mercredi 20 avril 2022

Japon. Vers 1890. Yokohama shashin ou Album de 48 photographies tirées sur papier albuminé contrecollées sur carton. Très beau spécimen en bois laqué décoré avec incrustations d'ivoire sculpté. Rare dans cette condition.

[Japon. Yokohama shashin]

Yokohama shashin ou Album de 48 photographies tirées sur papier albuminé contrecollées sur carton (recto et verso), montées en accordéon, sous plats épais en bois laqué décoré, peint à la main, avec incrustations d'ivoire (tête des personnages). Etiquettes de référence d'origine (n°38 - et caractères japonais).

[Japon, Yokohama ?, vers 1890]

20 x 14,5 cm pour l'album. Tirages 13,6 x 8,7 cm. 48 tirages photographiques albuminés contrecollés.

Très bel album très bien conservé. Quelques manques de vernis et laque (coins, verso), sans aucune gravité. Très belle esthétique d'ensemble, le premier plat de l'album est décoré d'une scène avec deux personnages, un homme tirant une jinrikisha avec une femme portant une ombrelle à l'intérieur, avec le mont Fuji à l'arrière plan. Intérieur d'une grande fraîcheur. Beau coloris au pinceau à la main.






"Ces photographies – appelées Yokohama shashin car elles étaient proposées à Yokohama aux voyageurs à leur arrivée, marquèrent les esprits de l’époque pour la qualité exceptionnelle de leur mise en couleur. Elles sont un témoignage inestimable d’un Japon s’ouvrant alors au monde et riche d’un savoir-faire pictural unique. Dès la période Meiji, le Japon fut surnommé « the Land of Photography » et les photographies coloriées à la main étaient particulièrement appréciées en Occident. Produites pour les touristes, elles avaient alors bien plus de valeur que les estampes japonaises qui n’intéressaient guère la plupart des visiteurs." (Présentation de l'Exposition YOKOHAMA SHASHIN 横浜写真 LE JAPON MIS EN COULEUR, Claude Estèb, avril-juin 2022).

"Des centaines d’ateliers ont participé à cette aventure dont de nombreux restent encore anonymes. Les plus connus étant ceux de Kusakabe Kimbei, Yamamoto, Suzuki, Tamamura, Farsari, Ogawa et leurs précurseurs Felice Beato, Stillfried et Shimooka Renjô. Ces images ont largement circulé en Occident au XIXe siècle et forment une inspiration peu connue de l’iconographie du japonisme." (Maison de la culture du Japon à Paris).






Il y avait, selon les prix, des albums de 12, 24 ou 48 photographies, parfois plus, de divers formats.

Notre album contient comme à l'habitude pour ce genre d'albums, des photographies de paysages, scènes de la vie quotidienne (agriculture, école, fêtes), vues de villes (Tokyo, Kobé, Yokohama, Osaka, etc.) et des vues de femmes et filles en costumes (jeunes filles, geisha, cérémonies, etc.).



Très beau spécimen. Rare dans cette condition presque parfaite.

VENDU


vendredi 15 avril 2022

Théâtre des boulevards ou recueil de parades (1756). Bel exemplaire relié en maroquin par Smeers de cet important recueil de théâtre populaire de "mauvais goût [...] également opposé au bon sens, au bon comique, aux mœurs et à la décence", selon Grimm.


COLLECTIF (Sallé, Charles Collé, Fagan, Piron, Moncrif)

Théâtre des boulevards ou recueil de parades.

A Mahon, de l'imprimerie de Gilles Langlois, 1756

3 volumes in-12 (16,7 x 10 cm) de XIII-308, (2)-XIII-308, (2)-II-(2)-336 pages. Frontispice gravé au tome I.

Reliure de la seconde moitié du XIXe siècle plein maroquin rouge signée SMEERS. Tranches dorées. Millésime doré en queue des dos, double-filet doré sur les coupes, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, fer doré losangé poussé au centre des plats. Quelques légères marques aux reliures. Exemplaire d'une grande fraîcheur. Quelques rousseurs. L'exemplaire n'a pas été lavé.

Edition originale et unique édition.

Il est amusant de voir aujourd'hui comment l'on commentait alors ces parades en se pinçant le nez ; c'est notamment l'avis donné par Grimm dans sa Correspondance. Grimm écrit : "On a imprimé trois volumes de parades, dont la plupart sont depuis longtemps très-connues à Paris. La Lettre de M. Gilles, le Doigt mouillé, Léandre hongre, l'Amant cauchemar, l'Amant poussif, Isabelle grosse par vertu, Léandre grosse, le Bonhomme Cassandre aux Indes, sont de M. Collé ; le Remède à la mode est de M. Sallé. Ce mauvais goût est également opposé au bon sens, au bon comique, aux mœurs et à la décence." (Grimm, Correspondance, 15 septembre 1756).




"En 1756 parut, avec succès, ce recueil de parades en trois volumes, le théâtre des boulevards. La plupart sont de Sollé, une est de Fagan, une autre de Moncrif, une troisième de Piron. Elles sont assez médiocres. C'est un ramassis de malpropretés, d'obscénités, de balourdises, d'extravagances démesurées, de mauvais compliments jetés à la face des gens, de calembours et de noms propres scatologiques, avec des coquilles, des liaisons et du zézaiement dans la prononciation. Trois ou qautre d'entre elles sont de Charles Collé, l'Amant poussif, la Mère rivale, Léandre grosse, Léandre hongre."

"Appréciées par l'élite parisienne tout au long du siècle, ces petites pièces servaient de divertissements mondains, et elles étaient jouées soit l'après-midi, soit en fin de soirée, devant un public choisi, plus ou moins nombreux selon les occasions. La mode de ces spectacles était telle qu'un entrepreneur véreux chercha à s'emparer de manuscrits de parades destinés à rester secrets et c'est, en somme, grâce à sa filouterie, qu'aujourd'hui encore on peut lire un recueil imprimé de parades du XVIIIe siècle. Une des principales caractéristiques de ces pièces tient dans le fait qu'elles s'inspirent des parades jouées sur les balcons des théâtres forains, petits spectacles d'annonce destinés à attire l'attention des passants. Les intrigues étaient particulièrement simples à suivre [...]"










La pièce intitulée "Le Marchand merde" est tirée de Merlin Cocaye. "Je parie que votre cul n'en fait pas de si bonne que celle-ci. Mais goûtez avant que de mépriser la marchandise, vous verrez qu'elle vaut mieux que celle de tantôt. [...] Non vraiment, je vous assure, la marchandise était bonne, sentez plutôt, vous devez vous y connaître. Ce vilain apothicaire de mon cul, n'a seulement pas voulu la goûter." (Gilles, Le Marchand de merde).

On lit que ce recueil a été par un certain Corbie. 

Référence : Le Recueil Corbie ou les parades en liberté (1756) : théâtre secret et gens du monde au XVIII siècle, par François Moureau (Revue d'histoire du théâtre, n°1-2, 2004, p. 121-133) ; Barbier, IV, 691 ; Soleinne, n°3496 ; Gay-Lemonnyer, III, 1204.

Provenance : deux ex libris non identifiés (période de la reliure) ; de la bibliothèque "de Juttignay" avec signature sur les titres (sans doute un certain Gardin de Juttignay commissaire de police, dont on trouve la trace près de St-Malon au milieu du XVIIIe siècle).

Ouvrage important dans l'histoire du théâtre populaire au XVIIIe siècle.

Bel exemplaire finement relié par Smeers.



Prix : 2.500 euros

mardi 12 avril 2022

Nouvelles réflexions d'un citoyen, sur les états-généraux. Août 1789. Des justices seigneuriales - De la Chasse - De la Pêche - Sur la suppression de la vénalité - Sur le Commerce - De la Religion ; à Monseigneur le Garde-des-Sceaux - La Religion. Rare et parfait exemplaire tel que paru.

Anonyme.

Nouvelles réflexions d'un citoyen, sur les états-généraux.

S.l. (Paris), de l'imprimerie de P. F. Didot jeune, quai des Augustins

1 plaquette in-8 (21,5 x 14 cm) de 24 pages cousues sur une ficelle. Tel que paru à l'époque, sans page de titre (ce qui est normal), parfait état.

Unique édition de ce pamphlet révolutionnaire qui traite de la suppression des droits féodaux.

Il a été ajouté à l'époque à la plume au bas de la première page la date de "aoust 1789".

Les paragraphes se découpent ainsi : Des justices seigneuriales - De la Chasse - De la Pêche - Sur la suppression de la vénalité - Sur le Commerce - De la Religion ; à Monseigneur le Garde-des-Sceaux - La Religion.

Cette plaquette est référencée dans la Bibliographie chronologique du siècle des lumières de Conlon, tome XXV, ouvrages anonymes, sous le n°89.4257. 

Ce pamphlet est très bien écrit et les vues qu'il professe sont en faveur d'une liberté du peuple très relative et très raisonnée voire très encadrée par les nouvelles institutions à venir. Ainsi concernant le droit de chasse, il écrit : "Dans les provinces, [le gibier] est si rare, que la faculté qu'aurait le cultivateur de le détruire, deviendrait un abus dangereux par ses inconvénients, qu'il ne trouverait profit à la poursuivre. Il faut connaître ces climats, pour savoir le danger que doit inspirer à l'honnête citoyen la liberté du port d'armes pour toutes les classes : les plus petites divisions occasionneraient des guerres civiles, par la facilité de l'attaque et de la défense ; la plus légère dispute produirait un meurtre ; celui que l'éducation ne contient pas, se croit tout permis pour sa défense : nul principe ne retient la violence de ses passions, excitées presque toujours par le vin qu'il se permet sans mesure, et auquel il s'abandonne avec d'autant plus de facilité, qu'il se croit justifié par les forces qu'il croit en obtenir, mais qui les diminue. [...] ne serait-il pas à craindre qu'ils devinssent plus nuisibles qu'utiles à la société ?" Concernant la pêche il écrit qu' "il est juste de les rendre au peuple à qui elles appartiennent, en désirant toujours qu'il ne se livre point trop à des profits apparents, au dépens d'un bonheur réel [...]. Les considérations de l'auteur sur le commerce et la religion sont également très intéressantes.

Bel exemplaire tel que paru. Pamphlet rare.

Prix : 450 euros

mercredi 6 avril 2022

Gabriel Soulages. Le malheureux petit voyage (1936). Avec les figures dessinées par Carlègle et aquarellées au pochoir. Un des 5 exemplaires hors-commerce de collaborateur sur Annam. Bel exemplaire.

SOULAGES, Gabriel. CARLEGLE (illustrateur).

Le malheureux petit voyage, illustrations en couleurs de Carlègle.

Paris, se vend chez Valère, 1936

1 volume in-8 (25,3 x 16,5 cm) broché de 184-(3) pages. 101 compositions en couleurs aquarellées au pochoir dont celle de couverture, 86 figures dans le texte et 14 lettres ornées. Couverture refaite en papier Japon fin, dos muet, premier plat original contrecollé sur le premier plat de couverture. Excellent état. Quelques pointes rousses mais néanmoins très frais.

Tirage à 1050 exemplaires.

Celui-ci, un des 50 exemplaires hors-commerce, un ces 5 exemplaires sur Annam réservés aux collaborateurs (exemplaire du photograveur de l'ouvrage pour l'éditeur Valère).





Cet ouvrage de Gabriel Soulages (1876-1930) a paru pour la première fois en 1909. Gabriel Soulages fut maire d’Albi de 1877 à 1888. Cet avocat républicain convaincu, passionné d’histoires locales, de littérature et d’archéologie, consacra les dernières années de sa vie à recueillir de la bouche des membres de sa famille et de son entourage, ce qu’il nomma « Chansons et poésies populaires recueillies dans l’Albigeois ». On lui doit plusieurs ouvrages notamment l'Idylle vénitienne, Des Riens, une traduction des Pastorales de Théocrite, Graffiti d'amour. On luit doit également ce bon mot qui donne assez une idée de son esprit badin : « Une femme vertueuse est celle qui, avant d'entrer chez son amant, ôte son alliance et enlève de sa chaîne sa petite médaille sainte. »

"Ce n'est point un livre nouveau, mais ce galant pastiche fleure déjà les grâces et les hardiesses du siècle suivant, est d'une saveur si piquante et si gentiment pimentée qu'on ne se lasserait guère de le relire. Certes, la folle escapade de la gente Marie Toinon Cerisette et de sa jeune maîtresse, la maréchale de la Marsaille, n'est point à proposer en exemple aux filles sages, et Mme de Maintenon, si elle l'eût connue, fût entrée en grande colère. Mais Mme de Sévigné s'en fût fort divertie sans doute. Le récit qu'en fait M. Gabriel Soulages plaira aux lettrés. Il les mènera en Avignon en compagnie de la plus exquise des chambrières et de la plus sensible des princesses et il les associera à leurs jeux libertins jusqu'au jour où une noyade tragique mettra fin à ce malheureux petit voyage si joyeusement commencé et qui eût mérité de ne point s'achever dans les larmes, tant il est vrai que l'esprit né saurait jouer longtemps le personnage du cœur." (Le Figaro littéraire).





L'illustration légère de Carlègle (1877-1937) est très réussie. Cet ouvrage est avec La Maison Tellier de Maupassant, l'un des deux derniers ouvrages qu'il illustra. Charles Émile Egli naît le 30 mars 1877 à Aigle, en Suisse. À partir de 1895, il fréquente, et ce durant quatre ans, l'école des arts industriels de Genève, dans la classe d'Alfred-Louis Martin, avant de partir pour Paris où il arrive en 1900. Il a une belle pratique de la xylographie et s'en sert pour vendre des illustrations à des périodiques. Sous le nom de « Carlègle », il illustre des journaux satiriques tels que L'Assiette au beurre, Le Rire, Demain ou La Vie parisienne, mais aussi L'Illustration, Cocorico, Fantasio, et de nombreux livres et textes, classiques ou contemporains comme La Fontaine, Ronsard, Verlaine, Henri de Régnier, etc. À compter de 1905, il commence à publier des albums de gravures comme L'Automobile 217-UU, et Une histoire qui finit mal. En 1908, il commence à réaliser des illustrations destinées à des ouvrages. En 1909, il participe à des expositions internationales de dessinateurs humoristiques (Paris, Copenhague). Sa production ne faiblit pas dans les années 1920, et il reste à la fois chic et populaire, produisant pour la Gazette du Bon Ton et La Vie Parisienne. Charles Émile Egli meurt dans le 13e arrondissement de Paris le 9 novembre 1937.






Provenance : exemplaire de la bibliothèque du photograveur de l'ouvrage l'éditeur Valère. Source non mentionnée non documentée (nous pourrons fournir des informations à l'acquéreur de l'ouvrage).

Très bon exemplaire.

Prix : 350 euros

vendredi 1 avril 2022

20 ans d'amour ... des livres ! La Librairie L'amour qui bouquine vous remercie de votre présence et de votre soutien. A bientôt pour de nouvelles aventures !

 Le 1er avril 2002

débutait l'aventure de la librairie L'amour qui bouquine.

 

Le 1er avril 2022

marque son vingtième anniversaire.

 

Nous tenions à vous remercier pour votre présence, votre soutien depuis toutes ces années, parfois depuis le début pour certains.

 

Merci !

 

Nous continuerons à vous proposer le meilleur pour votre plaisir de bibliophile.

 

A bientôt !

 

Amitiés bibliophiles, Bertrand





Merci !

Bertrand Hugonnard-Roche
Librairie L'amour qui bouquine
14 rue du Miroir
21150 Alise-Sainte-Reine
France