mardi 9 juin 2015

La Leçon bien apprise par Anatole France et imagée par Léon Lebègue, pour Octave Uzanne et les Bibliophiles indépendants (mai 1898). Superbe exemplaire en pleine chevrette blanche. Rare.



Anatole FRANCE - Léon LEBÈGUE, illustrateur - Octave UZANNE, éditeur

LA LEÇON BIEN APPRISE, conte par Anatole France imagé par Léon Lebègue pour les Bibliophiles indépendants.

Paris, Bibliophiles indépendants [H. Floury, libraire], [mai] 1898, [sur les presses de Lahure à Paris].

1 volume petit in-4 (24 x 17,5 cm), XXIV-(1) pp. + suite de chaque page en noir sur Chine. Toutes les pages sont illustrées pleine page (27) et mises en couleurs au pochoir à l'aquarelle.

Reliure bradel moderne pleine chevrette blanche, doublures et gardes de papier à relief et motif de rosaces gothiques répétées, reliure muette (reliure signée Elsa Rambour). Exemplaire à l'état proche du neuf. Intérieur très frais. Tous les exemplaires sont imprimés sur un beau papier Japon, la suite non aquarellée sur papier de Chine.


ÉDITION ORIGINALE.



ÉDITION BIBLIOPHILIQUE DIRIGÉE PAR OCTAVE UZANNE POUR LES BIBLIOPHILES INDÉPENDANTS.


TIRAGE A 210 EXEMPLAIRES SEULEMENT POUR LES SOUSCRIPTEURS.

BIEN COMPLET DE LA SUITE DE TOUTES LES PAGES EN NOIR SUR PAPIER DE CHINE.



CELUI-CI PORTE LE N°118.


La Leçon bien apprise d'Anatole France (qui sera reprise dans les Contes de Jacques Tournebroche en 1909 et illustrés par le même Léon Lebègue) est un conte moyen-âgeux du temps de Louis XI. L'histoire de Violante, une femme mal mariée dans sa jeunesse à un avocat très aigre, malingre et faible de complexion. La dame aimait joyaux et dentelles, se laver le visage au lait d'ânesse. Son confesseur la réprimandait sur sa légèreté. Les amants se bousculent mais elle se refuse en dame vertueuse déclarée. A son confesseur qui part pour Venise elle demande de rapporter un miroir. Celui-ci lui ramène un crâne de mort ! Voilà ce qu'elle deviendrait si elle continuait à jouer la coquette. La dame dit retenir la leçon. Mais un Chevalier de ses soupirants vint à la prendre par force ... enfin presque. La dame s'étant livrée sans trop de résistance. Elle avait retenu la leçon : il faut se hâter de faire l'amour et bien remplir le petit espace de temps qui nous est réservé pour cela. La leçon était apprise ... et l'avocat malingre ... cocu !


Ce livre magistralement illustré avec toute la truculence rendue par les aquarelles de Léon Lebègue, est l'un des plus réussis pour les Bibliophiles indépendants. Octave Uzanne a dirigé, comme à son habitude, de bout en bout, la mise en train de ce luxueux volume. Il a été habillé sous notre direction par Elsa Rambour d'une peau de chevrette blanche immaculée qui laisse le champ libre à l'illustration des plats et du dos à l'aquarelle à qui voudra bien l'entreprendre.


TRÈS BEL EXEMPLAIRE DE CE LIVRE RARE ET MAGNIFIQUE.



Prix : 1.600 euros



vendredi 5 juin 2015

La plus rare des éditions anciennes des Lettres de la marquise de Sévigné (La Haye, Neaulme et Gosse, 1726). Bel exemplaire en condition d'époque. Rarissime.




MARQUISE DE SÉVIGNÉ (MARIE DE RABUTIN-CHANTAL)

LETTRES DE MADAME RABUTIN-CHANTAL, MARQUISE DE SÉVIGNÉ, à Madame la comtesse de Grignan, sa fille. Tome premier et deuxième (complet).

A La Haye, chez P. Gosse, J. Neaulme & comp., 1726.

2 volumes in-12 (17 x 11 cm) de (18/20)-344-(1) et (2)-298-(13) pages. Titres imprimés en rouge et noir. 2 feuillets manquant entre l'avertissement et la préface (manque la fin de l'avertissement et le début de la préface).

Reliure plein veau brun de l'époque, dos à nerfs orné aux petits fers, pièce de titre. Premières gardes renouvelées. Notre exemplaire a été relié à l'époque sans deux feuillets au début du volume faisant partie de l'avertissement et de la préface. Aucune de trace d'arrachage. Quelques traces et usures à la reliure sans gravité, légère usure à l'extrémité de la coiffe supérieure, coins frottés. La page de titre du tome 1 présente des écritures anciennes à l'encre (ex libris), une tache d'encre au bas, ainsi que quelques traits de plume au verso. Quelques rares et légères salissures à l'intérieur du volume. Exemplaire néanmoins très frais.


IMPORTANTE ÉDITION EN PARTIE ORIGINALE.

TRÈS RARE ÉDITION HOLLANDAISE PARUE LA MÊME ANNÉE QUE L’ÉDITION ORIGINALE EN GROS CARACTÈRE PUBLIÉE A ROUEN, MAIS CONTENANT 43 LETTRES OU FRAGMENTS DE LETTRES DE PLUS.

EXEMPLAIRE INCOMPLET DE 2 FEUILLETS DANS LES PIÈCES LIMINAIRES (voir descriptif).


Cette édition, postérieure de quelques semaines ou quelques mois à celle de Rouen et à ses contrefaçons, contient 177 lettres ou fragments de lettres ; le tome 1 se termine par la lettre XCV. Les 4 lettres à Coulanges sont ici rejetées au tome II (p. 235 à 244). Cette impression reproduit, avec quelques variantes, la préface de l’édition de Rouen et la fait précéder d’un avertissement de 8 pages qui fait la critique de l’édition antérieure de la même année et relève les avantages de la nouvelle. La comparaison du contenu de l’une et l’autre des premières éditions (Rouen et La Haye) ne permet guère de douter qu’il y eût des copies diverses des originaux communiqués par Mme de Simiane. Cette édition de La Haye aurait été donnée par un certain J. J. Gendebien (d’après une note de l’exemplaire Walckenaer). On trouve à la fin du deuxième volume un important catalogue des livres en vente chez P. Gosse (compris dans la pagination et étrangement placé avant la table).

Références : Tchémerzine V, 320 : « cette édition est d’une très grande rareté. » ; Edition des Grands Écrivains de la France, Lettres de Mme de Sévigné, tome XI ; Rothschild, n°1888 (ex. relié par Trautz-Bauzonnet).

BEL EXEMPLAIRE EN CONDITION D’ÉPOQUE (manque 2 feuillets dans les pièces liminaires).

Prix : 2.800 euros


jeudi 4 juin 2015

Etienne Cabet, théoricien politique : "Voyage en Icarie" (1848). Cinquième édition de cette utopie sociale et politique basée sur le communisme.




Étienne CABET

VOYAGE EN ICARIE PAR M. CABET.

Paris, Au Bureau du Populaire, 1848. Typographie Félix Malteste et Cie.

1 volume in-12 (18 x 12 cm) de (4)-VIII-600 pages.

Reliure demi-chagrin marron, dos à nerfs, fleurons dorés, plats de papier décoré, doublures et gardes de papier marbré (reliure de l'époque). Reliure légèrement frottée, intérieur frais sans rousseurs.

Provenance : Ex-libris Charles Marolle. Exemplaire vendu (sorti du catalogue) par la Keele University (UK), nous fournissons avec l'exemplaire le courrier qui certifie que cet exemplaire est sorti légalement des fonds de cette bibliothèque universitaire anglaise. (cachet sur les tranches et timbre sec sur la page de titre).

CINQUIÈME ÉDITION.

L'aventure de l'ouvrage fondamental d'Étienne Cabet est une des plus intéressantes du XIXe siècle. Ce dijonnais, fils d'un maître-tonnelier, né en 1788 et mort à Saint-Louis (Missouri, USA) en 1856, était un théoricien politique français, classé parmi les socialistes utopiques par Karl Marx et Friedrich Engels, qui lui opposent un socialisme scientifique. C'est en 1840, à Londres, qu'il écrivit ce Voyage en Icarie (publié pour la première fois sous ce titre en 1842 et sous son véritable nom), description d'une cité idéale ; et fonda en 1848 une communauté utopique du même nom, Icarie, sur les bords de la rivière Rouge, au Texas.

Son Voyage en Icarie est le plan détaillé d'une utopie communiste. Dans sa préface, Cabet le présente comme « un véritable traité de morale, de philosophie, d'économie sociale et politique », qu'il invite ses lecteurs à « relire souvent et étudier ». Les malheurs de l'humanité sont selon Cabet dus à la « mauvaise organisation de la Société », résultant dans son « vice principal », l'« Inégalité ». La première partie de Voyage en Icarie décrit un jeune aristocrate anglais découvrant sur l'île Icaria une « grande Nation organisée en Communauté », une république — mais Cabet précise dans sa préface qu'il s'agit là d'une res publica au sens large : « Une Monarchie réellement représentative, démocratique, populaire, peut être mille fois préférable à une République artistocratique », explique-t-il. La deuxième partie de l'ouvrage, plus didactique, explique comment la transition s'est effectuée, d'une « grande et vieille Nation » en une « Communauté », grâce à un « Régime transitoire » démocratique. Cabet expose les théories et les doctrines du régime communautaire. Selon Cabet, les communistes sont les disciples, les imitateurs et les continuateurs de Jésus-Christ et des premiers Chrétiens, qui avaient eux-mêmes renoncé à la propriété individuelle. Cabet propose de revenir à ce communisme primitif en éliminant d’abord ce qu'il voit comme la principale cause de la décadence actuelle, l'« Inégalité ».

"(…) L'inégalité de fortune, la propriété et la monnaie, enfantent les privilèges et l'aristocratie, puis l'opulence et la misère, puis la mauvaise éducation, puis la cupidité et l'ambition, puis tous les vices et tous les crimes, puis tous les désordres et le chaos, puis toutes les calamités et toutes les catastrophes. Oui, examinez, réfléchissez, remontez, dans toutes les sociétés, à l'établissement de la propriété et de la monnaie, et surtout de l'illégalité illimitée de fortune, remontez de faits en faits, d'événements en événements, d'institutions en institutions, de législateurs en législateurs, de causes secondes en causes premières, de conséquences en principes, de nécessités en nécessités, de jour en jour et de siècle en siècle : vous trouverez toujours et partout, pour cause unique du mal, opulence et misère !" (Extrait)

"Et par conséquent le remède, l'unique remède du mal, c'est la suppression de l'opulence et de la misère, c'est-à-dire l'établissement de l'égalité, de la communauté de biens et d'une bonne éducation. (…)" (Extrait)

"Avec la communauté, plus de pauvres ni d'oisifs ; plus de crimes ni de supplices, plus d'impôts ni de police, plus de contestations ni de procès, plus d'inquiétudes ni de soucis ; tous les citoyens amis et frères ; tous non seulement heureux, mais également heureux !" (Extrait)

L'histoire de la colonie d'Icarie aux États-Unis d'Amérique : Le 10 octobre 1847, environ 150 personnes réunies dans les locaux du journal “ Le Populaire ” votent l’“ Acte de Constitution d’Icarie ”, élisent comme président Étienne Cabet et établissent le “ bureau de l’immigration Icarienne ” dans ces locaux. En décembre, Charles Sully est envoyé comme éclaireur pour préparer le terrain situé sur les rives de la Red River vers la ville de Cross Timber au Texas. Le 3 février 1848, 69 colons dirigés par Gouhenart, un peintre et marchand de tableaux, en l’absence de Cabet qui purge une peine de prison embarquent au port du Havre. Ils n’arrivent sur leur terrain qu’en juin 1848 après une longue et pénible marche parce que la Red River n’est pas praticable jusqu’à Cross Timber. Là, ils tentent d’organiser leur communauté mais sont vite découragés par le climat malsain : plusieurs colons y meurent à cause de la fièvre paludique. Ils décident donc de se rendre en Nouvelle Orléans où, après avoir rencontré d’autres colons Icariens embarqués le 15 octobre, le 2 et le 12 novembre à Bordeaux qui sont dans une situation identique à la leur, ils votent la dissolution de la communauté Icarienne. Cabet, dès son arrivée en Nouvelle Orléans le 19 janvier 1849, tente de reprendre les choses en main ; il convoque une assemblée générale grâce à laquelle il arrive à convaincre 280 hommes, 74 femmes et 64 enfants sur un total de 485 colons à poursuivre l’aventure Icarienne. C’est ainsi que le premier mai 1849 les colons arrivent dans l’Illinois à la ville de Nauvoo fondée en 1840 par les Mormons qu’ils abandonnèrent par la suite. Le climat est sain et les terres son fertiles. Pendant l’assemblée générale du 21 février 1850, les colons votent la constitution définitive de la communauté Icarienne. La communauté prospère et les colons, français comme américains affluent jusqu’en décembre 1855. En effet, une crise interne due à l’insurrection de plusieurs colons qui jugent Cabet trop autoritaire et le système qu’il a mis en place trop liberticide, se résout par son départ, en octobre 1856, accompagné de 75 hommes, 47 femmes et 50 enfants, pour Saint Louis dans le New Bremen. C’est là, peu après leur installation, que Cabet meurt d’une attaque cérébrale. Mercadier qui est élu président afin de lui succéder décide de quitter Saint Louis en mai 1858 pour installer la communauté à Cheltenham. La communauté prospère jusqu’en 1863 quand les colons doivent prononcer sa dissolution, ruinés par la Guerre de Sécession. J.-B. Gérard, qui avait succédé à Cabet dans la ville de Nauvoo décide en 1857, alors à la tête de 240 colons, d’installer la communauté à Corning dans l’Iowa sur les rives de la Nodaway. Certains décident alors de retourner en France, d’autre de rester à Nauvoo en abandonnant la communauté et d’autres encore suivent Gérard. En 1863, la communauté Icarienne de Corning n’est plus composée que de soixante personnes mais sa prospérité et sa bonne productivité attirent de nombreux nouveaux et anciens colons. En 1876, un nouveau conflit interne éclate : le parti des Jeunes Icariens, progressistes et révolutionnaires, accuse ce qu’il appelle la “ Vieille Icarie ” d’être trop conservatrice et routinière. En 1878, c’est la Circuit court du comté qui règle cette affaire en prononçant la dissolution de la communauté. En janvier 1883, le parti de la Jeune Icarie fonde en Californie la communauté Icaria Speranza qui est dissoute le 3 août 1886 par la Cour. La “ Vieillie Icarie ”, quant à elle, reste sur le même terrain en rebaptisant la communauté “ Icaria ”. Elle existe jusqu’au 16 février 1895 lorsqu’elle doit prononcer sa dissolution, faute de nouveaux colons pour assurer la production.

"Voyage en Icarie sera plusieurs fois critiqué pour son totalitarisme, certains tenteront cependant de mettre en place des communautés respectant au moins partiellement ces principes. Cabet part en 1849 pour le Texas rejoindre des Icariens avant de mourir à Saint-Louis l’année suivante, et la dernière communauté disparaîtra à la fin du XIXe siècle." (Exposition BNF, Cabinets de lecture, l'utopie).

Références : Jules Prudhommeaux, Etienne Cabet et les Origines du Communisme Icarien., Nîmes : Imprimerie coopérative La Laborieuse, 1907. 218 pages ; Jules Prudhommeaux, Histoire de la Communauté Icarienne., Nîmes : Imprimerie coopérative La Laborieuse, 1906. 481 pages. Référence électronique : http://le-bibliomane.blogspot.com/2009/11/le-reve-americain-detienne-cabet-ou.html [En ligne], consulté le 26/05/10. Kress C.6555 ; Negley 175 ; Sabin 9787 ; Streeter VII, 4245.

Cet ouvrage se trouve difficilement en belle condition d'époque. Il existe une édition identique du point de vue de la pagination à la date de 1845, à la même adresse. Cette édition de 1848 doit être un retirage de l'édition de 1845 avec une nouvelle date sur le titre. C'est ici l'édition la plus complète.

BON EXEMPLAIRE DANS SA PREMIÈRE RELIURE.

VENDU

lundi 1 juin 2015

L'Abbesse de Castro de Stendhal. Edition bibliophilique dirigée par Octave Uzanne pour les Bibliophiles contemporains (Académie des Beaux Livres). Reliure demi-maroquin avec coins signée Lemardeley. Très beau livre illustré.



DE STENDHAL (Henri Beyle)

L'ABBESSE DE CASTRO avec des illustrations de Eugène Courboin.

Paris, Publié pour les Sociétaires de l'Académie des Beaux Livres (Bibliophiles contemporains), 1890 (achevé d'imprimer le 20 décembre 1890).

1 volume grand in-8 (26,5 x 18 cm), 170-(2) pages. Toutes les pages sont décorées d'encadrements en camaïeu par Eugène Courboin, eaux-fortes dans le texte gravées par Manesse d'après les dessins d'Eugène Courboin.

Reliure de l'époque demi-maroquin havane avec coins, signée LEMARDELEY. Dos lisse orné de filets d'encadrement d'une très grande pièce de titre de maroquin vert, millésime en queue du dos sur pièce de maroquin de même couleur verte. Filets dorés sur les plats. Exemplaire relié sur brochure, non rogné. Couverture imprimée or sur papier lie de vin conservée (manque en marge sans atteinte à l'illustration). Quelques frottements à la reliure, sans gravité (coins, coupes). Quelques rousseurs claires.



TIRAGE A 160 EXEMPLAIRES PLUS QUELQUES EXEMPLAIRES.

CELUI-CI PORTE LE N°66 ET A ÉTÉ IMPRIMÉ POUR M. Abel Giraudeau.

Provenance : ex libris Paul Denis.



Il s'agit du deuxième ouvrage publié par les soins d'Octave Uzanne pour les membres de la jeune société des Bibliophiles contemporains, née à peine un an auparavant (novembre 1889).



Les encadrements par Eugène Courboin sont d'une inventivité et d'une imagination qui annoncent le Symbolisme et l'Art nouveau. Les eaux-fortes insérées dans les pages (différentes tailles) apportent un aspect esthétique supplémentaire à l'ensemble.

Ce livre peu connu des bibliophiles, d'un tirage rare, mérite cependant toute leur considération.



L’Abbesse de Castro est la plus connue des Chroniques italiennes de Stendhal et constitue un condensé particulièrement riche de l’écriture stendhalienne. l’écriture de cette chronique est contemporaine de celle de La Chartreuse de Parme : la découverte en 1833 de manuscrits italiens dans les bibliothèques ou chez de riches particuliers fournit la première impulsion à l’imagination de l’auteur, qui ne se démentira jamais jusqu’à sa mort prématurée. Stendhal s’empare de ce matériau et se l’approprie, tant et si bien que la majeure partie de L’Abbesse de Castro n’est en rien une traduction, mais bien une invention. Cette chronique se présente comme une histoire d’amour impossible entre Hélène, élevée au couvent de Castro, riche héritière d’une puissante famille des environs de Rome, et Jules, fils de brigand, et pauvre parmi les pauvres. Leur différence sociale, la religion, une sourde fatalité : tout s’oppose à leur union et concourt à leur perte. Histoire effrénée d’amour, de violence et de mort dans l’Italie du XVIe siècle, L’Abbesse de Castro revisite les grands mythes amoureux de la littérature. 



BEL EXEMPLAIRE DE CE SUPERBE LIVRE ILLUSTRÉ TYPIQUE DE SON ÉPOQUE.

Prix : 800 euros



vendredi 29 mai 2015

L'amour de Jules Michelet (1858). Edition originale rare en aussi belle condition. "Un mensonge de l'épouse peut fausser l'histoire pour mille ans." (J. Michelet)


Jules MICHELET


L'AMOUR.


Paris, Librairie L. Hachette et Cie, 1858


1 volume in-18 (18,7 x 12,4 cm), XLV-(1)-414 pages.


Reliure bradel demi-percaline argent à coins, pièce de titre de maroquin bleu nuit, filets et fleuron dorés, relié sur brochure (non rogné, tête poncée), gardes de papier vergé blanc, plats de couverture imprimés sur papier jaune conservés en très bon état (reliure vers 1880). Exemplaire à l'état proche du neuf d'une fraîcheur intérieure exceptionnelle.


ÉDITION ORIGINALE.








Voici un ouvrage très dense sur "la femme et l'amour" dans la société du milieu du XIXe siècle.

Même si les vues de Jules Michelet peuvent paraître et sont même le plus souvent dépassées voire anti-féministes aux yeux du lecteur d'aujourd'hui, il n'en reste pas moins que ce volume recèle quelques belles pépites pouvant servir à l'histoire des mœurs conjugales de son temps.

Prenant pour ainsi dire le contre-pied de la Physiologie du mariage publiée par Honoré de Balzac en 1829, trente ans plus tôt, Michelet donne dans volume foule de chapitres une sorte de panorama légitimiste du mariage et des devoirs de la femme envers son mari (et inversement) : de l'incarnation de l'amour -  de l'alanguissement de l'amour - le rajeunissement de l'amour. Le tout suivi d'intéressantes notes et éclaircissements : l'auteur est-il excusable de croire qu'on peut aimer encore ? - La femme réhabilitée et innocentée par le science - Des sources du livre de l'amour et de l'appui que la physiologie donne ici à la morale.







Jules Michelet est trop connu pour sa mémorable Histoire de France pour qu'on s'intéresse encore à ses quelques essais que sont : Le peuple (1846), L'insecte (1857), L'amour (1858), La femme (1859), La sorcière (1862), etc.


"L'adultère de la femme et l'adultère du mari sont-ils également coupables ? Oui, comme déloyauté, violation de l'engagement. - Non, sous mille autres rapports. [...] La trahison de la femme a des conséquences énormes que n'a point celle de l'homme. La femme ne trahit pas seulement, elle livre l'honneur et la vie du mari : elle le fait chansonner, montrer du doigt, siffler, charivariser ; elle le met au hasard de périr, de tuer un homme ou de rester ridicule c'est presque la même chose que si elle donnait le soir la clef à un assassin. [...] Il sera assassiné moralement tout le reste de sa vie, ne sachant jamais si l'enfant est bien son enfant, forcé de nourrir, de doter une progéniture équivoque, ou de donner au public l'amusement d'un procès, dans lequel, gagnant, perdant, il assure toujours à son nom une illustration de risée. Il est insensé de dire que la femme n'a pas plus de responsabilité que l'homme. Lui, il est une activité, une force qui soutient la famille, mais elle, elle en est le cœur. Seule, elle garde le secret de la religion domestique, le titre qui fait tout l'avenir. Seule, elle peut affirmer la légitime hérédité. Un mensonge de l'épouse peut fausser l'histoire pour mille ans." (extraits)


NDLR : En résumé un livre fort instructif qu'on emmènera avec soi aussi bien à la messe, dans les lieux d'aisance, dans le lit conjugal ou à la pêche à la ligne, et dont on lira, par à-coups et sans suite nécessaire dans les idées, les passages les plus savoureux dans le désordre le plus total avec toujours grand intérêt et moult instruction sur la femina. Et ce sera, je puis vous l'assurer, la plus agréable des expériences (testé et approuvé par le rédacteur de cette fiche).





Cet exemplaire ayant l'avantage de n'avoir jamais été lu (ou si peu), les préceptes et maximes qu'il contient restent intacts, ou tout comme ...


BEL EXEMPLAIRE. RARE DANS CETTE CONDITION.


VENDU

jeudi 21 mai 2015

Edition anglaise d'Aphrodite, Mœurs antiques (Ancient Manners) par Pierre Louÿs. Edition publiée à 1.000 exemplaires, cartonnage éditeur.



Pierre LOUYS

ANCIENT MANNERS. Complete and integral translation into english, illustrated by Ed. Zier.

Privately printed for subscribers only, Paris, no date (vers 1920 ?)

1 volume in-8 (23 x 15,5 cm), XVI-412 pages, illustrations en noir dans le texte et hors-texte.

Cartonnage éditeur pleine toile marbrée rouge, brun et or, titre doré au dos. Très bon état, coiffe supérieure légèrement frottée, ors au dos ternis. Belle impression sur papier bouffant crème. Texte en anglais.

TIRAGE A 1.000 EXEMPLAIRES.

"This Edition on Large Paper, is limited to 1000 copies of which this is N°421." (numéroté à la main).

Au verso du titre on lit : "This translation of Ancient Manners was executed on the Printing Presses of Charles Carrington, Paris, Bookseller et Publisher, and is the only complete English version extant."

Traduction anglais d'Aphrodite, Moeurs antiques, publié en français pour la première fois en 1896. 


"One day Odysseus was roaming about the foot of the mountains of Delphi, hunting, when he fell in with two maidens holding one another by the hand. One of them had glossy, black hair, clear eyes, and a grave look. She said to him: 'I am Arete.' The other had drooping eyelids, delicate hands, and tender breasts. She said: 'I am 'Tryphe.' And both exclaimed: 'Choose between us.' But the subtile Odysseus answered sagely. 'How should I choose? You are inseparable. The eyes that have seen you pass by separately have witnessed but a barren shadow. Just as sincere virtue does not repel the eternal joys that pleasure offers it, in like manner self-indulgence would be in evil plight without a certain nobility of spirit. I will follow both of you. Show me the way.' No sooner had he finished speaking than the two visions were merged in one another, and Odysseus knew that he had been talking with the great golden Aphrodite." The principal character of the novel which the reader is about to have under his eyes is a woman, a courtesan of antiquity; but let him take heart of grace: she will not be converted in the end. She will be loved neither by a saint, nor by a prophet, nor by a god. In the literature of to-day this is a novelty. A courtesan, she will be a courtesan with the frankness, the ardour, and also the conscious pride of every human being who has a vocation and has freely chosen the place he occupies in society; she will aspire to rise to the highest point; the idea that her life demands excuse or mystery will not even cross her mind. This point requires elucidation." (extrait de la préface de Pierre Louÿs traduite en anglais).

BEL EXEMPLAIRE.

VENDU


lundi 18 mai 2015

Le Pied de Fanchette de Rétif (Restif) de La Bretonne, présenté et annoté par Octave Uzanne (1881). Un des 25 exemplaires sur Whatman blanc. Rare tirage sur grand papier.




RESTIF DE LA BRETONNE / OCTAVE UZANNE

CONTES DE RESTIF DE LA BRETONNE. LE PIED DE FANCHETTE ou le soulier couleur de rose, avec une notice bio-bibliographique par Octave Uzanne.

Paris, A. Quantin, 1881

1 volume in-8 (21,5 x 16 cm), XL-299-(1) pages. Portrait de Rétif de La Bretonne en 2 états (avec la lettre en noir et avant la lettre en sanguine sur Japon ancien).

Reliure de l'époque demi-chagrin à coins marron, dos orné, plats de papier marbré, relié sur brochure, non rogné. Reliure légèrement frottée. Intérieur très frais.

UN DES 25 EXEMPLAIRES SUR PAPIER WHATMAN BLANC.

Avec 20 ex. sur Chine et 50 ex. sur Whatman bleuté, le reste du tirage est sur papier de Hollande à petit nombre.



Le Pied de Fanchette fut le premier succès littéraire de Restif. La première édition du Pied de Fanchette ou l'Orpheline française parut en 3 volumes petit in-12, en 1769 sous l'adresse : imprimé à La Haie et se trouve à Paris chez Humblot et Quillau. Cette édition, tirée à mille exemplaires, écrit Octave Uzanne, est celle qui a servi de copie, comme étant la plus intéressante, à la présente réimpression.

Ce volume a été achevé d'imprimer le 15 mai 1881 chez Albert Quantin. L'Esquisse littéraire signée Octave Uzanne et qui précède le texte de Rétif est du plus grand intérêt et fait le point sur ce que l'on sait à cette date sur cet auteur fabuleux. Octave Uzanne rend hommage au travail de précurseur rétivien de Charles Monselet, Gérar de Nerval et bien sur Paul Lacroix.

"Le Roman de Fanchette se rapproche du roman de Justine ; ce sont les mêmes malheurs de la vertu, moins les monstruosités sanguinaires du vicieux marquis de Sade. C'est bien le type du roman et de l'affabulation maladive qu'on retrouve partout vers la fin du dernier siècle ; c'est le chef d'oeuvre, si l'on veut, d'une école de mauvais goût [...]" (Octave Uzanne).

Ce volume fait partie de la série des "Petits conteurs du XVIIIe siècle" dirigée et présentée par Octave Uzanne (12 volumes).

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CETTE ÉDITION CRITIQUE.

Prix : 300 euros



jeudi 7 mai 2015

L'Éventail et L'Ombrelle d'Octave Uzanne illustrés par Paul Avril (1882-1883). Somptueux exemplaire du tirage de luxe sur Japon. Exemplaire de l'imprimeur de l'ouvrage Albert Quantin, truffé de diverses pièces dont la célèbre eau-forte du peintre Edouard Manet (Fleur exotique).



Superbe épreuve de "Fleur exotique" eau-forte et aquatinte par Edouard Manet (1869)
insérée dans l'exemplaire de l'imprimeur Albert Quantin de l'Eventail d'Octave Uzanne (1882)


Octave UZANNE - Paul AVRIL, illustrateur

L’ÉVENTAIL par Octave Uzanne, illustrations de Paul Avril.

Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur, 1882

L'OMBRELLE, LE GANT, LE MANCHON par Octave Uzanne, illustrations de Paul Avril.

Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur, 1883

Reliure plein maroquin bleu nuit, dos à nerfs richement orné de petits éventails mosaïqués marron, filets d'encadrement de maroquin, plats décorés en mosaïque, plat supérieur orné de deux sortes d'éventails en mosaïque de maroquin beige et vert d'eau, filet large de maroquin marron encadrant le plat, plat inférieur orné d'une ombrelle repliée en mosaïque de maroquin beige et vert d'eau,filet large de maroquin marron encadrant le plat. Doublure de tabis de soie violine et argent décrivant des motifs nuageux abstraits, encadrement intérieur des plats de maroquin bleu nuit décoré au petits fers dorés d'éventails dans les angles avec fleurs et filets dorés, garde volante de tabis de même et double garde de papier décoré fleuri. Tranches dorées sur témoins. Couvertures illustrées en polychromie parfaitement conservées. Reliure signée Petrus Ruban et datée 1898. Le dos de la reliure a été légèrement restauré (il manque 2 petits éventails mosaïqués ainsi que quelques morceaux de filets d'encadrement de maroquin marron), l'extrémité de deux mors a été habilement en partie restaurée également. Superbe reliure d'art aux mosaïques des plats parfaitement exécutées et conservées.

1 fort volume grand in-8 (28 x 19,5 cm) de 143-(1) et 138-(1) pages. Illustrations courant autour du texte en camaïeu de différents teintes.



UN DES 100 EXEMPLAIRES SUR PAPIER DU JAPON.

EXEMPLAIRE RÉSERVÉ A L'IMPRIMEUR DE L'OUVRAGE ALBERT QUANTIN AVEC SA SIGNATURE.



EXEMPLAIRE TRUFFÉ PAR ALBERT QUANTIN AVEC LES PIÈCES SUIVANTES : 

- JEUNE FEMME A L’ÉVENTAIL, EAU-FORTE PAR HENRI SOMM (épreuve sur Japon signée à la mine de plomb par l'artiste)
- 10 gravures de modèles d'éventails par divers artistes
- 1 superbe épreuve de l'eau-forte et aquatinte originale d'EDOUARD MANET: LA FEMME A LA MANTILLE OU FLEUR EXOTIQUE (1869, Sonnets et Eaux-fortes). Tirage sur vergé à 350 exemplaires seulement (très recherchée). Il s'agit de l'eau-forte la plus célèbre du recueil.
- 1 eau-forte de SILVESTRE ? en frontispice de l'Ombrelle (épreuve avant la lettre).
- 1 eau-forte couleurs de F. Heitbuth en frontispice de l'Ombrelle (épreuve avant la lettre).
- 1 eau-forte de C. Delort (épreuve avant la lettre).



Provenance : Bibliothèque Albert Quantin.


SUPERBE EXEMPLAIRE COMPLET DES DEUX VOLUMES PARUS A UN AN D'INTERVALLE ET QUI ONT LANCÉ LA CARRIÈRE DE LITTÉRATEUR DU JEUNE OCTAVE UZANNE.


Ce sont, contrairement à l'image qui en a souvent été donnée de légèreté et de fanfreluche pour bibliophiles, deux belles et intéressantes études sur ces indispensables ornements de la mode de ces dames à travers le temps. Uzanne, d'ailleurs très déçu voire marqué à vie d'avoir été considéré par trop de monde comme "le Monsieur de ces dames à l'éventail, à l'ombrelle, etc" (dixit Antoine Laporte, bouquiniste et auteur d'un violent pamphlet contre Uzanne publié en 1893), donnera en 1892 une édition bon marché, de format in-12, et sans illustration, dans laquelle il expliquera en préambule souhaiter donner à un public de lecteurs, et non plus à un public d'esthètes bibliophiles, ces textes pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur. "cette fois-ci, ce n'est plus aux iconophiles que je m'adresse, mais à ces lettrés qui prétendent lire, apprendre et connaître..."


EXEMPLAIRE EXCEPTIONNEL EN TOUS POINTS SUBLIME.

PETRUS RUBAN FUT L'UN DES RELIEURS FAVORIS D'OCTAVE UZANNE.
VENDU


mardi 5 mai 2015

Les Ornements de la Femme par Octave Uzanne : L'Éventail et l'Ombrelle (1882-1883). Splendide illustration par Paul Avril. Bel exemplaire relié à l'époque par Victor Champs en reliure parlante.




Octave UZANNE - Paul AVRIL, illustrateur

L’ÉVENTAIL par Octave Uzanne, illustrations de Paul Avril.

Paris, A. Quantin, 1882

L'OMBRELLE, LE GANT, LE MANCHON par Octave Uzanne, illustrations de Paul Avril.

Paris, A. Quantin, 1883

2 volumes grand in-8 (26,5 x 17,5 cm) de 143-(1) pages pour l’Éventail et de 138-(1) pages pour l'Ombrelle . Illustrations dans le texte imprimées dans différentes teintes, autour du texte.

Reliure demi-maroquin avec coins (reliure de l'époque signée Victor Champs). L’Éventail est relié couleur corail tandis que l'Ombrelle est relié couleur citron. Relié sur brochure, non rogné, avec couvertures illustrées conservées. Quelques infimes frottements. Quelques rousseurs à quelques feuillets seulement. Bel exemplaire, très frais. Exemplaires du tirage à petit nombre du vélin de Hollande.



BEL EXEMPLAIRE COMPLET DES DEUX VOLUMES PARUS A UN AN D'INTERVALLE.

CES DEUX VOLUMES ONT LANCÉ LA CARRIÈRE DE LITTÉRATEUR DU JEUNE OCTAVE UZANNE.



Belles et intéressantes études documentaires sur ces indispensables ornements de ces dames à travers le temps. Ouvrages, au style empreint d'une certain préciosité et non dénué d'auto-dérision sur la légèreté de ces bluettes, dans lesquels Uzanne, d'ailleurs très déçu voire marqué à vie d'avoir été considéré par trop de monde comme "le Monsieur de ces dames à l'éventail, à l'ombrelle, etc" (dixit Antoine Laporte, bouquiniste et auteur d'un violent pamphlet contre Uzanne publié en 1893), donnera en 1892 une édition bon marché, de format in-12, et sans illustration, dans laquelle il expliquera en préambule souhaiter donner à un public de lecteurs, et non plus à un public d'esthètes bibliophiles, ces textes pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur. "cette fois-ci, ce n'est plus aux iconophiles que je m'adresse, mais à ces lettrés qui prétendent lire, apprendre et connaître..."



Au delà du contenu, ces deux livres sont parmi les premiers essais d'impression en couleur autour du texte, les essais et les tâtonnements furent nombreux avant d'arriver à un résultat satisfaisant.



Octave Uzanne s'explique sur ces difficultés dans une lettre datant de décembre 1881 qu'il adresse à un Ami des Livres :

"[...] Comment résumer l’établissement d’un ouvrage qui est si compliqué et dont la fabrication – sans parler du texte – m’a demandé de si longues recherches et m’a fait franchir tant d’obstacles ? Le lecteur ou le curieux n’a pas à s’inquiéter de toute cette cuisine terrible d’un beau livre, et je vais tâcher de répondre succinctement à votre obligeante demande, dans le sens de l’insertion que vous pouvez faire. Les illustrations de ce livre offrent cette originalité qu’elles contournent le texte et l’encadrent ingénieusement. L’auteur et l’illustrateur ne font qu’un, le dessin interprète dans les marges les idées de l’auteur, et ces dessins sont d’une variété et d’une finesse d’exécution dont l’héliogravure seule pouvait rendre en les fac-similant les divers caractères : fusain, gouache, crayon, sépia, camaïeu, croquis au trait, sanguine, esquisses à la plume très poussées, tous les procédés en un mot dont un artiste peut se servir pour réaliser ses conceptions. Toutes ces illustrations gravées sur cuivre et tirées suivant les « manières » en différentes couleurs, ont d’abord été imprimées sur des presses en taille douce et il a fallu repérer ensuite, sur des presses à bras typographiques, le texte noir de l’ouvrage ; travail difficultueux au possible, si l’on songe au retrait du papier mouillé, aux inégalités du pointage, au foulage « à rendre imperceptible » dans la « retiration », à tous ces labeurs d’impression dont le public se rend malaisément compte. Pour arriver à la possibilité réelle de cette mise en œuvre originale, il a fallu que l’auteur fut à la fois inventeur, calculateur, artiste, chromiste, taille-doucier, typographe metteur en page et le reste – car ses idées même devaient se repérer dans les dessins déjà imprimés, alors que pour le lecteur, les dessins ne font que paraphraser le texte. Il faudrait plus de dix pages de détails techniques pour conter l’histoire de ce livre qui ouvre la série des ornements de la femme et qui ne pouvait être exécuté que par celui qui en a conçu la nouvelle manière. [...]".

BEL EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ A L'ÉPOQUE PAR VICTOR CHAMPS.
VENDU