mardi 5 octobre 2021

Jean Blanc de Volx. Des causes des Révolutions et de leurs effets ; ou Considérations historiques et politiques sur les Mœurs qui préparent, accompagnent et suivent les Révolutions. 1801 (An IX). Première initiative pour réhabiliter les jeux olympiques (Olympiade française). Bel exemplaire.


BLANC DE VOLX (Jean).

Des causes des Révolutions et de leurs effets ; ou Considérations historiques et politiques sur les Mœurs qui préparent, accompagnent et suivent les Révolutions. Par J. Blanc de Volx, auteur du Coup-d'œil Politique sur l'Europe à la fin du 18e siècle.

Paris, Dentu, imprimeur-libraire, an IX - 1801.

2 volumes in-8 (20,5 x 13 cm) de (4)-28-XVI-351-(1) et (4)-373-(1) pages.

Reliure demi-cuir de Russie violine, dos lisse orné, tranches jaunes. Reliure en très bon état. Papier des plats légèrement frotté, coins frottés. Intérieur frais. Quelques pâles mouillures et salissures sans gravité. Exemplaire signé par l'éditeur imprimeur Dentu (autographe) et l'auteur (signature fac-similé).

Edition originale.









L'ouvrage est divisé en deux parties. La première partie "rétrospective" étudie les mœurs des temps et des peuples anciens qui ont conduit aux différentes révolutions et qui leur succèdent. L'auteur passe ainsi en revue différents exemples depuis le temps des romains jusqu'au XVIIe siècle. Blanc de Volx donne, selon lui, quels sont les moyens propres à rétablir l'empire des mœurs, par la réforme des abus et par des institutions. La seconde partie traite des institutions publiques et des fêtes nationales ainsi que le plan d'exécution qu'il prône concernant les fêtes, l'administration et la police, les jeux, etc. C'est dans cette dernière partie que Blanc de Volx prône le rétablissement des Jeux olympiques (bien avant Pierre de Coubertin). L'Olympiade française, telle qu'il la suggère selon un plan très précis (toute la fin du deuxième volume depuis la page 250 y est consacrée), doit apporter union et paix pour le peuple à l'issue de ces dix années tumultueuses de révolution. En cela son ouvrage est original et novateur, à l'opposé de l'esprit de l'époque plus tourné vers la guerre et les conflits entre pays que vers la paix et le bonheur du peuple. 















Jean Blanc de Volx, né à Lyon, fonctionnaire de l'Empire, est l'auteur d'ouvrages intéressants et estimés sur la révolution française et ses suites, le commerce et la politique (Biographie universelle des contemporains, III, p. 50). Outre celui-ci, on lui doit un Coup d'œil politique sur l'Europe (1800), un Etat commercial de la France (1803) et Du commerce de l'Inde (1802). Blanc de Volx était receveur des douanes à Naples sous l'Empire sous le gouvernement de Murat. Il soutenait les théories mercantiles quant au commerce des Indes. Il est le père de l'historien de la peinture Charles Blanc et de l'historien républicain membre du gouvernement provisoire de 1848, Louis Blanc. Ses idées post-révolutionnaires sur la politique (libéralisme, mercantilisme, etc.) peuvent aujourd'hui paraître bien souvent en décalage par rapport à la situation que vivait alors la France et les français, néanmoins elles présentent un grand intérêt pour comprendre cette période des premières années du XIXe siècle.

Bel exemplaire relié à l'époque.

Prix : 450 euros

lundi 4 octobre 2021

Mercier de Compiègne. La vie, les amours, le procès et la mort de Marie Stuart, reine de France et d'Ecosse ; décapitée à Londres le 18 février 1587, âgée de 44 ans. D'après les pièces originales. 1793. Livre condamné et brûlé en même temps que son libraire-éditeur fut exécuté.


MERCIER DE COMPIEGNE (Claude-François-Xavier MERCIER, dit)

La vie, les amours, le procès et la mort de Marie Stuart, reine de France et d'Ecosse ; décapitée à Londres le 18 février 1587, âgée de 44 ans. D'après les pièces originales.

A Paris, chez Girouard et Mercier, 1793

1 volume in-8 (19,7 x 12,6 cm) de (6)-154 pages. Portrait de Marie Stuart en frontispice par Blanchard. Vignette ovale sur la page de titre montrant une scène de décapitation d'une femme. Dérelié (couverture muette factice de papier blanc ancien). Tranches mouchetées de bleu. Excellent état. Intérieur très frais.

Edition originale rare.




Les pages i à Viii contiennent un texte d'introduction intitulé : "Aux hommes de tous les temps et de tous les pays.". Ce texte de Mercier de Compiègne explique le but de cet ouvrage publié dans le contexte brûlant de la révolution française et pendant le procès du roi de France Louis XVI. "[...] Gardez-vous de croire, vous qui me lirez, que mon but ait été de diriger, de subjuguer votre opinion ; non : vous êtes libres comme moi. Gardez-vous de croire aussi que, suivant l'impulsion générale, j'aie voulu encenser les idoles du jour, et voter la mort de ceux qui, n'ayant d'autre crime que d'avoir régné dans un temps où la liberté les menaçait de la subversion totale de leurs droits, ont disputé les restes de leurs propriétés à ceux qui se croyaient le droit de les envahir. Aussi éloigné d'appeler la hache sur la tête d'un roi qui ne l'est plus, et qu'on ne doit pas punir pour avoir été conduit par des ministres follement entêtés de sa gloire, que de le justifier du tort irréparable à vos yeux, d'avoir régné ; je jouirai, quelle que soit l'issue de ce mémorable procès, de la liberté imprescriptible que vous ne pouvez ôter à la pensée ; et me renfermant dans le cercle des obligations imposées à tout bon citoyen, je défierai le plus sévère d'entre vous de prouver que j'aime l'esclavage et les rois ... [...]. M'accusera-t-on d'avoir voulu établir des rapprochements entre Marie Stuart et Marie Antoinette ? Oui et non [...] Louis XVI était roi ; il a voulu l'être encore, peut-être malgré tout le monde, et peut-être malgré lui ; mais dans tous les cas pour le bien de tous. Mais la reine, dont on supposera que j'ai voulu établir le parallèle avec celle d'Ecosse, qu'a-t-elle fait ? Accusée depuis longtemps par l'opinion publique et particulière, mais absolument nulle dans les opérations politiques, par les loix qui ne chargent d'aucune responsabilité la femme en puissance de mari, il faut être assez juste pour ne pas l'attaquer, ou assez généreux pour l'absoudre. [... Je déteste les rois avec autant de cordialité que nos plus enthousiastes républicains de 1792. [...]"






Le texte principal est tiré de la "Cour sainte" du père Nicolas Caussin (Cf. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes). Cependant, Mercier de Compiègne a semble-t-il largement réécrit le texte original. Il y a ajouté un parallèle de Marie Stuart et d'Elizabeth d'Angleterre, ainsi qu'un portrait de chacune d'elles et un éloge funèbre de Marie Stuart (et une notre sur l'ouvrage).

L'histoire de ce volume est notable. Le libraire Girouard fut condamné comme contre-révolutionnaire. On retrouva chez lui lors de son arrestation des exemplaires d'ouvrages imprimés allant à l'encontre des idées révolutionnaires. La vie, les amours, le procès et la mort de Marie Stuart (1793) fut de ces volumes retrouvés. Condamné à mort à l'issue d'un simulacre de procès, le libraire Girouard fut exécuté à Paris le 8 janvier 1794. Les livres saisis chez lui (dont Marie Stuart) furent détruits au pied de l'échafaud. Quelques exemplaires avaient du circuler et ont survécu à la destruction commandée par la justice révolutionnaire. Lire à ce sujet l'article que nous avons publié récemment sur le Bibliomane moderne (Liberté de la presse et révolution française. GIROUARD (Jean-Joseph), imprimeur-libraire, condamné à mort et exécuté à Paris le 8 janvier 1794. Persécutions des journalistes et des libraires pendant la Terreur GIROUARD (Jean-Joseph) imprimeur-libraire. Par Alfred Bégis. Article a été publié la première fois dans la revue Le Livre dirigée par Octave Uzanne (1884, Bibliographie rétrospective, pp. 177-190).




Mercier de Compiègne ne fut, semble-t-il, pas inquiété pour ce même ouvrage. Claude-François-Xavier Mercier (1763-1800), dit Mercier de Compiègne (né à Compiègne (Oise) le 1er août 1763 et mort à Paris en 1800), était un écrivain, éditeur et compilateur français, connu surtout pour ses ouvrages satiriques et libertins. Il fut secrétaire du Chevalier de Jaucourt puis commis dans les bureaux de la marine. Sans ressources pendant la révolution française il donna un très grand nombre d'ouvrages en tous genres et pour les vendre ouvrit une librairie. Il ne manquait ni de talent ni, surtout, de facilité, et tournait agréablement les vers, dont il publia quelques pièces dans l’Almanach des Muses et les Étrennes d'Apollon. Comme auteur et éditeur, son nom est resté attaché à des contes et poèmes érotiques tels que Les Veillées du couvent, ou le Noviciat d’amour et Le Bréviaire des jolies femmes, destinés à un public libertin. Mercier de Compiègne ne fit cependant jamais fortune : la Convention le porta sur la liste des gens de lettres à qui elle accordait des secours. Avant de mourir à l'âge de 37 ans, il fonda en 1800 une revue mensuelle, Le Furet littéraire, qui n'eut qu'un numéro.

Bon exemplaire de ce livre condamné et brûlé en même temps que son libraire-éditeur fut exécuté.

VENDU

vendredi 1 octobre 2021

Tallemant des Réaux. Historiettes galantes. Pointes-sèches de Amandine Doré. 1966. Tirage à 350 exemplaires. Exemplaire avec suite et planches libres refusées. Superbe illustré moderne.


Tallemant des Réaux. Amadine Doré (illustratrice).

Historiettes galantes. Pointes-sèches de Amandine Doré.

Les Bibliophiles de la Basoche, Paris (1966)

1 volume in-folio (35 x 26,5 cm), en feuilles de 178-(8) pages et 15 pointes sèches hors-texte rehaussées à l'aquarelle au pochoir au pinceau. Couverture imprimée rempliée. Emboîtage de l'éditeur de papier décoré. Ensemble en excellent état, proche du neuf.

Premier tirage de cette superbe suite d'illustrations grivoises par Amandine doré.

Tirage numéroté à 350 exemplaires, tous sur papier grand vélin de Mandeure (plus quelques exemplaires réservés à l'artiste et aux collaborateurs).

Celui-ci avec en plus une suite en noir avec remarques des 15 hors-texte et une suite en noir de 5 compositions libres refusées.









Cet imposant volume contient les historiettes suivantes : Le maréchal de la Force - Monsieur des Yvetaux - Ninon de Lenclos - Madame de Champré et les autres dames de Noyon - Le connétable de Luynes - La Du Ryer - Faure, Père et Fils - Le maréchal de Bassompierre - M. et Mme d'Estrades - Madame d'Anguittard - Madame d'Espagnet - Le cardinal de Lyon - La Cambray - Le président Tambonneau. Ces historiettes ont paru pour la première fois sur le manuscrit inédit en 1834 seulement alors qu'elles furent rédigées à la fin du XVIIe siècle. 








Tallemant des Réaux (1619-1692) fut le témoin privilégié des petites histoires du Grand Siècle. Dans ses Historiettes, Tallemant parle de Henri IV, de Louis XIII, Henri Jules de Bourbon-Condé… et dresse des portraits d’écrivains aussi prestigieux que : Vincent Voiture, Jean-Louis Guez de Balzac, François de Malherbe, Paul Scarron, Jean de La Fontaine, Blaise Pascal, Pierre Corneille, Georges de Scudéry et Madeleine de Scudéry, Madeleine de Sablé, Madame de Sévigné ou Racan. Mais aussi de François Hédelin, Marie de Gournay, Marie-Catherine de Villedieu, Jean Chapelain, François Le Métel de Boisrobert, Valentin Conrart, Jacques Vallée Des Barreaux, Jean Ogier de Gombauld… Il parle aussi de personnalités politiques comme Armand Jean du Plessis de Richelieu, de célébrités comme l’acteur Mondory et des courtisanes à scandale comme Marion Delorme, Ninon de Lenclos ou Angélique Paulet. Tout est-il vrai ? d'après les dernières recherches : oui ! Ce qui en rend la lecture encore plus piquante même plus de trois siècles après leur rédaction.








Amandine Doré illustre avec brio et légèreté ces textes où la gauloiserie le dispute au sérieux des Grands du siècle de Louis XIV.

Très bel exemplaire avec suite avec remarques libres et planches refusées libres également.

Prix : 800 euros