Beaux livres anciens et modernes - Bibliophilie - Reliures - Editions originales - Livres illustrés - Estampes - Dessins - Photographies - Bertrand Hugonnard-Roche, Bibliophile - libraire.
lundi 25 avril 2022
Vita di Napoleone Buonaparte imperatore dei francesi preceduta da un quadro preliminare della rivoluzione francese di Sir Walter Scott. Traduzione italiana. [Vittorio Pecchioli, traducteur]. Palermo, presso Salvatore Barcellona, 1832-33 [Palermo, Sicile, de l'imprimerie de Salvatore Barcellona]. 14 tomes reliés en 7 volumes in-8. Bel exemplaire complet et relié à l'époque. Très rare.
mercredi 20 avril 2022
Japon. Vers 1890. Yokohama shashin ou Album de 48 photographies tirées sur papier albuminé contrecollées sur carton. Très beau spécimen en bois laqué décoré avec incrustations d'ivoire sculpté. Rare dans cette condition.
[Japon. Yokohama shashin]
Yokohama shashin ou Album de 48 photographies tirées sur papier albuminé contrecollées sur carton (recto et verso), montées en accordéon, sous plats épais en bois laqué décoré, peint à la main, avec incrustations d'ivoire (tête des personnages). Etiquettes de référence d'origine (n°38 - et caractères japonais).
[Japon, Yokohama ?, vers 1890]
20 x 14,5 cm pour l'album. Tirages 13,6 x 8,7 cm. 48 tirages photographiques albuminés contrecollés.
Très bel album très bien conservé. Quelques manques de vernis et laque (coins, verso), sans aucune gravité. Très belle esthétique d'ensemble, le premier plat de l'album est décoré d'une scène avec deux personnages, un homme tirant une jinrikisha avec une femme portant une ombrelle à l'intérieur, avec le mont Fuji à l'arrière plan. Intérieur d'une grande fraîcheur. Beau coloris au pinceau à la main.
"Ces photographies – appelées Yokohama shashin car elles étaient proposées à Yokohama aux voyageurs à leur arrivée, marquèrent les esprits de l’époque pour la qualité exceptionnelle de leur mise en couleur. Elles sont un témoignage inestimable d’un Japon s’ouvrant alors au monde et riche d’un savoir-faire pictural unique. Dès la période Meiji, le Japon fut surnommé « the Land of Photography » et les photographies coloriées à la main étaient particulièrement appréciées en Occident. Produites pour les touristes, elles avaient alors bien plus de valeur que les estampes japonaises qui n’intéressaient guère la plupart des visiteurs." (Présentation de l'Exposition YOKOHAMA SHASHIN 横浜写真 LE JAPON MIS EN COULEUR, Claude Estèb, avril-juin 2022).
"Des centaines d’ateliers ont participé à cette aventure dont de nombreux restent encore anonymes. Les plus connus étant ceux de Kusakabe Kimbei, Yamamoto, Suzuki, Tamamura, Farsari, Ogawa et leurs précurseurs Felice Beato, Stillfried et Shimooka Renjô. Ces images ont largement circulé en Occident au XIXe siècle et forment une inspiration peu connue de l’iconographie du japonisme." (Maison de la culture du Japon à Paris).
Il y avait, selon les prix, des albums de 12, 24 ou 48 photographies, parfois plus, de divers formats.
Notre album contient comme à l'habitude pour ce genre d'albums, des photographies de paysages, scènes de la vie quotidienne (agriculture, école, fêtes), vues de villes (Tokyo, Kobé, Yokohama, Osaka, etc.) et des vues de femmes et filles en costumes (jeunes filles, geisha, cérémonies, etc.).
Très beau spécimen. Rare dans cette condition presque parfaite.
VENDU
vendredi 15 avril 2022
Théâtre des boulevards ou recueil de parades (1756). Bel exemplaire relié en maroquin par Smeers de cet important recueil de théâtre populaire de "mauvais goût [...] également opposé au bon sens, au bon comique, aux mœurs et à la décence", selon Grimm.
COLLECTIF (Sallé, Charles Collé, Fagan, Piron, Moncrif)
Théâtre des boulevards ou recueil de parades.
A Mahon, de l'imprimerie de Gilles Langlois, 1756
3 volumes in-12 (16,7 x 10 cm) de XIII-308, (2)-XIII-308, (2)-II-(2)-336 pages. Frontispice gravé au tome I.
Reliure de la seconde moitié du XIXe siècle plein maroquin rouge signée SMEERS. Tranches dorées. Millésime doré en queue des dos, double-filet doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, fer doré losangé poussé au centre des plats. Quelques légères marques aux reliures. Exemplaire d'une grande fraîcheur. Quelques rousseurs. L'exemplaire n'a pas été lavé.
Edition originale et unique édition.
Il est amusant de voir aujourd'hui comment l'on commentait alors ces parades en se pinçant le nez ; c'est notamment l'avis donné par Grimm dans sa Correspondance. Grimm écrit : "On a imprimé trois volumes de parades, dont la plupart sont depuis longtemps très-connues à Paris. La Lettre de M. Gilles, le Doigt mouillé, Léandre hongre, l'Amant cauchemar, l'Amant poussif, Isabelle grosse par vertu, Léandre grosse, le Bonhomme Cassandre aux Indes, sont de M. Collé ; le Remède à la mode est de M. Sallé. Ce mauvais goût est également opposé au bon sens, au bon comique, aux mœurs et à la décence." (Grimm, Correspondance, 15 septembre 1756).
"En 1756 parut, avec succès, ce recueil de parades en trois volumes, le théâtre des boulevards. La plupart sont de Sollé, une est de Fagan, une autre de Moncrif, une troisième de Piron. Elles sont assez médiocres. C'est un ramassis de malpropretés, d'obscénités, de balourdises, d'extravagances démesurées, de mauvais compliments jetés à la face des gens, de calembours et de noms propres scatologiques, avec des coquilles, des liaisons et du zézaiement dans la prononciation. Trois ou qautre d'entre elles sont de Charles Collé, l'Amant poussif, la Mère rivale, Léandre grosse, Léandre hongre."
"Appréciées par l'élite parisienne tout au long du siècle, ces petites pièces servaient de divertissements mondains, et elles étaient jouées soit l'après-midi, soit en fin de soirée, devant un public choisi, plus ou moins nombreux selon les occasions. La mode de ces spectacles était telle qu'un entrepreneur véreux chercha à s'emparer de manuscrits de parades destinés à rester secrets et c'est, en somme, grâce à sa filouterie, qu'aujourd'hui encore on peut lire un recueil imprimé de parades du XVIIIe siècle. Une des principales caractéristiques de ces pièces tient dans le fait qu'elles s'inspirent des parades jouées sur les balcons des théâtres forains, petits spectacles d'annonce destinés à attire l'attention des passants. Les intrigues étaient particulièrement simples à suivre [...]"
La pièce intitulée "Le Marchand merde" est tirée de Merlin Cocaye. "Je parie que votre cul n'en fait pas de si bonne que celle-ci. Mais goûtez avant que de mépriser la marchandise, vous verrez qu'elle vaut mieux que celle de tantôt. [...] Non vraiment, je vous assure, la marchandise était bonne, sentez plutôt, vous devez vous y connaître. Ce vilain apothicaire de mon cul, n'a seulement pas voulu la goûter." (Gilles, Le Marchand de merde).
On lit que ce recueil a été par un certain Corbie.
Référence : Le Recueil Corbie ou les parades en liberté (1756) : théâtre secret et gens du monde au XVIII siècle, par François Moureau (Revue d'histoire du théâtre, n°1-2, 2004, p. 121-133) ; Barbier, IV, 691 ; Soleinne, n°3496 ; Gay-Lemonnyer, III, 1204.
Provenance : deux ex libris non identifiés (période de la reliure) ; de la bibliothèque "de Juttignay" avec signature sur les titres (sans doute un certain Gardin de Juttignay commissaire de police, dont on trouve la trace près de St-Malon au milieu du XVIIIe siècle).
Ouvrage important dans l'histoire du théâtre populaire au XVIIIe siècle.
Bel exemplaire finement relié par Smeers.
Prix : 2.500 euros



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