samedi 31 janvier 2026

FREDILLLO [Paul VERLAINE] Estampe originale érotique | Poésie érotique [Filles - A Eugénie - A Esther] ca 1890 | Une double-estampe à l'eau-forte sur feuille 44,5 x 63 cm (cuvette 29 x 21 cm pour chaque cuivre - soit une surface de gravure totale de 29 x 42 cm). Estampe érotique verlainienne ancienne de la plus grande rareté.


FREDILLLO [Paul VERLAINE]

Estampe originale érotique | Poésie érotique [Filles - A Eugénie - A Esther]

Sans lieu ni date [Paris ? ca 1890 ?]

Une double-estampe à l'eau-forte sur feuille 44,5 x 63 cm (cuvette 29 x 21 cm pour chaque cuivre - soit une surface de gravure totale de 29 x 42 cm). Signature Frédillo en bas à gauche et monogramme en bas à droite. Le cuivre de gauche est gravé dans la plance "n°1 // Côté gauche" (pour aider au tirage sur papier).Tirage sur papier vergé teinté à pontuseaux verticaux.

La plaque de gauche contient une scène avec Verlaine représenté au lit avec une dame et diverses scènes qui entourent le poème "A Eugénie" qui commence par les vers "Bonne, simple fille des rues, Combien je te préfère aux grues, ...". La plaque de droite contient une scène avec Verlaine assistant au déshabillé d'une dame et diverses autres scènes qui entourent le poème "A Esther" (Filles) qui commence par les vers "Et toi, tu me charmes aussi, Malgré la manière un peu rude, qui n'est pas celle d'une prude ...". On lit gravé au bas dans la gravure : Droits réservés.


Il s'agit d'un seul et même poème intitulé "Filles" parue dans le recueil "Femmes" publié par Verlaine en 1890. En fait poème dont la première partie a été publiée en 1889 dans le recueil Parallèlement.

Nous ne savons rien de cette estampe tirée très certainement à un très petit nombre d'exemplaires. Le tirage est ici très net et bien contrasté.

Frédillo est connu pour ses illustrations coquines voire érotiques de la période 1890. Frédillo faisait apparemment partie du cercle des amis du poète. Frédillo est né Louis-Alfred Boisserand à Dijon (20 septembre 1855) et est mort à Paris le 18 décembre 1924. Frédillo fut d'abord caricaturiste pour La Lanterne (en 1874-1876), L’Écho des jeunes et La Plume (après 1889). Il signait Frédillo avec un accent et parfois d'un simple F. Il connaissait sans doute Paul Verlaine et la marquise Henriette de Mannoury d'Ectot, née H. Nicolas Le Blanc, plus connue sous le pseudonyme de vicomtesse de Cœur-Brûlant. C'est ainsi que Frédillo produisit une grande quantité d'illustrations érotiques, d'assez bonne facture selon Pascal Pia et non sans style, et ce, clandestinement : entre autres pour l'éditeur belge Auguste Brancart (vers 1880-1890), les éditeurs parisiens René Pincebourde et Jean Fort (vers 1895-1911). Son thème de prédilection (du moins, celui pour lequel on lui passait commande) semble avoir été la flagellation, répondant ainsi à une mode fin-de-siècle.

On peut supposer que cette estampe a été tirée pour un marchand d'estampe qui débitait sous le manteau à Paris (peut-être Pincebourde qui n'a sans doute pas osé y adjoindre son nom de peur des représailles judiciaires).

Cette poésie érotique de Verlaine et sa représentation physique du vivant du poète font de cette estampe un objet quasi unique dont nous n'avons trouvé aucune trace ailleurs.


Roule ton cul sous ta chemise,

Mais laisse ma main que j’ai mise

Au chaud sous ton gentil tapis.

Là ! nous voilà cois, bien tapis. (extrait)


Bon exemplaire, à encadrer. Quelques ombres et quelques légères déchirures marginales loin du sujet. Le pli central passe entre les deux cuivres et n'affecte donc pas l'intégrité des estampes.

Estampe érotique verlainienne ancienne de la plus grande rareté.

Prix : 950 euros


Détails



vendredi 30 janvier 2026

ANONYME [Pierre-François-Félix-Joseph GIRAUD] | Histoire générale des prisons sous le règne de Buonaparte, avec des anecdotes curieuses et intéressantes sur la Conciergerie, Vincennes, Bicêtre, Sainte-Pélagie, La Force, Le Château de Joux, etc., etc., et les personnages marquants qui y ont été détenus. Paris, Alexis Eymery, 1814 [de l'imprimerie de J. B. Imbert]

ANONYME [Pierre-François-Félix-Joseph GIRAUD]

Histoire générale des prisons sous le règne de Buonaparte, avec des anecdotes curieuses et intéressantes sur la Conciergerie, Vincennes, Bicêtre, Sainte-Pélagie, La Force, Le Château de Joux, etc., etc., et les personnages marquants qui y ont été détenus. Deuxième édition.

Paris, Alexis Eymery, 1814 [de l'imprimerie de J. B. Imbert]

1 volume in-8 (21 x 13,5 cm) de 175-(1) pages.

Reliure demi chagrin noir, dos à nerfs, filets dorés (reliure vers 1860). Très bon état. Quelques légères marques d'usage. Intérieur frais. Les deux derniers feuillets avec des rousseurs éparses.

Edition originale avec mention de deuxième édition sur la page de titre. Pagination identique à l'édition originale parue la même année. Seul le feuillet de Table a été rajouté aux exemplaires marqués "deuxième édition".




Très intéressant ouvrage qui donne un état des prisons de France sous le règne de Bonaparte. On y trouve les prisons suivantes : Le Dépôt, La Conciergerie, Montaigu, L'Abbaye, Sain-Lazare, Saint-Denis, Les Madelonnettes, La Petite Force, La Grande Force, Sainte-Pélagie, Le Temple, Vincennes, Château de Ham, Château de Joux, Bicêtre.

Les anecdotes qui accompagnent le descriptif de chaque prison sont très intéressantes. On y trouve quelques traits sur les prisonniers parmi les plus célèbres dont le marquis de Sade (Sainte-Pélagie),  Toussaint-Louverture (fort de Joux), etc.

Dans l'Avertissement placé en tête du volume, l'auteur dénonce une justice souvent aveugle et trop sévère à l'égard de ceux qui croupissent dans ces prisons : " [...] Si l’équité du petit-fils du bon Henri a déjà brisé les fers d’une partie des détenus qui l’étaient injustement, si tous les autres sont assurés d’obtenir la même justice, la clémence royale s’est aussi étendue sur plus d’un condamné. Elle s’arrête sans doute sur la tête des moins coupables ; mais que le vice se garde de penser que l’indulgence du père fera taire en toute occasion la juste sévérité du juge : un Code d’autant plus redoutable que la seule équité en aura dicté les dispositions, tout en protégeant l’innocence arrêtera le crime dans son affreuse carrière, et la grâce émanée du trône sera le dernier pardon. L’arbitraire est partout poursuivi et flétri dans l’effrayant tableau que nous présentons au lecteur ; mais ce tableau fut tracé par une plume impartiale, exempte de fiel et de ressentiment. Tout ce qui peut concerner les agents d’une police trop dévouée à la tyrannie, ne peut s’appliquer en rien à ceux de la police actuelle. Son chef, aussi équitable qu’humain et éclairé, laisse de nobles souvenirs à Rouen, dans la Westphalie, partout enfin où il se rencontra parmi ses administrés des hommes capables d’apprécier une administration paternelle. Quant aux principaux employés qui secondent ce digne magistrat, ils ne sont jamais redoutables que pour le vice et ses odieux sectateurs. Ceux-ci, par leur scélératesse, ont souvent provoqué des rigueurs inouïes : comme si un excès ne pouvait être réprimé que par un excès contraire ! Mais dans les lieux où elles s’exercent, ces rigueurs retombent par contre-coup sur des hommes faibles ou sur des innocents. Hélas ! si l’on représente la justice un bandeau sur les yeux, les exécuteurs de ses arrêts sont encore plus aveugles : Et l’instrument des lois que mendit la licence, Du crime ne sait distinguer l’innocence. L’œil de la surveillance s’ouvrira sur ces agents subalternes, sur ces gardiens farouches, qui deviendront humains sous des chefs amis de l’humanité. Mais ce serait en vain que l’on déclamerait contre une police nécessaire, indispensable : on n’aura plus besoin d’elle quand tous les hommes seront devenus sages, prudents et vertueux. [...]" (extrait).















Cet ouvrage est communément (Bnf) attribué à Pierre-François-Félix-Joseph Giraud (Bacqueville, Normandie, 20 septembre 1764 – Paris, 26 février 1821), homme de lettres français. Ancien religieux de l’ordre des Bernardins, il s’engagea activement dans la vie politique pendant la Révolution. Administrateur du district de Montmarault, il est député de l'Allier à la Convention, et vote la mort de Louis XVI. Il travaille dans les bureaux du comité de sûreté générale et se lie aux milieux montagnards ; après la chute de Robespierre, il fut employé sous le Directoire au ministère de la Police dans un service de censure auprès d’Alphonse de Beauchamp. En 1799, membre de la société du Manège, il s’opposa au coup d’État du 18 brumaire et fut, après le triomphe de Bonaparte, brièvement inscrit sur une liste de déportation, mesure ensuite révoquée. Il se tourna alors vers les travaux de compilation et de presse, collaborant notamment aux Tables du Moniteur et à la Biographie moderne (1806), et fut l’un des premiers rédacteurs du journal Le Constitutionnel. Auteur prolifique sous l’Empire et la Restauration, il publia entre autres le Mémoire sur la Guyane française (1804), la Campagne de Paris (1814), le Précis des journées de juin 1815 (1815) et plusieurs recueils des « Beautés de l’histoire » (1817–1825). Son Histoire des prisons sous Buonaparte (1814) est considéré comme un pamphlet antinapoléonien et répertorié comme tel par la Fondation Napoléon (100 pamphlets anti-napoléoniens de 1814 à 1815).

Bel exemplaire finement relié et très bien conservé.

Prix : 250 euros

mardi 27 janvier 2026

Buonaparte et Murat, ravisseurs d'une jeune femme, et quelques-uns de leurs agents complices de ce rapt, devant le tribunal de première instance du département de la Seine. Mémoire historique, écrit par le mari outragé, J. H. F. Revel, Capitaine pensionné. A Paris, de l'imprimerie de L. G. Michaud, 1815



J. H. F. REVEL [BONAPARTE | MURAT | ELEONORE DENUELLE DE LA PLAIGNE]

Buonaparte et Murat, ravisseurs d'une jeune femme, et quelques-uns de leurs agents complices de ce rapt, devant le tribunal de première instance du département de la Seine. Mémoire historique, écrit par le mari outragé, J. H. F. Revel, Capitaine pensionné.

A Paris, de l'imprimerie de L. G. Michaud, 1815

1 volume in-12 (19 x 11 cm) de 212-(1) pages. Complet. Signé à la plume par l'auteur sur le dernier feuillet de texte.

Cartonnage à la bradel plein papier marbré, pièce de titre de maroquin rouge au dos, non rogné (relié sur brochure vers 1820-1830). Cartonnage frotté sur les plats et aux coins, coiffes écrasées. Très bon exemplaire néanmoins, relié solidement à l'époque.





Edition originale.

Unique édition de ce pamphlet à la fois matrimonial et hautement politique.

Jean-François Honoré Revel naît le 11 septembre 1773 à Mougins, dans l’actuel département des Alpes-Maritimes, alors en Provence. Il est le fils de Jean Revel et de Charlotte Angélique Achard, famille dont l’ancrage méridional est attesté par cet acte de naissance. Très vraisemblablement formé à l’écriture administrative et aux usages de l’État, il entre au service de l’administration impériale au tournant du XIXᵉ siècle. Les sources le mentionnent comme employé civil aux écritures, attaché aux services d’un inspecteur général aux revues, fonction qui le place au cœur de l’appareil de contrôle et de gestion militaire. En 1805, il est expressément cité comme attaché à l’inspection du général d’Avrange d’Haugéranville, officier général de premier plan, ce qui confirme son insertion dans les cercles administratifs de l’armée. Il est par ailleurs qualifié de capitaine au quinzième régiment de dragons, grade et affectation mentionnés dans les documents contemporains, bien que la chronologie exacte de cette charge demeure incertaine. Il contracte un premier mariage avant 1804 avec Jeanne Charlotte Achard. Le 13 janvier 1805 (23 nivôse an XIII), il épouse à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) Louise Catherine Éléonore Denuelle de La Plaigne (née en 1787, décédée en 1868), alors âgée de dix-sept ans. Les minutes de l’acte de mariage, conservées aux Archives départementales des Yvelines, livrent un tableau précis du milieu familial de l’épouse : née à Paris, paroisse Saint-Eustache, elle réside boulevard des Italiens chez ses parents, Dominique Denuelle de La Plaigne, rentier, et Françoise Caroline Éléonore Sophie Couppiere, et séjourne également chez Madame Campan, institutrice réputée de la rue des Ursulines. L’acte souligne le consentement formel des parents, présents ou représentés, conformément aux usages civils du Consulat. Cette union est toutefois de courte durée. Le couple divorce le 29 avril 1806 à Paris, moins de seize mois après le mariage. Revel est ensuite impliqué dans diverses affaires d’escroquerie : arrêté, il est condamné à deux ans de prison. Éléonore Denuelle de La Plaigne fait alors appel à l’amitié de Caroline Bonaparte, devenue princesse Murat et altesse impériale, qui la prend à son service comme dame d’annonce, puis comme lectrice. Très vite, Éléonore devient la maîtresse du mari de sa bienfaitrice, puis, sur la recommandation de ce dernier, celle de l’empereur lui-même. Le 13 décembre 1806, sept mois et demi après le prononcé de son divorce, Éléonore Denuelle de La Plaigne met au monde un fils, Charles Léon. Le père en est Napoléon Bonaparte, informé de l’événement le 30 décembre 1806, à Pułtusk : il s’agit de son premier enfant reconnu comme tel. Lorsque la jeune femme se présente au château de Fontainebleau l’année suivante, l’empereur refuse de la recevoir ; elle ne le revoit plus dès lors. L’enfant, que Napoléon ne laissa pas appeler de son propre prénom — « la moitié de mon nom lui suffit », aurait-il déclaré — se fit connaître sous le nom de comte Léon. Pour sa mère, il devint un fardeau, au point qu’il alla jusqu’à la poursuivre en justice afin d’obtenir d’elle des subsides. C’est cette histoire que Revel relate dans son pamphlet, à sa manière. Tout ce qu'il écrit est intéressant et touche de très près l'histoire intime de Napoléon Bonaparte et son entourage à cette période charnière. L’ouvrage est interdit et condamné à la destruction par jugement du tribunal de la Seine en janvier 1816. Abus de pouvoir ? ou simple protection des intérêts d'un état au pouvoir alors très chancelant ? Il ne faut toutefois pas oublier que ce premier fils de Napoléon Bonaparte, le comte Léon (1806-1881), fut celui par lequel l’empereur comprit qu’il n’était pas stérile. C’est en grande partie à la suite de cette naissance qu’il demanda le divorce d’avec Joséphine de Beauharnais, qui ne pouvait lui donner d’héritier (divorce prononcé en 1809). L'aiglon, fils de Napoléon et de Marie-Louise naîtra le 20 mars 1811. Napoléon avait eut un deuxième fils de Marie Walewska, Alexandre Colonna Walewski né le 4 mai 1810 (mort en 1868). Dans son testament, Napoléon Ier accorde à Charles Léon une rente pour son entrée dans la magistrature ainsi que la somme de 320 000 francs destinée à l’achat d’une terre. Plus porté au plaisir qu’au travail, le fils de l’empereur n’occupa jamais de hautes fonctions. Sous le règne de Napoléon III, il se rapproche de Paris et rencontre l’empereur, son cousin. Surnommé « le bâtard infernal » en raison de ses revendications répétées, notamment celle de porter le titre de « prince », Charles Léon devint rapidement une figure gênante pour la famille impériale. Afin de l’éloigner de la capitale, l’empereur lui proposa un poste de préfet ou de maire assorti d’une pension impériale. Dans un premier temps, il accepta cette condition, mais, désireux de se rapprocher de l’image de son père, il revint bientôt à Paris et formula une ultime requête : obtenir le droit de porter le nom de « Bonaparte ». Les conseillers impériaux, hostiles à la légitimation de la lignée du comte Léon, s’y opposèrent fermement. En froid avec l’empereur, Charles Léon s’éloigna une nouvelle fois de Paris au moment de l’éclatement de la guerre franco-prussienne, en 1870. Après 1871 et la chute de l’Empire, il s’installa à Pontoise, où il passa les dernières années de sa vie. Il y mourut le 14 avril 1881, à l’âge de soixante-quatorze ans, dans des conditions relativement modestes. Le comte Léon eut six enfants et laissa une descendance nombreuse, encore attestée au début du XXIᵉ siècle par les lignées féminines.


Provenance : de la bibliothèque Hector Rosset de Salency (avec ex libris).












Bon exemplaire de ce pamphlet intéressant et peu commun, signé à l'encre par l'auteur comme il se doit.

VENDU

mercredi 21 janvier 2026

Histoire de Henri Second. Par Monsieur Varillas. Tome premier et second. A Paris, chez Claude Barbin, M. DC. XCII- M. DC. XCI [1692-1691] Suivi de : Histoire de François Second. Par Monsieur de Varillas. A Paris, chez Claude Barbin, M. DC. XCII [1692] (de l'imprimerie de Pierre Le Mercier) 1 fort volume in-4. Bel exemplaire au format in quarto relié à l'époque et portant en queue du dos la fameuse roulette au dauphin couronné.


VARILLAS (Antoine)

Histoire de Henri Second. Par Monsieur Varillas. Tome premier et second.

A Paris, chez Claude Barbin, M. DC. XCII- M. DC. XCI [1692-1691]

Suivi de :

Histoire de François Second. Par Monsieur de Varillas.

A Paris, chez Claude Barbin, M. DC. XCII [1692] (de l'imprimerie de Pierre Le Mercier)

1 fort volume in-4 (25,5 x 20 cm) de (28)-540 pages. Les deux ouvrages sont en pagination continue.

Reliure strictement de l'époque plein veau brun, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre en maroquin rouge, roulette au dauphin couronné en queue du dos, tranches mouchetées de rouge, doublure de papier marbré d'époque (les gardes volantes ont été coupées). Quelques légères marques à la reliure qui reste très fraîche. Intérieur frais. Petit travail de vers dans la marge intérieure de quelques feuillets, sans atteinte au texte. Paraphe à l'encre non identifié sur la première page de titre (époque). Nombreux grands ornements gravés sur bois (bandeaux, lettrines, culs-de-lampe).


Edition originale.

Ce volume couvre l’intégralité du règne personnel d’Henri II de France (1547–1559), qu’Antoine Varillas inscrit dans la continuité immédiate de la fin du règne de François Ier afin d’en éclairer les fondements politiques et diplomatiques. Il s’ouvre sur l’avènement du nouveau souverain en 1547, la réorganisation de la cour et l’affirmation progressive de l’autorité royale, marquée par l’influence croissante de Diane de Poitiers. Les années suivantes sont consacrées aux réformes administratives et financières, à la poursuite de la centralisation monarchique et aux premières tensions religieuses suscitées par la diffusion du protestantisme en France. Varillas développe ensuite la reprise des guerres d’Italie contre l’Empire de Charles Quint, mettant en lumière les campagnes militaires, le jeu des alliances et la place de la France dans l’équilibre des puissances européennes. Il souligne l’importance stratégique de la prise des Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun) en 1552, puis analyse la défaite de Saint-Quentin en 1557 comme un tournant majeur du règne. Le récit s’achève sur la reconquête de Calais en 1558, événement hautement symbolique, et sur la paix du Cateau-Cambrésis en 1559, qui met fin aux guerres d’Italie et redessine durablement la carte politique de l’Europe occidentale, avant de se clore par le récit de la mort accidentelle du roi lors du tournoi de la rue Saint-Antoine, ouvrant une phase d’instabilité dynastique et politique pour le royaume.

L’ouvrage publié à la suite prolonge directement cette trame en couvrant le bref règne de François II (1559–1560), fils aîné d’Henri II et de Catherine de Médicis, et s’attache à une phase charnière au cours de laquelle la monarchie française entre résolument dans l’ère des guerres de Religion. Varillas ouvre son récit sur l’avènement du jeune souverain, âgé de quinze ans, et sur la mise sous tutelle politique du pouvoir par la maison de Guise, alliée dynastique par le mariage du roi avec Marie Stuart, reine d’Écosse. Il décrit ensuite la montée rapide des tensions confessionnelles entre catholiques et protestants, la répression des réseaux huguenots et l’affirmation d’une opposition nobiliaire de plus en plus structurée. L’analyse se concentre longuement sur la conjuration d’Amboise de mars 1560, interprétée comme le symptôme manifeste d’une crise profonde de l’autorité royale. Le volume s’achève sur la mort prématurée de François II à Orléans à la fin de l’année 1560 et sur l’ouverture de la régence de Catherine de Médicis pour Charles IX, faisant de cet ouvrage une véritable transition historiographique entre la monarchie de la Renaissance et la France troublée des guerres civiles et religieuses de la seconde moitié du XVIe siècle.








Antoine Varillas (1624-1696), né à Guéret (Creuse) obtint à Paris la charge d'historiographe de Gaston d'Orléans. Admis à l'intimité du savant Pierre Dupuy, garde de la bibliothèque de Paris, il profita de sa complaisance pour examiner une foule de manuscrits dont il fit des extraits. Dupuy, charmé de son application, le demanda pour son adjoint, et Varillas continua d'exercer cet emploi sous les successeurs de ce bibliothécaire. Remercié pour s'être mal acquitté d'une tâche que lui avait confié Colbert, il obtint néanmoins une pension de 1.200 livres qui lui permit de se retirer dans la communauté de Saint-Côme pour y rédiger son Histoire de France. « II habitait, dit un contemporain, un véritable galetas. Un lit, Une table, quatre sièges, une lampe, une écritoire et quelques livres composaient tout son ameublement ; il passait l'hiver sans feu, et il était vêtu si pauvrement que Richelet n'a pu s'empêcher de se moquer de son manteau, dont on voyait les cordes. (Mélanges de Vigneul-Marville) ». Ses premiers ouvrages, qui circulèrent en manuscrit, eurent l'approbation générale et furent très recherchés. Son style, quoique incorrect, parut vif, piquant et très agréable. La réputation de Varillas s'étendit bientôt dans les pays étrangers. Les États de Hollande lui offrirent, en 1669, une pension pour qu'il écrivît l'Histoire des Provinces-Unies. Quoique assez pauvre, il n’hésita pas à la refuser, ne voulant pas prêter le secours de sa plume aux ennemis de la France. Ce fut ce moment-là même que Colbert, prévenu contre Varillas, choisit pour supprimer la pension dont il jouissait comme ancien employé de la bibliothèque royale. L’archevêque de Paris, Mgr de Harlay, informé qu'il préparait une Histoire des hérésies, voulut réparer l’injustice du ministre en lui faisant accorder une pension par l’assemblée du clergé. Convaincu de plagiat et surtout d'avoir été presque toujours inexact dans ses affirmations, ses livres tombèrent en disgrâce. Cependant, Vigneul-Marville regardait la vanité de Varillas comme la véritable cause du mépris où ses ouvrages sont tombés. II avait dit-il, des jaloux de sa gloire qu'il aurait gagnés avec un peu de déférence et de soumission ; mais il ne prenait conseil de personne. Ses ouvrages ne sont plus utilisés comme des références factuelles de première main, mais comme des sources précieuses pour comprendre la manière dont le XVIIe siècle relisait et interprétait le XVIe, ainsi que pour étudier l’évolution de l’écriture de l’histoire avant l’essor de la méthode érudite et archivistique du XVIIIe siècle. À ce titre, ils conservent une valeur durable, à la fois littéraire, intellectuelle et historiographique, qui explique l’intérêt constant que leur portent les chercheurs et les bibliophiles.









Bel exemplaire au format in quarto relié à l'époque et portant en queue du dos la fameuse roulette au dauphin couronné.

Prix : 600 euros