mercredi 7 octobre 2020

Octave Charpentier. MAGNIFICAT. Poèmes plastiques (1921). Dessins de A. Bouchet gravés sur bois par Paul Baudier. 1/35 ex. sur Japon impérial, avec double suite. Rare tirage de tête pour ce beau livre sensuel.

Octave Charpentier. A. Bouchet / Paul Baudier (illustrateurs).

MAGNIFICAT. Poèmes plastiques. 32 dessins de A. Bouchet gravés sur bois par Paul Baudier.

Paris, Editions d'Art du "Croquis". En vente chez Marpon et Cie. S.d. (1921)

1 volume in-8 (25 x 17 cm environ), broché de 71-(3) pages + la suite supplémentaire brochée à la fin, tirée en bistre/or sur Japon (31 illustrations) + la suite sur papier fin tirée en noir. 31 illustrations dans le texte, tirées en rouge. Illustration de couverture tirée en bistre/or. Couverture légèrement défraîchie au dos et petites usures sur les bords. Intérieur très frais.


Édition originale.

Tirage à 540 exemplaires.

Celui-ci, 1 des 35 exemplaires de tête sur Japon impérial (avant 50 ex. sur Hollande Van Gelder, 65 Vergé d'Arches, et avant 390 exemplaires sur Vélin Lafuma).

Bien complet de la suite des bois brochée en fin de volume (et de la suite supplémentaire - volante).

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur.





Ce joli volume a été achevé d'imprimer le 20 septembre 1921. C'est un agréable recueil de poésies sur les différentes parties anatomiques de la femme (blason féminin comme c'était à la mode au XVIe et XVIIe siècle) : les mains, les hanches, les fesses, les cuisses, les pieds, le ventre, le menton, les épaules, les cheveux, etc. D'une saveur tout à fait convenable, l'auteur a même décidé de s'arrêter aux portes du Paradis. Comme il l'écrit lui-même sur le dernier feuillet : Ce petit livre est un rosaire, un chapelet de volupté, chaque grain marque une prière à la beauté ! (NDLR : dommage qu'il en manque au moins un ou deux ... de grains). Les bois gravés de Paul Baudier d'après les dessins de A. Bouchet sont très jolis et se fondent parfaitement dans le texte.





On a de cet auteur d'autres recueils intitulés : Les Vierges de Mai (illustrations de Roubille), Poèmes infernaux, Mabrouka femme arabe (bois de Paul Baudier), A travers le Quartier Latin, Le Poème de la Rose, etc.

Octave Charpentier (1872-1940) était un familier de Montmartre et du Quartier Latin.

Très bon exemplaire de ce rare tirage sur Japon qui mérite les honneurs d'une belle reliure d'art.

Prix : 600 euros



mardi 6 octobre 2020

Octave Charpentier. André Deslignères. Le Poème de la Rose (1922). 1/35 ex. sur Japon impérial. Très rare tirage de tête de ce superbe livre sensuel "Art Déco".


Octave CHARPENTIER. André DESLIGNERES (illustrateur).

Le Poème de la Rose. Bois originaux de A. Deslignères rehaussés en couleurs.

Editions d'Art du "Croquis", Chez A. Plicque et Cie, Paris, s.d. (1922)

1 volume in-8 (25 x 16,5 cm), broché, 70 pages. 9 bois gravés aquarellés au pochoir (mis en couleurs par Ferrariello). Bandeaux et vignettes gravées sur bois et également mises en couleurs. Couverture illustrée d'une vignette aquarellée sur le premier plat. Couverture défraîchie, bords et dos insolés avec petits manques et déchirures, intérieur parfait, à grandes marges (non rogné).

Edition originale.

Tirage total à 540 exemplaires numérotés sur divers papiers.

Celui-ci, 1 des 35 exemplaires de tête sur Japon impérial (avant 50 Hollande, 65 Arches et 390 vélin).


Cet ouvrage contient neuf poèmes ayant tous pour sujet une rose différente. Chaque rose évoque une femme différente, douce ou vénéneuse, sauvage ou docile. On y trouve ainsi outre le premier Poème de la Rose qui évoque ce "captivant symbole", cette "fleur-déesse" à la "fringante beauté", Rose "fleur d'amour" et "fleur de volupté", l'auteur chantera dans les poèmes qui suivent le "fastueux cantique" de la Rose-Femme ou de la Femme-Rose : La Rose Sauvage - La Rose Blanche - La Rose Rose - La Rose Thé - La Rose Soufre - La Rose Pompon - La Rose Rouge - La Rose Noire.



Ce petit volume est une véritable réussite bibliophilique. Les bois gravés d'André Deslignères, rehaussés de couleurs vives au pochoir, donnent à l'ensemble une sensualité tout à la fois féminine et florale, tout à fait en adéquation avec les poèmes de l'auteur.


On a de cet auteur d'autres recueils intitulés : Les Vierges de Mai (illustrations de Roubille), Poèmes infernaux, Mabrouka femme arabe (bois de Paul Baudier), A travers le Quartier Latin, Magnificat, etc. 


Octave Charpentier (1872-1940) était un familier de Montmartre et du Quartier Latin. La femme et l'amour n'est jamais loin de ses préoccupations littéraires. 


Envoi autographe de l'auteur sur le faux-titre.

Très bon exemplaire qui mérite les honneurs d'une belle reliure d'art. 

Tirage le plus rare pour ce très beau livre sensuel "Art Déco".

VENDU


lundi 5 octobre 2020

Chateaubriand. Le Conservateur (1818-1820). Collection complète en 78 livraisons (6 vol. in-8) en cartonnage d'époque. Très bon exemplaire. Journal ultra-royaliste. Intéressante provenance (Exemplaire de la bibliothèque du comte de Salaberry, auteur au sein de ce journal).

François-René de Chateaubriand, Fiévée, Marie-Barthélémy de Castelbajac, le comte O'Mahony, le vicomte de Bonald, l'abbé de Lamennais, Villèle, Charles-Marie d'Irumberry de Salaberry, et Joseph Fiévée, etc.

Le Conservateur.

Paris, Au bureau du Conservateur, chez Le Normant Fils, 1818-1820. De l'imprimerie de Le Normant (Rue de Seine).

6 volumes in-8 (21,6 x 13,8 cm environ) de 632, 656 (erreur de pagination entre 93 et 113 - sans manque - conforme aux autres exemplaires), 624+8 pages, 640, 632 et 640+16 pages.

Cartonnage strictement de l'époque plein papier bleu nuit, dos lisses ornés de filets dorés, titres et tomaisons dorés. Reliures en très bon état, légers frottements aux plats, dos et coiffes. Intérieur frais malgré quelques rousseurs habituelles. Quelques pâles mouillures sans gravité. Bon papier chiffon (assez fin).


Tirage unique et complet de ce périodique "ultra-royaliste".

Ensemble bien complet de tout ce qui a paru de ce périodique ultra-royaliste dirigé par Chateaubriand et quelques amis liés à la cause monarchique. Soit au total 78 livraisons imprimées d'octobre 1818 à mars 1820. La devise de ce journal est imprimée en exergue de chaque page de titre : "Le Roi, la Charte et les Honnêtes Gens." Les auteurs dénonçaient principalement la politique du gouvernement d'Armand Emmanuel du Plessis de Richelieu puis celle d'Élie Decazes, accusés de défendre des intérêts révolutionnaires mettant en péril la Charte de 1814. Dans ses Mémoires d'Outre-tombe, Chateaubriand estime que la "révolution opérée par ce journal fut inouïe : en France, il changea la majorité dans les Chambres ; à l'étranger il transforma l'esprit des cabinets". Le Conservateur a cessé de paraître en 1820, afin de protester contre le projet de loi sur le rétablissement de la censure.


Il a été relié en outre dans cet exemplaire deux plaquettes intitulées : Pourquoi les ministres ont-ils retiré la loi qu'ils avaient proposée sur leur responsabilité ? (8 pages - signé Grignon D'Auzouer - imprimerie Le Normant) et De l'Espagne et de la France par M. A. de F*** () (16 pages  - auteur resté inconnu - imprimerie de Le Normant).

"En résumé, c'est dans ce recueil justement célèbre, foyer ouvert à tous les regrets, à tous les ressentiments à toutes les exagérations des ultra, qu'il faut surtout chercher la politique royaliste pendant les dix-huit mois qu'il vécut. A sa dissolution, quelques-uns île ses rédacteurs, en tête desquels était Lamennais, fondèrent Le Défenseur, journal religieux, politique et littéraire. 1er mars 1820-11 oct. 1821. 6 vol. in-8°. Cette nouvelle feuille devint le champion ardent, passionné et pour ainsi dire officiel de la philosophie de Lamennais. Il y eut pour collaborateurs MM. de Bonald, Saint-Victor, Genoude, le cardinal de la Luzerne, Lamartine, etc." (Hatin, p. 340).



"Quant à nous, nous ne craignons rien. Nos principes sont ceux de la religion, de l'ordre et de la justice : tôt ou tard nous triompherons avec ces principes. La vérité renversera toujours l'édifice de l'erreur et du mensonge. Partout où le paganisme avait placé ses faux dieux, le ciel envoya un destructeur; chaque temple païen vit un Barbare armé à ses portes. La Providence n'arrêta la torche et le levier que quand la race infidèle fut changée : alors une croix s'éleva sur les monuments, et tout fut dit." (Chateaubriand, extrait du Conservateur).

Références : Hatin, Bibliographie historique et critique de la presse périodique française etc., pp. 338-340.


Provenance : Notre exemplaire faisait partie de la bibliothèque du Comte de Salaberry, avec son ex libris présent dans chacun des volumes. Charles-Marie d'Irrumberry, comte de Salaberry, né à Paris le 6 septembre 1766 et mort à Fossé (Loir-et-Cher) le 7 janvier 1847. Il était militaire, homme de lettres et homme politique. Petit-neveu de l'amiral Vincent de Salaberry de Benneville, Charles-Marie d'Irumberry de Salaberry est le fils Charles Victoire François d'Irumberry de Salaberry, président à la chambre des comptes de Blois et propriétaire du château de Pezay, influencé par Paul Boësnier de l'Orme 1 et qui sera guillotiné en 1794, et d'Anne-Marie Le Gendre de Lormoy (belle-sœur d'Antoine-Jean Amelot de Chaillou et de Jean-Nicolas Dufort de Cheverny). Il prit part à l'Armée des émigrés, puis participa à la guerre de Vendée au côté des royalistes. En 1801, il se trouve mêlé à l'Affaire Clément de Ris ; il fait partie de l'équipée destinée à la libération du sénateur. En 1810, il accueille Madame de Staël dans son château de Fossé. En août 1815, il devient un député ultra-royaliste de la Restauration pour le département de Loir-et-Cher ; il le restera jusqu'à mai 1830. Il collabore alors au 

Correspondant et au Conservateur (fondé par Chateaubriand). Provenance des plus intéressantes donc pour cette feuille ultra-monarchiste.


Très intéressant exemplaire conservé dans son cartonnage d'époque et provenant de la bibliothèque de l'un des collaborateurs et auteurs de ce célèbre journal ultra-royaliste.

Très bon exemplaire plus que complet (2 plaquettes ajoutées).

Prix : 1.350 euros

vendredi 2 octobre 2020

Les Mémoires politiques et militaires du Général Doppet, contenant des notices intéressantes et impartiales sur la révolution française, sur les sociétés populaires, sur la révolution des Allobroges et la réunion de la Savoie à la France, etc. (1797). Rare impression de Carouge (Mont-Blanc).

 

Général DOPPET (François Amédée Doppet).

Mémoires politiques et militaires du Général Doppet, contenant des notices intéressantes et impartiales sur la révolution française, sur les sociétés populaires, sur la révolution des Allobroges et la réunion de la Savoie à la France, sur la guerre dite du fédéralisme, sur la livraison de Toulon en 1793 et le siège de Lyon, sur la guerre des Pyrénées Orientales jusqu'au moment de la paix conclue entre l'Espagne et la France.

A Carouge, Département du Mont-Blanc, De l'imprimerie de Jaq. Barth. Spineux. L'an V de la République. 1797.

1 volume in-8 (20,5 x 13 cm), broché, de XII-336 pages. Couverture d'époque en papier décoré dominoté de motifs répétés imprimés en rouge sur papier de réemploi. Dos muet. Non rogné. Superbe état de conservation, papier très frais de et de belle qualité, sans rousseurs, tel que paru.

François Amédée Doppet est né le 16 mars 1753 à Chambéry, Savoie, et mort le 26 avril 1799 à Aix-les-Bains, Savoie. Il était médecin, écrivain et militaire. Il fut général pendant la période de la Révolution, et mena une brève carrière politique sous le Directoire. Fils d'un fabricant de cire de Chambéry et naquit dans cette ville en 1753. Encore fort jeune, en 1771, il s'enrôle dans un régiment de cavalerie, d'où il passe dans les Gardes-françaises. Il sert trois ans dans l'armée, avant d'entreprendre des études de médecine à Turin, au terme desquelles il est reçu docteur en médecine. De retour à Chambéry, il intrigue pour entrer dans les bonnes grâces de la Cour de Savoie. N'étant pas parvenu à ses fins, il décide de voyager, parcourt la Suisse et arrive à Paris. C'est à cette époque qu'il se met à écrire et commence à publier des poèmes, des romans ou des livres de médecine qui n'ont pas de succès. En 1786, Doppet, se posant en défenseur de l'honneur posthume de Mme de Warens, mise en cause par Jean-Jacques Rousseau qui ne pardonna jamais à celle qu'il aimait d'accorder également ses bonnes grâces à Claude Anet, publie un volume des Mémoires de Madame de Warens, suivis de ceux de Claude Anet. Cet ouvrage apocryphe qu'il a écrit en réalité pour réhabiliter la mémoire de la baronne de Warens (1699-1762), la célèbre amante du philosophe, dont la vie intime avait été largement étalée dans les Confessions publiées quatre ans auparavant, contient notamment une longue préface dans laquelle Rousseau est sévèrement dépeint. En 1788, François Amédée, sous couvert de son statut de médecin, publie un ouvrage libertin intitulé « Aphrodisiaque externe ou Traité du fouet et de ses effets sur le physique de l'amour », qu'il qualifie d'ouvrage médico-philosophique, suivi d’une dissertation sur tous les moyens capables d’exciter aux plaisirs de l’amour. Lors qu’éclatent les premiers troubles de la Révolution, François Amédée Doppet s'établit à Grenoble où il s'enrôle dans la Garde nationale et devient le propagateur des idées révolutionnaires, notamment au sein de la Société des amis de la Constitution de la ville, à laquelle il adhère dès sa création. « Il s'y fit remarquer par des discours écrits quelquefois avec chaleur, mais toujours dans un style plein de mauvais goût », nous apprend la notice biographique du Dictionnaire des sciences médicales de Charles-Louis-Fleury Panckoucke le concernant, rédigée dans la première moitié du xixe siècle. Il devient le secrétaire de Jean-Baptiste Annibal Aubert du Bayet (1757-1797), qui est élu en septembre 1791 député de l'Isère à l'Assemblée législative et l'emmène à Paris. Doppet adhère très rapidement au Club des Jacobins et devient également membre du Club des Cordeliers. Il suit les assemblées populaires et collabore aux Annales patriotiques de Louis-Sébastien Mercier et Jean-Louis Carra. Il prend part à la prise des Tuileries, lors de la Journée du 10 août 1792. L'Assemblée législative le nomme lieutenant-colonel de la légion des Allobroges, qui lui devait sa formation, constituée avec des volontaires originaires des régions alpines et qui a son dépôt à Grenoble. Après l'invasion de la Savoie à laquelle il prend part en septembre 1792, la ville de Chambéry l'élit à l'assemblée nationale de la province, dont il provoque la réunion à la France, de sorte qu'il est désigné, avec trois autres de ses collègues, pour venir négocier cette affaire auprès de la Convention. Le 19 août 1793, François Amédée Doppet est promu général de brigade et sert dans l'armée de Carteaux. Le 11 septembre 1793, promu général de division, il prend le commandement de l'armée des Alpes, où il remplace le général Kellermann, nommé également général de division. Il dirige le siège de Lyon et s'empare de la ville révoltée le 9 octobre 1793, faisant tous ses efforts pour empêcher le pillage et le massacre des habitants. Doppet est ensuite chargé du commandement de l'armée qui doit reprendre Toulon aux Britanniques. Il commence le siège de cette place, mais ne tarde pas à passer à l'Armée des Pyrénées orientales où il remporte certains succès, mettant à contribution le jeune Lannes, alors capitaine, mal remis d’une blessure, qui va prendre Villelongue aux Espagnols et être promu chef de brigade. Une maladie grave arrête le cours de ses succès contre les Espagnols. Dès qu'il a recouvré la santé, il prend la tête des troupes cantonnées dans les deux Cerdagne, entre en Catalogne et obtient encore quelques succès. Forcé de renoncer à son commandement vers la fin de l'année 1794, après la chute de Robespierre, il reste sans emploi jusqu'en 1796, époque à laquelle il obtient le commandement de Metz, qu'il ne conserve pas longtemps. Après le Coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), François Amédée Doppet est élu député au Conseil des Cinq-Cents par le département du Mont-Blanc, mais son élection est annulée par la Loi du 22 floréal an VI. Il se retire alors à Aix-les-Bains, où il meurt. Ses mémoires sont publiés en 1824.




Ce volume fait partie des premiers ouvrages imprimés à Carouge (aujourd'hui commune suisse du canton de Genève - à l'époque commune du département du Mont-Blanc). L'imprimeur Spineux venait de s'installer à Carouge (peu avant l'été de cette année 1797).

Ces Mémoires politiques et militaires ont été réimprimés en 1824 (chez Baudoin Frères). L'auteur de la notice sur cet auteur, dans cette édition de 1824, n'est pas tendre avec ses capacités d'écrivain. "Le style en est très mauvais" disait la Biographie universelle. Néanmoins il est dit que ses Mémoires sont sans conteste son meilleur ouvrage et qu'on y trouve des faits curieux dont un historien pourra profiter. Son témoignage est important à ce titre.

Références : Fierro, 451 ("Napoléon qui l’avait connu au siège de Toulon, le jugeait sévèrement : Il était méchant et ennemi déclaré de tout ce qui avait du talent.") ; Tulard, 447 ("Ces mémoires concernent essentiellement la Savoie. On y trouve également quelques notes sur les sièges de Lyon et de Toulon en 1793, mais rien sur l’Empire.").

Bel exemplaire, très pur, tel que paru, de cet ouvrage peu commun pour ne pas dire rare dans cette première édition de Carouge.

VENDU

jeudi 1 octobre 2020

Le Vieux Paris : La Bièvre, Les Gobelins et Saint-Séverin, par J.-K. Huysmans, illustré par Auguste Lepère (1901). Bel exemplaire broché tel que paru. 1/75 ex. sur Chine. Avec la rare et superbe suite de 12 eaux-fortes par A. Lepère.


HUYSMANS, J.-K. - LEPÈRE, Auguste.

LA BIÈVRE, LES GOBELINS, SAINT-SÉVERIN.

Paris, Société de propagation des livres d'art, 1901

1 volume in-4 (29 x 19,5 cm environ), broché de 148 pages. 4 eaux-fortes hors-texte. 30 gravures sur bois dans le texte. Couverture imprimée vert d'eau avec rabats. Excellent état. Non coupé (à l'exception des premiers feuillets). Papier de Chine pratiquement sans rousseurs.

On joint :

1 chemise imprimée (illustrée d'un bois et titrée) contenant une suite de 12 eaux-fortes par Aguste Lepère spécialement tirée pour accompagner l'édition de La Bièvre etc. (1901) donnée par L. Carteret. Avec 1 double-feuillet de même format (4 pages) présentant cette suite aux amateurs bibliophiles (ave un bois gravé en bandeau - atelier de gravure de l'artiste A. Lepère - et quelques ornements tirés en deux couleurs - rouge et vert - par l'artiste). Tirage sur papier de Chine (40 ex.) sur un total de 80 suites (dont 30 suites sur Hollande et 10 suites sur Japon à la forme). Excellent état, tirages numérotés et signés par l'artiste. Sans rousseurs. La chemise est en bon état avec fente au pli du dos et petits plis angulaires sans gravité.

L'ensemble est conservé dans un emboîtage ancien très bien conservé. Titre doré au dos sur pièce de cuir.

Ouvrage achevé d'imprimer le 28 novembre 1900 par Lahure.


Superbe édition illustrée "recherchée et cotée" (Carteret).

Exemplaire du tirage spécial sur papier de Chine à 75 exemplaires pour le libraire Conquet, L. Carteret et Cie.

Le tirage total du livre a été de 695 exemplaires y compris l'édition courante.

Une première monographie intitulée La Bièvre avait paru en 1890. En 1898 paraît le volume intitulé La Bièvre et Saint-Séverin. Les Godelins avait paru pour la première fois en 1899 dans Le Soleil de dimanche.


"Huysmans décrit le tracé de la Bièvre tel qu'il avait pu l'observer lors de ses promenades, mais qui était déjà en train de disparaître sous l'effet des travaux d'assainissement qui firent totalement disparaître la rivière du paysage parisien. La Bièvre est ici le symbole d'un Paris pauvre, sale et opprimé, mais qui, selon l'esthétique de la laideur propre à Huysmans, n'est pas dépourvu de beauté ni de noblesse. Elle reflète également le changement de Paris dont la physionomie est bouleversée à la fin du XIXe siècle par les grands travaux d'Haussmann qui effaceront les derniers vestiges du Paris médiéval et populaire. En effet, la Bièvre fut dès le Moyen âge annexée par diverses industries qui polluèrent ses eaux et l'entourèrent de quartiers ouvriers misérables et insalubres. À partir du XIXe siècle, elle fut peu à peu canalisée puis couverte, jusqu'à être entièrement souterraine. Souillée depuis des siècles, sa fonction est aujourd'hui parfaitement assumée puisqu'elle sert désormais d'égout. Mais bien que sale et emprisonnée, elle coule toujours telle une force cachée" (Présentation, Editions Fauves).


"Le quartier Saint-Séverin fut, dès son origine, ce qu’il est maintenant, un quartier miséreux et mal famé ; aussi regorgeait-il de clapiers et de bouges ; son aspect était sinistre à la fois et hilare ; il y avait, à côté d’auberges de plaisante mine et d’avenantes rôtisseries et pour les étudiants, des repaires pour bandits, des coupe-gorge accroupis dans la fange des trous punais ; il y avait aussi, çà et là, quelques anciens hôtels appartenant à des familles seigneuriales et qui devaient s’écarter, avec morgue, de ces tavernes en fête, lesquelles regardaient certainement à leur tour du haut de leurs joyeux pignons le sanhédrin des bicoques usées, des ignobles cambuses où gîtaient les voleurs et les loqueteux." (extrait de Saint-Séverin).


"On se croirait très loin de Paris dans cet espace compris entre la ruelle des Gobelins, la rue Croulebarbe, la rue Corvisart et la rue des Cordelières, si la Bièvre, qui coule à deux pas, n’encensait le site de son odeur stridente d’alcali volatil et de tan. Elle sépare, à gauche et à droite, les usines et les séchoirs des peaussiers et des chamoiseurs du jardin des Gobelins dont les bords sont plantés de salades et de légumes que les tapissiers cultivent. Ces bandes de terre qui fuient, en tournant avec l’eau, en dehors de la clôture, ont été baptisées par eux du nom de colonies, car si elles appartiennent à la métropole, elles sont reléguées loin de la maison, à l’extérieur, au delà des murs" (extrait des Gobelins).


Auguste Lepère n'ayant pas réussi à s'entendre avec l'éditeur L. Carteret pour placer dans le volume les eaux-fortes qu'il avait gravées a décidé de publier à son propre compte la suite des douze eaux-fortes annoncée aux amateurs pour le 10 décembre 1900. Le prix des suites sur papier de Chine (40 exemplaires) était de 125 francs. Seulement 10 eaux-fortes sont annoncées sur la couverture illustrée qui contient la suite. Ce seront finalement douze eaux-fortes qui seront données y compris un titre-frontispice.


Provenance : exemplaire offert par L. Wittmann à son fils chéri pour ses 18 ans le 23 août 1917. (au crayon à papier sur la garde blanche).

Bel exemplaire, tel que paru, broché non coupé (jamais lu).

L'un des plus beaux livres illustrés par Auguste Lepère, ici dans son très joli tirage sur Chine, et accompagné de la rare suite de 12 eaux-fortes publiée indépendamment par l'artiste.

Superbe et rare ensemble.

VENDU


mercredi 30 septembre 2020

1726. Les Lettres de Madame la Marquise de Sévigné à sa fille la comtesse de Grignan. Seconde édition originale en gros caractères, dite édition de Rouen. Première édition faite sans l'accord de la famille et la plus rare des éditions anciennes.


SÉVIGNÉ, Marie de RABUTIN-CHANTAL, Marquise de

LETTRES DE MARIE RABUTIN-CHANTAL MARQUISE DE SÉVIGNÉ, A MADAME LA COMTESSE DE GRIGNAN SA FILLE.

S.l.n.n., 1726 [Rouen]

2 volumes in-12 (174 x 100 mm. - Hauteur des feuillets : 166 mm.) de (1)-381-(1) et (1)-324-(1) pages. Bien complet des 2 feuillets d'errata (1 feuillet relié à la fin de chaque volume).

Reliure strictement de l'époque plein veau caramel, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge/brun, tranches rouges, doublures et gardes de papier peigne. Restaurations aux coiffes et coins. Intérieur frais. Quelques rousseurs. Exemplaire très grand de marges. Deux signets de soie verte tissée par volume (intacts).

SECONDE ÉDITION ORIGINALE.

PREMIÈRE ÉDITION DITE ÉDITION DE ROUEN EN GROS CARACTÈRES.



Première édition que l'on puisse raisonnablement trouver sur le marché des éditions rares des Lettres de la marquise de Sévigné. La première édition des lettres de Mme de Sévigné date de 1725 et a été donnée subrepticement en une mince plaquette de 75 pages regroupant seulement quelques lettres pour la plupart incorrectement retranscrites et fragmentaires (31 fragments). Cette première édition rarissime et quasi mythique n’était connue qu’à 2 ou 3 exemplaires à la fin du XIXe siècle, il ne semble pas qu’on en est répertorié d’autres depuis. Les bibliographes considèrent donc comme véritable seconde édition originale, celle que nous proposons ici, l’édition dite de Rouen publiée en 1726 par les soins du fils de Roger de Bussy-Rabutin (cousin indiscret de la Marquise). On a beaucoup tergiversé pour savoir s’il s’agissait du fils aîné (Amé-Nicolas de comte Bussy-Rabutin) ou bien du cadet, futur évêque de Luçon, abbé de Bussy. Cette édition furtive, désavouée par la petite-fille de Mme de Sévigné, Mme de Simiane, fille de Mme de Grignan, est très rare et les exemplaires en reliure de l’époque en bonne condition se rencontrent très difficilement. La plupart des exemplaires que l'on peut rencontrer se trouvent reliés en plein maroquin du XIXe siècle (période Second Empire et ultérieurement). Dans les Bulletins de la Librairie Morgand on peine à en trouver quelques exemplaires seulement (par ex. n°10664 - mar. bleu de Cuzin - coté 300 fr. - novembre 1886). Cette édition fait concurrence en terme de rareté à celle publiée la même année à La Haye chez Gosse et Neaulme (édition que nous proposons également en condition d'époque - voir notre catalogue). Les éditions suivantes de 1726, 1728 et 1733 sont également peu communes et reprennent avec des variantes la première édition dite de Rouen en gros caractères. Seule l'édition de La Haye, très rare également, apporte de nouvelles lettres (qui se retrouvent dans l'édition de 1728 et 1733 comme nous venons de le voir ci-dessus). Il faudra attendre 1734-1736 avec l'édition pourtant mutilée donnée par les soins du Chevalier Perrin pour avoir à disposition plusieurs centaines de nouvelles lettres. L'édition de 1818, puis l'édition de 1862, données par Monmerqué, puis Charles Capmas (supplément "Lettres inédites" de 1876), donneront un panorama complet du génie épistolaire de la marquise de Sévigné.




Référence : Lettres de Madame de Sévigné, Édition des Grands Écrivains de la France, Tome XI, p. 435-440, n°2. ; Un exemplaire de cette même édition relié au début du XXe siècle en plein maroquin janséniste de Mercier a été adjugé 6.000 euros (vente Binoche et Giquello, Paris, 8 novembre 2011, n°58) ; l'exemplaire du baron Alphonse de Ruble rélié à son chiffre en maroquin par Trautz-Bauzonnet (reliure milieu XIXe s.) a été adjugé 8.500 euros chez Sotheby's (vente Raoul Simonson etc. du 19 juin 2013, n°45). En 25 ans c'est le troisième exemplaire que nous avons en mains et le premier en reliure d'époque.




BEL EXEMPLAIRE D'UN DES PLUS GRANDS CLASSIQUES DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE.

PRÉCIEUX DANS SA PREMIÈRE RELIURE D'EPOQUE BIEN CONSERVÉE, BIEN COMPLET DES DEUX FEUILLETS D'ERRATA.

Prix : 5.000 euros



mardi 19 mai 2020

Alfred Delvau, Paul Arène, Alphonse Daudet, Jean du Boys, Jules Renard. Le Parnassiculet Contemporain. Recueil de vers nouveaux précédé de l'Hôtel du Dragon-Bleu et orné d'une très-étrange eau-forte (1872). Bel exemplaire relié à l'époque.


Collectif. [Paul Arène, Alphonse Daudet, Jean du Boys, Alfred Delvau, Jules Renard]

Le Parnassiculet Contemporain. Recueil de vers nouveaux précédé de l'Hôtel du Dragon-Bleu et orné d'une très-étrange eau-forte. Deuxième édition augmentée de neuf pièces inédites non moins surprenantes que les premières, attribuées aux mêmes auteurs et découvertes après leur mort.

Paris, Librairie Centrale J. Lemer, 1872

1 plaquette in-12 (19 x 12,5 cm) de 52 pages. Frontispice à l'eau-forte tiré sur papier de Chine contrecollé (légère mouillure visible au verso et à peine en marge basse au recto). La couverture illustrée d'un dragon, imprimée en sépia et rouge (couverture très fragile en parchemin végétal) n'a pas été conservée. Intérieur frais imprimé sur beau papier de Hollande.

1 des 500 exemplaires sur Hollande.

Il a été tiré en outre 10 exemplaires sur papier de Chine et 20 exemplaires sur papier de diverses couleurs.


La première édition de ce recueil de poésies date de 1867. On y trouve des textes de Paul Arène, Alphonse Daudet, Jean du Boys, Alfred Delvau, Jules Renard, aucun n'est signé. Ce recueil est une parodie publiée en réaction au mouvement parnassien de Catulle Mendès et à la sortie du Parnasse Contemporain qui venait de paraître chez Lemerre. L'étrange-eau-eau-forte (par Delor) représente une femme nue alanguie sur le sol, ivre des fumées d'opium sortant d'un narguilé placé à côté d'elle, un chat noir hirsute épiant la scène. Les neuf pièces inédites qu'on trouve à la fin ne sont pas signées.






Bel exemplaire relié à l'époque avec la très-étrange eau-forte en bel état, sans rousseurs.

Prix : 300 euros