vendredi 30 janvier 2026

ANONYME [Pierre-François-Félix-Joseph GIRAUD] | Histoire générale des prisons sous le règne de Buonaparte, avec des anecdotes curieuses et intéressantes sur la Conciergerie, Vincennes, Bicêtre, Sainte-Pélagie, La Force, Le Château de Joux, etc., etc., et les personnages marquants qui y ont été détenus. Paris, Alexis Eymery, 1814 [de l'imprimerie de J. B. Imbert]

ANONYME [Pierre-François-Félix-Joseph GIRAUD]

Histoire générale des prisons sous le règne de Buonaparte, avec des anecdotes curieuses et intéressantes sur la Conciergerie, Vincennes, Bicêtre, Sainte-Pélagie, La Force, Le Château de Joux, etc., etc., et les personnages marquants qui y ont été détenus. Deuxième édition.

Paris, Alexis Eymery, 1814 [de l'imprimerie de J. B. Imbert]

1 volume in-8 (21 x 13,5 cm) de 175-(1) pages.

Reliure demi chagrin noir, dos à nerfs, filets dorés (reliure vers 1860). Très bon état. Quelques légères marques d'usage. Intérieur frais. Les deux derniers feuillets avec des rousseurs éparses.

Edition originale avec mention de deuxième édition sur la page de titre. Pagination identique à l'édition originale parue la même année. Seul le feuillet de Table a été rajouté aux exemplaires marqués "deuxième édition".




Très intéressant ouvrage qui donne un état des prisons de France sous le règne de Bonaparte. On y trouve les prisons suivantes : Le Dépôt, La Conciergerie, Montaigu, L'Abbaye, Sain-Lazare, Saint-Denis, Les Madelonnettes, La Petite Force, La Grande Force, Sainte-Pélagie, Le Temple, Vincennes, Château de Ham, Château de Joux, Bicêtre.

Les anecdotes qui accompagnent le descriptif de chaque prison sont très intéressantes. On y trouve quelques traits sur les prisonniers parmi les plus célèbres dont le marquis de Sade (Sainte-Pélagie),  Toussaint-Louverture (fort de Joux), etc.

Dans l'Avertissement placé en tête du volume, l'auteur dénonce une justice souvent aveugle et trop sévère à l'égard de ceux qui croupissent dans ces prisons : " [...] Si l’équité du petit-fils du bon Henri a déjà brisé les fers d’une partie des détenus qui l’étaient injustement, si tous les autres sont assurés d’obtenir la même justice, la clémence royale s’est aussi étendue sur plus d’un condamné. Elle s’arrête sans doute sur la tête des moins coupables ; mais que le vice se garde de penser que l’indulgence du père fera taire en toute occasion la juste sévérité du juge : un Code d’autant plus redoutable que la seule équité en aura dicté les dispositions, tout en protégeant l’innocence arrêtera le crime dans son affreuse carrière, et la grâce émanée du trône sera le dernier pardon. L’arbitraire est partout poursuivi et flétri dans l’effrayant tableau que nous présentons au lecteur ; mais ce tableau fut tracé par une plume impartiale, exempte de fiel et de ressentiment. Tout ce qui peut concerner les agents d’une police trop dévouée à la tyrannie, ne peut s’appliquer en rien à ceux de la police actuelle. Son chef, aussi équitable qu’humain et éclairé, laisse de nobles souvenirs à Rouen, dans la Westphalie, partout enfin où il se rencontra parmi ses administrés des hommes capables d’apprécier une administration paternelle. Quant aux principaux employés qui secondent ce digne magistrat, ils ne sont jamais redoutables que pour le vice et ses odieux sectateurs. Ceux-ci, par leur scélératesse, ont souvent provoqué des rigueurs inouïes : comme si un excès ne pouvait être réprimé que par un excès contraire ! Mais dans les lieux où elles s’exercent, ces rigueurs retombent par contre-coup sur des hommes faibles ou sur des innocents. Hélas ! si l’on représente la justice un bandeau sur les yeux, les exécuteurs de ses arrêts sont encore plus aveugles : Et l’instrument des lois que mendit la licence, Du crime ne sait distinguer l’innocence. L’œil de la surveillance s’ouvrira sur ces agents subalternes, sur ces gardiens farouches, qui deviendront humains sous des chefs amis de l’humanité. Mais ce serait en vain que l’on déclamerait contre une police nécessaire, indispensable : on n’aura plus besoin d’elle quand tous les hommes seront devenus sages, prudents et vertueux. [...]" (extrait).















Cet ouvrage est communément (Bnf) attribué à Pierre-François-Félix-Joseph Giraud (Bacqueville, Normandie, 20 septembre 1764 – Paris, 26 février 1821), homme de lettres français. Ancien religieux de l’ordre des Bernardins, il s’engagea activement dans la vie politique pendant la Révolution. Administrateur du district de Montmarault, il est député de l'Allier à la Convention, et vote la mort de Louis XVI. Il travaille dans les bureaux du comité de sûreté générale et se lie aux milieux montagnards ; après la chute de Robespierre, il fut employé sous le Directoire au ministère de la Police dans un service de censure auprès d’Alphonse de Beauchamp. En 1799, membre de la société du Manège, il s’opposa au coup d’État du 18 brumaire et fut, après le triomphe de Bonaparte, brièvement inscrit sur une liste de déportation, mesure ensuite révoquée. Il se tourna alors vers les travaux de compilation et de presse, collaborant notamment aux Tables du Moniteur et à la Biographie moderne (1806), et fut l’un des premiers rédacteurs du journal Le Constitutionnel. Auteur prolifique sous l’Empire et la Restauration, il publia entre autres le Mémoire sur la Guyane française (1804), la Campagne de Paris (1814), le Précis des journées de juin 1815 (1815) et plusieurs recueils des « Beautés de l’histoire » (1817–1825). Son Histoire des prisons sous Buonaparte (1814) est considéré comme un pamphlet antinapoléonien et répertorié comme tel par la Fondation Napoléon (100 pamphlets anti-napoléoniens de 1814 à 1815).

Bel exemplaire finement relié et très bien conservé.

Prix : 250 euros