BOULINEAU, Ariste ou Aristide, artiste peinte, dessinateur et illustrateur.
Beaux livres anciens et modernes - Bibliophilie - Reliures - Editions originales - Livres illustrés - Estampes - Dessins - Photographies - Bertrand Hugonnard-Roche, Bibliophile - libraire.
mardi 16 mai 2023
Costumes militaires. Militaria. Exceptionnel et unique ensemble inédit de 16 dessins originaux à l'aquarelle et à la gouache par Aristide Boulineau (1841-1912), pour illustrer un ouvrage sur les différents costumes militaires du monde (jamais paru). Vers 1880-1895.
lundi 15 mai 2023
Géographie physique ou Essay sur l'Histoire naturelle de la Terre. Traduit de l'anglais de Monsieur Wodward (i.e. Woodward), par M. Noguez, docteur en Médecine. Avec la réponse aux Observations de M. le Docteur Camerarius ; plusieurs lettres écrites sur la même matière ; et la distribution méthodique des fossiles, traduits de l'anglais, du même M. Wodward, par le R. P. Nicéron, Barnabite. A Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1735. Bel exemplaire.
WOODWARD (John). NOGUEZ, médecin (traducteur), R. P. NICERON (traducteur).
Géographie physique ou Essay sur l'Histoire naturelle de la Terre. Traduit de l'anglais de Monsieur Wodward (i.e. Woodward), par M. Noguez, docteur en Médecine. Avec la réponse aux Observations de M. le Docteur Camerarius ; plusieurs lettres écrites sur la même matière ; et la distribution méthodique des fossiles, traduits de l'anglais, du même M. Wodward, par le R. P. Nicéron, Barnabite.
A Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1735
1 volume in-8 (21,3 x 13,5 cm) de XI-(5)-496 pages. Planche dépliante représentant la coupe de la Terre dans son diamètre, idée du Système de M. Wodward (sic) sur la structure présente de l'intérieur de la Terre.
Reliure postérieure demi-papier marron, dos avec filets dorés en guise de faux-nerfs, étiquette de titre en cuir noir, plats de papier marbrés, tranches mouchetées (reliure exécutée vers 1820-1830). Dos de la reliure bien préservé, malgré un retour sur les plats du papier marron mité (sans gravité pour la solidité), coins intacts, intérieur frais malgré des rousseurs éparses.
L'une des deux éditions publiées en français cette même année 1735.
Elle a paru en même temps qu'une autre édition française donnée par le libraire Briasson. On trouve à la fin de notre volume une Approbation datée de Paris du 6 novembre 1734 (ce qui laisserait supposer que notre édition a été copiée sur celle de Paris chez Briasson)
La première édition anglaise a paru en 1695 sous le titre : An Essay Toward a Natural History of the Earth: and Terrestrial Bodies, especially Minerals, first edition initial imprimatur (8vo, for Ric. Wilkin, 1695).
Woodward believed that the Earth had originally been submerged under a universal deluge suspending stones, minerals and animals, which then subsided into a stratigraphic succession dependent on the gravity of the individual components. His work, despite its flaws, helped to create a wider interest in fossils and earth sciences.
La Réponse aux Observations du docteur Camerarius concernant l'Essai sur l'Histoire naturelle de la Terre occupe les pages 213 à 496 (pp. 213 à 308 pour une longue Préface et pp. 309 à 392 pour la Réponse aux Observations ; pp. 393 à 430 pour les Fossiles (distribution méthodique) et pp. 431 à 477 (dont lettre à Monsieur Newton), le volume se termine par diverses Instructions.
" [...] Les intentions avouées par J. Woodward dans la Préface de ces deux ouvrages, ne laissent pas de surprendre par leur ambition et par leur souci de rigueur scientifique. Son but, dit-il, est de décrire aussi fidèlement que possible tous les organismes fossiles - plantes, insectes, coquillages terrestres ou marins - qu'il a trouvés en prospectant les grottes, mines et carrières de son pays, ainsi que les lieux où ils ont été découverts. Mais c'est aussi d'expliquer comment ces organismes marins ont fini par se trouver enfouis dans les entrailles de la terre. A partir d'observations qu'il veut scientifiquement rigoureuses, J. Woodward se propose donc d'ériger pour le bien de l'humanité un système philosophique traitant de la création du monde et de la formation des minéraux et des espèces animales. L'ampleur du projet n'a pas manqué de poser à J. Woodward d'importants problèmes méthodologiques qu'il a résolus avec plus ou moins de bonheur. Il apparaît notamment que l'intérêt de J. Woodward pour la minéralogie supplante souvent son intérêt pour la paléontologie et infléchit de ce fait la nature de son observation des fossiles ; mais surtout, J. Woodward reste prisonnier d'un a priori biblico-métaphysique : l'interprétation littérale du Déluge mosaïque. Cette subordination de la recherche scientifique à un postulat contraignant l'empêche, semble-t-il, de tirer le meilleur parti possible de ses intuitions et est à l'origine d'une certaine confusion : les catégories du discours se superposent, s'entremêlent, l'observation scientifique devient prétexte à des digressions morales ou théologiques et, à l'intérieur de chaque ouvrage, la progression des thèmes traités manque parfois de rigueur, voire de cohérence. [...] La connotation religieuse et morale du discours se remarque également dans l'analyse des finalités du Déluge qui, déclare- t-il, a été voulu par Dieu pour châtier les hommes mais aussi pour détruire le monde et retrouver l'état d'innocence qui y régnait au moment de la Création. De nouveau, l'énumeration des péchés des hommes est prétexte à de longues digressions morales ; après que le péché fut apparu sur la terre, l'équilibre du monde en fut bouleversé : alors se répandirent la sottise, la malveillance, la convoitise, et tous les défauts dont l'homme est capable. [...] l'intérêt de J. Woodward pour la science est constamment subordonné à sa croyance en un événement fondamental - le Déluge -, tel qu'il est décrit dans la Bible. [...] Le mérite de J. Woodward est donc d'avoir rompu définitivement avec le merveilleux, d'avoir promu l'intérêt pour les études paléontologiques grâce à une description rigoureuse des espèces du passé, et d'avoir assuré la transition entre les théories médiévales et la paléontologie moderne. [...]" (in Denizot Paul. John Woodward et la paléontologie : du merveilleux à la géologie stratigraphique. In : XVII-XVIII. Bulletin de la société d'études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles. N°14, 1982. pp. 107-118).
Bel exemplaire de ce livre charnière dans l'histoire des sciences de la terre (minéralogie et paléontologie).
Prix : 950 euros
mercredi 10 mai 2023
Jules LAFORGUE. GEO A. DRAINS, illustrateur. LES COMPLAINTES. Cent vingt huit lithographies de Géo A. Drains. Aux Editions du Sagittaire, chez Simon Kra, Paris, s.d. (1923). Un des 425 exemplaires sur vélin teinté. Magnifique exemplaire relié à l'époque plein maroquin (J. Conte).
Jules LAFORGUE. GEO A. DRAINS, illustrateur.
LES COMPLAINTES. Cent vingt huit lithographies de Géo A. Drains.
Aux Editions du Sagittaire, chez Simon Kra, Paris, s.d. (1923)
1 volume in-4 (25,8 x 20,3 cm) de (10)-231-(8) pages. Frontispice en couleurs et 128 lithographies tirées en sanguine dans le texte.
Reliure de l'époque plein maroquin noir, dos lisse orné de filets dorés concentriques, tête dorée, non rogné, couvertures conservées, étui bordé de maroquin et doublé pleine peau caramel. Les contreplats et les gardes, ainsi que les plats de l'étui sont en papier peint couleur sang. Encadrement intérieur de même maroquin noir avec double-filet doré (reliure signée J. CONTE). Parfait état.
Nouvelle édition.
Tirage à 500 exemplaires.
Celui-ci, un des 425 exemplaires sur vélin teinté.
Il a été tiré 25 ex. sur Japon impérial et 50 exemplaires sur vélin de Hollande.
Le plus connu des poètes méconnus de la fin du siècle passé, Jules Laforgue (1860-1887), est mort à vingt-sept ans. Publiées en 1885, Les Complaintes constituent un des recueils majeurs de la modernité. En reprenant la forme de la complainte, si typique de la chanson populaire, triste certes, mais faussement naïve et volontiers goguenarde, Laforgue entend bien faire œuvre originale et se démarquer de poètes qu’il n’aime guère, tel Corbière. Et c’est précisément parce qu’elle est inclassable que sa poésie suscite des avis partagés. Si Gide et Malraux ont aimé Laforgue, les surréalistes l’ont boudé, le suspectant d’amitiés « réactionnaires ». Il faut ainsi, pour lire Laforgue, se passer de recommandation extérieure et simplement l’écouter, lui qui compare la musique des Complaintes à celle de « son congénère l’orgue de Barbarie ». (Présentation par Jean-Pierre Bertrand pour l'édition Garnier-Flammarion, 1997).
Laforgue est connu pour être un des inventeurs du vers libre, il mêle, en une vision pessimiste du monde, mélancolie, humour et familiarité du style parlé. Après ces études avortées (il a raté son oral de philosophie au baccalauréat en partie à cause de sa timidité maladive), il mène alors à Paris une vie relativement difficile. Il collabore en 1879 à sept livraisons de La Guêpe, revue éditée à Toulouse par les anciens lycéens de Tarbes, et y produit critiques et dessins légendés au ton moins comique qu'ironique, ainsi qu'au premier numéro de l'éphémère revue L'Enfer. Fin 1880, il publie ses trois premiers textes dans la revue La Vie moderne dirigée par Émile Bergerat qui lui en donne vingt francs. Par le biais de Paul Bourget, ami d'Amédée Pigeon, Jules trouva un poste de lecteur de l'impératrice allemande Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach, princesse libérale et francophile, âgée de 71 ans et grand-mère du futur Kaiser Guillaume II. Il part le 18 novembre 1881 pour Berlin, juste au moment de la mort de son père, à l'enterrement duquel il ne put assister. Son travail consiste à lire à l’impératrice, deux heures par jour, les meilleures pages des romans français, et des articles de journaux comme ceux de la Revue des deux Mondes. Il s’agit d’un emploi rémunérateur, payé tous les trois mois, pour un total de 9 000 francs annuel, qui lui laisse du temps libre et lui permet de voyager à travers l’Europe. L'impératrice partait en villégiature de mai à novembre : Laforgue devait l'accompagner. Mais surtout, une fois cette « corvée impériale » effectuée, il se consacre à la lecture et achète de nombreux livres. Le soir, il va au cirque ou dans des cafés. En 1886, il quitte son poste de lecteur. En janvier de cette année-là, à Berlin, il avait rencontré une jeune Anglaise, Leah Lee (née le 9 avril 1861 à Teignmouth), qui lui donnait des cours d'anglais. Elle devient sa compagne, puis il l'épouse le 31 décembre à Londres. Il rentre alors à Paris. Son état de santé se dégrade rapidement : atteint de phtisie, il meurt le 20 août 1887 à son domicile du 8, rue de Commaille. Son épouse meurt du même mal l'année suivante.
"Permettez, ô sirène,
Voici que votre haleine
Embaume la verveine ;
C’est l’printemps qui s’amène !"
(extrait de la Complainte des Printemps)
Superbe édition magistralement et profusément illustrée par Géo A. Drains (illustrateur d'origine belge ayant notamment illustré Sade "Le Bordel de Venise" sous le pseudonyme de Couperyn et les Gestes d'Alfred Jarry (1920). L'illustration à la fois puissante, mélancolique, étrange, mêlée d'érotique et d'humour, image parfaitement la poésie décadente de Laforgue.
J. Conte n'est pas référencé dans Fléty (Dictionnaire des relieurs de 1800 à nos jours). La reliure est fine et dénote un relieur habile utilisant des papiers et des cuirs de qualité.
Références : "En français dans le texte", 313 ; Carteret, V, 117 "Edition estimée".
Magnifique exemplaire finement relié à l'époque.
VENDU
jeudi 4 mai 2023
La Guirlande de Julie, augmentée de Documents nouveaux, publiée avec notice, notes et variantes par Octave Uzanne, et ornée d'un portrait inédit de Julie d'Angennes. Edition donnée par Octave Uzanne avec une notice. Paris, Librairie des Bibliophiles, 1875. Un des 15 exemplaires sur papier de Chine provenant de la bibliothèque de l'imprimeur Damase Jouaust. Bel exemplaire.
[Octave UZANNE, éditeur].[MONTAUSIER][Julie d'ANGENNES].
La Guirlande de Julie, augmentée de Documents nouveaux, publiée avec notice, notes et variantes par Octave Uzanne, et ornée d'un portrait inédit de Julie d'Angennes.
Paris, Librairie des Bibliophiles, 1875 (achevé d'imprimer le 10 décembre 1875 par D. Jouaust).
1 volume grand in-12 (19,5 x 12,3 cm) de (4)-LII-117-(3) pages. Frontispice dessiné et gravé par A. Mongin, imprimé par A. Salmon. Portrait de Julie d'Angennes gravé par Adolphe Lalauze. Une vignette tirée hors-texte.
Cartonnage bradel pleine toile verte de l'époque signé PIERSON, dos lisse avec pièce de titre de maroquin noir dorée en long. Exemplaire relié sur brochure (les couvertures n'ont pas été conservées), en partie non coupé. Excellent état. Reliure fraîche. Intérieur parfait, sans rousseurs.
Edition originale sous cette forme.
Tirage à 517 exemplaires.
Celui-ci, un des 15 exemplaires sur papier de Chine (avec 500 ex. sur papier de Hollande et 2 ex. sur parchemin).
Exemplaire de la bibliothèque de l'éditeur-imprimeur Damase Jouaust, avec son ex libris gravé collé au contreplat.
Les gravures sont ici en double état, en noir et en sanguine.
La Guirlande de Julie est un célèbre manuscrit poétique français du XVIIe siècle conservé à la Bibliothèque nationale de France. Il est dédié à Julie d’Angennes, fille du marquis et de la marquise Catherine de Rambouillet par le Duc de Montausier qui en était amoureux. Le volume comprend soixante-deux madrigaux : seize ont été écrits par Montausier lui-même ; il a choisi les autres parmi ceux que les habitués de l’hôtel de Rambouillet lui ont envoyés à sa demande.
L'édition donnée ici par le jeune Octave Uzanne (24 ans), est dédiée à Paul Lacroix, le Bibliophile Jacob. Octave Uzanne écrit : "Je viens, disciple fidèle, placer cette édition de la Guirlande de Julie sous votre haute protection, rendre humblement hommage à votre vaste savoir, et atténuer, s'il est possible, ma dette de reconnaissance envers vous. [...]". Cette épître datée de Paris, le 10 décembre 1875 (curieusement le même jour que l'achevé d'imprimer), est suivie d'une intéressante et longue notice sur la Guirlande de Julie.
La Guirlande de Julie représente un point culminant dans la société des précieuses du Grand siècle. La préciosité se caractérisait par une recherche de l’élégance et de la pureté du langage, ainsi que par une certaine affectation dans les manières et les sentiments. La Guirlande de Julie fut composée à l’imitation des « guirlandes » italiennes et offert le 1er janvier 1634 (plutôt qu’en 1641, comme le veut la tradition) par le marquis de Montausier (qui deviendra plus tard duc et pair et sera nommé précepteur du Dauphin), à Julie d’Angennes, fille de la marquise de Rambouillet, qu’il courtisait.
Après la mort du duc de Montausier, qui survécut dix-neuf ans à sa femme, ce précieux volume passa à leur fille, la duchesse de Crussol-d’Uzès, et fut possédé plus tard par le duc de La Vallière. Lors de la vente de la bibliothèque de ce dernier, il fut acheté 14 500 livres par des Anglais. Il a été racheté depuis par la fille du duc de La Vallière. Il fut enfin acquis par la comtesse Martine de Béhague (1869-1939) puis détenu par ses héritiers le marquis et les comtes de Ganay, ses derniers propriétaires privés qui le cédèrent à l'État. Le manuscrit est actuellement conservé au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. Il existe deux autres copies du texte par le même Jary mais sans les peintures. Le texte de la Guirlande de Julie fut publié pour la première fois en 1729, mais plusieurs poèmes avaient déjà paru dans divers recueils. Il fut ensuite réimprimé plusieurs fois (Paris, 1794, in-−8° ; 1818, in-18 ; 1824, in-18, avec figures coloriées).
Bel exemplaire du rare tirage sur papier de Chine (15 exemplaires) provenant de la bibliothèque de l'imprimeur Damase Jouaust, imprimeur de ce volume.
Prix : 600 euros





























































