galanteries du Directoire (1 état en noir, 1 état en couleurs et 1 état définitif en couleurs dans le texte) ; 3 états du bandeau et de la lettrine pour Sous la Restauration (noir, bleu et définitif dans le texte) ; 3 états pour l'encadrement L'amour aux champs (violine, noir et définitif en noir dans le texte) ; 3 états pour l'encadrement pleine page de La Parisienne Moderne (violine, noir et définitif en noir dans le texte) ; 3 états pour l'encadrement pleine page de Mulieriana (noir, bleu et définitif en noir dans le texte) ; Les 11 eaux-fortes hors-texte sont ici toutes en 2 états (un état tiré sur papier vélin monté sur onglé avant la lettre et un état tiré sur vélin appliqué sur Japon avec la lettre).


Eau-forte d'après le dessin de Félicien Rops


Ce livre est recherché notamment pour les trois très jolies eaux-fortes données ici par l'artiste Félicien Rops (compendium maleficarum, l'amour aux champs, et mulieriana). Les autres eaux-fortes données par Gervex, Lynch, Kratké, Moreau et Gonzalès, sont de très grande qualité. Ces eaux-fortes en couleurs ont été obtenues grâce à la technique dite du "repérage", c'est-à-dire que l'eau-forte était "positionnée" avec précision grâce à des repères (petites épingles piquées en haut et en bas des feuilles) sous la presse pour chaque passage de couleurs différentes. Le résultat obtenu était très convaincant pour l'époque (1885). Le volume est également illustré de bordures de pages en noir à l'eau-forte, quelques petites gravures sur bois. Une réalisation magnifique et très innovante comme Octave Uzanne savait les diriger pour les bibliophiles de son temps.

La couverture est illustrée tout au long (plats et dos) d'une grande composition florale japonisante de G. Fraipont (parfait état).

Ce livre traite de l'histoire de la femme depuis le moyen-âge jusqu'aux dernières années du XIXe siècle avec la "Parisienne moderne". On peut y lire les chapitres sauivant : Le vray mirouer de sorcellerie, La mie du poete, La précieuse, La caillette, La citoyenne française, Les galanteries du directoire, Sous la restauration, L'amour aux champs, La parisienne moderne, et Mulieriana (mélange de pensées et d'aphorismes sur les femmes).

Références : Carteret IV, 384 : "Ouvrage documentaire du plus vif intérêt." ; Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, tome VII, 924.


Eau-forte d'après le dessin de Henri Gervex


SUPERBE EXEMPLAIRE DE CE TRÈS BEAU LIVRE ÉRIGÉ A LA GLOIRE DE LA FEMME, PAR OCTAVE UZANNE, LE "MONSIEUR DE CES DAMES A L’ÉVENTAIL ET A L'OMBRELLE.


Octave Uzanne représenté dans l'encadrement tiré à part de la Préface.


ICI DANS LE PLUS BEAU TIRAGE DE LUXE QUI SOIT, AVEC UN DOUBLE ETAT DES ILLUSTRATIONS DE FELICIENS ROPS.

VENDU

samedi 14 juin 2014

La Leçon bien apprise par Anatole France et imagée par Léon Lebègue, pour Octave Uzanne et les Bibliophiles indépendants (mai 1898). Superbe exemplaire en maroquin mosaïqué signé Ch. Meunier (1904).



Anatole FRANCE - Léon LEBÈGUE, illustrateur - Octave UZANNE, éditeur

LA LEÇON BIEN APPRISE, conte par Anatole France imagé par Léon Lebègue pour les Bibliophiles indépendants.

Paris, Bibliophiles indépendants [H. Floury, libraire], [mai] 1898, [sur les presses de Lahure à Paris].

1 volume petit in-4 (23,5 x 17,5 cm), XXIV-(1) pp. + suite de chaque page en noir sur Chine. Toutes les pages sont illustrées pleine page (27) et mises en couleurs au pochoir à l'aquarelle.

Reliure plein maroquin havane, dos à nerfs orné, filets dorés et filets à froid au dos, plats décorés d'un encadrement mosaïqué composé de feuillages avec dans les angles de petits diables rouges (inspirés des illustrations de Lebègue), filets dorés et à froid en encadrement des plats, encadrement intérieur de maroquin avec filets dorés et fer doré dans les angles, doublures et gardes de papier peigne (reliure signée CH. MEUNIER 1904). Etui bordé de maroquin doublé peau. Exemplaire à l'état proche du neuf.


ÉDITION ORIGINALE.

ÉDITION BIBLIOPHILIQUE DIRIGÉE PAR OCTAVE UZANNE POUR LES BIBLIOPHILES INDÉPENDANTS.


TIRAGE A 210 EXEMPLAIRES SEULEMENT POUR LES SOUSCRIPTEURS.

BIEN COMPLET DE LA SUITE DE TOUTES LES PAGES EN NOIR SUR PAPIER DE CHINE.


CELUI-CI PORTE LE N°91 ET A ÉTÉ IMPRIMÉ AU NOM DE M. DE LACROIX LAVAL.

Provenance : Ex libris A. E. Bien que l'ex libris du Colonel Sicklès ait disparu entre temps (arraché sur une garde), il s'agit de l'exemplaire présent au catalogue de sa vente (Xe partie, 23 oct. 1991, n° 3886).


La Leçon bien apprise d'Anatole France (qui sera reprise dans les Contes de Jacques Tournebroche en 1909 et illustrés par le même Léon Lebègue) est un conte moyen-âgeux du temps de Louis XI. L'histoire de Violante, une femme mal mariée dans sa jeunesse à un avocat très aigre, malingre et faible de complexion. La dame aimait joyeux et dentelles, se laver le visage au lait d'ânesse. Son confesseur la réprimandait sur sa légèreté. Les amants se bousculent mais elle se refuse en dame vertueuse déclarée. A son confesseur qui part pour Venise elle demande de rapporter un miroir. Celui-ci lui ramène un crâne de mort ! Voilà ce qu'elle deviendrait si elle continuait à jouer la coquette. La dame dit retenir la leçon. Mais un Chevalier de ses soupirants vint à la prendre par force ... enfin presque. La dame s'étant livrée sans trop de résistance. Elle avait retenu la leçon : il faut se hâter de faire l'amour et bien remplir le petit espace de temps qui nous est réservé pour cela. La leçon était apprise ... et l'avocat malingre ... cocu !


Ce livre magistralement illustré avec toute la truculence rendue des aquarelles de Léon Lebègue, est l'un des plus réussis. Octave Uzanne a dirigé, comme à son habitude, de bout en bout, la mise en train de ce luxueux volume, ici habillé par le plus grand des relieurs de son époque : Charles Meunier. Les petits diables qui ornent le pourtour des plats de la reliure sont du plus curieux effet.


SUPERBE EXEMPLAIRE PARFAITEMENT ÉTABLI A L'ÉPOQUE.

VENDU

Les Contes choisis de Guy de Maupassant illustrés par Georges Jeanniot, Pierre Vidal, Georges Scott, Paul Gervais, A. Gérardin, Paul Avril, Alexandre Lunois, etc. Frontispice d'après Félicien Rops. Exemplaire tel que paru en fascicules, conservé dans une boîte au dos de maroquin signée Lobstein-Laurenchet. Exemplaire du Baron du Charmel.



MAUPASSANT (Guy de) - Félicien ROPS illustrateur - Pierre VIDAL, Alexandre LUNOIS, Paul GERVAIS, Paul AVRIL, Georges JEANNIOT, etc.

CONTES CHOISIS. Le Loup.- Hautot père et fils. - Allouma. - Mouche. - La Maison Tellier. - Un soir. - Le Champ d'oliviers. - Mademoiselle Fifi. - L'Épave. - Une partie de campagne.

Paris, Les Bibliophiles Contemporains, 1891- 1892. (achevé d'imprimer différent pour chaque livraison au cours de ces deux années 1891 et 1892).



10 livraisons brochés, telles que parues, sous couvertures imprimées en couleurs, contenues dans une boîte au dos de maroquin noir (Lobstein-Laurenchet), grand in-8 (27 x 18,5 cm). Pagination séparée pour chaque conte (env. 20 à 40 pages par conte).


TIRAGE UNIQUE A 188 EXEMPLAIRES, TOUS SUR PAPIER VÉLIN DE CUVE FILIGRANÉ.



Octave Uzanne fut le maître d'oeuvre de cette jolie publication pour la Société des Bibliophiles contemporains, l'une des plus réussies des Contes de Maupassant. Il confia l'illustration de chacun des dix textes à un artiste différent : on y trouve des gravures en noir et en couleurs de Georges Jeanniot, Pierre Vidal, Georges Scott, Paul Gervais, A. Gérardin, Paul Avril, Alexandre Lunois, etc.



Provenance : Exemplaire imprimé pour le Baron du Charmel (souscripteur), avec son ex libris gravé.


Exemplaire bien complet de toutes les illustrations requises (la suite des lithographies d'A. Lunois pour le conte L'épave, l'eau-forte d'Henri Boutet, la couverture générale de couleur moutarde (pliée), le double-feuillet de faux-titre et titre général (légères traces de décharges du frontispice imprimé en couleurs d'après le dessin de Félicien Rops). Excellent état de l'ensemble.


RARE A L'ETAT DE PARUTION, COMPLET DES DIX LIVRAISONS ET DES ÉPREUVES LIVRÉES A PART.

VENDU

Octave Uzanne et son Dictionnaire Bibliophilosophique (1896). Exemplaire bien complet des trois couvertures illustrées par trois artistes avant-gardistes fin de siècle : Paul Berthon - George de Feure et E. Belville. 31 eaux-fortes d'Oswald Heidbrinck. Magnifique ouvrage de bibliophilie et pour bibliophile (ou Bibliomane).



Octave UZANNE - Oswald HEIDBRINCK, illustrateur - Paul BERHON - George DE FEURE - E. BELVILLE

DICTIONNAIRE BIBLIOPHILOSOPHIQUE, TYPOLOGIQUE, ICONOPHILESQUE, BIBLIOPEGIQUE ET BIBLIOTECHNIQUE à l'usage des Bibliognostes, des Bibliomanes et des Bibliophilistins, par Octave Uzanne, polygraphe et philologue.

Paris, Imprimé pour les Sociétaires de l'Académie des Beaux Livres, Bibliophiles Contemporains, en l'an de grâce bibliomaniaque 1896. [imprimé sur les presses typographiques de Edouard Cretté à Corbeil].


1 volume in-8 (22,5 x 15,5 cm) de VIII-364 pages. Texte imprimé dans un encadrement décoré tiré en noir d'après le dessin de Léon Rudnicki, papier filigrané décoré de feuillages par le même artiste, signature Octave Uzanne en filigrane dans le papier au centre des pages ; 31 eaux-fortes hors-texte, parfois en couleurs, par Oswald Heidbrinck, dans un encadrement doré ou cuivré ; les exemplaires étaient livrés sous triple-couverture illustrée : la première couverture de protection est en vélin véritable estampé et doré d'une superbe composition de E. Belville datée 1896 ; la deuxième couverture est imprimée en bleu/violet sur fond de papier argenté et est signée Paul Berthon ; la troisième et dernière couverture est une composition florale dans un camaïeu de verts et est signée George de Feure. Ces trois couvertures sont ici bien présentes, coupées en dos par le dos, la seconde partie rejetée à la fin de l'ouvrage.



Cartonnage bradel plein papier japonais, dos muet, relié sur brochure, tel que paru (reliure neuve dans le goût des papiers japonais affectionnés par Octave Uzanne). Parfait état de l'ensemble.


Splendide ouvrage très recherché des amateurs à juste titre. Uzanne a couché au fil des pages ses convictions les plus intimes de bibliophile fin de siècle. Souvent teintés d'humour voire de moquerie à l'encontre de ses congénères, les notices s'enchaînent pour le plus grand plaisir du bibliophile d'aujourd'hui. Il n'hésite pas à y inclure tous les néologismes qui lui étaient si chers et dont il faisait usage régulier.

Bibliophilosophe : Sage ami des livres dépris de toute ostentation et vanité. Ce n'est plus le passionné, le fougueux amant qui jette or avec fièvre pour conquérir ce qu'il désire, c'est mieux peut-être, c'est le lettré éclairé qui comprend l'amour des livres à la façon de Montaigne, avec discernement et claivoyance (...)

Dans cet ouvrage, aboutissement de l'esthétisme Uzannien, se mêlent les influences de l'Art Nouveau, du Symbolisme triomphant, aux différents mouvements avant-gardistes qu'il a côtoyé de près. Le résultat est à la hauteur de ce que Uzanne pouvait proposer de plus innovant.


IMPRIMÉ A 176 EXEMPLAIRES SEULEMENT POUR LES BIBLIOPHILES CONTEMPORAINS.

Ce livre a été construit sur les débris encore fumant des Bibliophiles contemporains, payé sur les fonds de réserve de la Société dissoute au moment de la publication. Entièrement dirigée par Octave Uzanne, président-fondateur et dissociateur des cent-soixante Bibliophiles Contemporains. Le tirage a été fait au nombre exact de 176 exemplaires numérotés (nominatifs). Il a été ébauché en 1895 mais porte la date de 1896 (titres et couvertures ayant été tirés avant l'achèvement). On lit à la fin :





"La dernière feuille de ce Dictionnaire Bibliophilosophique, ébauché en 1895 et qui porte la date de 1896, a été imprimé ainsi que tout le texte de l'ouvrage, sur les presses typographiques de Edouard Cretté, imprimeur à Corbeil, sous la direction de l'auteur et pour MM. les anciens membres de la Société des Bibliophiles Contemporains, le 14 octobre 1897."

BEL EXEMPLAIRE, COMPLET DE TOUTES LES COUVERTURES, RELIÉ SUR BROCHURE, ABSOLUMENT NON ROGNÉ, TEL QUE PARU.

TRÈS RARE.

VENDU

Commande directe par téléphone au 06 79 90 96 36 ou par email.

L'art dans la décoration extérieure des livres en France et à l'Etranger, les couvertures illustrées, les cartonnages d'éditeurs, la reliure d'art, par Octave Uzanne (1898). Superbe exemplaire du rarissime tirage sur Japon (60 ex.) dans un cartonnage moderne japonisant.



Octave UZANNE - Ornementations par Léon RUDNICKI, couverture illustrée par Louis RHEAD

L'ART DANS LA DÉCORATION EXTÉRIEURE DES LIVRES EN FRANCE ET A L'ETRANGER. LES COUVERTURES ILLUSTRÉES  LES CARTONNAGES D'EDITEURS. LA RELIURE D'ART. Par Octave Uzanne.

Paris, Société Française d'Editions d'Art, L.-Henry May, 1898 [achevé d'imprimer le 25 novembre 1897 surs les presses de la maison Lahure à Paris]

1 volume in-4 (29,5 x 21 cm) de VI-272-(3) pages. Nombreuses illustrations dans le texte et hors-texte.

Cartonnage bradel plein papier japonais réalisé en patchwork de petits carrés (70 carrés de 5 x 5 cm  de papiers tous différents courant sur la totalité de la surface des deux plats et du dos, dos muet, tête dorée, tranchefiles main, non rogné (reliure moderne). La superbe couverture illustrée par Louis Rhead a été conservée en parfait état (les deux plats seulement).


ÉDITION ORIGINALE.

UN DES RARISSIMES 60 EXEMPLAIRES SUR JAPON (N°3)

Le tirage total se compose de 1.000 exemplaires sur vélin et 60 exemplaires sur Japon, seul grand papier de luxe.

C'est avec la Reliure moderne artistique et de fantaisie publié en 1887, le deuxième ouvrage entièrement consacré à la reliure d'art par Octave Uzanne. Le volume se divise selon les chapitres suivants : Du goût actuel dans la décoration extérieure des livres. Essai sur les couvertures illustrées des livres contemporains. La reliure industrielle, les cartonnages décoratifs d'éditeurs. La reliure d'art et les maîtres relieurs de ce temps. Table des gravures contenues dans le texte de cet ouvrage et nomenclature des gravures hors-texte.

Livre richement illustré en couleurs (différents tons selon les couvertures reproduites), qui a demandé à Uzanne une minutieusement enquête de terrain. Nous avons connaissance d'une lettre dans laquelle Uzanne demande à tous ses contacts bibliophiles les plus avertis dans le domaine des livres contemporains de 1890-1895 de bien vouloir leur envoyer les couvertures de livres qu'ils découvriront sur leur chemin. C'est ainsi qu'Uzanne s'est retrouvé à la tête d'une immense collection de couvertures illustrées. Ceci est confirmé d'ailleurs par le dernier numéro de la vente de ses livres contemporains passés en vente à Paris le 24 avril 1899. Le numéro 135 représente une collection unique d'environ 515 pièces choisies. On y trouve des essais uniques de couvertures, etc. Comme l'indique le catalogue : "elle sera mise sur table sur une mise à prix qui sera fixée au moment de la vente ... s'il ne se présente point d'acquéreur la collection sera divisée." Nous ne savons pas si elle a été vendue ou non, de quelle manière et pour quel montant.

C'est aussi dans ce livre qu'il faut chercher la plupart des superbes exemplaires de la collection Uzanne, pris en photographie et photogravés pour l'occasion.


BEL EXEMPLAIRE EN RELIURE DE FANTAISIE JAPONISANTE COMME LES APPRÉCIAIT UZANNE DU PLUS BEL OUVRAGE SUR LE SUJET. (Reliure signée Elsa Rambour)



TIRAGE RARE ET EXEMPLAIRE ARTISTIQUE HABILLÉ.

VENDU