mercredi 17 janvier 2018

C. S. Lewis. Pauline Baynes. Les Chroniques de Narnia (2005). Reliure d'art. Exemplaire unique par sa présentation bibliophilique.


C. S. Lewis. - Pauline Baynes (illustratrice).

Les Chroniques de Narnia. 1. Le Neveu du Magicien. 2. L'Armoire Magique. 3. Le Cheval et son Écuyer. 4. Le Prince Caspian. 5. L'Odyssée du Passeur d'Aurore. 6. Le Fauteuil d'Argent. 7. La Dernière Bataille.

Folio Junio. Gallimard Jeunesse [2005]

7 volumes 17,3 x 12,8 cm (environ 210/220 pages par volume).

Reliure demi-maroquin bradel bleu ardoise. Chaque dos est orné d'une lettre dorée, le tout formant le mot NARNIA avec pour le 4ème volume un décor central (voir photos). Fines reliures modernes parfaitement exécutées.

Superbe exemplaire délicatement relié.



Clive Staple Lewis est né à Belfast en 1898 et mort à Oxford en 1963. Enfant, il était fasciné par les mythes, les contes de fées et les légendes que lui racontait sa nourrice irlandaise. L'image d'un faune transportant des paquets et un parapluie dans un bois enneigé lui vint à l'esprit quand il avait seize ans. Ce fut seulement de nombreuses années plus tard, alors que C. S. Lewis enseignait à l'université de Cambridge, que le faune fut rejoint par une reine malfaisante et un lion magnifique. Leur histoire, "L'Armoire magique", devint un des livres les plus aimés de tous les temps. Six autres "Chroniques de Narnia" suivirent. Le prestigieux prix Carnegie, la plus haute distinction de littérature pour la jeunesse au Royaume-Uni, fut décerné à l'ultime volume, "La Dernière bataille", en 1956. «Quand j'avais dix ans, je lisais les contes de fées en secret. Maintenant que j'en ai cinquante, je les lis sans me cacher» (C. S. Lewis). (notice de l'éditeur).



Pauline Baynes est née à Hove, dans le Sussex en 1922. Elle étudia à la Farnhalm School of Art et plus tard à Slade. Elle a derrière elle une longue carrière d'illustrateur et de designer puisqu'elle contribua à l'illustration de plus d'une centaine de livres. J.R.R. Tolkien l'a choisi la première fois pour illustrer Farmer Giles of Ham en 1967. Après cela, elle illustra de nombreux autres de ses livres, comme The Adventures of Tom Bombadil, Smith of Wootton Major, Tree and Leaf ou encore Bilbo's Last Song. C'est Tolkien qui présenta Pauline Baynes à C.S. Lewis en 1950. Ce sont les illustrations de cette dernière pour Les Chroniques de Narnia qui la rendirent célèbres. Elles s'étalent sur une période remarquablement longue, depuis l'armoire Magique, parue en 1950, jusqu'à la mise en couleurs, à la main de l'intégralité des sept titres, quarante ans plus tard ! Pauline Baynes a remporté la Kate Greenaway Medal et compte parmi les meilleurs illustrateurs pour enfants de notre époque (notice de l'éditeur).



Une édition commune destinée aux enfants du XXIe siècle, présentée ici dans une reliure décorative d'une très grande qualité qui en fait une pièce bibliophilique.



VENDU

mardi 16 janvier 2018

Ange Guépin. Philosophie du XIXe siècle. Etude encyclopédique sur le monde et l'humanité (1854). Edition originale rare.


Ange GUÉPIN.

Philosophie du XIXe siècle. Étude encyclopédique sur le monde et l'humanité.

Paris, Gustave Sandré, 1854 [Nantes, imprimerie W. Busseil]

1 fort volume in-8 (19,5 x 13 cm) de 993 pages et 1 page d'errata. Les pages 983 à 993 sont occupées par une table des matières contenues dans ce volume.

Cartonnage demi-toile du XXe siècle (probablement années 1950-1960) en très bon état. Tranches rognées un peu courtes. Premier plat de couverture conservée (sali avec légères usures). Volume imprimé sur un papier vélin mécanique de médiocre qualité (non cassant mais uniformément teinté). Quelques salissures.

Édition originale rare.


Cet ouvrage d’Ange Guépin publié en 1854 reprend quasiment textuellement l’ouvrage de 1850 Philosophie du socialisme, mais Guépin a modifié le début et la fin des chapitres et changé leur agencement. Ce livre engendra une polémique avec Prosper Enfantin que Guépin accusait d’avoir beaucoup trop dévié de la ligne tracée pas Saint-Simon et de ne pas être suffisamment physiologiste. En 1858, Enfantin lui répondit dans sa Lettre au docteur Guépin (de Nantes) sur la physiologie,de plus de 150 pages. « Mon cher ami, écrit-il, la physiologie de M. tel ou tel, de Gall, Flourens ou autres,la vôtre même, n’est pas plus une science que la politique de MM. Thiers, Guizot, Lamartine, n’est une science ; ce sont des opinions fondées sur une multitude de petites observations trompeuses. » (Bibliothèque virtuelle de l'Université de Poitiers, Premiers Socialismes, notice en ligne, consultée le 16 janvier 2018).


Ange Marie François Guépin, né le 30 août 1805 à Pontivy (Morbihan), mort le 21 mai 1873 à Nantes, est un médecin (ophtalmologiste), un écrivain et un homme politique français, républicain et socialiste, qui a joué un rôle important dans la vie politique et sociale de Nantes au xixe siècle, comme conseiller municipal et conseiller général, et, à deux reprises, comme préfet par intérim, mais surtout comme médecin philanthrope et comme théoricien et militant d’une forme de socialisme refusant la Terreur, mais incluant le féminisme. La vie d'Ange Guépin est tout entière orientée par l'idée d'un progrès de l'humanité fondé sur le développement de la science et des techniques appliquées à l'industrie, reprise de son père Victor Guépin, révolutionnaire de 1789, mais aussi des disciples de Saint-Simon et des socialistes utopistes rencontrés au cours de ses études de médecine. Ange Guépin a joué un rôle important en étudiant les transformations de la société française au xixe siècle. Il s'est interrogé sur les causes et conséquences de ces transformations, dans le but de réduire la misère des hommes de son temps et de créer les conditions pour que le progrès des connaissances aille vers plus de bonheur et de liberté. (source : wikipédia).

« Le grand édifice de l’avenir réclame aussi et avant tout l’affranchissement de la femme, sa liberté, son état civil, son mariage égalitaire » (extrait).

« On peut faire de Fourier l’analyse la plus séduisante en se bornant à une partie de ses études ; on pourrait le rendre ridicule en ne prenant que le surplus […] C’est ainsi qu’il est conduit logiquement à rapprocher les hommes pour les soumettre à leurs attractions et les distribuer en séries, et par suite à créer la commune nouvelle, agglomération sociale dans laquelle les intérêts seront rapprochés, combinés et sériés. Cette découverte est immense ; elle contient tout le mécanisme social de l’avenir : aussi, quels que soient les rêves, les folies, les fautes de logique que l’on peut signaler dans l’utopie de Fourier, nous ne l’en regardons pas moins comme l’un des plus grands génies qui aient jamais existé. Il est en réalité le Kœpler de la science sociale, quoiqu’il ait encore beaucoup plus accordé que Kœpler aux puissances mystérieuses des nombres, et qu’il soit bien moins scientifique dans sa manière d’étudier la nature […] Nous devons admettre, avec les fouriéristes, que le phalanstère ou commune sociétaire est un tout ; que c’est l’élément de l’existence sociale, un organe social véritable et complet, jouissant de toutes les fonctions qui constituent la vie […] C’était peu que de résoudre le problème de l’organisation d’une communauté de trois cents familles : il a été souvent essayé, souvent même victorieusement tenté ; mais il fallait encore, et c’est là le caractère de la découverte de Fourier, trouver la loi selon laquelle une communauté peut exister avec tous les avantages possibles d’ordre, d’économie, de travail, sans que dans cette institution personne puisse perdre quelque chose de son droit d’initiative ni de sa liberté individuelle […] Ajouter à cette institution, comme conséquence naturelle et même nécessaire de la forme nouvelle, non seulement une salubrité plus grande, une éducation meilleure, plus de vérité dans les relations, une répartition proportionnelle à l’apport de chacun en travail, talent et capital, un mécanisme de nature à produire entre tous l’harmonie, puis encore des plaisirs nouveaux, des formes nouvelles dans le travail, une économie de main d’œuvre, suite naturelle de la passion et du goût apportés dans tous les travaux : c’était introduire l’attraction dans la commune sociétaire et substituer l’action des passions naturelles à celle des obligations imposées ; le travail libre et librement choisi, à la contrainte ; l’émulation, à la concurrence ; la liberté, à l’esclavage du laboureur et de l’ouvrier. Sous ce rapport, Fourier n’est pas assez connu, il a besoin d’être étudié et popularisé ; et puis, n’est-ce rien qu’une doctrine destinée à réduire de plus en plus le capital, tout en lui donnant la part à laquelle il aura longtemps droit, mais selon la progression toujours décroissante de son pouvoir et de son action utile, qui sera en raison directe de l’augmentation de production avec de moindre efforts. » (extrait).


Cet épais volume est une bible humaniste. Angé Guépin était franc-maçon (loge mars). On donnera même son nom à une loge nantaise (loge Guépin fondée en 1908).

Bon exemplaire de cet ouvrage rare.

Prix : 650 euros

lundi 15 janvier 2018

Antoine Madrolle. Des crimes de la presse (1825). Vicomte de Bonald. Sur la liberté de la presse (1826). Belle reliure de l'époque réunissant deux textes liberticides.


[Antoine MADROLLE].

Des crimes de la presse, considérés comme générateurs de tous les autres. Dédié aux souverains de la Sainte-Alliance.

Paris, Potey, Libraire de Monsieur le Dauphin, s.d. [1825] [Paris, imprimerie de Lebel, imprimeur du Roi]

(3)-VIII-224 pages.

  Relié à la suite :

Vicomte DE BONALD.

Sur la liberté de la presse, par M. le Vicomte de Bonald, Pair de France.

Paris, imprimerie de Beaucé-Rusand, 1826

40 pages y compris le faux-titre et le titre. Vignette armoriée aux trois fleurs de lys de France sur le titre.

2 ouvrages reliés ensemble en 1 volume in-8 (21 x 13 cm).

Reliure plein veau raciné de l'époque, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, roulette en encadrement des plats, tranches marbrées, doublures et gardes de papier marbré. Très bon état. Quelques frottements et marques sans gravité à la reliure.


Le premier ouvrage, Des crimes de la presse, est l'oeuvre de l'illuminé Madrolle (1791-1861). Originaire de Saint-Seine (Côte d'Or, Bourgogne), Antoine Madrolle est à classé parmi les auteurs ultra. Il débuta dans la carrière des lettres avec l'appui du vicomte de Bonald. Il a écrit de très nombreux libelles polémiques qui ont fait frémir plus d'un libéral. Vers 1848, Madrolle s'est fait le disciple du prétendu prophète Michel Vintras. Dès lors ses écrits s'enfuient vers les contrées illuminées. Selon certaines sources, retiré dans sa propriété près de Châtillon-sur-Seine (Vannaire) en Bourgogne, il montait dans les arbres où il avait aménagé une cabane pour écrire plus près de Dieu. A la bibliothèque nationale il est classé parmi les fous littéraires.

  Des crimes de la presse est divisé en deux parties. On y trouve des chapitres tels que : A quels signes les hommes sur la terre peuvent-ils reconnaître la vérité ? - De la gravité des crimes de la presse, plus grande aujourd'hui qu'à aucune autre époque de la monarchie - De l'impunité, de la faveur, et même de la récompense des crimes de la presse - De l'impuissance de l'Index - De l'impuissance de la censure - De l'abolition de la peine de mort en matière de crimes de la presse, quelle que soit leur gravité - Des moyens de répression des crimes de la presse - De ce qui arrivera si on laisse se prolonger le mal.


"L'avenir se raconte aussi bien que le passé. Cela doit étonner les hommes matériels qui, ne connaissant nullement le monde moral, ne voient rien du jeu, pourtant si visible et si admirable, des causes et des conséquences, des principes et des résultats ; les hommes intelligents n'en sont pas surpris." (extrait du dernier chapitre).

"Le gouvernement dira peut-être : L'époque est heureuse ; ciel sans nuage, nouveau règne, sacre superbe, fêtes magnifiques ... C'était aussi au milieu et aux bruits des plaisirs et des fêtes que Babylone recevait ses châtiments effroyables, que Lisbonne presque tout entière fut engloutie par un tremblement de terre, et que d'ouvraient en 1789 à Versailles ces états-généraux qui devaient presqu'aussitôt faire tomber la monarchie !" (dernières lignes du dernier chapitre).

Un livre étonnant qui précipite l'esprit humain à la rencontre de la folie partisane et mystique d'un enragé de la monarchie de droit divin.


Le second ouvrage, Sur la liberté de la presse, est l'oeuvre du vicomte de Bonald (1754-1840). Comme l'indique une note en première page : "L'auteur de cet écrit, retenu chez lui par des malheurs et des affaires domestiques, ne croit pas cependant devoir rester étranger à une question sur laquelle la chambre des députés a exprimé un vœu qui est celui des gens de bien, le vœu de voir réprimer la licence effrénée de la presse [...]". 


"La censure préalable des ouvrages d'esprit est en soi une bonne institution. Quel est l'écrivain raisonnable et jaloux de sa réputation littéraire et morale qui, après s'être censuré lui-même, ne doive pas appeler sur ses écrits la critique d'amis éclairés et judicieux ? [...]"(extrait).

Intéressante réunion de deux textes farouchement liberticides en faveur de la défense des valeurs de la monarchie renaissante. Le premier ouvrage par Madrolle semble assez rare (aucun exemplaire actuellement en vente en ligne sur les sites spécialisés).


Bel exemplaire en pleine reliure de l'époque.

VENDU

dimanche 14 janvier 2018

Voltaire. La défense de mon oncle (1767) et Recueil des requêtes, placets et mémoires etc. (1782). Recueil de deux rares textes satiriques du siècle des Lumières.


[Voltaire].

La défense de mon oncle [contre ses infâmes persécuteurs].

s.l.n.d. [1767, Hollande ?]

136 pages y compris le faux-titre (qui sert de titre), l'avertissement essentiel ou inutile (3 pages) et la table à la fin (4 pages).

Relié à la suite :


[Michielsen ?]

Recueil des requêtes, placets et mémoires, les plus intéressants, que l'on présenta à Sa Majesté Impériale Joseph II, durant le Voyage qu'il fit dans ses Pays-Bas en 1781. Sa Majesté Impériale Joseph II à fait insérer dans ce recueil L'Apocalypse du Bien Heureux Jean, Apôtre de la Philosophie : Songe Philosophique Extraordinaire, que les Censeurs Ecclésiastiques, de Pays-Bas, n'avaient pas laissé imprimer.

A Vienne en Autriche, de l'imprimerie de la Cour, 1782. [?]

(6)-83 pages.

2 ouvrages reliés ensemble en 1 volume demi-maroquin noir à grain long, dos lisse orné, plats de papier marbré bleu, doublures et gardes blanches (reliure anglais du début du XIXe siècle). La dernière page (136) du premier ouvrage est légèrement salie, sinon bel intérieur très frais. Beau papier bien blanc. Reliure en très bon état avec quelques petites usures et frottements (plats), coiffe supérieure légèrement usée (peu visible).


Le premier ouvrage, La défense de mon oncle [contre ses infâmes persécuteurs] est ici dans une édition qui reproduit le texte du tout premier tirage avec une fidélité exemplaire, comme le souligne José-Michel Moureaux dans son étude des différentes éditions de ce texte de Voltaire. On y relève à peine une demi douzaine de variantes légères, écrit-il, et pratiquement pas de coquilles. Cette édition faite avec des caractères hollandais n'es pas parisienne. Il est également impossible qu'elle ait été exécutée en province. Moureaux conclut donc à "une édition hollandaise, à la rigueur anglaise". Moureaux précise encore que ce tirage ne figurait pas dans la bibliothèque de Voltaire. Dans cette édition classifiée "C" par Moureaux, l'avertissement est présent et intégré à la pagination, tout comme la table qu'on trouve à la fin.


Ce livre a remporté tout de suite un vif succès. Grimm en a entretenu ses lecteurs dès le 15 juillet 1767 (les premiers exemplaires apparaissent à la fin du mois de juin) avec un enthousiasme débordant : " (...) l'on étouffe de rire à chaque page. Il est impossible de rien lire de plus gai, de plus fou, de plus sage, de plus érudit, de plus philosophique, de plus profond, de plus puissant que cette Défense, et il faut convenir qu'un jeune homme de soixante treize ans comme neveu, sujet à ces saillies de jeunesse, est un rare phénomène." (Correspondance littéraire tome VII, p. 367, cité par Moureaux).

"Cet ouvrage est une plaisanterie particulièrement dirigée contre un M. Larcher, auteur obscur d'un prétendu Supplément à la Philosophie de l'Histoire [...] M. de Voltaire, dont l'amour-propre s'égratigne facilement, accommode de toutes pièces ce piteux adversaire. Il enveloppe aussi dans cette facétie Fréron et autres personnages, plastrons ordinaires de ses railleries. On ne peut refuser à cet écrit beaucoup de gaîté et même le feu de la jeunesse." (Bachaumont, 24 juillet 1767).


On trouve dans cette défense des chapitres aussi curieux que : de la providence - l'apologie des dames de Babilone - de l'alcoran - des romains - de la sodomie - de l'inceste - de la bestialité et du bouc du sabbath - d'Abraham et de Ninon de Lenclos - du temple de Tyr - des Chinois - de l'Inde et du Vedam - que les juifs haïssaient toutes les nations - de Warburton (pamphlet ajouté ici) - des hommes de différentes couleurs, etc.

Référence : J.-M. Moureaux, La défense de mon oncle, édition critique, Genève, Slatkine, 1978.

Le second ouvrage, Recueil de requêtes etc., serait l'oeuvre (entre autres) d'un certain Michielsen, employé au Comité de la Caisse de Religion, "qui présenta une série de requêtes soit disant présentées à l'empereur Joseph II lors de son voyage aux Pays-Bas. En vérité, il s'agissait de requêtes fictives et satiriques. Dans un style à la fois d'une grande finesse, plein d'allusions et de virulence, l'auteur s'attaqua au clergé, à la noblesse et aux commerçants-escrocs en les ridiculisant. On y trouve tout le patrimoine, ou dois-je dire tout le résidu des Lumières, même une obscénité libertine qui s'en prend à la religion (...)" (extrait des Etudes sur le XVIIIe siècle, volume 6, Roland Mortier, Hervé Hasquin, Université libre de Bruxelles. Groupe d'étude du XVIIIe siècle, Éditions de l'Université de Bruxelles, 1980).


On compte en tout, outre un avertissement (4 pages), 13 requêtes dont 2 en latin (qu'il faut traduire pour en tirer toute la verve satirique). A la fin du volume on trouve imprimée sur 3 pages une liste des livres choisis à placer dans différentes bibliothèques publiques aux Pays-Bas (on y trouve la plupart des livres matérialistes et anticléricaux parus à l'époque (Boulanger, Voltaire, Helvétius, Rousseau, le bon sens du curé Meslier, le Compère Mathieu de Du Laurens, l'Arétin moderne, etc. A la suite et sur 11 pages on trouve l'Apocalypse du Bien Heureux Jean apôtre de la philosophie.

Ce volume est indiqué en 1836 comme une satire fort peu spirituelle mais rare et recherché (Chronique rimée de Philippe Mouskes, vol. 1).



Ouvrage rare.

Réunion très intéressante de deux textes satiriques et philosophiques.

Bel exemplaire.

Prix : 950 euros

vendredi 12 janvier 2018

Louis Reybaud. Rapport sur la condition morale, intellectuelle et matérielle, des ouvriers qui vivent de l'industrie du coton (1860-1862). Rare édition originale in-4 publiée dans les Mémoires de l'Académie des sciences. Bel exemplaire.


Louis REYBAUD.

Rapport sur la condition morale, intellectuelle et matérielle, des ouvriers qui vivent de l'industrie du coton, par M. Louis Reybaud. Fait à la suite d'une mission que lui a confiée l'Académie. Lu dans les séances des 1er et 15 décembre 1860 ; 23 février, 1er et juin, 20 juillet, 10 août, 2 et 23 novembre 1861 ; 18 janvier, 8 février, 10 et 24 mai et 7 juin 1862.

S.l.n.d. [1862] [Imprimerie Royale]

1 volume grand in-4 (27,8 x 22 cm) paginé de [603] à 1014.

Reliure postérieure demi-percaline noire, filets dorés au dos, plats de papier marbré. Deux coins légèrement touchés sans gravité sinon très bel exemplaire très frais. Il n'y a pas de page de titre spéciale (ce qui est normal). Papier de qualité, sans rousseurs.

Edition originale rare publiée immédiatement à la suite des lectures à l'Académie dans le tome XI des Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques.


L'Académie des sciences avait confié à Reybaud plusieurs missions sur l'état de l'industrie en France : ouvriers du coton, de la soie, de la laine, de l'industrie du fer. Chacune de ces missions a fait l'objet d'un rapport très détaillé et très intéressant.

Louis Reybaud (1799-1879) est un homme politique et économiste libéral et auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire politique et sociale de la France au milieu du XIXe siècle : Jérôme Paturot à la recherche d'une position sociale (1842), Jérôme Paturot à la recherche de la meilleure des républiques (1846), Etudes sur les réformateurs ou socialistes modernes (1842), etc.


"En disciplinant la vapeur et en la mettant au service de l'homme, la science a du même coup créé l'agglomération manufacturière et porté une atteinte profonde à l'activité qui avait le toit de la famille pour abri. Devant cette fatalité inexorable, comment oublier les avantages d'un régime qui, depuis tant de siècles, avait prévalu dans l'exercice des industries ? Comment assister sans regret au bouleversement de tant d'existences, aux souffrances et aux misères inséparables d'un changement de condition ? Même aujourd'hui que cette révolution est plus d'à moitié accomplie, des milliers de tisserands luttent encore dans nos campagnes contre cette force qui doit les briser si elle ne les absorbe pas ! Les Vosges, la Normandie, l'Alsace, la Bretagne, l'Artois, le Hainaut, les Flandres et d'autres provinces encore comptent des légions d'ouvriers qui restent attachés à leurs métiers de ménage comme à un dernier débris. Ils voient monter le flot qui les doit engloutir, et plutôt que de chercher un refuge ailleurs, ils l'attendent avec une énergie désespérée. La manufacture a beau empiéter sur eux, ils lui tiennent tête; ils se résignent aux réductions de salaires, aux chômages, aux privations; en vaillants soldats, ils aimeront mieux mourir que de rendre leurs armes. Quand on a vu de près comme moi ces derniers défenseurs de l'industrie domestique, recueilli leurs plaintes, calculé leurs ressources, on se sent pris d'une compassion profonde. L'illusion n'est cependant pas permise. En comparant ces instruments imparfaits avec les appareils perfectionnés des manufactures, cette main d'œuvre élémentaire avec la main-d'œuvre organisée, on comprend que la vie se retire de ces ateliers de campagne; si dignes d'intérêt qu'ils soient, ils sont, pour certaines industries du moins, irrévocablement condamnés. [...]" (extrait p. 617-618).


Ce texte a paru l'année suivante en librairie au format in-8 sous le titre : Le Coton. Son régime, ses problèmes, son influence en Europe. Nouvelle série des études sur le Régime des manufactures. Paris, Michel Lévy Frères, 1863.

Bel exemplaire.

Prix : 850 euros

jeudi 11 janvier 2018

Octave Uzanne. La Femme à Paris. Nos Contemporaines. Les Parisiennes de ce temps (1894). Magnifique ouvrage illustré par Pierre Vidal et tiré à petit nombre. Magnifique couverture Art Nouveau signée Léon Rudnicki. Exemplaire à l'état proche du neuf, complet de sa chemise en soie brodée.


Octave UZANNE - Léon RUDNICKI (illustrateur) - Pierre VIDAL (illustrateur).

La femme à Paris. Nos Contemporaines, Notes succesives sur les Parisiennes de ce temps dans leurs divers milieux, états et conditions, par Octave Uzanne. Illustrations de Pierre Vidal.

Paris, Ancienne Maison Quantin, Librairies-Imprimeurs réunis, May & Motteroz, 1894.

1 volume grand in-8 (28,5 x 19,5 cm) de (4)-VI-328-(6) pages, broché, couverture illustrée en couleurs dessinées par Léon Rudnicki. Exemplaire à l'état proche du neuf tel que sorti des presses de l'imprimeur. 20 eaux-fortes hors texte coloriées. Bien complet de sa chemise en soie brodée et imprimée à lacets (à l'état proche du neuf également).

Édition originale.

Exemplaire du tirage courant "A petit nombre", imprimé sur papier vélin teinté filigrané de motifs floraux.


Il s'agit là sans aucun doute possible de l'un des plus beaux ouvrages écrits, conçus et réalisés par Octave Uzanne à la fin du XIXe siècle. Ce volume, destiné aux bibliophiles aisés, a été superbement illustré par Pierre Vidal de très nombreuses vignettes tirées dans le texte (une partie des vignettes dans le texte ayant été coloriées par Albert Charpentier, coloriste à Paris) et de 20 très jolies eaux-fortes hors texte. Il a été achevé d'imprimer le 8 novembre 1893 (pour les livres d'étrennes)


Cet ouvrage offre un panorama vivant et complet de "la femme" vue au travers du prisme déformant que pouvait être l’œil d'Octave Uzanne, l"homme qui aimait les femmes, cet éternel dandy célibataire. Divisé en quatre parties, ce volume contient : la physiologie de la contemporaine (la parisienne contemporaine - le nu moderne - la toilette à Paris). La femme à Paris dans ses différents milieux, états et conditions (géographie de la femme à Paris - les domestiques - les ouvrières - les marchandes et boutiquières - demoiselles et employées de magasin - les dames d'administration - femmes artistes et bas-bleus - les femmes de théâtre, comédiennes, chanteuses, danseuses, écuyères, acrobates - les femmes de sport et gynandres - la bourgeoise parisienne). La femme hors des lois morales (la basse prostitution - prostitution bourgeoise - prostitution clandestine - les Phrynées actuelles). Psychologie de la contemporaine (la contemporaine fille, femme et mère). On voit que le panorama peut difficilement être plus complet.


Cet ouvrage se fait remarquer notamment par une très jolie couverture "Art Nouveau" imprimée en couleurs et signée de l'artiste peintre Léon Rudnicki (ici à l'état parfait).

Superbe exemplaire, tel que paru, complet de sa chemise brodée en soie.

Très rare dans cette condition.



VENDU - Prix : 950 euros

mardi 9 janvier 2018

Rétif de La Bretonne. Le Ménage Parisien (1773). Edition originale rare jamais réimprimée ni contrefaite de ce "roman-farce" très plaisant. Bel exemplaire en condition d'époque.


[Nicolas-Edme RÉTIF DE LA BRETONNE].


Le ménage parisien, ou Déliée et Sotentout. Première et Seconde partie.


Imprimé à La-Haie, 1773 [A Rouen, chez Leboucher et à Paris, chez De Hansy]


2 parties en 1 volumes in-12 (16,7 x 10,5 cm) de (11)-186-XXXII et (1)-186-[XXXIII à XCII]-(5) pages. Titres imprimés en rouge et noir dans un encadrement. Quelques pages imprimées en rouge et noir.


Reliure de l'époque plein vélin ivoir, dos à nerfs, pièce de titre de maroquin rouge, tranches marbrées, gardes et doublures de papier marbré (première garde remplacée). Ensemble très frais. Quelques feuillets légèrement teintés. Noms manuscrits ajoutés à l'époque dans les notes de la fin (clé).


Édition originale rare imprimée à 1.250 exemplaires qui n'a jamais été ni réimprimée ni contrefaite.


Cet ouvrage fut commencé à la fin de 1772 et imprimé pendant le Carême 1773, sa publication ensuite fut retardée jusqu'en juin.




Ce « roman-farce » comme le définit lui-même Rétif, « tient du roman grâce au « récit » [et] rappelle la farce par son esprit loufoque, le rire qu’il suscite et surtout par son personnage : Sotentout, le sot. Le Ménage parisien est en effet placé, dès l’épître dédicatoire, sous le patronage du fameux vers de Boileau : « Un Sot trouve toujours un plus Sot qui l’admire » [...] Avec Le Ménage parisien, nous sommes témoins pour la première et l’unique fois dans l’œuvre rétivienne, de toute la complexité qui régit le rapport de Rétif aux mots et à la littérature. Par certains de ses aspects, ce récit est un exercice de style, une sorte d’entraînement sur le verbe et sur « l’élasticité » des mots. L’auteur semble y éprouver son pouvoir sur les faits, à travers son rôle de « modérateur du fil » et son pouvoir sur les mots, à travers sa nouvelle orthographe d’abord (système exposé dès l’épître dédicatoire), mais surtout à travers cette logorrhée jubilatoire à l’origine du rire franc du Ménage. (Asma Guezmir).



Restif lui-même se montre très sévère pour ce roman piquant, quoique méconnu, qu’il éreinte dans sa Revue des ouvrages de l’auteur (1784, où il est décrit comme déjà épuisé) et dans Monsieur Nicolas. Les ennuis que ce texte connut avec la censure — alors même qu’il avait été examiné par Crébillon fils — proviennent de sa partie satirique : sous la rubrique d’Académie sotentoute, Restif s’en prend aux principaux hommes de lettres en place, ce qui ne fut pas du goût de la direction de la Librairie.



Notre exemplaire contient 2 feuillets à la fin (Envoi de cet ouvrage à ces Messieurs) et 1 feuillet imprimé au recto seulement (explication "des noms un-peu barbares dans le chapitre des Notes de la Seconde partie" et avec une courte liste des ouvrages du même auteur qu'on trouve chez le même libraire (Leboucher à Rouen), ce feuillet ne se trouve pas dans l'exemplaire de la Bnf coté RES-Y2-3405. Par ailleurs, non signalé dans les autres exemplaires que nous avons pu consulter (y compris l'exemplaire de la réserve des livres rares de la Bnf, cote RES-Y2-3405), on trouve à la suite de la première page de titre, un feuillet de faux-titre avec l'adresse des libraires Leboucher et de Hansy, avec au verso les "Fautes à corriger" (15 fautes à corriger).

Une note manuscrite indique à la fin des notes de la première partie que ces 2 volumes ont été achetés le 14 juin juin 1773 (nous donne exactement la date de parution des volumes en librairie) pour le prix de 2 livres 10 sols les 2 volumes. Le nom de Rétif de La Bretonne a été ajouté à la plume sur le premier titre probablement de la même main.



Référence : Lacroix, 116-118 ; Rives Child, 220-221, XI. ; Asma Guezmir, « Le mariage dans Le Ménage parisien : une relation parodique ? », Études rétiviennes, 44, Actes du Colloque de Clermont-Ferrand (7-8 juin 2012), « Le drame conjugal dans l’œuvre de Rétif de la Bretonne : désastre intime et enjeux politiques », décembre 2012, p. 97-107.



Bel exemplaire en condition d'époque, complet du feuillet de faux-titre-errata et du feuillet final.

VENDU



samedi 6 janvier 2018

Claude Tillier. Mon oncle Benjamin (1930). Avec 184 aquarelles par Pierre Paschal. Superbe exemplaire relié plein maroquin châtaigne.


Claude TILLIER.

Mon oncle Benjamin. Avec les variantes, une clef des Personnages du roman par Alfred Massé. 12 fac-similés et 184 aquarelles originales par Pierre Paschal.

Dorbon Aîné, Paris, s.d. (1930)

2 volumes in-4 (27,5 x 21,5 cm) de LI-206 et 207 à 442-(1) pages (pagination continue).

Reliure plein maroquin châtaigne, dos à nerfs, tête dorée, non rogné, encadrement intérieur de maroquin souligné de trois filets dorés concentriques (reliures signées P. MANNE). Exemplaire à l'état proche du neuf. Quelques légères décharges sur quelques feuillets en regard des aquarelles. Tous les papiers de soie protecteurs sont présents, reliés dans les volumes.


Tirage à 520 exemplaires. Celui-ci, 1 des 450 sur papier vélin à la forme de Vincent Montgolfier filigrané au bouquineur (papier spécialement fabriqué pour l'éditeur Dorbon). Les aquarelles au pochoir sont dues à Jacomet.


Le roman est constitué par le récit d'un narrateur rapportant quelques épisodes de la vie du frère de sa grand-mère, Benjamin Rathery, qui est donc en réalité son grand-oncle. Le lieu du récit est Clamecy, l'époque est la fin du règne de Louis XV ou le règne de Louis XVI, au moins dix ans après la bataille de Fontenoy. Le narrateur est le fils de Gaspard Machecourt, fils aîné de la sœur de Benjamin et d'un huissier de justice de Clamecy. Âgé de 28 ans, Benjamin Rathery est un médecin peu convaincu, ne voulant pas payer ses dettes, plutôt amateur de bonnes bouteilles, assez cultivé, portant l'épée, célibataire convaincu. Sa sœur, chez qui il vit, cherche à le convaincre de se marier, ce qu'il accepte à la suite d'un incident de beuverie : il a blessé son beau-frère au cours d'une parodie de duel. Le choix se porte sur la fille d'un autre médecin des environs, Minxit.


Claude Tillier, né le 11 avril 1801 à Clamecy (Nièvre) et mort le 12 octobre 1844, fut un pamphlétaire et romancier français. Fils d'un serrurier aux maigres ressources, il réussit à suivre des études au lycée de Bourges grâce à une bourse accordée par la ville de Clamecy. Ses classes terminées, la modicité de sa fortune l'oblige à embrasser la profession de maître d'études à Soissons, puis à Paris. Il raconte dans ses mémoires comment « son bouquet de rhétorique au côté, comme un domestique à la Saint-Jean, il alla offrir ses services aux revendeurs de grec et de latin de la capitale ». Il finit par être renvoyé, et, en 1821, il tombe au sort et effectue un service militaire de six ans. À son retour, il est nommé instituteur puis directeur d'école. Parallèlement, il œuvre comme journaliste à L’Indépendant à Clamecy, puis à L’Association, un journal démocratique de Nevers, pour lesquels il écrit aussi des feuilletons. Ses prises de position à l'encontre des notables locaux lui coûtent son poste de directeur à Clamecy. Il meurt d'une maladie de poitrine et repose à Nevers

Sobres et élégantes reliures de Paul Manne sur un classique de la littérature nivernaise.

Paul Manne (ancien élève de l'École Estienne établi à Paris rue Princesse en 1933, puis rue Mabillon en 1934, décédé en 1981 - Fléty, Dict. des relieurs p. 119)

Somptueux exemplaire ayant eu les honneurs de reliures en plein maroquin de qualité.

Prix : 950 euros


vendredi 5 janvier 2018

Ernest Tarbouriech. La Cité future (1902). Essai d'une utopie scientifique. Edition originale. Bel exemplaire en reliure de l'époque.


Ernest TARBOURIECH.

La Cité Future. Essai d'une utopie scientifique.

Paris, P.-V. Stock, 1902 [imprimerie A. Pichat, Châtillon-sur-Seine].

1 volume in-12 (18,5 x 11,5 cm) de 484 pages.

Reliure de l'époque demi-chagrin noir, dos à nerfs, filets dorés, initiales V. B. en queue. Bel exemplaire, parfaitement conservé, imprimé sur papier "sain" (non cassant) à contrario de la plupart des éditions sur papier ordinaire de l'éditeur P.-V. Stock.

Édition originale.

Exemplaire sur papier d'édition. Il n' a été tiré que 5 exemplaires sur papiers de Hollande.


Cet ouvrage important contient un programme politique et social novateur basé sur le collectivisme et le socialisme pratique. Loin des idéologies pures, il s'agit ici de créer un nouveau modèle de société. Ernest Tarbouriech (1865-1911) était docteur en droit. Il publia en 1896 un essai sur La Responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail, et il enseigna au Collège des sciences sociales de Bruxelles dont il fut l'un des fondateurs. Dreyfusard et militant de la première heure à la Ligue des Droits de l'Homme, il adhère au parti socialiste en 1900. Il fut l'un des intellectuels qui contribua à forger la doctrine socialiste. Il fut un grand défenseur des droits des femmes. En 1910, moins d'un an avant sa mort, il est élu député S.F.I.O. du Jura.

"La Cité future n'est pas une fable, une fiction utopique, mais une réflexion sérieuse et approfondie, appuyée sur la science ainsi que l'indique le sous-titre, une science au service du progrès et du socialisme et non pas seulement garante de la conservation de l'ordre comme chez Jules Strada. Tarbouriech imagine une société collectiviste basée sur six formules : à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses forces, chaque individu doit trouver un intérêt dans la prospérité du groupe, hommes et femmes se partagent sur un pied d'égalité les travaux domestiques et la production sociale, le collectivisme sera national : la communauté politique de base reste en effet la nation. Ces principes généraux une fois posés, Tarbouriech examine dans le détail l'organisation à venir de la société collectiviste. En ce qui concerne la grande ville et Paris en particulier, La Cité future affiche un  programme sévère : la société doit être purifiée du miasme urbain. Paris exerce une attraction délétère sur les oisifs "millionnaires traînant leur stupide existence", sur les déchets sociaux qui ne travaillent pas mais mendient et trafiquent, les "chasseurs de pièces de cent sous". (extrait de Les deux Paris, Jean-Pierre A. Bernard, p. 120)



"Les institutions que je me plais à faire fonctionner par la pensée, les règlements que j'expose comme si j'avais sur ma table les Codes Collectivistes, au lieu du recueil des lois bourgeoises, les pratiques administratives dont je parle au présent comme si je vivais en l'an 2000, tout cela n'est pas le produit de mon imagination, ce n'est que l'adaptation à l'économie collectiviste qui triomphera un jour, d'éléments empruntés à la vie contemporaine. Si mon rêve d'avenir mérite de retenir l'attention, ce sera par ses constantes allusions au présent." (dernier paragraphe de la Cité future).

La Cité future sera réimprimé en 1910 avec mention de seconde édition, seul tirage avec celui de 1902.

Bel exemplaire. 

Prix : 650 euros