jeudi 7 mars 2024

Les Vies des Dames Galantes par Brantôme, illustrées par Edmond Malassis (Paris, Le Vasseur, 1935). 3 volumes in-4 brochés. 60 compositions en couleurs. 1/450 exemplaires sur vélin teinté des papeteries du Marais. Bel exemplaire. « Il n’y a de loi qu’un beau cul ne renverse ! »



BRANTÔME, (Pierre de Bourdeilles, dit) | Edmond MALASSIS, illustrateur

VIES DES DAMES GALANTES, édition illustrée de soixante compositions en couleurs par Edmond Malassis.

Le Vasseur et Cie, Paris, 1935

3 volumes in-4 (24,5 x 19,5 cm) brochés de 197, 204 et 222-(1) pages. 34 compositions hors-texte et 26 bandeaux et culs-de-lampe. Texte imprimé dans un encadrement décoré imprimé en rouge, gravures imprimées dans un encadrement imprimé en noir. Complet. Excellent état. Conservé sous étui cartonné recouvert de papier marbré rouge et or (éditeur), en très bon état (minimes frottements). A noter qu'un petit vers pervers a perforé la marge intérieur d'un trou rageur (tome III) ! sans toucher, fort heureusement, à l'impression de ce livre pourtant léger.

Tirage à 465 exemplaires.

Celui-ci, un des 450 exemplaires sur vélin teinté des papeteries du Marais.















On ne présente plus ce texte classique divisé en sept discours comme suit : Discours premier : Sur les dames qui font l'amour, et leurs maris cocus. Discours deuxième : Sur le sujet qui contente plus en amours ou le toucher, ou la vue, ou la parole. Discours troisième : Sur la beauté de la belle jambe et la vertu qu'elle a. Discours quatrième : Sur l'amour des dames vieilles et comme aucunes l'aiment autant que les jeunes. Discours cinquième : Sur ce que les belles et honnêtes dames aiment les vaillants hommes, et les braves hommes aiment les dames courageuses. Discours sixième : Sur ce qu'il ne faut jamais parler mal aux dames et la conséquence qui en vient. Discours septième : Sur les femmes mariées, les veuves et les filles, à savoir desquelles les unes sont plus chaudes à l'amour que les autres.

La langue de Brantôme avait le sel d'une langue propre à décrire les jeux de l'amour. « Toute belle femme s'estant une fois essayée au jeu d'amour ne le désapprend jamais ». (« Les vies des dames galantes »). « Si tous les cocus et leurs femmes qui les font se tenoyent tous par la main et qu'il s'en pust faire un cerne, je croy qu'il seroit assez bastant pour entourer et circuire la moitié de la terre ». (« Les vies des dames galantes »). En 1584, à l'âge de 44 ans environ, Brantôme perdit son maître François d'Alençon, duc d'Anjou, héritier éventuel de la couronne de France. Il allait trahir son roi, quoi qu'il en eût dit, et passer au service de l'Espagne quand une vilaine chute de cheval le contraignit à l'immobilité deux années dans sa propriété. Ainsi il se retira « perclus et estropié » de la cour et « songea à ses amours et aventures de guerre, pour autant se contenter ». Il dicta ses mémoires aux frères Matheaud et rassembla des poèmes pétrarquisants. Ainsi pendant les trente dernières années de sa vie, Bourdeille se retira dans ses terres, partagea son temps entre sa maison de Bourdeilles, l'abbaye de Brantôme, le château de la Tour-Blanche et sa dernière demeure de Richemont. Il se consacra alors à l'écriture et expia ainsi une vie passablement agitée, vagabonde et amoureuse. Il écrivit, comme en se jouant, les Mémoires qui l'ont immortalisé. Ses mémoires souvent légers, plaisent surtout par leur style sans artifices. La Vie des Dames Galantes est la partie la plus légère de son oeuvre. Ses écrits ne furent publiés, de manière posthume, qu'en 1655 pour la première fois, dans une édition imparfaite et incorrecte. Il faudra attendre le XVIIe siècle pour que sa réputation ne s'étende (Edition de Leyde, chez Jean Sambix, 1665-1666, en 9 volumes, réédités en 1722 chez Jean Sambix le jeune. Il y a eu des éditions en 1740, puis encore en 1779. La première édition scientifique sera donnée en 1822 par Monmerqué puis en 1858 (terminée en 1895 en 13 volumes dans la Bibliothèque Elzévirienne) par Louis Lacour.












"Peu d’écrivains, sans doute, ont aimé les femmes autant que notre abbé commendataire, leur chair blanche, leur bouche, leurs jambes. Aucune limite n’est pour lui concevable au déduit. Il semble qu’il ne peu pas s’arrêter de parler de l’amour, de l’amour physique ; il en fait d’ailleurs la démonstration à la fin de maints paragraphes en s’exclamant qu’il en a assez dit, qu’il lui faut s’arrêter, que trop, c’est trop ; mais il ne le peut et il en rajoute : encore une histoire de lit, encore une anecdote grivoise ! Pour lui, l’amour et le désir commandent tout : « Il n’y a de loi qu’un beau cul ne renverse ! » " (Madeleine Lazard)

Edmond Malassis (1874-1944) était peintre et illustrateur. On lui doit plusieurs illustrations notables notamment celles pour Brantôme, Louis XI (Les Cent Nouvelles Nouvelles), La Fontaine, etc. Il avait été élève de Gustave Moreau et son talent réside dans la précision de son trait et la verve gauloise qu'il met le plus souvent au service des textes qu'il illustre.

Bel exemplaire de cette jolie édition illustrée.

VENDU

mardi 5 mars 2024

Léon Lebègue (1863-1930). Carte de voeux pour la nouvelle année 1898. Très rare document éphémère typique du travail de l'artiste à cette époque.

Léon LEBEGUE (1863-1930), artiste graveur et décorateur

Carte de voeux pour la nouvelle année 1898

Papier carte bristol  11,2 x 7,2 cm

Impression en noir.

Sujet : scène médiévale (un homme en train d'écrire à son bureau, sa femme rentre dans la pièce avec la date "1898" inscrite sur sa coiffe. Avec ce texte calligraphié imprimé : "Léon Lebègue demeurant à Paris en la rüe Léopold Robert N°5 vous souhaite en cestuy jour une année moult joyeulse"

Léon Lebègue est un artiste français (graveur, lithographe, affichiste, illustrateur) né à Orléans, reconnu pour ses compositions de type miniaturiste et historiées. On lui doit l'illustration réussie de plusieurs ouvrages d'Anatole France (La Leçon bien apprise, 1898 ; Histoire de Dona Maria d'Avalos et du duc d'Andria​, 1902 ; Mademoiselle Roxane, 1923), Paul Verlaine (Les Fêtes galantes, 1913), Théodore de Banville (Gringoire, 1919), J.-K. Huysmans (La Bièvre, 1914), etc. Il a travaillé sous la direction d'Octave Uzanne pour ses éditions de bibliophilie et pour ses cartes de voeux (pour Joseph Uzanne également).

Très bon état pour ce document devenu rare.

Prix : 350 euros

lundi 4 mars 2024

Le Diable au corps de Raymond Radiguet, illustré par Paul-Emile Bécat (1957). Un livre scandaleux ! Un des rarissimes 16 exemplaires de tête sur Japon nacré à la forme avec triple suite, modèle de coloris, et superbe dessin original ayant servi à l'ouvrage. Bel exemplaire de curiosa sensuel.


RAYMOND RADIGUET / JEAN COCTEAU / PAUL-EMILE BÉCAT (illustrateur)

LE DIABLE AU CORPS. Compositions en couleurs de Paul-Émile BÉCAT. Préface de Jean Cocteau.

Éditions Georges Guillot, Paris (1957)

1 volume in-4 (28,5 x 23 cm), en feuilles, sous emboîtage éditeur plein papier beige, couverture imprimée. 16 lithographies hors-texte en couleurs avec suite en noir. Emboîtage éditeur de papier couleur moutarde (légèrement frotté à quelques endroits).

TIRAGE A 1.030 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, UN DES 16 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR JAPON NACR
É A LA FORME, COMPORTANT DEUX SUITES EN NOIR (UNE SUR JAPON NACRÉ ET UNE SUR VÉLIN DE RIVES.

BIEN COMPLET DE LA COMPOSITION ORIGINALE A LA MINE DE PLOMB ET DU MODELE DE COLORIS A L'AQUARELLE SIGNÉ PAR L'ARTISTE.

Le dessin original est celui pour la page 44 (femme nue dans toute sa beauté avec un homme lui embrasant l'épaule). Ce dessin est l'un des plus réussis de la suite des 16 dessins qui composent l'illustration de cet ouvrage.





Notre exemplaire est le premier papier avant 940 exemplaires sans suite.

La présente édition a été conçue par Georges Guillot et réalisée avec André Koch, et imprimée par Fequet et Baudier, typographes. Les illustrations ont été tirées par Louis Duval et coloriées à la main par Jean et Paulette Monnier. Elle a été achevée d'imprimer à Paris, le 2 janvier 1957.








"Raymond Radiguet, monstre de génie, avait certes, comme Rimbaud, le diable au corps, mais ce diable me semble fort suspect. Davantage qu'une zone infernale, il relève du "Vert paradis des amours enfantines" et de cette "Part de Dieu" que Gide nous accorde. Cette "Part de Dieu" était la sienne propre et alors que chez les autres elle arrive en outre, chez lui elle était la base, le socle, la sève de l'arbre, le noyau du fruit. Avec "le Diable au Corps", une plante se reconte dans notre langue et la moindre ligne de son livre conservera toujours le duvet de pêche d'une joue en feu." Jean Cocteau

Le Diable au corps a paru pour la première fois en 1923, Raymond Radiguet n'avait pas 20 ans et est mort la même année de la fièvre typhoïde. C'est le récit d'une histoire d'amour entre un jeune homme et une femme tandis que le fiancé de cette dernière se bat sur le front durant la Première Guerre mondiale. Cette œuvre marque les esprits par l'extraordinaire sens de la formule de son auteur, et surtout le mythe qui l'entoure (Radiguet est mort à l'âge de 20 ans). Des thèmes tels que l'adolescence, la trahison, le scandale, la parentalité, l'adultère, les doutes amoureux sont magistralement abordés dans cet ouvrage.









Paul-Emile Bécat (1885-1960) est bien connu des bibliophiles pour ses délicates illustrations sensuelles et souvent érotiques voire pornographiques pour certaines publications clandestines des années 1930-1940. On lui doit un très grand nombre de compositions libres empreintes d'un réalisme reconnaissable au premier coup d'oeil. Il a illustré les plus grands noms de la littérature, de l'Arétin à Ronsard et Brantôme en passant par Casanova, Laclos, Nerval, Verlaine, Gautier, Pierre Louÿs et les petits noms des livres interdits de l'entre deux guerre. Le Diable au Corps de Raymond Radiguet fait partie de ses dernières productions.*

BEL EXEMPLAIRE DU TRES RARE TIRAGE DE TÊTE SUR JAPON NACRÉ BIEN COMPLET DES SUITES, DU DESSIN ORIGINAL AYANT SERVI A L'OUVRAGE, AINSI QUE DU MODELE DE COLORIS ÉXECUTÉ PAR L'ARTISTE.

Prix : 2.800 euros

vendredi 1 mars 2024

J. R. R. TOLKIEN Le Seigneur des Anneaux. Première partie : La communauté de l'anneau. Deuxième partie : Les deux tours. Troisième partie : Le retour du Roi. Traduit de l'anglais par Francis Ledoux. Dessins de Jean-Pierre Evrard. Edition des Editions Nouvelles Jean-Jacques Pauvert [achevé d'imprimer à Poitiers, Ligugé, sur les presses des imprimeries Aubin le 25 octobre 1978, pour Jean-Jacques Pauvert]. Première édition française dans ce grand format, relié en un seul volume. Superbe exemplaire.


J. R. R. TOLKIEN

Le Seigneur des Anneaux. Première partie : La communauté de l'anneau. Deuxième partie : Les deux tours. Troisième partie : Le retour du Roi. Traduit de l'anglais par Francis Ledoux. Dessins de Jean-Pierre Evrard.

Chez Jean-Jacques Pauvert éditeur [achevé d'imprimer à Poitiers, Ligugé, sur les presses des imprimeries Aubin le 25 ocobre 1978, pour les Editions Jean-Jacques Pauvert]

1 fort volume grand in-4 (27,8 x 22 cm) de 603-(4) pages. Texte imprimé sur deux colonnes. Dessins en noir dans le texte (ornements en rapport avec le texte de Tolkien) par Jean-Pierre Evrard.

Reliure éditeur pleine toile bleue titrée en blanc et or. Beau papier de qualité resté bien blanc. Bien complet du rodhoïd (jauni). Cartes imprimées en noir et rouge servant de gardes au volume. On joint une carte dépiante volante repliée.


Nouvelle édition.

Première édition française dans ce format.

La première édition française du Seigneur des Anneaux a été donnée entre 1972 et 1973 par les éditions Christian Bourgois (3 volumes in-8 brochés, non illustrés). La traduction est de Francis Ledoux (même traducteur que l'édition Bourgois. La première édition anglaise date de 1954-1955 (3 volumes in-8 publiés par George Allen and Unwin). La seconde édition anglaise révisée par Tolkien a été donnée en 1966.

Elle est avec l'édition suivante, en deux volumes mais à la pagination et maquette identique (sauf les photographies en couleurs d'après le film d'animation de Ralph Bakshi sorti en 1978), donnée par les Editions Famot (diffusion François Beauval) en 1980, l'une des deux seules éditions anciennes françaises en grand format.





On ne connait pas le chiffre du tirage de cette édition, sans doute plusieurs centaines voire un millier. Malgré le nombre important d'exemplaires imprimés, elle est aujourd'hui difficile à trouver en parfait état, et très recherchée.






Inutile de présenter le Seigneur des Anneaux, livre au gigantesque retentissement universel et dont l'adaptation cinématographique Peter Jackson (2001-2003) en  n'a fait qu'amplifier une renommée déjà acquise. Le Hobbit également adapté par le même réalisateur au cinéma (2012-2014) n'a fait que donner plus d'ampleur au phénomène. Tolkien est l'un des auteurs anglais contemporains parmi les plus recherchés en Angleterre mais également dans le monde entier (traduit dans de très nombreuses langues).





Superbe exemplaire parfaitement conservé.

Prix : 600 euros