dimanche 28 février 2016

Parades abolies de Pierre Mac Orlan illustrées par Roger Wild (1945-1948). Un des 240 exemplaires sur papier d'Auvergne. 13 eaux-fortes en couleurs. Superbe ouvrage illustré sur le monde forain, cirque, clown, Zingaris, etc.


Pierre MAC ORLAN - Roger WILD, illustrateur

PARADES ABOLIES. Impressions foraines de Pierre Mac Orland. Aquarelles de Roger Wild avec une note de l'illustrateur.

A Paris, Editions A. & P. Jarach, 1945 (1948)

1 volume in-folio (34,5 x 25,5 cm), en feuilles, sous couverture imprimée et emboîtage carton de l'éditeur. 51-(2) pages. 1 eau-forte en noir sur la page de titre, 1 très-belle eau-forte en couleurs pleine page (24,5 x 17 cm) en frontispice, 12 eaux-fortes en couleurs de tailles variées (bandeau, mi-page, vignette). Ornements monochromes dans le texte. Très bon état de l'ensemble. Rares rousseurs. Très belle impression. Superbes eaux-fortes d'un effet saisissant.



ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE LIMITÉ A 282 EXEMPLAIRES ET QUELQUES EXEMPLAIRES D'ARTISTE, TOUS SUR AUVERGNE.

CELUI-CI, UN DES 240 EXEMPLAIRES SUR PAPIER D'AUVERGNE AVEC L'ETAT DÉFINITIF DES EAUX-FORTES EN COULEURS DANS LE TEXTE.



La typographie de cet ouvrage a été réalisée par l'imprimerie La Ruche, rue Lalande, à Paris, dès 1944. Les illustrations, tirées par l'atelier de taille-douce de La Tradition, rue Chauvelot, à Malakoff, ont été mises en couleurs à la main par Edmond Vairel, rue du Louvre, à Paris, et achevées en avril 1948.


Roger Wild né à Lausanne en 1894 se lia avec Modigliani et Pascin. Son oeuvre reflète sa prédilection pour la faune des faubourgs et les forains. Gus Bofa écrit à son propos : "Il dévore ses modèles morts de peur et les restitue vivants." Cet admirateur de Toulouse Lautrec et Pascin dessine la faune des champs de foire et des cirques, quand il ne s'inspire pas de l'Espagne et de la tauromachie. On lui doit les illustrations, entre autres, de Parades abolies de Pierre Mac Orlan, ainsi que de nombreux portraits d'écrivains pour des journaux littéraires; portraits qui ont été réunis en trois albums, Visages contemporains, préfacés notamment par Léon-Paul Fargue et Paul Valéry.Il meurt en 1987. "La richesse de l'univers picaresque de l'artiste est moins faite de détails que d'une atmosphère transposée à miracle dans un style d'une précision presque hallucinée. (...) C'est la vie qui bouge; celle des passions, des idées, des sentiments, qu'il aime surprendre. Ses synthèses sont inimitables, définitives." Jean-Marc Campagne, Le Crapouillot, janvier 1959.

La roulotte poussait l'âne
Né près des Saintes-Maries.
Un tambour à la fenêtre
Se balançait tel une cage
Où tremblaient de très beaux bruits.
Roger Wild à la fenêtre
Maître Pierre et ses soucis
Fumaient la pipe des ancêtres
A la santé des Zingaris...

Pierre Mac Orlan, "Chanson d'adieu pour les parades abolies". (extrait)



SUPERBE LIVRE D'ARTISTE.

Prix : 500 euros



La Galerie des belles amours de Joseph Hémard (René Kieffer, 1935). Très beau livre illustré. 104 compositions en couleurs au pochoir. Très bel exemplaire.


Joseph HEMARD

LA GALERIE DES BELLES AMOURS. Illustrations en couleurs de l'auteur. Textes de l'illustrateur.

René Kieffer, Paris, 1935

1 volume petit in-4 (22,5 x 16,5 cm), broché, de 221-(2) pages. 104 compositions hors-texte 10,5 x 9 cm avec légende (belle page). Exemplaire à l'état proche du neuf.



ÉDITION ORIGINALE.

TIRAGE A 1.000 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 940 SUR VÉLIN DE CUVE.



Cette facétie historico-galante due au talent de l'illustrateur-auteur Joseph Hémard (1880-1961) est illustrée à profusion de 104 compositions humoristiques sur les amours des couples célèbres de l'histoire ancienne et moderne, réelle et mythologique. D'Adam et Eve en passant par Phèdre et Hippolyte, Sapho et Eunice, Oedipe et Jocaste, Tristant et Yseult, d'Artagnan et Milady, Napoléon et Joséphine, et pour finir, Cora Pearl et Napoléon III.



Chaque illustration est accompagnée en page de gauche d'un texte en vers, plus ou moins long, complètement apocryphe, irrévérencieux, décalé, burlesque et tournant les amours du couple cité en dérision. Le tout est à l'initiative de Joseph Hémard.



Ce très beau volume a été achevé d'imprimer le 25 mai 1935 chez André Steff pour le compte et sous la direction de René Kieffer (relieur-éditeur). Les coloris ont été exécutés (au pochoir) par Eugène Charpentier.



UN TRÈS BEAU LIVRE, HAUT EN COULEURS.

VENDU



vendredi 26 février 2016

Le Parfait chasseur, Traité général de toutes les chasses, par A. Desgraviers (1810). 12 planches hors-texte de traces et fumées d'animaux (cerf, chevreuil, sanglier, loup). Très bel exemplaire finement relié en plein chagrin.


Auguste DESGRAVIERS

LE PARFAIT CHASSEUR, TRAITÉ GÉNÉRAL DE TOUTES LES CHASSES, avec un appendice des meilleurs remèdes pour la guérison des accidents et des maladies de chevaux de chasse et des chiens courants ; et un vocabulaire général à l'usage des chasseurs. Par M. Auguste Desgraviers, ancien capitaine de Dragons, Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de St-Louis, Ecuyer et Commandant des Véneries de Monseigneur le Prince de Conti.

Paris, Demonville et Ferra aîné, 1810

1 volume in-8 (21 x 13,5 cm) de VIII-431 et 16 pages de partitions. 12 planches hors-texte (certaines dépliantes).

Reliure moderne plein chagrin lie de vin, dos à faux-nerfs orné, doublures et gardes de papier marbré, roulette dorée en encadrement intérieur des plats. Exemplaire non lavé. Etui bordé. Reliure en excellent état (dos très légèrement éclairci), intérieur en très bon état avec quelques rousseurs sans gravité. Papier légèrement teinté selon les cahiers. Légère mouillure marginale aux pages de partitions à la fin. Bien complet de toutes les planches gravées requises (empreintes de pas d'animaux, cerf, sanglier, loup, etc.).

NOUVELLE ÉDITION.



En réalité cinquième édition de ce grand classique de la chasse. Cette édition ne contient pas la dédicace au Prince de Conti (censurée) ni la préface de la première édition. On y trouve seulement l'Avant-propos sur 2 pages (pages v et vi). Le texte (introduction) commence à la page vii. La page 1 suit directement la page viii, ce qui est normal et montre un remaniement donnant lieu à modification dans la pagination.



La première édition de cet ouvrage, publiée sous le titre de L'Art du valet de limier, a paru chez Prault en 1784. La deuxième édition a été donnée en 1804 (Essai de vénerie, ou l'Art du valet de limier). La troisième édition date également de 1810 et a été publiée par le frère de l'auteur qui l'a désavouée. Le Parfait Chasseur, ou l'Art du valet de limier […]. S.l., 1810. 2e édition publiée par l'auteur, en réalité 4e édition. et enfin notre édition, Le Parfait Chasseur, traité général de toutes les chasses […]. Paris, Demonville & Ferra, 1810. 5e édition.

Références : Thiébaud, 269-270 ; Souhart, 137-138.



TRÈS BEL EXEMPLAIRE, FINEMENT RELIÉ PLEIN CUIR, DE CE CLASSIQUE QUI DOIT SE TROUVER DANS TOUTE BIBLIOTHÈQUE CONSACRÉE A L'ART CYNÉGÉTIQUE.

VENDU



jeudi 25 février 2016

Memoranda par Jules Barbey d'Aurevilly (1883). Tirage à petit nombre sur papier vergé de Hollande. Exemplaire de la bibliothèque Octave Uzanne truffé d'un bleu autographe du connétable des lettres. Portrait sur Japon ajouté.


Jules BARBEY D'AUREVILLY

MEMORANDA. Préface de Paul Bourget.

Paris, Ed. Rouveyre et Blond, 1883

1 volume in-12 (19,5 x 11,5 cm) de (3)-XXVII-152-(1) pages. Portrait de Barbey d'Aurevilly en frontispice gravé à l'eau-forte par Abot. Portrait en pied du même par Toussaint (eau-forte pure tirée sur Japon), ajouté. Bleu autographe de Barbey à Octave Uzanne (1884).

Cartonnage brael de toile fine décorée de l'époque signée Pierson (l'un des relieurs attitré d'Octave Uzanne à cette époque). Toile brunie et défraîchie. Solide. Intérieur très frais. Couvertures de brochage conservées.



NOUVELLE ÉDITION EN PARTIE ORIGINALE.

Edition originale de Memorandum de Port-Vendres et seconde impression du Memorandum imprimé à Caen en 1856.

TIRAGE A PETIT NOMBRE SUR PAPIER VERGÉ DE HOLLANDE.



Exemplaire qui ne porte pas l'ex libris d'Octave Uzanne et qui ne figure pas au catalogue de sa vente de mars 1894, mais exemplaire de la bibliothèque, cela ne fait aucun doute. Octave Uzanne possédait un exemplaire en reliure identique (même relieur, même toile, avec son premier ex libris artisanal). C'est Octave Uzanne qui a enrichi cet exemplaire d'un billet autographe (bleu) de Jules Barbey d'Aurevilly dans lequel celui-ci qui décale un dîner (voir photo). Octave Uzanne a par ailleurs ajouté un beau portrait en pied de l'auteur en tirage à l'eau-forte pure sur beau papier Japon.

Jules Barbey d'Aurevilly a accepté de préfacer le Bric-à-Brac de l'Amour d'Octave Uzanne publié en décembre 1878. « Votre livre, Monsieur, m’enthousiasme – s’écria-t-il, et je le veux dire… que voulez-vous de moi Monsieur ? une préface … un article du lundi au Constitutionnel ? – parlez, je suis à vos ordres, et je ferai pour vous ce que je vous dois pour le délicat plaisir que m’a causé votre livre… ». La carrière littéraire d'Octave Uzanne commençait sous de bons auspices. L'amitié durable entre les deux hommes donna lieu à une petite biographie publiée par Octave Uzanne en 1927.

BON EXEMPLAIRE AVEC BILLET AUTOGRAPHE DU CONNÉTABLE DES LETTRES.

VENDU



mercredi 24 février 2016

Bibliophilie rémoise. Le Premier Concile Provincial tenu à Reims en l'an 1583 (impression de Jean de Foigny, 1586). Reliure en veau de l'époque.


Hubert Morus MEURIER

LE PREMIER CONCILE PROVINCIAL TENU A RHEIMS, L'AN 1583. Par Monseigneur l'Illustrissime et Reverendissime Cardinal de Guyse, Archevesque Duc de Rheims, premier Pair de France, Légat né du Saint Siège Apostolique. Le tout corrigé et approuvé par notre Saint Père le Pape Grégoire XIII. Et mis en François par M. H. Meurier doyen et chanoine théologal de Rheims, et l'un des assistants audit concile.

A Rheims, Par Jean de Foigny, imprimeur de mondit Seigneur le Cardinal, à l'enseigne du Lionn, 1586.

1 volume petit in-8 (170 x 110 mm) de 8 feuillets non chiffrés (titre, épîtres), 138-(2) feuillets (soit 279 pages).

Reliure de l'époque plein veau brun, fer ombilic doré au centre des plats, fleurs de lys au dos, filets dorés en encadrement des plats, tranches dorées. Reliure avec d'anciennes traces de restaurations aux coiffes, mors fendus avec manque de cuir, petit manque de cuir sur un nerf et une coupe, lacets absents). Reliure décorative encore solide avec quelques petites restaurations à prévoir. Papier fort. Quelques salissures sans gravité à l'intérieur. Cahiers légèrement déréglés. Exemplaire réglé à l'encre rouge.

ÉDITION ORIGINALE.

Edition bilingue latin (page de gauche) et français (page de droite).


Ce concile s'était tenu en mai 1583 à l'initiation du cardinal Louis de Guise qui décide de suivre et appliquer les directives du concile de Trente (1545-1563) qui fixait la doctrine du catholicisme et limitait un certain nombre d'abus. On y trouve les chapitres suivants : Du service divin - Du bréviaire - Des fêtes - Des sorcelleries et autres maléfices contraires à la religion chrétienne - Des sacrements - Du baptême - De la pénitence - De la sainte eucharistie - De l'ordre - Du mariage - Des sépultures - Des séminaires - Du clergé - Des religieux et de leurs monastères - Des curés - Des chapitres et chanoines - Des évêques - Des simoniaques et confidentiaires - De l'usure - De la juridiction - De la visitation - etc.


Le chanoine Hubert Meurier (1535-1602), assistant lors de ce concile et compilateur du texte imprimé publié en 1586, était un infatigable orateur. Il profita de la prédication du jubilé de 1575 à Reims pour relayer la doctrine catholique réaffirmée à Trente. Meurier en 1535 à Amiens, fit ses études à l'université de Paris dont il devint docteur ; il enseigna la théologie au collège des Cholets. Protégé par les archevêques de Reims, il devint successivement chanoine du chapitre de cette ville, théologal (1570), doyen (1574), promoteur au concile provincial (1583), grand maître du collège des Bons-Enfants (1590). Ligueur acharné, il fut emprisonné par arrêt du Parlement, le 16 mars 1595. Libéré, il passa en Lorraine malgré les efforts de ses amis pour le retenir à Reims et vécut à Saint-Dié où il mourut chanoine et doyen le 10 mai 1602. Dans le cadre de la réforme catholique de l'archidiocèse rémois, entreprise par les cardinaux Charles de 1132 Lorraine et Louis de Guise, Meurier publie une Chrestienne et catholique exposition des saints et sacrez mystères de la messe… (3 vol. in-8°, Reims, 1584, 1586, 1598). Dans cet ouvrage comprenant quatre-vingt huit sermons, il veut donner un traité complet du sacrifice de la messe considéré comme le « vrai fondement de toute la communion chrétienne ». Il étudie chaque partie de la messe en se référant à l'enseignement du concile de Trente. Son traité constitue une pièce importante dans l'étude de la spiritualité eucharistique : il donne l'état de la théologie en France à la fin du 16e siècle et témoigne des premiers efforts tentés pour introduire les décrets conciliaires dans ce pays. Meurier formule des voeux en matière de pastorale : il demande un renouvellement de la prédication qu'il veut claire et en langue française. Il considère comme fondamentale la création de séminaires, dans lesquels il voit l'avenir de l'Église. On doit encore à Meurier, outre des discours de circonstance, la traduction du procès-verbal latin du concile de Reims rédigé par lui (Le premier concile provincial tenu à Reims, l'an 1583.., Reims, 1586), un Petit traité de l'antiquité, vrai usage et vertu tant des indulgences ecclésiastiques que des Agnus Dei (1587), un Traité de l'institution et vrai usage des processions (1584), trois sermons à l'occasion des processions blanches de Champagne (du 22 juillet au 25 octobre 1583), et le De sacris unctionibus (Paris, 1593) (source : Raymond Darricau, Article Meurier, Ed. Beauchesne, Tome 10, Col. 1131).


BELLE IMPRESSION RÉMOISE DU XVIe SIÈCLE.

VENDU


lundi 22 février 2016

La Salomé d'Oscar Wilde illustrée par Aubrey Beardsley. Rare édition française tirée à petit nombre en 1920. Rare tirage de tête sur Japon (35 exemplaires). Très bel exemplaire de ce magnifique ouvrage illustré.


Oscar WILDE - Aubrey BEARDSLEY, illustrateur

SALOMÉ. Drame en un Acte.

Paris, Edition à petit nombre réservée aux souscripteurs et non mise dans le commerce, 1920 [Corbière et Jugain, imprimeurs à Alençon, Novembre 1920]

1 volume grand in-8 (28,5 x 19,5 cm) de 84 pages, avec 12 bois gravés hors-texte, 1 titre illustré, 1 page de placement des gravures illustré, 1 essai de couverture illustrée, 1 cul-de-lampe tiré à part, soit 16 illustrations par Aubrey Beardsley. Complet.

Reliure demi-chagrin rouge sang, dos lisse titré en long. Couvertures violines conservées (les deux plats), avec étiquette de titrage imprimée pour le premier plat. Relié sur brochure, non rogné. Reliure à l'état proche du neuf, intérieur en excellent état. Très beau tirage des estampes d'Aubrey Beardsley.



NOUVELLE ÉDITION.

RARE EDITION FRANÇAISE PUBLIÉE A 285 EXEMPLAIRES POUR UN GROUPE D'AMATEURS.

CELUI-CI, 1 DES 35 EXEMPLAIRES SUR PAPIER JAPON.



Le détail du tirage est le suivant : 250 exemplaires sur vergé d'Arches et 35 exemplaires sur papier des manufactures impériales du Japon. Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon non réservés aux collaborateurs.

Notre exemplaire porte le n°2. Numéroté au composteur. Ce numéro ne permet pas de savoir s'il s'agit d'un des 5 exemplaires de collaborateur ou bien l'un des 35 exemplaires sur Japon. Ce tirage sur Japon est si rare que nous n'avons pu trouver de point de comparaison.



La justification du tirage imprimée est très intéressante et précise : "Une partie de l'édition de Salomé publiée, en 1907, à 500 exemplaires, a été détruite, en 1910, par les inondations de la Seine. Cette nouvelle édition est destinée à la remplacer."

On peut lire par ailleurs imprimé au verso de la dédicace imprimée "A mon ami Pierre Louÿs" : "Cette édition de luxe a été publiée avec l'autorisation de M. Robert Ross, l'exécuteur des oeuvres d'Oscar Wilde et avec le consentement de ses éditeurs, MM. Methuen & Co (de Londres)."



Cette très belle édition, parfaitement imprimée, sur beau papier Japon en ce qui concerne notre exemplaire, présente la particularité d'avoir le titre illustré non censuré (on voit les attributs sexuels mâles du faune qui ont été chastement masqués pour les éditions précédentes). L'ange au bas du même feuillet de titre illustré est lui aussi pourvu de ses attributs sexuels masculins. La planche "Enter Herodias" est couverte, avec la feuille de vigne.



A propos du célèbre illustrateur de cet ouvrage, Aubrey Beardsley, mort à l'âge de 25 ans : "C'est un grand artiste anglais qui vient de s'éteindre, phtisique, à peine âgé de vingt-quatre ans, sous le soleil de Menton. Tout le clan de la nouvelle esthétique en Angleterre sentira cruellement le deuil qui le frappe. Aubrey-Beardsley fut un des plus prodigieux exemples de la prématurité d'art instinctif qu'il ait été permis d'enregistrer. A quinze ans, sans professeur, sans direction, il se révélait illustrateur de premier ordre. Son dessin net, vigoureux, précis, déroutait, inquiétait, passionnait par son extravagante originalité de conception et de facture les vétérans de l'art contemporain. On y retrouvait, avec un véritable malaise d'analyse, les styles grecs, persans, hindous, arabes, les visions du quinzième siècle, les grâces de notre dix-huitième, tout cela mêlé à des procédés vaguement tonkinois, à des reconstitutions de pantalonnades italiennes, à de somptueuses décorations dans le goût des premiers xylographes. A chacune de ses oeuvres nouvelles, tous les amateurs de Londres tombaient en émoi ; à Paris, Beardsley avait ses fidèles admirateurs et aussi ses élèves, ou plutôt ses plagiaires, à un âge où l'on tâte encore le chemin. Ses eaux-fortes et vignettes pour la (sic) Morte d'Arthur sont des chefs-d'oeuvre ; il y faisait revivre avec un maniérisme exquis le cycle de la table ronde ; ses dessins pour la Salomé d'Oscar Wilde, ceux de la revue The Savoye (sic) et du Yellow-Book ont été les points de départ de toute une nouvelle école de noir et blanc. C'est un véritable maître qui disparaît. Aubrey-Beardsley adorait Paris ; il était venu s'y fixer le dernier printemps sur le quai Voltaire, avant d'aller villégiaturer à Saint-Germain. Grand, maigre, diaphane, avec des yeux démesurés, des oreilles décollées, des cheveux rares, il était impressionnant à voir. - Au travers de sa chemise de lumière - comme disent les mages - on lisait la brièveté de sa destinée. Il aura du moins en sa précocité connu et peut-être apprécié tous les avantages des succès immédiats." Octave Uzanne, Visions de Notre Heure, Choses et Gens qui passent. Paris, H. Floury, (26 mars 1898) 1899.



Salomé est une tragédie d'Oscar Wilde dont la version originale de 1891 est en français. Une traduction en anglais a suivi trois ans plus tard. La pièce, en un acte, repose sur l'épisode biblique de Salomé, belle-fille du tétrarque de Galilée Hérode Antipas, qui, à la consternation de son beau-père, mais au grand plaisir de sa mère Hérodiade, demande qu'on lui apporte la tête de Iokanaan (Jean le Baptiste) sur un plateau d'argent comme récompense pour avoir exécuté la danse des sept voiles. Wilde écrivit cette pièce à Paris, où il s'était retiré après avoir achevé L'Éventail de Lady Windermere. Il la dédia à Pierre Louÿs, qui apporta quelques corrections au texte mais n'intervint que très peu. Séduite par le rôle-titre, Sarah Bernhardt décida de l'interpréter elle-même, et les répétitions commencèrent au Palace Theatre de Londres. Ces répétitions durent toutefois s'interrompre lorsque la censure du Lord Chamberlain eut interdit Salomé au motif qu'il était illégal de représenter sur scène des personnages bibliques. Indigné, Wilde envisagea de renoncer à sa nationalité britannique et de devenir français afin de ne plus avoir à subir de telles restrictions. Illustration d'Aubrey Beardsley pour Salomé : Iokanaan et Salomé Le texte de la pièce fut publié pour la première fois en français en 1893. Interrogé sur la raison pour laquelle il avait choisi d'écrire Salomé en français, Wilde cita le Flamand Maurice Maeterlinck comme un exemple de l'effet intéressant qui résulte quand un auteur écrit dans une langue qui n'est pas la sienne. La traduction en anglais parut en 1894 chez les éditeurs Elkin Mathews & John Lane, avec des illustrations dues à Aubrey Beardsley. Sur la page de dédicace, Wilde indique comme traducteur lord Alfred Douglas. En fait, Wilde s'était querellé avec lui au sujet de la traduction, peu satisfait de ce travail dont « le résultat fut décevant ». Il semble que le texte anglais soit l'œuvre de Wilde lui-même, qui s'est fondé sur ce qu'avait fait Lord Alfred Douglas. Ce fut à cette époque que s'ouvrit le procès au cours duquel s'opposèrent Wilde et le marquis de Queensberry, père d'Alfred Douglas, et à l'issue duquel, le 25 mai 1895, Wilde se vit condamné à deux ans de travaux forcés et emprisonné le soir même. La première de Salomé à Paris eut lieu en 1896 au théâtre de l'Œuvre ; des lithographies de Toulouse-Lautrec en illustraient le programme. Wilde était alors incarcéré à la geôle de Reading. L'interdiction du Lord Chamberlain ne fut pas levée avant presque quarante ans. La pièce fut cependant montée, de façon privée, dès 1905 avec une mise en scène de Florence Farr, ainsi qu'en 1906 à la Literary Theatre Society de King's Hall, Covent Garden. Salomé fut produite en Angleterre pour la première fois au Savoy Theatre le 5 octobre 1931. (source : Wikipédia)



Beaucoup voient en la Salomé de Wilde illustrée par Aubrey Beardsley l'un des premiers essais dans l'Art Nouveau. Son art, jugé grotesque et décadent par la bonne société de son époque, a plus tard été vu comme une critique de l'hypocrisie de la société victorienne.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE DU TRÈS RARE TIRAGE DE LUXE SUR PAPIER DU JAPON.

Prix : 1.800 euros



jeudi 11 février 2016

L'Autre Monde ou les Etats et Empires du Soleil et de la Lune, Histoire des Oiseaux, par Cyrano de Bergerac. Superbe édition bibliophilique illustrée par Maurice de Becque (1944). 1 des 50 ex. de collaborateurs.


CYRANO DE BERGERAC - Maurice DE BECQUE, illustrateur

L'AUTRE MONDE. Les Etats et Empires de la Lune. Les Etats et Empires du Soleil. Histoire des Oiseaux. Illustrations à l'eau-forte de Maurice de Becque.

Editions des Moulins d'Auvergne, Clermont-Ferrand, 1944 (Imprimerie X. Perroux et Fils à Mâcon)

1 volume in-4 (24 x 19 cm), en feuilles, sous couverture rempliée imprimée et emboîtage toile de l'éditeur. Excellent état, proche du neuf.

ÉDITION BIBLIOPHILIQUE.

TIRAGE A 400 EXEMPLAIRES.

CELUI-CI, 1 DES 50 EXEMPLAIRES HORS-COMMERCE AVEC SUITE EN BISTRE, RÉSERVÉS AUX COLLABORATEURS.



Tous les exemplaires ainsi que les suites sont tirés sur papier d'Auvergne pur fil, fait à la main, comme au moyen âge.

Texte établi par P. Bondois, archiviste paléographe au Département des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale. Préface d'Emile Magne. Quinze illustrations à l'eau-forte, dessinées et gravées par Maurice de Becque.

Très belle édition bibliophilique illustrée (posthume) avec une grande finesse et l'esprit qui sied à Cyrano par Maurice de Becque (1878-1938). Edition publiée 6 ans après le décès de l'illustrateur.



Trop éclipsé par l'excellent Cyrano d'Edmond Rostand, le véritable Cyrano de Bergerac existe bel et bien et a laissé des textes d'une philosophie majeure. Les Etats et Empires du Soleil et de la Lune (parus pour la première fois en 1657. Certains commentateurs, dont Madeleine Alcover, considèrent les deux Voyages comme les deux volets d'un même projet romanesque, intitulé L'Autre monde. L'œuvre raconterait les voyages d'un même personnage, Je sur la Lune, et Dyrcona sur le Soleil (Dyrcona étant l'anagramme de D(e) Cyrano). La structure de chacune des deux parties est assez similaire : sur la Lune comme sur le Soleil, le narrateur rencontre différentes personnes avec lesquelles il aborde toutes sortes de sujets, et subit un procès dont une intervention extérieure le sauve. Cette œuvre est considérée comme un des premiers romans de science-fiction. L'auteur y décrit ses voyages dans la Lune et le Soleil et rend compte des observations qu’il a pu y faire de sociétés indigènes, dont le mode de vie est parfois totalement différent de celui des terriens, voire choquant, et parfois au contraire identique, ce qui lui permet d’en dénoncer indirectement les limites. Ces voyages imaginaires sont avant tout prétextes à exprimer une philosophie matérialiste. Le voyage de Je-Dyrcona est un voyage initiatique, il se qualifie lui même comme une « personne qui n'avait risqué les périls d'un si grand voyage que pour apprendre ». Ce dernier ne cesse de questionner tous ceux qu'ils rencontrent pour s'instruire sur leurs mœurs, leurs sciences, leur philosophie … Cependant, à l'inverse du roman d'apprentissage classique, Je-Dyrcona ne va pas découvrir des vérités, et bien au contraire, ce qu'il tenait pour vrai va être détruit. En effet, chacun de ses interlocuteurs énonce des vérités qui seront par la suite détruites par un autre interlocuteur. Il s'agit donc bien plus d'un roman épistémologique. On peut y voir une sorte de mise en garde contre la Vérité, rappelant la relativité de toute connaissance et de tout savoir (d'autant plus vrai à l'époque) ; ce qui donne toute sa place à cette œuvre dans le mouvement du libertinage intellectuel du xviie siècle. L'Histoire des Oiseaux est quant à elle extraite des Empires de la Lune. Cet épisode ou « histoire » des Oiseaux natifs du Soleil expose en effet les marques d’un système politique et sociétal assez original, car tout à fait opposé, ou presque, à celui des humains. 

SUPERBE EXEMPLAIRE.

Prix : 650 euros



mardi 9 février 2016

Bibliophilie - Les Oeuvres diverses du Sieur Nicolas Boileau-Despreaux (1685). Superbe exemplaire relié en maroquin signé Hardy de la quatrième édition collective, en partie originale.


Nicolas BOILEAU DESPREAUX

ŒUVRES DIVERSES DU SIEUR D * * * AVEC UN TRAITÉ DU SUBLIME ET DU MERVEILLEUX DANS LE DISCOURS, traduit du grec de Longin. Nouvelle édition revue et augmentée.

A Paris, chez Claude Barbin, 1685

2 tomes en 1 volume petit in-8 (167 x 94 mm - Hauteur des marges : 163 mm), de [6 ff. n. ch.]-298-[7 ff. n. ch. de table]- 1 p. d'extrait du privilège (décembre 1683), 190 pp. ch. et 4 ff. n. ch. de table. 5 figues hors-texte d'après Landry et Paillet, gravées par Vallet.

Reliure plein maroquin rouge vermillon, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, tranches dorées sur marbrure, triple-filet doré en encadrement des plats, jeu de roulettes et filets dorés en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier peigne (reliure du milieu du XIXe siècle signée HARDY). Exemplaire lavé et réencollé au moment de la reliure. Parfait exemplaire, d'une fraîcheur remarquable.

QUATRIÈME ÉDITION COLLECTIVE, EN PARTIE ORIGINALE.



Edition en partie originale des Oeuvres poétiques de Boileau, contenant cinq épigrammes de plus que les précédentes ainsi que le Remerciement à l'Académie Française. Ce volume contient les Satires (Satires I à IX, ainsi que le Discours sur la Satire), les Epîtres (Epîtres I à IX, ainsi que la Lettre à Monseigneur le Duc de Vivonne sur son entrée dans La Fare de Messine, l'Art poétique en vers (Chants I à IV), Le Lutrin, Poème héroïque (Chants I à VI), les Epigrammes, le Traité du Sublime et du Merveilleux dans le Discours traduit du grec de Longin, et enfin, les Remarques sur ce Discours.

Notre exemplaire est un des rares exemplaires qui portent l'adresse du libraire Claude Barbin. Boileau avait cédé sont privilège au libraire Denis Thierry qui lui-même a dû partager des exemplaires avec le libraire Claude Barbin.



Nicolas Boileau était le quinzième enfant de Gilles Boileau, greffier de la Grand' Chambre du Parlement de Paris, Nicolas Boileau est, dès son plus jeune âge, destiné au droit. Il a deux frères : Gilles Boileau et Jacques Boileau. Nicolas Boileau est d'abord un enfant de constitution fragile qui doit se faire opérer de la taille à l'âge de onze ans. Il commence ses études au collège d'Harcourt. Ce n'est qu'en troisième, après avoir rejoint le collège de Beauvais pour étudier le droit, qu'il se fait remarquer par sa passion pour la lecture des grands poètes de l'Antiquité. Boileau, aidé de sa famille, a probablement forgé de toutes pièces une généalogie qui lui accordait un titre de noblesse et qu'il faisait remonter jusqu'au xive siècle, à Jean Boileau, un notaire royal anobli par Charles V. Nicolas Boileau revendiquait un blason dont les armes étaient « de gueules à un chevron d'argent accompagné de trois molettes d'or ». Cependant, rien dans la condition de Boileau ne laisse à penser qu'il ait pu avoir de véritables titres nobiliaires. Les premiers écrits importants de Boileau sont les Satires (composées à partir de 1657 et publiées à partir de 1666), inspirées des Satires d'Horace et de Juvénal. Il y attaque ceux de ses contemporains qu'il estime de mauvais goût, comme Jean Chapelain, Philippe Quinault ou encore Georges de Scudéry. Au contraire, il est un admirateur de Molière et, plus tard, de La Fontaine et de Jean Racine. Sa première satire paraît dans un temps où, malgré les succès de Pierre Corneille et de Molière, Jean Chapelain est encore la principale autorité en littérature. Les sept premières satires, qui paraissent en 1666, obtiennent un succès considérable qu'accroit encore la haine maladroite des auteurs que le jeune poète avait critiqués. Il leur répond dans une nouvelle satire, la neuvième, où se trouvent réunies élégance du style et plaisanterie piquante. Toutes ses Satires sont violemment attaquées par l'abbé Charles Cotin qui lui reproche son manque de tact et de diplomatie face aux autres poètes. Inversement l'abbé Cotin fait partie des cibles les plus fréquentes des Satires. La douzième satire, Sur l’Équivoque, a été interdite par Louis XIV sur l'intervention du père Le Tellier, confesseur du roi, malgré les démarches contraires du duc de Noailles. Elle circula cependant, après avoir été imprimée clandestinement sur instruction de l'abbé Boileau qui se vengeait ainsi des Jésuites, en même temps que pour venger son frère. Parvenu à l'âge de la maturité, il compose ses Épîtres, parues de 1669 à 1695 dans un style peut-être plus mûr et plus serein. Parallèlement, il traduit en 1674 le Traité du sublime du pseudo-Longin. Il commence la même année son Art poétique ainsi que Le Lutrin, œuvre entreprise sur un défi du président de Lamoignon où Boileau fait référence à Accurse. Il définit les différents genres avec précision, et donne les règles du beau en même temps qu'il en offre le modèle. Il est au xviie siècle l'un des principaux théoriciens de l'esthétique classique en littérature, ce qui lui vaudra plus tard le surnom de « législateur du Parnasse ». Il est l'un des chefs de file du clan des Anciens dans la querelle des Anciens et des Modernes, une polémique littéraire et artistique qui agite l'Académie française à la fin du xviie siècle, et qui oppose deux courants antagonistes sur leurs conceptions culturelles. Comme poète, Boileau entreprend de définir le goût, et cherche à fixer d'une manière claire et précise les lois et les ressources de la poésie classique. Prenant modèle auprès des grands poètes de l'Antiquité, qu'il défend et qu'il admire, il travaille avec une lente rigueur et cherche à ne pas être injuste dans ses satires. Malgré la prévention des philosophes du XVIIIe siècle, Boileau est aujourd'hui encore souvent pris comme référence scolaire pour la justesse, la solidité et le goût, l'art de conserver à chaque genre la couleur qui lui est propre, l'objectivité dans ses tableaux comme dans ses jugements, l'art de faire valoir les mots par leur arrangement, de relever les petits détails, d'agrandir son sujet, d'enchâsser des pensées fortes et énergiques dans des vers harmonieux mais toujours dominés par la raison. Mme de Sévigné dit de lui qu’il était « tendre en prose et cruel en vers. » (source : Wikipédia).

"Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément."

(Chant I de l'Art poétique, extrait)

Provenance : aucune marque d'appartenance.

Références : Rochebilière, 508 ; Tchémerzine II, 274. On lit dans la notice bibliographique de l'édition de Paris, Philippe, 1837 : "Des commentateurs ont nié l'existence de cette édition ; d'autres l'ont citée quelquefois, mais la plupart d'entre eux sans l'avoir vue." (n°48, note).

SUPERBE EXEMPLAIRE.

VENDU

jeudi 4 février 2016

Bibliophilie champêtre ... Manuel des Champs (par Chanvallon) ou Recueil choisi, instructif et amusant de tout ce qui est le plus nécessaire et le plus utile, pour vivre à la campagne avec aisance et agrément. Troisième édition revue et corrigée exactement. Bel exemplaire bien relié à l'époque.


[M. DE CHANVALLON - revue par le Père d'ARDENNES]

MANUEL DES CHAMPS OU RECUEIL CHOISI, INSTRUCTIF ET AMUSANT de tout ce qui est le plus nécessaire et le plus utile, pour vivre à la campagne avec aisance et agrément. Troisième édition revue et corrigée exactement.

Paris, Lottin le Jeune, 1769

1 volume in-12 (16,7 x 10,3 cm), de XXIV-580 pages.

Reliure de l'époque plein veau marbré, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, gardes de papier peigne, tranches rouges. Très bel état. A noter une habile restauration de l'extrémité de la coiffe inférieure, légère épidermure au bas du deuxième plat, une légère tache sans gravité courant de la marge des 5 derniers feuillets. Sinon volume d'une très grande fraîcheur, tant de la reliure que du corps d'ouvrage (voir photos).

NOUVELLE ÉDITION.



L'abbé de Chanvalon était religieux et prêtre oratorien. Il est mort en 1763. Il habitait la Provence sur la fin de sa vie. Il se livra à l'étude de la botanique et de l'agriculture, et publia le résultat de ses observations dans un petit ouvrage, le Manuel des champs. Les deux éditions de 1764 et 1765 sont les seules qui portent le nom de l'auteur, qui disparaît des éditions postérieures. C'est un bon abrégé tiré des meilleures sources ; mais comme les plantes y sont désignées par les noms vulgaires usités en Provence, il est difficile de les reconnaître. L'auteur en indique plusieurs qui croissent sur les Alpes, et il dit en avoir fait connaître une centaine à Fardel, botaniste provençal, qui a écrit sur les plantes de son pays. Il a voulu donner aux amateurs un manuel utile et pratique, en s'inspirant des meilleurs auteurs agronomiques de l'époque. Chanvalon était plus habile agronome que botaniste ; il s'étend beaucoup sur les jardins, qu'il recommande de couper par des murs pour augmenter la chaleur et affaiblir la violence du vent, comme cela se pratiquait avec tant d'avantages au village de Montreuil, près de Paris. Il donne aussi des détails fort étendus sur les melons. L'ouvrage fut réimprimé avec des corrections et additions en 1769 par les soins du Père d'Ardennes, qui y réunit un autre ouvrage, Économie rustique, ou Notions simples sur la botanique, la médecine, la pharmacie, la cuisine et l'office. L'ouvrage connut un grand succès et fut réimprimé jusqu'en 1786, à Liège. La première partie concerne les jardins (aménagement, outils, travaux) ; la seconde traite des champs, prés et bois, et contient plusieurs chapitres sur la vigne et le vin, la bière, le cidre, l'hydromel et autres boissons, ainsi que sur la chasse et la pêche. Le livre III traite des animaux domestiques, de la basse-cour, d'apiculture et de sériciculture. (source : Wikipédia)



Provenance : Arnault (?), avec signature autographe sur le titre et faux-titre. Quelques notes manuscrites de l'époque sur les gardes.



BEL EXEMPLAIRE.

Prix : 450 euros



mercredi 3 février 2016

Bibliophilie FIGURES CONTEMPORAINES tirées de l'ALBUM MARIANI. Portraits - Biographies - Autographes, soixante-seize gravures à l'eau-forte par A. Lalauze. Causerie préliminaire par Armand Silvestre. Second volume (1896). Reliure en maroquin de Noulhac. Rare tirage de tête sur papier du Japon.


COLLECTIF [Joseph UZANNE pour les notices biographiques] - A. LALAUZE, graveur

FIGURES CONTEMPORAINES tirées de l'ALBUM MARIANI. Portraits - Biographies - Autographes, soixante-seize gravures à l'eau-forte par A. Lalauze. Causerie préliminaire par Armand Silvestre.

Second volume.

Paris, Librairie contemporaine Henri Floury, 1896

1 volume in-4 (28,5 x 20 cm), 6 feuillets non chiffrés et 73 notices biographiques (2 pages de texte, 1 feuillet avec eau-forte et autographe (et parfois un dessin reproduit) et 1 feuillet de tirage de l'eau-forte en sanguine, avant la lettre. Au total 146 eaux-fortes dans ce volume.

Reliure de l'époque plein maroquin ivoire, dos à nerfs, tête dorée, encadrement intérieur de maroquin avec filets dorés, doublure de papier ivoire incrustée au centre (bruni), garde de soie tissée (reliure signée NOULHAC 1902). Dos bruni, quelques salissures sur les plats, sinon excellent état. Intérieur parfait.



ÉDITION DE GRAND LUXE.

CELUI-CI, 1 DES 50 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR JAPON IMPÉRIAL AVEC SUITE.



Le détail du tirage de luxe est le suivant : 50 ex. sur Japon Impérial avec suite des eaux-fortes en sanguine (notre exemplaire n'a pas été numéroté à la presse) ; 50 exemplaires sur papier vélin d'Arches avec suite ; 400 exemplaires sur papier teinté d'Arches.



Angelo Mariani est d'origine corse. Il vient rapidement sur le continent et entame une carrière de préparateur en pharmacie. Il développe alors vers la fin de l'année 1870 un vin tonique fait à base de vin rouge de Bordeaux et d'extrait de feuilles de Coca. Le "Vin Mariani" connait dès lors un succès fulgurant et fait bientôt la fortune de son inventeur. Il eut, très tôt, l'intelligence de s'entourer d'hommes d'influences du monde des lettres, des arts et de la politique. Ainsi son vin tonique fut promu avec enthousiasme par toute une partie de l’intelligentsia de son temps. Allié à de féroces campagnes de publicité dans la presse, Mariani sut imposer son vin à la coca comme le vin tonique à la mode (il en existait alors des dizaines). Lorsque Mariani lance son premier essai d'Album Mariani en juillet 1891. Cette première série compte vingt-quatre portraits contemporains gravés à l'eau-forte par A. Lalauze (Paris, G. Richard, 1891). Le premier volume définitif parait en 1894 avec 75 portraits (dont les 24 premiers). Ce second volume, parut en 1896 compte 76 portraits de célébrités de l'époque : Emile Zola, Bartholdi, Emma Calvé, Alexandre Dumas fils, Jean Richepin, Anna Judic, etc. Nombreux sont celles et ceux qui sont largement oubliés aujourd'hui. Les Figures Contemporaines Mariani en conserve le souvenir intact. Les notices, bien que non signées, sont de Joseph Uzanne (frère d'Octave Uzanne, ami d'Angelo Mariani, et très probable co-initiateur de cette publication). Les Album Mariani se succéderont pour atteindre 14 volumes en 1925. Octave Uzanne écrivait en guise de prélude iconographique au premier volume : "Nous pensons que M. A. Mariani, en entreprenant l'édition superbe de ses albums, déjà non moins illustres en France que sur les principaux points du globe, s'est pénétré de ces vérités psychiques et qu'il a, en créant son Exposition de Portraits modernes, obéi à un programme supérieurement élaboré comme portée de divulgation de son produit philanthropique. - Ce dont nous sommes toutefois d'ores et déjà assuré, c'est qu'il est en train de réaliser une des idées les plus ingénieuses et à la fois les plus utiles de ce temps, cependant si fécond en conceptions originales. Sous prétexte de provoquer une sorte de reconnaissant Plébiscite parmi les hommes marquants de l'heure présente qui ont pu apprécier les vertus reconstituantes de la Coca assimilée au vin de France, il a ouvert une Galerie de Contemporains déjà remarquablement tapissée de nombreux portraits de personnages en vue et qui, tenue à jour avec méthode et zèle pendant quelques années encore, formera bientôt la plus complète et la meilleure iconographie de cette fin du XIXe siècle." (extrait).



RARE TIRAGE DE GRAND LUXE SUR JAPON EN MAROQUIN DE L'EPOQUE.

VENDU