lundi 14 mai 2018

Octave Uzanne. Les Surprises du Coeur (1881). 1 des 12 exemplaires sur Japon. Reliure signée Honegger. Bel exemplaire.


Octave UZANNE

LES SURPRISES DU COEUR par Octave Uzanne.

Paris, Ed. Rouveyre, 1881

1 volume in-8 (22,8 x 15 cm), 187-(2)-(2) pages. Frontispice gravé à l'eau-forte par Géry-Bichard.

Reliure moderne bradel demi-maroquin lie de vin, couverture illustrée par Paul Avril conservée (reliure signée honegger), tête dorée, relié sur brochure (non rogné). Exemplaire à l'état proche du neuf. Intérieur parfait. Quelques marques/taches sombres au dos du volume (voir photos).


ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE PROBABLE A 1.000 EXEMPLAIRES.


CELUI-CI, 1 DES 12 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DU JAPON.

Le tirage de luxe est établi comme suit : 4 ex. sur parchemin, 12 ex. sur Japon (notre ex.), 20 ex. sur Chine, 25 ex. sur Renage, 55 ex. sur Seychall-Mill et 6 ex. sur papier rose, soit un total de 122 exemplaires de luxe. Les exemplaires du tirage ordinaire sont tirés sur papier vergé de type Hollande Van Gelder.


Voici comment Octave Uzanne commente lui-même cet ouvrage lors de la vente d'une partie de sa bibliothèque en mars 1894 : "Quatrième et dernier volume de la série Rouveyre (avec Le Bric-à-Brac de l'Amour, le Calendrier de Vénus et Les Caprices d'un Bibliophile) ; quelques bons chapitres, mais deux ou trois vraiment faiblots. La couverture, composée par Paul Avril "est venue" imparfaitement au tirage, mais le frontispice, gravé par Géry-Bichard, d'après sa composition, est d'une grâce, d'une légèreté, d'un charme et d'une fraîcheur de pointe qui rachètent bien les imperfections décoratives des autres parties du volumes."


Ce volume contient quelques chapitres sur l'amour et les femmes : A ma maîtresse inconnue (épître), Les Surprises du Coeur, L'Organe du Diable, Les Hasards des petits papiers, Piments.


« Me reprocherait-on en outre de spécialiser mes sujets et de reprendre souvent mes mêmes théories sur les femmes et l'amour ? - Aimables lectrices ! vous ne sauriez m'en tenir rigueur, car, mieux que quiconque, vous savez qu'on aime à quitter fort tard ce que la passion nous a fait épouser de bonne heure, et qu'il est toujours temps de regretter ses vices, quand les vices nous abandonnent » Post-face aux Surprises du Cœur (20 juin 1881).


Provenance : collection Bertrand Hugonnard-Roche avec son monogramme à l'encre au verso du premier plat (BHR 2018).


BEL EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ PAR HONEGGER DU RARE TRÈS TIRAGE SUR JAPON.

Prix : 950 euros


Emmanuel Swedenborg. Dom Pernety. Les Merveilles du Ciel et de l'Enfer, et des Terres planétaires et astrales (1786). Seconde édition française. Très bel exemplaire en condition d'époque.


Emmanuel Swedenborg. Dom Pernety (traducteur).

Les Merveilles du Ciel et de l'Enfer, et des Terres planétaires et astrales, par Emmanuel de Swédemborg, d'après le témoignage de ses yeux et de ses oreilles. Nouvelle édition traduite du latin par A. J. P.

A Berlin, chez G. J. Decker, 1786

2 volumes in-8 (20 x 12,5 cm) de (3)-304 et (3)-382 pages.

Reliure de l'époque basane fauve marbrée à l'acide, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge, tranches marbrées bleues, doublures et gardes de papier marbré, filet doré sur les coupes. Excellent état de conservation des reliures, intérieur très frais. Infimes frottements.

Nouvelle édition (deuxième édition française).


De coelo et ejus mirabilibus et de inferno, ex auditis et visis  et De Telluribus in mundo nostro solari quae vocantur planetae, et de telluribus in coelo astrifero; deque illarum incolis, tum de spiritibus et angelis ibi, ex auditis et visis ont paru pour la première fois en latin en 1758 à Londres où il se trouve depuis la fin de l'année 1748. Ces deux traités sont précédés d'une préface de Pernety, d'un « Éloge » de Swedenborg par Samuel Sandel, et d'une lettre et d'« Observations ou notes sur Swedenborg » de Christoph Springer.

Toute la théorie de Swedenborg repose sur le principe des correspondances entre le monde spirituel et le monde matériel. Le monde spirituel et monde naturel s'interpénètrent au point que toute frontière est fluide et incertaine. Le ciel et l'enfer ne sont pas des récompenses ou des punitions mais des états librement choisis : le ciel est un lieu de travail, d'altruisme, d'empathie, tandis que l'enfer est le règne de l'individualisme, de la haine, de la méfiance, de la poursuite du pouvoir. La personne haineuse et avide de pouvoir quitterait le ciel avec effroi pour retourner dans l'enfer, qui lui convient mieux. La conversation entre les anges et les esprits détermine les plus petits faits de notre vie. Swedenborg fait une grande place à l'amour, tant spirituel que physique. (Mario Poirier, « Le mystère Swedenborg : raison ou déraison ? », Santé mentale au Québec, vol. 28, no 1,‎ 2003, p. 258-277).

Swedenborg fut condamné pour hérésie en 1769.



Le Traité du Ciel et de l'Enfer a été traduit pour la première fois en français par Pernety en 1782. Antoine-Joseph Pernety dit Dom Pernety, né le 23 février 1716 à Roanne (Loire) et mort le 16 octobre 1796 à Avignon (Vaucluse), était un bénédictin mauriste défroqué, alchimiste et écrivain. Il se rendit célèbre en fondant en Prusse les Illuminés de Berlin puis les Illuminés d'Avignon lors de son retour en France. Neveu de l'érudit lyonnais Jacques Pernetti, il entre comme lui dans les ordres. Il avait découvert l'hermétisme, en 1757, dans la bibliothèque de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés. Extrêmement cultivé et érudit, en 1762-1763, il partit avec Bougainville aux îles Malouines en tant qu’aumônier et naturaliste. Revenu en France, il se défroqua et se rendit pour la première fois à Avignon où il entra dans la loge des Sectateurs de la Vérité. Pour fuir l'Inquisition du vice-légat d’Avignon, Grégoire Salviati, il dut s’exiler à Berlin auprès de Frédéric II de Prusse, qui le nomma conservateur de sa bibliothèque. Il put dès lors continuer ses recherches sur le Grand Œuvre et se lança dans l’étude de vieux grimoires pour découvrir le secret de la pierre philosophale. Il se passionna pour les doctrines mystiques du suédois Emanuel Swedenborg et il fonda, avec le comte polonais Grabienka, les Illuminés de Berlin. Son prosélytisme ne plut point au roi qui le renvoya. Château du Mont-Thabor, à Bédarrides. Accompagné du comte, il revint à Avignon et accepta, fin 1784, l'invitation du marquis de Vaucroze, riche propriétaire terrien à Bédarrides qui se dit prêt à les accueillir chez lui, dans une de ses propriétés qui devint dès lors le « Temple du Mont Thabor ». Hôtel de Gasqui, où décéda Pernety. Ces agapes fraternelles réunirent jusqu’à plus de cent personnes. L’irruption de la Révolution française dans les états pontificaux d’Avignon et du Comtat Venaissin, dispersa les Illuminés. Arrêté, Pernety fut rapidement relâché sur l’intervention personnelle du citoyen François Poultier, représentant en mission. Il trouva refuge chez l'avocat Vincent-Xavier Gasqui qui l’installa dans son hôtel de Gasqui, place des Trois-Pilats. Ce fut là qu’il décéda le 25 vendémiaire an V, soit le 16 octobre 1796. Ses Fables égyptiennes et grecques dévoilées sont un ouvrage sur les sciences magiques et la symbolique des anciens. Il concerne l'alchimie et les éléments de la matière, les hiéroglyphes, les mythes, les dieux et toutes les représentations symboliques des anciens, l'étude de la philosophie hermétique. (Jean-Paul Clébert, Guide de la Provence mystérieuse, Paris, Éditions Tchou, 1965).




Nous avons comparé les éditions de 1782 et 1786 données par le même libraire, de même format et à la pagination strictement identique. Seuls les ornements changent, la justification est quasiment identique en tous points. Seule la page de titre est changée ainsi que les caractères de pagination en haut de page. On peut supposer que la première édition de 1782 a été rapidement vendue et qu'un nouveau tirage en a alors été fait, sans rien changer au texte sauf les erreurs signalées dans l'errata de l'édition de 1782.

Références : Caillet, n° 10472 ; Dorbon, n° 4721 ; Guaita, n° 2139.



Très bel exemplaire en condition d'époque de ce célèbre ouvrage hermético-mystique.

VENDU



vendredi 11 mai 2018

Madol (Madeleine Delvigne, baronne d'Ambricourt). Ces Dames du Régiment (1907). 1 des 5 exemplaires de tête sur Hollande. Auteure assassinée par son amant à peine trois ans plus tard. Bel et émouvant exemplaire.


MADOL (Madeleine Delvigne, baronne Olivier d'Ambricourt).

Ces Dames du Régiment.

Paris, P.-V. Stock, 1907

1 volume in-18 (19 x 13 cm) de (4)-288 pages.


Reliure de l'époque demi-toile lie de vin, pièce de titre en cuir caramel, fleuron doré au centre du dos, millésime doré en queue, relié sur brochure (non rogné), couvertures et dos du brochage conservés en parfait état. Le premier plat est illustré en couleurs par L. Vallet.

Édition originale.

Rarissime tirage de tête, 1 des 5 exemplaires sur Hollande, numéroté et paraphé à la plume par l'éditeur P. -V. Stock.


Exemplaire de dédicace offert par l'auteure à Monsieur Guido Diaz de Soria, ex-directeur du journal La Vie Parisienne (en 1905-1906). "Vous l'avez bien mérité ! Souvenir amical d'une collaboratrice de la Vie Parisienne restée très docile aux conseils de son directeur. signé Madol."

L'auteure fut assassinée trois ans plus tard en 1910 à l'âge de 33 ans.


Quelle histoire que celle de cette auteure ! La baronne Olivier d'Ambricourt, Madol de son nom de scène fut assassinée par son amant le capitaine Meynier. L'histoire est assez complexe à résumer mais elle défraya la chronique à l'époque d'à peu près tous les journaux (*).  L'amant éconduit l'étouffa et la chloroforma dans son appartement. L'assassin prit la fuite et ce ne fut que plusieurs mois plus tard qu'il fut enfin arrêté. Il avoua, fut condamné. Il se rétracta inventant une histoire à dormir debout et son pourvoi en cassation fut rejeté. La personnalité de la pseudo-baronne d'Ambricourt n'en ressorti pas lavée pour autant. Cette dernière a semble-t-il forcé le destin par diverses pirouettes sentimentalo-financières propres à une personnalité quelque peu débordante ... On lui doit outre ce roman de mœurs militaires un peu légères, le Journal d'un mannequin (elle était mannequin semble-t-il également). Dans ce roman Ces Dames du Régiment, on a plaisir à lire un style qui lui est propre, voire singulier. Une belle plume en somme.


Un critique de l'époque écrit à son sujet : "Madol est une femme et une femme d'esprit curieuse de ce qui se passe autour d'elle, et passée maître dans l'art de bien observer et de bien dépeindre, d'une plume alerte, dans un style dégagé, alerte et mordant, ce qu'elle a vu. Est-elle, elle-même, une de« ces dames du régiment » qu'elle fait vivre, évoluer, comploter, potiner, médire sous nos yeux et nos oreilles ? Peut-être à coup sûr elle les a beaucoup fréquentées. Il y a dans cevolume des types, des histoires qu'on n'invente pas. Ce livre est fort divertissant et si quelqu'une de ces dames s'y reconnaît, elle sera la première à sourire. Madol a assaisonné les anecdotes de tant d'esprit qu'on ne saurait lui en vouloir d'avoir, parfois, égratigné ses modèles." (Eug. R.(Journal des débats politiques et littéraires, mardi 30 juillet 1907).


(*) Autour du Drame de la rue de Rome. "Les dépêches nous ont apporté d'abondants détails sur le drame qui s'est déroulé à Paris, dans un hôtel meublé de la rue de Rome. Voici quelques mots biographiques sur la victime et sur son meurtrier présumé : La baronne Olivier d'Ambricourt demeurait, 34, rue Desbordes-Valmore, à Passy, avec sa fille Paulette, âgée de huit ans et Mme Olivier, sa belle-mère. Elle était connue dans le monde des arts et des lettres et collaborait à plusieurs publications. Fille de M. Delvigne, huissier à Nemours (Seine-et-Marne), née en 1877, elle avait épousé, voilà quelques dix ans, M. le baron Olivier, homme de lettres. Pour incompatibilité d'humeur, d'un commun accord, les deux époux avaient divorcé vers la fin de 1909. Mais la jeune femme divorcée voulut se faire une nouvelle vie, fonder un foyer. Peu après son divorce, elle fit la connaissance de M. de C..., venu du Brésil à Paris pour s'occuper d'affaires financières. Une idylle s'ébaucha bientôt entre M. de C... et la jolie divorcée. La baronne partit au Maroc en compagnie de M. de C.... qui devait l'épouser. Pour certaines raisons, le mariage fut rompu. La baronne en conçut un grand désespoir. Attristée de l'isolement dans lequel elle vivait, elle voulut à toute force prendre mari. Elle s'adressa, dit-on, à une agence matrimoniale, et c'est ainsi qu'elle fit la connaissance de celui qui devait la tuer. C'est sous le pseudonyme de "Madol" tiré de son prénom de Madeleine que la baronne d'Ambricourt fit, il y a quelques années, de timides essais de littérature : elle collabora irrégulièrement d'ailleurs, à divers périodiques, et publia même en 1907 un roman de mœurs militaires, qui eut un succès bien médiocre. C'est encore sous ce nom que ses intimes la désignaient ; habituée des maisons de thé du quartier de la Madeleine, elle était connue aussi dans de nombreux restaurants de nuit et établissements montmartrois ; fort coquette, adorant le flirt, elle avait toujours autour d'elle une foule d'adorateurs. Ces détails peuvent expliquer la folle jalousie du capitaine. On a saisi à son domicile deux télégrammes adressées le jour du drame à sa belle-mère et dans lesquels la baronne s'excusait de ne pas rentrer, étant partie pour Mantes avec des amis. Quant au capitaine Meynier, né le 1er mai 1874, à Saint-Menehould, il était sorti de Polytechnique et était en disponibilité depuis le 5 novembre 1908. Le 5 novembre 1904, alors qu'il était capitaine en second d'artillerie coloniale, il avait été mis en congé de trois ans pour infirmité temporaire contractée au Tonkin. En 1907, il avait repris son service au 3e régiment d'artillerie coloniale, à Toulon, mais au bout d'un an il avait dû abandonner la carrière. Il est âgé de 36 ans. Il est originaire, nous le disons plus haut, de Saint-Menehould, où réside encore sa famille. Marié, puis divorcé, il tomba dans une tristesse profonde, devint joueur, dissipa son patrimoine et s'adonna à l'absinthe. L'autorité militaire le mit en disponibilité. Depuis, il s'occupait d'affaires et ne fut pas toujours heureux dans ses spéculations. Voici son signalement, qui a été transmis, hier soir, dans toutes les directions : taille 1 m. 70, forte corpulence, cheveux châtains abondants, légèrement frisés, moustache peu fournie. Vêtu habituellement d'un complet veston gris et coiffé d'un chapeau melon." (Est-Républicain du 20 novembre 1910).


Madeleine Delvigne repose au cimetière de Nemours.

Nous laissons le soin aux plus curieux de se renseigner sur cette affaire de crime passionnel.


Émouvant exemplaire dédicacé du très rare tirage de tête.

Bel exemplaire dans sa condition d'époque.

Prix : 600 euros


mercredi 9 mai 2018

Adhémar Schwitzguébel. James Guillaume. Quelques écrits (1908). Socialisme, collectivisme et pouvoir du peuple. Réforme sociale et politique.


Adhémar Schwitzguébel. James Guillaume.

Quelques écrits.

Paris, P.-V. Stock, 1908

1 volume in-18 (18,5 x 11,7 cm) de VIII-171-(1) pages.

Reliure de l'époque demi-chagrin noir, dos à nerfs, filets dorés. Excellent état de l'ensemble. Papier ordinaire un peu bis mais non cassant comme c'est souvent le cas chez cet éditeur.

Édition originale dont il n'est pas fait mention de grands papiers.

La préface est de James Guillaume.

Dans ce petit volume on trouve un concentré de textes révolutionnaires publiés entre 1869 et 1876 dans divers journaux. On a : Manifeste adressé aux ouvriers du Vallon de Saint-Imier (1869) - Les caisses de resistance, dialogue (1870) - Les partageux (1870) - L'Association internationale des travailleurs (1870) - La guerre et la paix (1871) - Le collectivisme (1871 et 1872) - Des causes des crises industrielles et de leurs conséquences au point de vue des intérêts ouvriers ; des moyens pratiques de remédier à la situation économique actuelle (1874) - De la tactique des grèves (1874) - Quelques difficultés dans la pratique des associations ouvrières, scènes de la vie ouvrière jurassienne (1874) - La loi fédérale sur le travail dans les fabriques (1875) - La question des services publics devant l'Internationale (1875) - Le radicalisme et le socialisme (1876).


Adhémar Schwitzguébel, né le 15 août 1844 à Sonvilier et mort le 23 juillet 1895 à Evilard, est un anarchiste suisse, théoricien de l'anarchisme collectiviste, fondateur de la Fédération jurassienne et membre de l'Association internationale des travailleurs. Son père, militant radical libéral, est patron d'un atelier dans l'industrie horlogère. Le jeune Adhémar y travaille comme ouvrier graveur. Dès 1866, il adhère à la section de l'Association internationale des travailleurs à Sonvillier. Il la représente au 1er congrès général à Genève, la même année. Partisan de la propriété collective, il s'affilie en 1869 à l'Alliance internationale pour la démocratie socialiste créée par Bakounine. Après la chute de la Commune de Paris (1871), il aide la fuite de communards en Suisse en leur fournissant des faux passeports. Refusant les résolutions du Conseil Général de l'Internationale (marxiste), il prend part, le 12 novembre 1871, à la création de la "Fédération Jurassienne" à Sonvillier. Le 2 septembre 1872, il est mandaté au congrès de l'Internationale à La Haye, avec Bakounine et James Guillaume pour représenter le fédéralisme et le refus de l'autoritarisme. Il est témoin de l'exclusion de ses deux compagnons tandis que la sienne, bien que réclamée, est rejetée. De retour en Suisse, il prend part au Congrès de Saint-Imier qui fonde la Fédération jurassienne ou Internationale anti-autoritaire. Au chômage, il est contraint de quitter la région et s'installe à Bienne en 1889. Il y poursuit son activité militante et participe à la création d'une Fédération ouvrière horlogère. Victime de la misère et de la maladie, il meurt à l'âge de 51 ans.

" [...] l’éducation du peuple est faite de manière à le rendre avant tout adorateur du fait établi, et ne concevant de progrès que ce que les seigneurs et maîtres jugeront à propos de lui permettre. Seulement, ce que les corrupteurs du sens moral, chez le peuple, n’avaient pas prévu, c’est que le paupérisme extrême devait un jour devenir révolutionnaire. [...] " (extrait de Les Partageux).

Ce volume est le seul publié regroupant ses écrits militants.

Provenance : Initiales V. B. non identifiées dorées en queue du dos. On retrouve ces mêmes initiales sur une édition originale de la Cité future d'Ernest Tarbouriech (que nous proposons à la vente également).

Bel exemplaire.

Prix : 250 euros

lundi 7 mai 2018

Antoine Laporte (bouquiniste). Les Bouquinistes et les Quais de Paris ... Pamphlet contre Octave Uzanne. Ex. avec envoi autographe de l'auteur.


Antoine Laporte (bouquiniste).

Les Bouquinistes et les Quais de Paris tels qu'ils sont Réfutation du Pamphlet d'O. Uzanne, le Monsieur de ces Dames à l'Eventail, à l'Ombrelle, etc. Par Ant. Laporte, Bouquiniste Auteur de : l'Histoire littéraire du XIXe siècle, de la Bibliographie clérico-galante, de la Bibliographie jaune, du R.P. Cornutus, des Estiennes magnuskisés, etc.

Paris, chez tous les bouquinistes des quais, dans les boîtes à prix divers, 1893

1 volume in-12 (19,5 x 12,3 cm), broché, 82 pages.

Reliure demi-vélin bradel, pièce de titre en cuir vert en long. Très bon état. Intérieur parfait.
Tirage à 525 exemplaires.

Celui-ci, 1 des 500 ex. sur vélin, celui-ci portant à la plume le n°320 et paraphé des initiales de l'auteur éditeur.

Le volume a été imprimé à Tours chez Deslis Frères.

Exemplaire de dédicace offert par l'auteur à Monsieur Vaillant (non identifié, peut-être un bouquiniste).


Violent pamphlet dirigé par le bouquiniste bibliographe Antoine Laporte contre son ennemi juré Octave uzanne, à propos du livre de ce dernier sur les bouquinistes des quais de la Seine à Paris. Antoine Laporte y avait été maltraité par Uzanne qui l'avait désigné comme un moine défroqué ... Ce sont donc 82 pages de bile fumante et cuisante qui se déversent ici en totale liberté sur beau papier Japon pour l'occasion de cet exemplaire. Outre le côté pamphlétaire, ce livret est un rare témoignage des années 1880-1890 sur la vie des bouquinistes des quais, leurs us et coutumes, le tout rédigé avec verve et style par un membre de la confrérie.


Bel exemplaire avec envoi.

Prix : 300 euros


Antoine Laporte (bouquiniste). Les Bouquinistes et les Quais de Paris ... Pamphlet contre Octave Uzanne. Rare sur Japon (1/25 ex.) broché tel que paru.


Antoine Laporte (bouquiniste).

Les Bouquinistes et les Quais de Paris tels qu'ils sont Réfutation du Pamphlet d'O. Uzanne, le Monsieur de ces Dames à l'Eventail, à l'Ombrelle, etc. Par Ant. Laporte, Bouquiniste Auteur de : l'Histoire littéraire du XIXe siècle, de la Bibliographie clérico-galante, de la Bibliographie jaune, du R.P. Cornutus, des Estiennes magnuskisés, etc.

Paris, chez tous les bouquinistes des quais, dans les boîtes à prix divers, 1893

1 volume in-12 (19,5 x 12,5 cm), broché, 82 pages. Très bon état, à noter seulement insolation du dos de la couverture et d'une partie des plats (voir photos). Intérieur parfait, brochure solide.

Tirage à 525 exemplaires.

Celui-ci, 1 des rarissimes 25 exemplaires de tête sur Japon, celui-ci portant à la plume le n°7 et paraphé des initiales de l'auteur éditeur.

Le volume a été imprimé à Tours chez Deslis Frères.


Violent pamphlet dirigé par le bouquiniste bibliographe Antoine Laporte contre son ennemi juré Octave uzanne, à propos du livre de ce dernier sur les bouquinistes des quais de la Seine à Paris. Antoine Laporte y avait été maltraité par Uzanne qui l'avait désigné comme un moine défroqué ... Ce sont donc 82 pages de bile fumante et cuisante qui se déversent ici en totale liberté sur beau papier Japon pour l'occasion de cet exemplaire. Outre le côté pamphlétaire, ce livret est un rare témoignage des années 1880-1890 sur la vie des bouquinistes des quais, leurs us et coutumes, le tout rédigé avec verve et style par un membre de la confrérie.


Rarissime sur ce papier. L'édition courante sur papier vélin (500 ex.) se trouve déjà difficilement !

VENDU


dimanche 6 mai 2018

Octave Uzanne. Mode féminine : Les ornements de la femme. Edition définitive de L'Ombrelle et de L’Éventail (1892). Rarissime tirage de tête sur Japon impérial (10 exemplaires seulement). Bel exemplaire relié à l'époque.


Octave UZANNE

LES ORNEMENTS DE LA FEMME par Octave Uzanne. L’Éventail - L'Ombrelle - Le Gant - Le Manchon. Édition complète et définitive.

Paris, Ancienne Maison Quantin, May et Motteroz, 1892

1 volume in-12 (19 x 13 cm), de 270-(4) pages. Quelques ornements.

Reliure de l'époque demi-chagrin olive, dos lisse orné en long, tête dorée, relié sur brochure, couvertures imprimées conservées. Quelques légers frottements à la reliure, dos légèrement insolé. Excellent état.


ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE DE LUXE A 10 EXEMPLAIRES SUR JAPON IMPÉRIAL.

Les exemplaires ordinaires sont sur papier vélin teinté de médiocre qualité (devenu cassant). L'exemplaire que nous proposons ici est un des très rares exemplaires de tête sur Japon (10 ex. seulement), seuls exemplaires a être imprimés sur papier de luxe.


Référence : Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, VII, 923-924. Ouvrage publié à 5 francs seulement, les exemplaires de luxe sur Japon étaient vendus 20 francs (4 fois le prix des exemplaires ordinaires).


L’Éventail et L'Ombrelle, parus respectivement en 1882 et 1883, très illustrés par de nouvelles techniques et imprimés à petit nombre pour un public choisi d'amateurs bibliophiles et esthètes, sont, contrairement à l'image qui en a souvent été donnée de légèreté et de fanfreluche pour dilettante, deux belles et intéressantes études sur ces indispensables ornements de la mode de ces dames à travers le temps. Néanmoins Octave Uzanne très déçu voire marqué à vie d'avoir été considéré par trop de monde comme "le Monsieur de ces dames à l'éventail, à l'ombrelle, etc" (dixit Antoine Laporte, bouquiniste et auteur d'un violent pamphlet contre Uzanne publié en 1893). Il décide donc de donner en 1892 une édition bon marché, de format in-12, et sans illustrations, dans laquelle il expliquera en préambule souhaiter donner à un public de lecteurs, et non plus à un public d'esthètes bibliophiles, ces textes pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur : "cette fois-ci, écrit-il, ce n'est plus aux iconophiles que je m'adresse, mais à ces lettrés qui prétendent lire, apprendre et connaître...".


BEL EXEMPLAIRE DU TRÈS RARE TIRAGE DE LUXE A 10 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

Prix : 650 euros


vendredi 4 mai 2018

Mayonnaise d'éphémérides et de dictionnaire assaisonnée par Joseph Citrouillard et retournée par les deux hommes d'état du Tintamarre. 1852. Humour. Peu commun.


Joseph Citrouillard [J.-L.-A. Commerson et E. Vachette]. Préface de Nadar.

Mayonnaise d'éphémérides et de dictionnaire assaisonnée par Joseph Citrouillard et retournée par les deux hommes d'état du Tintamarre. Ouvrage dédié à l'âge mûr et à l'impubère.

Chez Martinon, libraire, sans date (1852) [Paris, imprimerie générale Napoléon Chaix et Cie]

1 volume in-16 (13,5 x 9 cm), dérelié sous couverture factice moderne de papier noir, de XIV-129 pages. Très bon état. Bon papier avec quelques rousseurs.


Édition originale.

Ce recueil en deux parties est pour le moins désopilant. La première partie (pp. 1 à 68) est un calendrier bouffon dans le plus pur style Grolandais avant la lettre. La seconde partie (pp. 69 à 129) est un dictionnaire non moins loufoque digne de Palace (ça c'est Palace ! et du Professeur Rollin).

Commerson (1803-1879) était un drôle ! un rigolard ! un spécialiste du calembour et de la bouffonnerie verbale. On lui doit plusieurs ouvrages humoristiques dont celui-ci. Un livre qui plus d'un siècle et demi plus tard, se dévore mille fois plus digestement qu'un demi-volume du théâtre de Voltaire. Bizarrement ce volume semble assez rare. On ne trouve pas cette édition chez les marchands de nouveautés d'ancien on line.


Quelques dates à retenir selon le sieur Citrouillard : 161. Suicide de Judas Machabée, qui s’étouffe sous un éléphant. 1270. Prise de Troie par un cheval de bois truffé de grecs. 1517. Mort du Parmesan, célèbre par son talent et son fromage. Son fromage lui survit. 1701. Louis XIV a du bon tabac dans sa tabatière. Ses courtisans chiquent pour lui être agréables. 1560. Les calvinistes sont livrés aux flammes ; ils mijotent à petit feu, et sont en peu de temps cuits à point. 158. Mort de Tacite. Ses derniers moments furent taciturnes. 1515. Massacres des Suisses à Marignan. Leurs cadavres engraissent les champs de bataille. De là l'expression: il fume comme un Suisse. 1666 : Louvois invente le verbe louvoyer. 1762. En attendant son divorce, Catherine II fait étrangler provisoirement son mari. Etc. Quelques définitions du Dictionnaire maintenant. Banquet : maladie du veau. Célibataire : homme qui reprise lui-même ses chaussettes. Chirurgien : charcutier en chambre. Ether : liqueur subtile que respirent les corps célestes pour rester suspendus. Escrime : art de se faire tuer proprement. Expert : homme qui a été pair (il est vieux). Planète : plat bien propre. Reins : Partie du corps qui se trouve au bas de l'épine du dos et dont les bords sont magnifiques à visiter pour les voyageurs. Etc.

Bon exemplaire de ce livre peu commun, à relier ou à laisser tel quel, à portée de mains, dans les toilettes. Oui Madame ! Oui Monsieur ! On peut être bibliophile dans les toilettes !

Prix : 180 euros


jeudi 3 mai 2018

Hérault (Agde). Pillages commis dans cette ville contre M. Guy négociant. Cent jours et exactions. Très intéressant.


[Hérault - Agde - Cent jours] [Hippolyte Rumilly].

Exposé des faits relatifs au pillage commis par les habitants de la ville d'Agde, département de l'Hérault, sur les propriétés de M. Guy, ancien négociant de cette ville ; avec pièces justificatives à l'appui, consultation, et pétition à la chambre des députés.

A Paris, chez Brissot-Thivars, 1819

1 volume in-8 (21 x 13,5 cm) broché de 121 pages. Couverture muette en papier gris. Carte de visite de l'auteur épinglée sur le premier plat de couverture : "Hippolyte Rumilly, avocat". Très bon état, non coupé, jamais lu.

Édition originale.


Monsieur Guy fut victime des pillages et des fureurs qui eurent lieu dans le midi de la France pendant l'année 1815. M. Guy était un négociant d'envergure à Agde et l'un des 25 notables commerçants de l'arrondissement de cette ville. C'est sa réussite, l'envie et la jalousie qu'il suscita, qui lui valut ce pillage. Le peuple l'accusa de conspirer pour Bonaparte et l'on cria et placarda dans la ville : Guy à la potence ! En juin la place d'Agde fut déclarée en état de siège avec autorité des "cent jours". Le 28 juin, à la nouvelle de la bataille de Waterloo, l'autorité royale fut reconnue et le pavillon blanc hissé. Des attroupements se portèrent alors sur la maison de M. Guy qui fut pillée ainsi que ses magasins le 1er juillet. M. Guy accusa la commune d'Agde d'avoir été responsable de ce pillage. Le 16 juillet 1821, un jugement condamna la commune d'Agde à payer au sieur Guy la somme de 120,000 fr., pour la valeur double des objets perdus, et celle de 60,000 fr. pour les dommages-intérêts, et les condamna, en outre, à 60,000 fr. à titre d'amende. Appel par le maire. — Le 19 mars 1822, arrêt par défaut de la cour de Toulouse qui prononce la décharge complète des habitants. Guy fut débouté : attendu les pouvoirs pendant les cent jours, n'existait plus ; que l'ancienne municipalité royale n'était pas encore reconstituée ; qu'il n'existait, en conséquence, dans cette commune, aucune autorité réellement investie de la force nécessaire pour faire respecter les lois, les personnes et les propriétés, — Attendu que dans des circonstances aussi extraordinaires de désorganisation sociale, la loi du 10 vendém. an IV ne pouvait recevoir son application, et qu'ainsi l'arrêt attaqué n'a aucunement violé ladite loi, en prononçant la décharge de la responsabilité réclamée contre ladite commune d'Agde, par le demandeur en cassation, — REJETTE, etc. (extrait du Recueil général des lois et arrêts).


Les pièces justificatives occupent les pages 35 à 109. A la fin se trouve la consultation de l'avocat Rumilly (10 mai 1819).

Bon exemplaire, peu commun.

Prix : 220 euros

mercredi 2 mai 2018

H. Coulabin. Dictionnaire des locutions populaires du bon pays de Rennes-en-Bretagne (1891). Edition originale.


H. Coulabin.

Dictionnaire des locutions populaires du bon pays de Rennes-en-Bretagne.

Rennes, Hyacinthe Caillière, 1891 [imprimé par Lemercier et Alliot à Niort]

1 volume in-12 (18 x 12 cm) de XVI-378-(1) pages.

Reliure bradel demi-toile rouge de l'époque, pièce de titre en cuir noire, fleuron doré, relié sur brochure, plats de couverture conservés. Quelques traces de décoloration sur un plat (insolation), cote de bibliothèque à l'encre rouge au bas du dos, intérieur frais malgré un papier jauni qui a mal vieilli (cassant/cassé sur les bords des feuillets).

Édition originale.



Tirage non précisé mais certainement à petit nombre pour le libraire de Rennes Caillière.

Très intéressant dictionnaire de locutions françaises du pays de Rennes en Bretagne.

Provenance : ex libris Joseph M. Gleason (1869-1942), prêtre catholique californien, enseignant, historien et bibliophile (ex libris dessiné par James Webb). 

Bon exemplaire.

VENDU